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denrées & autres matieres de com- grosses Fermerce , lorsqu'elles entrent , ou qu'el. les sortent du Royaume , selon qu'il est expliqué par l'Ordonnance de François de donnée à Tonnerre le 21. Avril 1542. Cependant quelques Etablissement Provinces , qui avoient autrefois été d'entrée & de séparées de la Monarchie, ou qui forrie rejetté payoient leurs impositions, comme par la Provinplusieurs les payent encore aujour- & demandé

.

ensuite. d'hui , ayant preferé leur usage au bien general du Royaume , & dans le fonds au leur propre, ont laissé fubfifter ces mêmes droits à leurs confins. A l'égard des autres Provinces de la France , l'une de celles qui a le plus, obstinément conservé cet usage, est le pais d’Aunix , dont la Capitale est la Rochelle. Cependant ayant reconnu fon erreur , elle a enfin demandé d'être reünie au corps de l'Etat , & d'être traitée comme le Poitou , l'Anjou, & les autres Pro. vinces. Et il est certain que fi celles qui perfiftent dans l'ancien usage, connoisfoient leur veritable interêt, elles deinanderoient la même faveur

centre

trouve

avec empressement , puisque le centre
doit toûjours être le mobile de la cir-
conference, & qu'en matiere politi.
que c'est dans le

que

se
la mode , le plus grand emploi & la

plus forte consomption. Preuves qu'il

La Bretagne est une grande Pro-
seroit de l'ins
térer de la vince qui ne paye que peu de droit
Bretagne d'ac: d’entrée , qu'on apelle ports & hará
tablissement, res ; à la reserve de Nantes , où le

droit, dit le domanial , est plus consi-
derable. Or si l'on proposoit à ce
grand Pais de lever tous les Bureaux
qui la séparent du reste du Royau-
me', elle prendroit assurément cette
proposition pour une nouveauté con-
traire à ses priviléges. Cependant,
pour voir s'il y a quelque fondement
dans cette prévention, il n'y a qu'à
considerer qu'il ne passe à l'Etranger
que les seules coiles fabriquécs en cet-
te Province , sans payer de droits,
La sortie des fils pour passer 'en Irlan-
de , ou en Angleterre, est un crime
punissable corporellement. Les caux-
de-vie du Gomé- Nantais sont un
petit objet, in1 Ainfi', fi d'autre parc

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1664. par

on considere tout ce qui sort de cette Province pour le Poitou, l'Anjou & la Normandie , & tout ce qu'elle reçoit du dedans du Royaume, il sera aisé de

juger li la supression des Bureaux qui la séparent du tout, ne seroit pas plus utile que l'établissement des droits d'entrée & de sortie par Mer, ne lui seroit à charge , pourvu toutefois que les droits sur les toiles fufsent moderez , sur le pied du tarif de

la consideration que cette marchandise est le plus solide aliment de cette Province.

Quant aux trois Evêchez de Meiz, Tort que fe Toul & Verdun, il est visible qu'ils Evêchez en preferent leur liaison avec l'Allema- le refusant. gne, la Lorraine & le Luxembourg, à celle qu'ils pourroient avoir avec le dedans de l'Etat. Sans entrer dans l'examen du principe de cette liaison, & de la veritable utilité, ne suffic-il pas de la maxime certaine qui pose, que l'on ne doit jamais tirer de l'Etranger ce que l'Etat

peut

fournir de son fonds.

Tome 11:

trouver chez foi.

Preuves qu'on 1. Parce qu'il n'est point utile que ne doit point tirer des e. l'Etranger tire l'or & l'argent du Rotrang is cc

yaume, qu'on peut

11. Parce qu'il ne l'est point non plus que le travail des artisans du Ro. yaume soit privé de la récompense qu'ils trouvent dans le commerce.

III. Parce qu'il n'y a pas d'autres moyens de perfectionner les manufactures du Royaume , que de leur donner le plus grand cours qu'elles peuvent avoir.

Examen de la

Si l'on demandoit à l'Auvergne la même matie: comparaison de l'utilité qu'elle tire 30 par raport à d'autres par

son commerce avec l'interieur de Provinces. l'Etat, avec celle qu'elle reçoit du

Languedoc & du Lionnois, on est persuadé qu'elle demanderoit également la supression de tout ce qui la sépare de ses voisins, en cela pareille à la Xaintonge, qui la follicite depuis fi long-tems ; parce que toutes les frontieres sont ruinées à deux lieuës de

Niort. Un terroir de Xaintonge est oprimé, & ne peut se défaire de ses fruits , sans payer, comme s'il apartenoit aux Hollandois. Il en est de mêine à deux lieuës de la Rochelle, & il y a des Paroisses de Xaintonge à demie lieuë l'une de l'autre , qui ne peuvent se communiquer sans payer, parce qu'une langue de terre de l'Ass. nix , ou du Poiton , les sépare. Cette importunité de droits se trouve aux extrêmitez de toutes les Provinces, non comprises au nombre de celles qui sont sujettes aux cinq grosses Fermes; car les Provinces sont divisées l'une de l'autre selon la mouvance des fiefs & jurisdictions : ce qui fait qu'il n'y a rien de régulier dans leurs bornes ; & c'est toûjours un prétexte aux Fermiers de fatiguer les Riverains des deux parts , se souciant peu de la perte qu'ils leur causent, pourvu qu'ils gagneut sur leur bail. Le défaut de liberté dans la commu. nication mutuelle des Provinces, est l'un des grands malheurs de la FranGe. En effet, on sera étonné, fi l'on

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