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Après l'appel nominal de Messieurs les pairs, M. le procureur-général a dit :

« La lecture donnée à la chambre de l'acte d'accusation expose tous les griefs contre le maréchal Ney. Les retracer en détail, après qu'ils ont été déjà mis sous les yeux, ce serait et faire un double emploi et perpétuer les sentimens de douleur qu'ils ont déjà excités en vous : je crois devoir faire , à la rapidité de la marche de l'affaire, et pour l'intérêt de la justification et de l'accusation, le sacrifice du développement que je pourrais donner à ces imputations. Je vais donc me borner à faire donner

par

le secrétaire-archiviste lecture de la liste des témoins.

» Le greffier en chef a donné lecture de la liste des témoins appelés à la requête du ministère public et de l'accusé.

7'émoins appelés à la requête du ministère

public. MM. le duc de Duras, Magin , Pantin , Perrache, le chevalier de Richemont, de Beausire, le duc de Reggio, le baron Clouet, le comte de Faverney, le prince de Poix, le comte de Scey, le conle de la Genetière, le comle de Grivel , comte de Bourmont, de Balliencourt, Charmoille de Fresnoy, le chevalier Grison, Tumeril de Le

le

court, Batardy , le duc de Mailhé, le baron Passinges de Préchamp , le baron Mermet , le baron Gauthier, le marquis de Sauran , Réguault de Saint-Amour, Cayrol, le duc d'Albufera, de Langue de Bourcin, le baron de Montgenet, Boulouze, le baron Capelle , le marquis de Vaulchier, Bessières, Guy, le chevalier Durand, le comte Heudelet , madame Maury.

A la requête de l'accusé.

MM. Le prince d'Eckmulh, le comte de Bondy, le général Guillemino! , Bigpon.

Après la lecture de cette llste, le maréchal a pris, la parole : « Je vais répondre , a-t-il dit, à toutes les inculpations , sauf la réserve de faire valoir, par mes défenseurs, les moyens tirés de l'art. 12 de la convention du 3 juillet, et des dispositions de celle du 20 novembre 1815. »

M. le président a ensuite fait subir au maréchal l'interrogatoire suivant.

D. Où étiez-vous à l'époque du débarquement de Bonaparte ?

R. A ma terre des Coudraux.
D. Pourquoi l'avez-vous quiliée ?

R. Pour me rendre à mon gouvernement, d'après un ordre du ministre de la guerre, qui est ici dans mes papiers ou qui a été remis à V. E.

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D Quel est l'officier qui vous l'a transmis ?
R. Je ne me le rappelle pas;

il doit être ici. D. Ne vous a-t-il rien appris du débarquem ent de Bonaparte?

R. Non : il m'a remis la lettre, et ne m'a rien dit autre chose. Il était parti de Paris le 5 mars en sortant d'un bal. Je lui ai proposé à dîner chez moi; il a dîné, il a fait ses préparatifs et est parti.

D. Il ne vous a donc rien dit du débarquement de Bonaparte ?

R. Rien. Il ne le savait pas. Demandez-le à M. le duc de Montmorenci : personne ne le savait, pas même à Paris.

D. Quand êtes-vous arrivé à Paris ?

R. Le 7 au soir. J'étais parti dans la nuit du 6. Il y a treize heures de poste.

D. Comment l'avez-vous appris à Paris ?

R, Je l'ai su par mon notaire; étant chez lui pour mes affaires particulières, il me dit : Savezvous la grande nouvelle? Quelle nouvelle ? Celle du débarquement de Bonaparte,

D. Avez-vous vu le ministre de la guerre ?
R, Oui, après avoir fait ma visite au duc de Berri,
D. Que vous a dit le ministre ?

R. Il n'a pas voulu s'expliquer sur ma mission. Il m'a dit : vous trouverez à Besançon des ordres. D'ailleurs Bourmont est instruit,

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;

D. Avez-vous vu le Roi ?
R. Je l'ai vu. On m'a dit d'abord

que

S. M. était souffrante, que je ne pouvais pas la voir. J'ai insisté; enfin je lui ai été présenté. Je lui ai demandé si elle n'avait rien de particulier à m'ordonner; elle ne se rappelait en aucune manière d'aucune disposition militaire. Sur ce que je suis censé lui avoir dit que je ramenerais Bonaparte dans une cage de fer, dussé-je être fusillé, lacéré en mille morceaux, je ne me rappelle pas l'avoir dit. J'ai dit que son entreprise était si extravagante que, si on le prenait, il méritait d'être mis dans une cage de fer. Cependant, e l'avais dit, ce serait une sottise impardonnable; mais ce serait une preuve que j'avais le désir de servir le Roi.

D. Quand êtes-vous parti de Paris ?
R. Le 8 mars.
D. Par quel ordre?
R. Sur la lettre du ministre de la guerre.
D. Reconnaissez-vous les ordres ?
R. Oui....., la lettre du 5 mars.
(Le greffier donne lecture de cette lettre.)
D, Avez-vous fait exécuter ces ordres ?-

R. On peut voir; à la simple lecture, qu'il n'y avait rien à faire. Je ne commandais

que

des dépôts. Bourmont avait le commandement.

D. Quel jour arrivâtes-vous à Lons-le-Saulnier?

?

:

R. Le 12.
D. Qu'avez-vous fait le 12 ?

R. J'ai réuni les officiers et les ai rappelés à leurs devoirs et à leur serment. A mesure que je trouvais des soldats , je les réunissais et leur parlais de leurs devoirs et de leurs sermens.

D. Qu'avez-vous fait dans la nuit du 13 au 14?
R. J'ai reçu plusieurs agens de Bonaparte.
D. A quelle heure les avez-vous reçus.
R. A une heure, deux heures ou trois heures.
D. Quels étaient ces émissaires?

R. Plusieurs individus : des officiers de la garde déguisés ; un d'eux blessé à la main. Dans le

premier interrogatoire du ministre de la police, je m'en suis expliqué.

que lorsque S. M. m'avait tendu la main , j'avais hésité à la baiser ; je n'ai jamais bésité.

D. Que vous ont dit ces émissaires ?

R. Ils m'apportaient une lettre de Bertrand, qui me disait que tout était arrange ; qu'un envoyé d'Autriche était allé à l'ile d'Elbe ; que le Roi devait quitter la France ; que c'était convenu avec l'Angleterre et l'Autriche ; qu'ils me rendaient responsable du sang français iouulement versé, et une infinité de choses qui m'ont circonvenu; je défie

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