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L'explosion de la rue Nicaise.

(24 décembre)

modèles des chars antiques, et les automédons qui les conduisaient, tous jeunes gens de la société, ainsi que les rivaux des deux premières courses, portaient le costume fidèle des jockeys de Newmarket.

Quant aux prix, c'étaient des fusils magnifiques et des boites de pistolet, de la manufacture d'armes de Versailles, et de superbes vases de porcelaine de Sèvres. Parmi ces prix modernes, l'antiquité trouva cependant moyen d'être passablement représentée par des couronnes de feuillages d'or, ou de chêne, ou de laurier. Ce fut le préfet Frochot qui proclama et couronna les vain

L

E 3 nivòse, à huit heures du soir, le premier consul se rendoit à l'Opéra, avec son piquet

de garde. Arrivé à la rue Nicaise, une mauvaise charrette, attelée d'un petit cheval, se trouvoit placée de manière à embarrasser le passage. Le cocher, quoique allant extrêmement vite, a eu l'adresse de l'éviter. Peu d'instants après, une explosion terrible a cassé les glaces de la voiture,

blessé le cheval du dernier homme du piquet, brisé toutes les vitres du quartier, tué trois femmes, un marchand épicier et un enfant. Parmi les blessés se trouve le citoyen Trepsa, architecte ,' age

d'environ

soixante

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PLAN DE PARIS AVANT 1800.

(Collection de la Bibliothèque de la ville de Paris.) Ce plan est le même que celui de 1784-1791, dit Plan d'enceinte des Fermiers généraux. Cette enceinte avait pour limites : sur la rive

droite, à l'ouest de Paris : de la barrière des Bonshommes (Passy) à la barrière du Roule; au nord : du Roule à la barrière SaintMartin; à l'est : de celle-ci à la barrière de la Râpée. – Sur la rive gauche : au sud de Paris, et de l'est à l'ouest : de la barrière de la Gare à la barrière de la Cunette (Grenelle).

queurs. Quant à moi, j'eus la vive satisfaction de remettre un véritable faisceau d'armes entre les mains de mon ancien camarade d'Harcourt et de Hambourg, Tourton, riche banquier, propriétaire du Clos-Vougeot, proclamé vainqueur dans les trois courses. Et c'était bien juste, car, indépendamment de sa supériorité, il avait fait les frais de la construction des chars et de l'achat des chevaux.

L'n aréostat gigantesque, orné de drapeaux tricolores et de fusées, s'élança ensuite dans les airs, où il éclata, ne laissant de lui qu'un nuage de fumée. Il representa la moralité de ces brillantes fêtes de la gloire.

Mémorial de J. DE NORVINS. Édition de LANZAC DE LABORIE (Paris, Plon).

ans. Une quinzaine de maisons ont été considérablement endommagées. Il paroit que cette charrette contenoit une espèce de machine infernale.

La détonation a été entendue de tout Paris; une bande de roue de la charrette a été jetée par-dessus les toits dans la cour du consul Cambacérès.

Le premier consul a continué son chemin et a assisté à l'Oratorio. L'explosion a produit un eflet terrible sur les maisons environnantes, celles qui étoient les plus proches sont presque détruites. Un mur de 25 pieds qui forme le derrière des écuries du citoyen Lebrun, troisième consul, a été renversé, et les débris de ce mur ont été jetés à 20 pieds dans l'intérieur.

La machine infernale consiste en une espèce de

baril que l'on croit rempli de balles, de marrons solidement fixe, garni de sa batterie, mais ayant et de poudre. A ce baril tient un canon de fusil la crosse coupée.

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ATTENTAT DE LA RUE NICAISE (3 NIVOSE AN IX).

D'après une gravure du temps. (Collection Henri d'Alméras.)
COMPLAINTE
Cette machine infernale

Entassa sous leur ruine
Etoit faite d'un tonneau,

Les meubles et les trésors,
SUR L'EXPLOSION DE LA
Et renfermoit, au lieu d'eau,

Et des blessés et des morts.
Beaucoup de poudre et des bales; Le Tribunat plein de zele,

RI'E NICAISE.

