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tre en sûreté dans la ville d'Utrecht. Aar, ce ment en hébreu Koanim, c'est-à-dire prêtres. pendant, s'empara ensuite de Dordrecht qu'il ce titre n'emporte aucune distinction person pilla et réduisit en cendres. Mais enfin il fut nelle.

M. BERR. contraint de faire la paix, renonçant à tous les AARON RASCHID. V. HAROUN AL RACHID. projets d'envahissement qui avaient occupé son AB. V. CALENDRIER HÉBREU. règne. Il mourut à Deventer, en 1212, après ABA ou abats. On nomme ainsi un costume avoir occupé le siége épiscopal pendant qua- oriental consistant en une espèce de redingote torze années. Il fut inhumé dans la cathédrale sans manches, avec un large pantalon. On donne d'Utrecht.

V. H. le même nom au drap grossier dont le vêtement AAR. Ce fleuve de la Suisse, le quatrième en est fait et qu'on appelle encore salonika. L'aba grandeur, prend sa source au pied du Finster sert à habiller en Turquie les soldats, les mateaarhorn, dans le canton de Berne, à peu de dis- lots et les indigents : autrefois il formait un tance des sources du Rhône, du Rhin, de la article d'exportation considérable, surtout à Reuss et du Tessin. Son eau, d'abord trouble Saloniki et dans toute la Macédoine. Marseille et chargée de matières terreuses qu'il emporte même en faisait le commerce et en expédiait de dans son cours rapide, devient, lorsqu'il a tra- grandes quantités aux Antilles pour l'habilleversé le lac de Brientz, beaucoup plus claire. ment des nègres; on ne l'exporte plus que pour L'Aar passe aussi par le lac de Thun, à peu de l'Asie, particulièrement dans les ports de la distance de la ville du même nom et de Berne, mer Noire, et les abats n'ont presque plus de et entrant ensuite dans le canton de Soleure il valeur.

J. H. SCHNITZLER. en arrose la capitale, puis le canton d'Argovie ABABDEHS, tribu d'Arabes qu'on voit errer où il reçoit la Reuss et la Limmat, après avoir dans la haute Égypte, où la plupart d'entre eux touché une seconde fois aux cantons de Berne subsistent du transport des marchandises à l'aide et de Soleure. A Coblentz, dans le canton d'Ar- de leurs chameaux; les autres Ababdehs vivent govie, il se réunit au Rhin. L'Aar, torrent peu de leurs troupeaux. Ils recueillent aussi le séné navigable, mais poissonneux et chariant un dans les déserts, et le vendent dans les villes. A sable aurifère, se grossit d'environ 150 autres l'égard des meurs et coutumes, les Ababdehs ne courants; ses ondes souvent majestueuses se diffèrent que peu des autres Bédouins. Le voyarépandent au delà de son lit et produisent alors geur allemand Rüppell assure pourtant avoir de cruelles dévastations. J. H. SCHNITZLER. vu à Cosseïr et à Assouan des Ababdehs appar

AARON, premier grand prêtre des Juifs, frère tenant à des tribus qui habitent plus au midi, ainé de Morse, fils d'Amram et de Jochabed, de et dont la physionomie ou la coupe du visage la tribu de Lévi, naquit en Égypte l'an 1574 avant ressemblait à celle des anciens Dongolais. CeuxJ. C. Il seconda Moïse dans toutes ses tentatives là ont aussi quelques usages des habitants de la pour la délivrance du peuple hébreu, et reçut Nubie, tels que l'excision des parties naturelles de lui le titre de grand prêtre, au pied du mont chez les filles. Il présume que la tribu des AbabSinal, peu de temps après la sortie d'Égypte. dehs est une branche de l'ancienne race éthioPendant l'absence de Moïse, il se laissa effrayer pienne établie à Méroé.

