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» La surprise, d'ailleurs, eût

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érer les mauvais effets qu'il est hors de doute qu'on avait déjà préparés par

d'autres
moyens.

Ces

moyens toutefois avaient si peu obtenu un plein succès, et les troupes auraient été si faciles à maintenir dans un devoir qu'en effet le coeur des Français n'est pas fait pour

trahir , quand la perfidie ne cherche pas à les égarer, qu'au dire d'un témoin entendu dans la procédure du conseil de guerre ( le chef d'escadron Beauregard), tandis que les soldats qui étaient plus près de leur général , entraînés par

les séductions de l'obéissance, répétaient le cri de rébellion qu'il avait jeté : vive l'empereur ! les soldats , plus éloignés, fidèles au mouvement de leur coeur et à l'honneur français, et qui étaient loin de supposer l'exécrable action du maréchal Ney, criaient vive le Roi!

» L'égarément même, dans ces premiers momens, fut si loin d'être universel , 'qué, selon le même témoin, beaucoup d'officiers et de soldats indignés sortirent des rangs. » Pendant que la consternation, selon que

l'ont attesté aussi trois autres téinoins, les comtes de Bourmont, de la Genetière et de Grivel, était dans l'âme des généraux et d'un grand nombre d'officiers et soldats, on s'empressa , pour achever Perreur des troupes, de leur offrir l'appât le plus

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séduisant pour les hommes privés d'éducation , celui de la licence, du pillage et de l'ivresse. Sous prétexte de détruire les signes de la royauté, dont le maréchal Ney venait de proclamer l'anéantissement, on leur permit de se répandre dans la ville, et de s'y livrer aux excès qui devaient, achever de perdre leur raison et de les fixer dans leurs torts, par

la mauvaise honte d'en reyenir après s'y être trop enfoncés.

» Celle mauvaise honte, malgré l'influence d'un tel chef, ne retint pas pourtat quelques âmes élevées el quelques cæurs droits : tant il est permis de croire que , si le maréchal eût été fidèle lui-même, une armée dans laquelle tout le pouvoir de son exemple trouvait pourtant de sì grandes résistances, fût eHe-meme, sans ses perfides provocations , devenue , par son dévouement au Roi, l'honneur de la France'; en sorte que toute la honte de sa conduite retombe véritablement sur le chef parjure qui fourvoyait la raison et la loyauté instinctive de ses soldats!

» Un grand nombre d'officiers , stupéfails de n'avoir plus de chef, se retirèrent, comme le lieutenant-général Delort, le général Jarry, le colonel Dubalen , etc. MM. de Bourmont et de la Genetière se séparèrent avec une sorte de désespoir d'up général qui ne jouait plus , auprès

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de ses subordonnés, que le rôle d'un corrupteur. Le comte de la Genetière lui écrivit même avec amertume la lettre suivante , qu'il faut recueillir comme une circonstance propre

à diminuer l'espèce de flétrissure imprimée sur les troupes par une défection dont il est facile de juger que la surprise ne fut pas une des causes les moins agis

santes.

« Ne sachant pas transiger avec l'honneur, et » ne me croyant pas dégagé des promesses solen» nelles que j'ai faites au Roi, entre les mains de » S. A. R. Monsieur, lorsqu'il me reçut che» valier de Saint-Louis ; ne pouvant, d'après mes

principes, continuer plus long-temps des fonc» tions préjudiciables à l'intérêt de mon prince , » je quitte l'état-major et me rends à Besançon. » J'ai eu long-temps l'honneur de servir sous vos » ordres, Monsieur le maréchal; aujourd'hui je » n'ai qu'un regret, c'est celui de les avoir exécu» tés pendant vingt-quatre heures. Mon existence » pût-elle être compromise, je la sacrifie à mon >> devoir..»

» Voilà le cri de l'honneur français !

». Voilà la conduite qui console, et des erreurs d'autres officiers, ou même des erreurs commises par ceux-là mêmes qui savent les réparer si noblement et si vite!

» Voilà aussi les sentimens qui révèlent les intentions qu'au milieu de nos observations politiques conservèrent les braves , dont le courage de yit que la patrie dans les guerres où ils furent engagés, et dont la gloire, en effet, lorsqu'elle fut accompagnée d'une telle droiture, dui être adoptée par le Monarque , quoiqu'elle ne fût pas toujours acquise en défendant sa cause.

Sur-le-champ M. de la Genetière passa sous les ordres de M. Gaëtan de la Rochefoucauld , dont il suffit de prononcer le nom pour réveiller le souvenir de son dévouemeņi.

» D'autres officiers sortirent aussi de sous les ordres du maréchal, MM. de Bourmont et Lecourbe revinrent à Paris. » Le baron Clouet ,

son propre lui demanda de le quitter, et le quitta en effet.

» Leçons bien amères données au chef pår ses inférieurs , et dont il eût dû profiter pour réparer ses fautes par un prompt retour aux conseils de l'honneur !

» C'est ce que ne fit pas le paréchal Ney : il s'enfonça de plus en plus dans la trahison.

» Le jour même où il lut sa proclamation à ses troupes, il donna l'ordre écrit de faire marcher toutes celles qui se trouvèrent sous ses ordres pour les réunir à celles de Buonaparte.

aide-de-camp

» La nuit qui suivit, il envoya M. Passinges, baron de Préchamp, à Buonaparte , pour lui

apprendre ce qu'il avait fait.

» Le jour d'après , pour achever de séduire M. de la Genetière, il lui montra la lettre de Bertrand , qui lui disait contenir l'assurance que tout était convenu avec le cabinet de Vienne.

» Le même jour , il fit imprimer , et mettre à l'ordre de l'armée, la proclamation qu'il avait lue la veille , pour que le poison pût s'en propager avec plus de facilité, et qu'il arrivâl jusqu'à ceux qui avaient été assez heureux pour ne pas en entendre la lecture.

>> Dès le 14 , le maréchal avait voulu séduire le marquis de Vaulchier, préfet du Jura, et l'engager gouverner pour Buonaparte. Sur l'horreur que ce magistrat fidèle lui manifesta, il lui dit même que cette horreur était une bêtise. Dans la nuit du 14 au 15, il lui en donna l'ordre par écrit, que ce préfet montra même à M. de Grivel.

» Les jours suivans , il s'occupa d’insurger tous les pays où il passail , et d'y faire imprimer sa proclamation : il y en eut une édition à Dôle. 19 mars ,

il décerna un ordre d'arrestation contre ceux des officiers - généraux et magistrals dont la résistance avait été la plus marquante,

à

» Le

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