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Chantons le récit fidèle
Du plus horrible attentat,
Exercé contre l'Etat,
Rue Nicaise, au Carrou zelle.
De ce fait la vérité
Fait frémir l'humanité.
Une machine infernale,
De nouvelle invention,
Fit, par son explosion,
Un dégât que rien n'égale,
Renversant aux environs
Les hommes et les maisons.
Le Consul, dans sa voiture,
A l'instant passait par là;
ll alloit à l'Opéra ;
C'étoit à lui, chose sûre,
Qu'on vouloit donner la mort,
Mais ce fut un vain effort.
De ses chevaux la vitesse
Avoit devancé le coup,
Mais en s'arrêtant tout à coup,
De s'informer il s'empresse;
Sans craindre ce noir dessein.
Il poursuit son chemin.
Son épouse toute en larmes,
Veut partager son danger;
Mais on vint la rassurer,
Sur ces horribles vacarmes,
Lui disant : il est passé,
Le Consul n'est point blessé.
Bientôt, dans le voisinage,
Les blessés et les mourans
Poussent des gémissemens;
D'autres se font un passage
A travers mille débris,
Pour se sauver dans Paris.

BONAPARTE LIBERATEUR DE LA FRANCE.
Pièce allégorique de 1800. — (Collection du prince Roland Bonaparte.)
Cette invention d'enser

Le Sénat-Conservateur,
Avoit des cercles de fer.

Ministre et législateur,
Les éclats de la machine

Le Conseil d'Etat fidèle,
Enfoncèrent les maisons,

Au grand Consul en ce jour,
Et la chute des plafonds

Vinrent prouver leur amour.
Grand délail de l'explosion. (Paris, Daniel, s. 11.)

NAPOLÉON BONAPARTE

Janvier (NivosE-PLUVIOSE AN VIII).

ministre de l'intérieur, que d'éloigner de ses yeux lout

ce qui n'est pas digne de son estime. » 1 (11 mirose). Installation des nouvelles

16 (26 germ.).

Assassinat du botaniste Lhéritier assemblées créées par la Constitution du 22 frimaire

de Brutelle. an VIII : le Corps législatif (Perrin des Vosges président)

17 (27 germ.). - La police découvre un conduit de siège au Luxembourg, dans la salle occupée précéden

300 mètres qui amenait des eaux-de-vie en fraude d'une nient par le Conseil des Cing-Cents; le Tribunal (Daunou

maison de Passy, rue Franklin, à la maison des ci-devant président), dans la salle construite par Beaumont.

Filles de Sainte-Marie, à Chaillot, intra muros. 4 (14 niv.). Funérailles du naturaliste

24 (4 lloréal). Jean-Baptiste Labenette, dit Daubenton.

Corse, prend la direction de l'Ambigu-Comique. 9 (19 niv.). – Distribution des prix aux élèves du

27 17 llor.). Le premier consul nomme Latour

à Conservatoire de musique dans une salle du Premier consul, né

Ajaccio le 15 aoiit

d'Auvergne premier grenadier des armées Théâtre des Arts (Opéra).

1769, mort à Sainte-Ile de la République et lui décerne un sabre d'honneur. 12 (2 nir.) – Arrestation de l'acteur Gavau.

lène le 5 mai 1821. Jan (de l'Opéra-Comique) pour avoir porté un habit

Mai (FLORÉAL-PRAIRIAL AN VIII). dont les boulons ressemblent à des fleurs de lys.

3 (13 floréal). La maison de Pologne, rue 17 (37 mir'.). Arrélé des consuls désignant les

Saint-Louis au Marais, est mise à la disposition du miJournaux politiques autorisés (Moniteur universel, - Journal des Débats, Journal de Paris,

nistre de l'intérieur pour y loger gratuitement les arBien informé, Publiciste, Ami des lois,

- Clef du

tistes les plus distingués dans les arts mécaniques. cabinet des Souverains, Citoyen français, Gazette

6 (16 plor.). Bonaparte part de Paris pour se de France, Journal des hommes libres, Journal du

rendre à l'armée de réserve à Dijon. soir par les frores Chaigneau, - Journal des défenseurs

20 (30 flor.). - Fête en l'honneur du Théisme de la Patrie, Décade philosophique).

dans le Temple de la Victoire (Saint-Sulpice), une des

huit églises de Paris où les Théophilanthropes 20 (30 niv.). - Mariage de Murat avec Caroline,

J.-J. REGIS DE CAMBACÉRÉS peuvent célébrer leur culle. seur de Bonaparte.

Deuxième consul

22 (2 prairial). – L'Apollon du Belvédère est placé 25 (5 pluriose). Un commis au ministère de la

(18 oct. 1753.8 mars 1824) dans la salle des Antiques du Musée. guerre, Loustaunau, convaincu d'avoir trafiqué de sa place, est révoqué.