DEPPING. par les menaces des Israélites, au point de leur ABACUC. V. HABACUC. livrer un veau d'or, devant lequel ils se pros ABAD Y QUEYPEO (Manoel), né dans les Asternèrent (V. APIs). Cependant il ne fut pas com luries vers 1775, passa au Mexique après avoir pris dans le massacre que Moïse ordonna des embrassé l'état ecclésiastique. Il était juge des vingt-cinq mille coupables. Dans le désert de testaments à Valladolid de Méchoacan, lorsqu'en Gadès, il douta de la loute-puissance de Dieu et 1808 il fut envoyé en Espagne avec la mission de l'exécution du miracle promis à Moïse. En de solliciter l'abrogation ou du moins la suspenpunition de son incrédulité, il fut condamné à sion du décret qui affectait les revenus des cane point voir la terre promise : en effet, il mou- pellanias au trésor de l'État. Ayant obtenu ce rut dans le désert sur la montagne de Thor, à qu'il demandait, il retourna en Amérique; et l'âge de 122 ans, 1452 années avant la naissance vers la fin de 1809 il fut nommé évèque de Méde J. C., après avoir été publiquement dépouillé choacan. Bientôt après éclata l'insurrection de de ses habits pontificaux dont Moïse revêtit son la Nouvelle-Espagne. Abad se rangea parmi ceux fils Éléazar. La dignité de grand prêtre passa à qui résistèrent à ce grand mouvement Réduit son fils Éléazar, puis à ses descendants en ligne à quitter son diocèse, il se réfugia à Mexico; et directe. Les Juifs modernes croient connaitre lorsque ensuite les événements lui permirent de encore les descendants d'Aaron, el les nom rentrer à Méchoacan, on ne le vit occupé qu'à

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ramener les esprits à la modération. Les réac more qui occupa pendant quelque temps, au

tionnaires ne lui pardonnèrent pas cette con xie siècle, le trône de Séville et de l'Andalousie • duite, et l'accusèrent de déserter leur parti. A presque entière. Le premier émir du nom d'Abad

peine la restauration de Ferdinand VII eut-elle était originaire de la Syrie; il vint s'établir à été proclamée qu'Abad y Queypeo, qui s'était Séville. Là ses concitoyens, rendant justice à prononcé ouvertement contre l'inquisition, fut ses vertus et à ses talents, l'élevèrent au poudestitué de son siége. Ayant refusé de le quitter, voir suprême. Il devint émir, prince ou roi, il fut, sur un ordre du vice-roi du Mexique, em en 1043, et transmit son pouvoir à Abad II son barqué pour l'Espagne et retenu captif à Madrid. fils, qui eut aussi son fils ainé, Abad III, pour Là, tandis qu'on instruisait son procès, il trouva successeur. Ce dernier prince, juste et éclairé, le moyen de pénétrer près du roi, l'entretint et grand ami des lettres qu'il cultiva lui-même quelques instants, et non-seulement rentra en avec succès, aurait mérité un sort heureux; grâce, mais fut presque aussitôt promu au mi- mais attaqué par les Castillans sous Alphonse VI, nistère de la justice. Cependant la nuit même et hors d'état de leur résister longtemps, il qui suivit cette nomination, Abad fut arrêté de appela à son secours les Mores d'Afrique, qui nouveau sur un ordre du grand inquisiteur, tournèrent contre lui les armes dont ils devaient enfermé dans un couvent. Là, il attendait sa sen le seconder. Leur général Ioussouf prit et pilla tence lorsque les événements de 1820 le rendi-Séville en 1091, et fit languir Abad III dans une rent à la liberté. Il fut élu membre de la junte captivité dont la mort seule le délivra. Les Abaprovisoire de gouvernement créée jusqu'à l'in- dites avaient régné 48 ans. J. H. SCHNITZLER. stallation des cortès, et dans ce poste il montra ABAISSEMENT (algèbre). Réduction des équaencore une louable modération; mais sa surdité | tions au moindre degré dont elles sont suscepl'ayant déterminé à renoncer aux débats parle- | tibles. V. ÉQuations. mentaires, il fut nommé évêque de Tortose. La ABAISSEMENT (astronomie). V . POLE, ÉTOILE, révolution de 1823 le trouva dans cette situa HORIZON. lion. Il fut arrêté une troisième fois comme jus ABAISSEMENT (chirurgie). V. CATARACTE ticiable de l'inquisition, et fut alors condamné (opéralion de la). à six ans de reclusion. DE CHAMROPERT. ABAJOU ES, espèces de poches plus ou moins