Juin (PRAIRIAL-MESSIDOR AN VIII). 28 (8 pluv.). Fontanes prononce, dans le Temple de Mars (Invalides), l'Oraison funèbre de

2 (13 prairial). -- Introduction officielle de la Washington, mort le 19 décembre 1799.

vaccine en France, grâce à La Rochefoucauld-Lian

courl et à Thouret, directeur de l'École de médecine. Le Février (PLUVIOSE-VENTOSE AN VIII).

comité médical vaccine, ce jour-là, 30 enfants, mais sans 6 (16 pluviose). — Guyton de Morveau installé

succès. comme directeur de l'École polytechnique.

9 (20 prilir.). Devismes écrit à Lepan, directeur 8 (17 pluv.). Le citoyen Malfilatre annonce dans

du Courrier des spectacles, pour l'informer que penies journaux qu'il a découvert un remède infaillible CHARLES-FRANÇOIS LEBRUN dant l'été l'Opéra ne commencera qu'à neuf heures : contre la rage.

Troisième consul (10 mars « J'espère, dit-il, que celle disposition plaira au public... 14 (25 pluv.).

- L'abbé Sicard reprend la direc- 1839-16 juin 1826. Les citoyeos et les artistes auront le temps de diner à tion de l'Établissement des Sourds-Muets.

leur aise avec leur société, de se rendre aux promenades 18 (29 plur.). Réorganisation du système

et dans les jardins, d'y admirer ce sexe enchanteur administratif. A Paris, 2 présels : de la Seine (Fro.

dont les gråces et l'élégante toilette en augmentent l'oroechot), de police (Dubois); 24 conseillers municipaux;

ment et après avoir respiré un air pur,

ils viendront 12 arrondissements, ayant chacun un maire et 2 adjoints.

s'asseoir à l'Opéra qui n'ouvrira son spectacle que quand 19 (30 plur.). - Les consuls s'installent aux

la nature aura fermé le sien. » Tous les journaux tournent Tuileries. Bonaparte sort du Luxembourg dans un

relle lettre en ridicule et l'Opera continue à ouvrir son carrosse trainé par six chevaux blancs, précédé par

spectacle å six heures. 150 musiciens et entouré de 2,000 hommies de garde.

21 (2 messidor). Lettre des consuls annonçant au 24 (5 rentose). Etablissement d'octrois de bien

Tribunat la victoire de Marengo (14 juin) et la faisance.

mort de Desaix. 26 (7 vent.). Rétablissement des Bals masqués

Ministre de la guerre 27 (8 mess.). — Le conseil de l'Hôpital du Val de

13 mai 1736-5 août à l'Opéra. Celui du 20 février (à 6 francs le billel)

Grâce écrit au Directoire central pour lui demander

1823.) donne plus de 25,000 francs de recette.

que les salles soient désormais désignées par des noms

de batailles au lieu de l'être par des numéros. Mars (Ventose-GERMINAL AN VIII).

Juillet (MESSIDOR-THERMIDOR AN VIII). 1 (10 vent.). Devismes est nommé directeur de l'Opéra. Ouverture de la Banque de France.

2 (14 messidor). -- Retour de Bonaparte à Paris. 22 (1er germinal). Le Prytanée français

3 (13 mess.). L'Institut se rend en corps aux Tui. (d'abord College-Égalité et destiné à des éléves boursiers,

leries pour féliciter le premier consul de la victoire fils de militaires) est divisé en á grands collèges placés :

de Marengo. à Paris (dans le local du collège Louis-le-Grand) à Fon.

14 (25 mess.). Fête du 14 juillet. La garde Sainebleau, à Versailles (Saint-Cyr), à Saint-Germain.

consulaire, venue de Marengo à marches forcées, rentre Dans chacun, 100 boursiers et 100 élèves payants.

à Paris, pour prendre part à la sete. La classe des sciences physiques et mathématiques de

L'ÉRIGORD I Institut elit président Bonaparte.

Diplomale (13 février Aoùt (THERMIDOR-FRUCTIDOR AN VIII). 26 (5 germ.). Bonaparte fait réélire Carnot à

1754-17 mai 1838.) l'Institut, dont il avait élé exclu le 6 nivôse an VI.

3 (15 thermidor. - Banquet des anciens élèves

du collège Louis le Grand, à l'Élysée, préside 28 (7 germ.). – Ouverture du Théâtre du faubourg Saint-Germain, sur l'emplacement des ci

par Boustlers. devant Bouffons.

Septembre (FRUCTIDOR AN VIII-VENDÉMIAIRE 31 (10 germ.). – Clôture de la session législative.

AN IX.) Avril (GERMINAL-FLORÉAL AN VIII).

21 (10 complementaire an VIII). Le corps de 2 (12 germinal). – Carnot remplace Berthier au

Turenne est déposé aux Invalides en présence de ministère de la guerre. Il y effectue de nombreuses

Bonaparte. Lucien prononce l'oraison sunebre. résormes, et réorganise le bureau topographique.

LAZARE CARNOT

CH.-M.

TALLE TRAND

22 (jer vendémiaire, 1er jour de l'an LI), - Celé. 12 (22 germ.).

La Censure est rétablie pour Ministre de la police bration de l’Anniversaire de la fondation de la les pièces de théâtre. « C'est témoigner au pays (29 mai 1763-26 dé- République. Des délégués de tous les départements y jatérét et respect, dit la circulaire de Lucien Bonaparte, cembre 1827.)

assistent. Au Tribunat, exécution d'une symphonie et

JOSEPH FOUCHÉ

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hymne à la Liberté. Spectacles gratuits à l'Opéra, à

2,400 tailleurs, etc. (d'après le Tableau de l'An VIII). l'Opéra-Comique, au Théâtre Feydeau, au Vaudeville. 26 (5 vend.). - Arrêté des consuls qui porte à 3 au

Les Arts. lieu de 2 par mois les tirages à Paris de la Loterie de

Exposition annuelle de peinture. France (supprimée comme immorale le 16 novembre

Les « Sabines » de David. 1793 et rétablie comme lucrative le 30 septembre 1797).

Portrait du général Moreau, par Gérard.

Prix de Rome : Peinture Granger. Octobre (VENDÉMIAIRE-BRUMAIRE AN IX). 8 (16 vendémiaire). Berthier est nommé

Les graveurs Piranesi viennent se fixer à Paris et ministre de la guerre en remplacement de Carnot

y apportent les cuivres gravés par leur père.

EMMANUEL-JOSEPH SIEYÈS 9 (17 vend.). – Fête chez Cambacérés en l'hon.

Homme d'Etat

La vie littéraire. neur de Bonaparte. Garat y chante une chanson de Boufflers.

(3 mai 1748-2 juin 1836.)

Lucien Bonaparte patronne une Société littéraire, 10 (18 vend.). Bonaparte assiste à la représenta.

destinée à reconstituer l'Académie française. Ce tion des Horaces à l'Opéra. On arrète dans les couloirs

projet, vivement combattu, est abandonné. Ceracchi. Les conjurés, répandus dans la salle, de.

Sébastien Mercier : Le Nouveau Paris (publié vaient, au moment de la scène du serment, lancer des

en 1799, à la fin de l'année, ne commença à se répandre pétards, crier au seu, ct, en profitant de la panique, péné

qu'en 1800). Mme de Staël : De la littérature trer dans la logo du premier consul pour le poigoarder.

considérée dans ses rapports avec les Institutions so. Demerville est arrêlé dans la nuit.

ciales. – Beffroy de Reigny (le cousin Jacques) : 21 (30 vendémiaire). - Rapport du ministre de la

Dictionnaire néologique des hommes et des choses (la police sur le complot du 18 vendémiaire : « On a

police en arrète l'impression). – Berchoux : La Gas. pensé, y est-il dit, qu'en frappant le premier consul, on

Ironomic. Delille : L'Homme des champs. frappait de mort la République. Jusqu'à ce moment les

SÉBASTIEN MERCIER seuls individus arrêtés sont Ceracchi, Demerville et

Historien de Paris

Les Sciences. Arena. Les deux premiers ont révélé le complot.

(1740-1814.)

Bichat : Recherches physiologiques sur la vie et sur Novembre (BRUMAIRE-FRIMAIRE AN IX).

la mort. Cuvier : Leçons d'Anatomie comparée. 7 (16 brumaire). Arrêté du préset de police Dubois

Le théâtre. (DÉBUTS ET PREMIÈRES.) sur les femmes habillées en hommes. 9 (18 brum.). Ouverture du Musée des An.

Théâtre-Français. 12 janvier. Rentrée de tiques au Louvre.