ABADDON, le destructeur, en grec Apollyón. profondes situées dans l'épaisseur des joues de C'est le nom hébreu que l'Apocalypse donne à certains animaux mammifères, tels que plul'ange de l'abime que, dans les créations poéti- sieurs espèces de singes, et destinées à recevoir ques d'une imagination embrasée, elle nous pré- des aliments qu'ils y conservent pour le besoin. sente comme le roi de ces sauterelles qui « res Dans le langage familier, on appelle abajoues semblaient à des chevaux préparés pour le des joues volumineuses el pendantes. Ratier. combat, et portaient sur leurs têtes comme des ABANDON, ABANDONNEMENT (étym., a priv., cornes qui paraissaient d'or, et leurs visages bandum, troupeau; basse latinité). Ces mols étaient comme des visages d'homme; elles exi iment en général l'idée du délaissement avaient des cheveux comme des cheveux de d'une chose qui nous appartient, sans intention femme, et leurs dents étaient comme des dents de la recouvrer. Ils signifient plus spécialement de lion. Elles avaient des cuirasses semblables la cession qu'un débiteur fait de tous ses biens à des cuirasses de fer, et le bruit de leurs ailes à ses créanciers, lorsqu'il ne peut payer ses était comme un bruit de chariots à plusieurs dettes, pour qu'ils les vendent, et que le prix chevaux qui courent au combat. Leurs queues s'en distribue entre eux suivant le droit de qui avaient un aiguillon ressemblaient à des chacun. Par l'abandon, le débiteur n'est point queues de scorpion, et leur pouvoir étail de libéré, et si la vente des biens ne suffit pas pour nuire aux hommes pendant cinq mois, " Apo le payement de la dette, il demeure obligé pour calypse, ix, 11.

J. H. SCHNITZLER. le reste. L'abandon, autrement dit la cession ABADIOTES, nom d'une peuplade arabe de de biens, soustrait le débiteur aux poursuites l'ile de Crète ou: Candie, d'une réputation fort rigoureuses de ses créanciers. Cette cession est équivoque, et formée d'environ 4,000 hommes. volontaire, c'est-à-dire opérée par une convenIls sont presque indépendants, et occupent une tion entre les parties, ou judiciaire, c'est-à-dire vingtaine de villages au sud du mont Ida. accordée par la loi au débiteur reconnu malMalte-Brun les croit un reste des anciens Sar: heureux et de bonne foi.

LAFARGUE. rasins.

J. H. SCHNUTZLER. ABANO (PIERRE D'), penseur profond et céABADITES. On a donné ce nom à la dynastie lebre médecin du xme siècle, justement préco

nisé par ses compatriotes, mais poursuivi par , à Londres, au Musée de la Compagnie des Indesl'Église à cause de ses attaques contre les Orientales. Les Russes sont également dans croyances traditionnelles et de son attachement l'usage de compter à l'aide de boules enfilées. aux hérésies d'Averroès. Il naquit en 1250 à Un professeur distingué par d'heureux essais Abano, bourg de la province de Padoue, fit, en pédagogie, M. Asmuss, à Dorpat, en a enaprès des études longues et profondes, un voyage seigné la théorie dans un petit ouvrage alleen Orient, et conserva toute sa vie une prédi- mand de 120 pages, très-curieux et dont voici le lection marquée pour la science et la haute titre : Das russische Rechenbrett (Leip., 1831, civilisation des Arabes. Son érudition presque in-8°). Le mot abaque ou abacot a désigné universelle, admirée de ses contemporains, lui aussi un meuble ayant divers usages, et serattira une grande affluence d'auditeurs quand vant de buffet, de comptoir, et même de damier. il ouvrit des cours publics à Padoue. Il mourut --L'abacus pythagoricus n'est autre chose que en 1320, assez à propos pour échapper à l'in- le livret. Une autre table arithmétique, nommée quisition; toutefois celle-ci le fit brûler en abacus logisticus, sert à multiplier certaines effigie. Cent ans après sa mort, l'université de fractions.

LEFEBVRE-CAUCHY. Padoue lui éleva une colonne monumentale. Sa ABAQUE, en architecture, est la partie supéscience et la subtilité de sa dialectique se mon rieure ou le couronnement d'une colonne. C'est trent surtout dans son ouvrage intitulé Conci aussi le nom d'un ornement gothique, qui d'orlialor differentiarum, imprimé à Venise, en dinaire est accompagné d'un filet ou d'un cha1565, in-fol., dans lequel on discute avec une pelet de la moitié de sa largeur. F. RATIER. subtilité trop souvent fatigante diverses ques ABARBANEL (ARABANEL, ABRAVANEL, ISAAC tions médicales et philosophiques. SCHNITZLER. BARBANELLA) fut le docteur le plus célèbre de