Mlle Contat. 22 mars. Pinto ou la Journée d'une 15 (24 brum.). - Inauguration de la salle restaurée

conspiration, comédie en prose, par Nepomucenedu Vaudeville, bilie, en 1792. rue de Chartres-Saint

Lemercier. - 8 mai. Premier début de Lafont, Honoré, sur l'emplacement du Vauxhall d'hiver.

ancien éludiant en médecine dans le rôle d'Achille 22 (1er frimaire). Un coup de canon à midi et

(Iphigénie en Aulide). Une cabale est organisée contre demi annonce l'ouverture du Corps législatif,

lui par les partisans de Talma, qui lui reprochent Première journée d'exposition à l'hôtel de

« d'avoir un accent circonflexe dans la voix ». Il Mme TALLIEN

Il est Coigny, rue (Saint-) Nicaise, du tableau d'Isabey

soutenu par Mlle Raucourt (qui rentre cette même et Vernet : la Revue du premier consul.

(Thérèse Cabarrus, 1775- année au Théâtre-Francais), et par le critique Geoffroy, 26 (5 frim.). — Réouverture du Lycée (fondé en 1787, 15 janvier 1835.) tout puissant au Journal des Debats. par Pilastre dos Rosiers) : discours de La Harpe.

Théâtre des Arts (Opéra). 5 mai. Hécube,

paroles de Milcent, musique de Fontenelle. Réminis. Décembre (FRIMAIRE-Nivose an IX).

cences si nombreuses qu'un critique du temps assure 24 (3 nivose). – A huit heures du soir, au moment où

que « si les paroles sont de 1,100 (Milcent), la musique Bonaparte se rend à l'Opéra pour assister à l'audition de

est de 100,000.) – 14 juin. La Dansomanie. Ballet de Haydn de la Création du monde, explosion d'une ma

Gardel, musique de Méhul. Goyon se distingue dans chine infernale, rue (Saint-) Nicaise, en face de la rue

le rôle du Dansomane. La valse, dansée dans les salons de Malte. 32 personnes tuées ou blessées.

depuis 1795, parait pour la première fois sur la scène de 28 (7 niv.). Lucien Bonaparte, ministre de l'Inté

l'Opéra. 26 juillet. Praxitele, paroles de Milcent, rieur, enlève à Devismes, qui s'était signalé par son inca.

musique de Devismes. Un des grands succès de l'année. pacite, la direction de l'Opéra, pour la donner à Bonnet. LOUISE CONTAT - 10 octobre. Les Horaces, paroles de Gaillard, musique

Du Théâtre-Français

de Porla. 24 décembre. La Création du monde, Monuments et Fondations.

(1760-9 mars 1813.)

oratorio de Haydn, paroles de van Swieten, traduction Percier et Fontaine commencent la restauration

du comte de Ségur. Prix des places doublé. des Tuileries. Ouverture du passage des Pano

Opéra-Comique (théâtre Favart). 8 juin. Be.

niouski ou les Exilés du Kamtchatka, paroles d'Alexan. ramas. La Bourse de commerce quilte l'église des Petits

dre Duval, musique de Boïeldieu, succes médiocre. Pères (Augustins réformés) de la place des Victoires.

- 16 septembre. Le Galise de Bagdad, par de SaintÉlévation d'une fontaine (démolie en 1824), place

Just-Dancourt, musique de Boïeldieu. Très grand suc. Baint-Sulpice. Construction du quai Desaix

cès, véritable début musical de Boïeldieu, qui n'était commencé. La place Royale devient place des

connu que comme compositeur de romances de salon. Vosges.

23 octobre. Maison à vendre, paroles de A. Duval, muAchèvement de l'égout de la rue Saint-Denis.

sique de Delayrac (grand succès). La rue (Saint-) Louis du Marais, où Turenne avait eu

GAVINIES

Théâtre Feydeau. 16 janvier. Les deux Jour. son bölel, reçoit le nom de rue Turenne.

nées, paroles de Bouilly, musique de Chérubini.

Profes. au Conservatoire Une division de la Maternité est transférée dans

Ambigu-Comique. 21 mai. Madame Angot au

(1726-9 sept. 1800.) l'ancienne abbaye de Port-Royal, rue de la Bourbe, fau

sérail de Constantinople, par le chevalier Aude. Le bourg Saint-Jacques : elle deviendra plus tard la Bourbe.

plus grand succès théâtral de l'année (237 représentaDeux nouvelles succursales du Mont de Piété sont

lions sans interruption.) fondées, rue Vivienne et rue des Petits-Augustins.

Les morts de l'année.
La vie de la rue.

Marc-René de Montalembert, général et écrivain L'Automate, qui joue aux échecs et aux dames, rue

militaire (29 mars). - Mme Helvetius, dont le salon des Poulies, vis-à-vis la colonnade du Louvre, no 211 :

avait été un des plus brillants du xviie siècle (12 avril). prix d'entrée, trente sols.

- Le botaniste Lhéritier de Brutelle (16 avril). La femme invisible, qui, enfermée dans une cage de

Le musicien Piccini, rival de Gluck (7 mai). verre, répond aux questions sans pouvoir être vue.

L'auteur dramatique, Rochon de Chabannes

(16 mai). – Gaviniès, professeur au Conservatoire, le Population de Paris.

Compositeur de musique premier violoniste de l'École française (9 septembre). 600,000 habitants (60,000 de moins que sous le règne de (16 janv. 1728-7 mai Armand de Béthune-Charost, maire du 10° arronLouis XVI). 100 médecins, 80 banquiers, 400 écrivains, 1800.)

dissement, connu par ses euvres charitables (27 octobre).

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NICOLAS PICCINI

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LA PORTE SAINT-DENIS EN 1801,

D'après un tableau du musée Carnavalet. « En 1671, le prévot des marchands et les échevios décidèrent qu'on érigerait un arc de triomphe en mémoire des glorieux exploits de

Louis XIV dans la Flandre et la Franche-Comté. La ville de Paris fit les frais de cette construction ; ils s'élevèrent à 500,122 francs. Ce beau monument est l'æuvre de l'ingénieur et architecte François Blondel. Les sculptures, commencées d'après les dessins de Blondel par Girardon, furent achevées par Michel Anguier el son frère François. » (E. et L. LAZARF, Dictionnaire des rues de Paris.) « La première porte Saint-Denis (enceinte des Capeliens) était située entre les rues acluelles des Innocents et de la Reynie : une plaque commémorative (rue Saint-Denis, 135) rappelle l'emplacement de la seconde (enceinte de Philippe-Auguste); la troisième (enceinte de Charles V) occupait la rue à la hauteur des nos 285 et 248. Quand Louis XIV fit raser les anciens remparts et dessiner le « Grand-Cours » (grands boulevards actuels), les vieilles portes de défense furent remplacées par des arcs de triomphe dont deux subsistent encore : les portes Saint-Denis et Saint-Martin. » (Edm. BEAUREPATRE.)

1801

L

'ANNÉE 1800 s'était terminée par un atten- n'ont pas eu la prudence de se rallier au noutat : l'année 1801 s'ouvre par des pro- veau gouvernement, coupables ou non, Cerac

scriptions. Malgré Fouché, qui sait à quoi chi, Aréna, Demerville, Topino-Lebrun, sont s'en tenir, Bonaparte veut rendre responsables impitoyablement exécutés. A l'égard des royade l'explosion de la machine infernale « les sep- listes, le Premier Consul, qui songe à l'Empire,

montre plus d'indulgence : il saura les attirer par des honneurs et des places; il les utilisera pour former sa cour. Déjà les émigrés commencent à revenir, et, dans ce Paris qu'ils ne reconnaissent plus, ils apportent des haines artificielles qui deviendront, à la première occasion, de lucratifs dévouements.

Le métier de conspirateur apparait désormais trop pénible et trop dangereux. Cinq ou six polices fonctionnent en même temps et rivalisent de zèle : celle de Bonaparte, qui est la moins bien informée; celle de Fouché, qui découvre les complots et au besoin les

invente; celle de l'État-Major; celles du miVignette du temps.

nistère de l'Intérieur et du ministère des tembriseurs, ces scélérats couverts de crimes ». Relations extérieures. La moitié de Paris passe Leur principal crime est d'être vaincus. On est son temps à espionner l'autre moitié. Cafés, si pressé de se débarrasser des terroristes que, salons, théâtres, promenades sont envahis sur les listes de proscription, dressées hâtive- par les observateurs qui ont besoin, pour gament, on inscrit de prétendus conjurés qui gner leur vie, de quatre ou cinq dénonciaavaient une raison sérieuse pour ne pas con- tions chaque jour. Un mot imprudent, un spirer : ils étaient morts. Les républicains qui geste, peuvent faire mettre en prison le plus

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ARMES DE PARIS.

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