ABAQUE (abacus). Les anciens donnaient la seconde école rabbinique, en Espagne. Né à ce nom à une petite table couverte de sable fin | Lisbonne, en 1437, près de deux siècles après sur lequel on écrivait les lettres en enseignant Maimonide et Aben Ezra, il les égala en savoir, à lire aux enfants. Le mot grec abax parait en réputation, et la fortune fut pour lui moins venir du phénicien abak qui signifie poussière. avare de ses faveurs. Alphonse V, roi de Portu- On entend aussi par ce nom toute machine gal, lui facilita par sa protection l'accès des emayant pour objet de faciliter le calcul ou d'en plois et des honneurs. Cette bienveillance éclaenseigner les premiers éléments au moyen de tante accordée à un savant juif par un prince boules enfilées dans des fils métalliques traver-chrétien devait blesser l'opinion dans cet âge sant une surface plane, et parmi lesquels l'un d'intolérance; aussi attira-t-elle sur Abarbanel est censé recevoir les unités, un autre les di- les persécutions de l'envie. Has depuis longzaines, et ainsi de suite.

temps de Jean II, il perdit tous ses emplois lorsque ce dernier devint le successeur d'Alphonse; il courut même risque de la vie. Force de fuir en Castille, il y fut d'abord très - bien accueilli par Ferdinand et Isabelle, qui eurent recours à ses talents pour rétablir leurs finances

délabrées. Mais l'on touchait, en Espagne, à l'éNous donnons ici la figure d'un de ces in- poque du triomphe de l'inquisition. Le fanastruments dont la largeur doit être triple de sa tisme ayant prononcé l'expulsion des juifs, ni hauteur. Les boules ou grains sont enfilés dans les services, ni le mérite et la renommée d'Ace châssis de manière à être mus avec une barbanel ne purent le soustraire à la proscripgrande facilité. Cette méthode est particulière- tion générale. Il se retira d'abord à Naples, où ment utile dans les pays où le système décimal il obtint aussitôt la confiance du roi Ferdiest adopté, et elle peut alors s'appliquer aux nand Jer. Charles VIII, roi de France, s'étant monnaies, aux poids et aux mesures, comme en emparé du royaume de Naples à la mort de FerChine, où le calcul se fait avec une rapidité dinand, Abarbanel s'enfuit en Sicile avec le sucsurprenante à l'aide de cet instrument. L'aba- cesseur légitime de ce prince, Alphonse II, a qui que chinois, appelé shwanpan, diffère de celui il demeura fidèle. La mort d'Alphonse le conque nous avons décrit en ce que chaque fil ne traignit encore de se réfugier à Corfou, de là porte que cinq boules de couleurs ou de dimen- dans la Pouille, et enfin à Venise; il s'y concilia sions différentes dont chacune compte pour un la faveur publique en terminant les contestanombre convenu. On voit une de ces machines Lions qui s'étaient élevées entre les Vénitiens et

les Portugais, au sujet du commerce des épice rétablie en 1825, Abarca se rendit à Madrid pour ries. Ce fut dans cette ville qu'il mourut à l'âge offrir ses hommages au roi. Arrivé dans cette de 71 ans. Au milieu des travaux et des soucis ville, il réussit à se faire nommer évêque de d'une vie si agitée, il avait toujours su trouver Léon, grâce à la faveur illimitée dont jouissait du temps pour l'étude de sa religion, de la phi- à la cour son compatriote et ancien condisciple losophie et des lettres. Il a laissé de nombreux don Tadeo Calomarde, ministre de la justice. écrits; presque tous ont pour objet l'interpré- Cependant Abarca ne se rendit pas dans son tation de la Bible, l'histoire du peuple juif et la diocèse; mais il resta à Madrid où ses goûts et défense de ses croyances. On lui doit un récit ses penchants l'attachèrent aux intrigues de la historique des persécutions que les juifs avaient cour. Il entra bientôt en rapport avec le général éprouvées jusqu'au temps où il a vécu, des dis- des franciscains, Fray Cirilo, avec le secrétaire sertations sur le monde, le ciel et l'enfer, une de la nonciature, Cadolino, et avec le duc de explication du livre d'Ézéchiel, enfin des com- l'Infantado, et sut se mettre en faveur auprès de mentaires sur tous les livres historiques de l'An- l'infant don Carlos, de sa femme, et de sa s@ur cien Testament. On a remarqué que, dans l'un la princesse de Beira. En 1826, le duc de l'Infande ses ouvrages, Abarbanel, bien qu'il ait joui tado ayant été placé à la tête du ministère, et le souvent de la faveur des rois, avait manifesté conseil d'État ayant reçu une nouvelle organides opinions très-républicaines. Les ouvrages sation, l'évêque de Léon y entra et fut souvent de ce savant Israélite sont écrits en hébreu; chargé des affaires les plus importantes. Mais presque tous ont été traduits en latin. Abarba- les visites journalières qu'il faisait à l'infant don nel était fortement attaché à la foi de ses pères. Carlos et les éloges qu'il ne cessait de faire de ce Mais, quoique son zèle ne fût exempt ni d'ai-prince et de sa famille, finirent par porter omgreur ni d'irritation dans ses écrits, il se montra brage au roi, qui chargea secrètement le direccependant toujours bienveillant dans ses relateur général de la police, don Juan Jose Racacho, lions personnelles avec les chrétiens. Les juifs de suivre scrupuleusement toutes les démarches comptent Abarbanel au nombre de leurs hommes de l'évêque de Léon. On assure qu'il résultait de les plus illustres. Il laissa deux fils, dont l'un se ces investigations la preuve que, déjà dès ce modistingua non-seulement comme médecin, mais ment, Abarca était compromis dans des machiencore comme littérateur par un poème italien nations en faveur de l'infant. Toujours est-il intitulé Dialoghi d'amore: l'autre embrassa la que le roi l'exila de la capitale. Lorsque Ferdireligion chrétienne; le fils de ce dernier publia nand VII rendit la déclaration qui appelait sa à Venise, en 1552, un recueil de lettres hébraï- fille Isabelle à lui succéder sur le trône d'Espaques.

M. BERR. gne, l'évêquede Léon protesta hautement contre ABARCA (DON JOAQUIN), évêque de Léon. Ce cet acte, et abandonna son diocèse pour se renpersonnage, devenu célèbre dans les derniers dre en Portugal auprès de don Carlos. Attaché. temps, est originaire de l'Aragon; il entra de dès ce moment, à la destinée de ce prince, il bonne heure dans les ordres et devint curé dans l'accompagna en Angleterre, rentra avec lui en lin petit bourg de cette province. Lorsque, en Espagne et se consacra entièrement aux intérêts 1820, l'armée espagnole proclama le rétablisse- du prétendant, qui le nomma son ministre. En mnent de la constitution de 1812, il se prononça 1834, il fut sommé par la justice de la reine de se contre cet acte avec toute l'énergie et la résolu- présenter devant le tribunal de Madrid. En 1837 tion qui caractérisent les Aragonais. Le roi Fer- il fut condamné par contumace à la peine de dinand VII, dont il parvint à attirer l'attention, mort.

V. H. lui accorda un bénéfice à Taraçona. Abarca en ABASCAL (DON JOSE FERNANDO), marquis de tretenait des relations très-intimes avec toutes la Concordia Espagnola del Perú, ancien viceles bandes de guérillas qui, en ce moment, se roi du Pérou, mort à Madrid le 30 juin 1821, levèrent en Catalogne et en Aragon, et il fournit chevalier de l'ordre militaire de Saint-Jacques, même pendant quelque temps de grands subsi- grand-cordon de l'ordre de Charles III, membre des à la bande de Rollo. Comme ces relations de ceux d'Isabelle la Catholique, de Saint-Hern'étaient pas un mystère, les autorités consti- ménegilde, de Sainte-Anne de Russie, etc., était tutionnelles commencèrent à le poursuivre, et

né en 1745 à Oviedo. Cadet dans un régiment il n'eût sans doute pas échappé à la mort s'il | dès 1762, il resta vingt ans dans les grades inn'était parvenu à se sauver et à trouver une férieurs, fut fait colonel en 1793, puis brigadier protection auprès de la junte de la Seu d'Urgel. pendant la guerre qui bientôt après éclata avec L'autorité absolue de Ferdinand VII ayant été la France. En 1796, il fut envoyé, comme lieute

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nant de roi, à l'ile de Cuba, et eut part à la dé- sens que ce dernier terme s'applique exclusivefense de la Havane contre les Anglais. Appelé peu ment à un mouvement involontaire ou forcé, après au commandement général et à l'inten- comme celui d'un vaisseau en panne ou à la dance du royaume de la Nouvelle-Galice, Abascal cape, etc. Tout involontaire qu'est ce mouvedéploya dans ce poste tant de talents et d'acti- ment, l'art peut et doit le prévoir, le faciliter et vité qu'il mérita d'être nommé vice-roi du Pérou. le régler.

A. VITRY. Le temps approchait où, par suite des événe ABAT-FOIN. (Agriculture.) C'est une espèce ments survenus en Espagne, une vaste insur- de trappe qui, étant ouverte, établit une comrection allait changer la face de l'Amérique du munication entre l'écurie et le grenier à foin. sud. Abascal, qui, dans la traversée pour aller On doit le disposer de manière à ce qu'il ne prendre possession de sa nouvelle charge, était puisse donner passage aux exhalaisons des futombé aux mains des Anglais, eut encore, après miers, qui altéreraient nécessairement les fours'en être échappé, les plus grands obstacles à rages.

DUBRUNFAUT. vaincre pour se rendre au Pérou. Les observa

ABATIS, en termes de tactique, est un moyen tions qu'il fut à même de faire dans ce voyage de défense que l'on établit à l'aide d'arbres abatlui furent plus tard d'un grand avantage. Joi- tus. Dans une circonstance pressante, on coupe gnant la fermeté à la prudence, il réussit non un certain nombre d'arbres, et on les dispose seulement à se concilier la confiance générale, les uns sur les autres de manière à ce que, les mais il parvint même à donner une direction branches étant tournées du côté de l'ennemi, utile à l'activité d'une foule de partisans. Lima, les troncs servent de remparts aux assiégés. constamment florissante au milieu des troubles Lorsqu'on en a le temps, on a soin de dépouilqui agitèrent le Pérou, vit s'élever dans son sein ler les branches de leurs feuilles, et de les affibeaucoup d'établissements d'utilité publique, des ler. Il faut aussi, autant que possible, coucher écoles gratuites d'enseignement élémentaire, une les arbres sans les séparer entièrement de leurs académie de dessin et des chaires de médecine souche, afin d'en rendre le déplacement plus et de chirurgie. De nombreuses améliorations difficile.

D. C. furent également opérées par Abascal dans l'or ABAT-JOUR. Ce mot, qui s'explique de luiyanisation administrative et judiciaire, et sur-même, est employé pour désigner une espèce tout dans celle de la police intérieure. Ces soins de fenêtre dont les bords sont taillés en talus, toutefois ne détournèrent pas son attention des pour permettre plus facilement l'accès de la affaires du dehors. Lui-même traçait les plans lumière extérieure. On appelle improprement de toutes les expéditions militaires lorsqu'il ne abat-jour les réflecteurs coniques ou hémi-sphéles dirigeait pas en personne; et des ateliers riques adaptés aux divers appareils d'éclairage, qu'il forma pour la fabrication des munitions de qui ont pour effet de renvoyer en bas les querre sortit une partie des approvisionnements rayons lumineux, et de jeter une clarté plus qui servirent aux Espagnols dans leur mémora- vive dans cette direction. F. RATIER. ble lutte contre Napoléon. En reconnaissance de ABATTOIR. Lieu où l'on abat, dépouille et tant de services, les cortès, par un décret du dépèce les animaux qui servent de nourriture à 30 mai 1812, conférèrent à Abascal le titre de l'homme. Le passage des bestiaux et leur abainarquis de la Concordia, du nom d'un corps de tage au centre des villes importantes présentent volontaires qu'il avait organisé pour maintenir de graves inconvénients, tant sous le rapport au Pérou la bonne harmonie entre les colons et de la sécurité des habitants que sous celui de la les autres sujets espagnols. Un titre également salubrité publique. On y a remédié par la conHatteur pour lui fut celui de député général struction, à la porte de quelques villes, de bâtique lui décerna la junte des Asturies, par re ments où les bouchers et les charcutiers sont connaissance de ce qu'il avait consacré en partie astreints à renfermer leurs bestiaux et à venir les émoluments de ses places au soulagement | y préparer la viande qu'ils débitent. Quoique des veuves et des orphelins des patriotes de cette l'utilité de ces sortes d'établissements soit décontrée, morts en combattant pour l'indépen- sormais généralement comprise, l'usage n'en dance nationale.

DE CHAMROBERT. est pas encore fort répandu. Pourtant la dépense ABASES. V. ABAZES.

en est toujours plus que couverte par le droit ABATÉE. Ce terme de marine désigne le mou- de location que doivent payer tous ceux, bouvement de rotation que fait un vaisseau lorsque chers ou autres, qui se servent des bâtiments; l'avant obéit à la direction du vent. Ce qu'on et il en résulte pour les villes qui les construiappelle l'arrivée ne diffère de l'abatée qu'en ce sent un revenu plutôt qu'une charge.

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