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Dans la seconde section, M. Beudant démontre par expérience : cette propriété caractéristique des liquides de presser également dans tous les sens, qui sert de base à toute l'hydrostatique, et que l'on conclut souvent par raisonnement.

M. Beudant pose d'abord des considérations générales pour faire voir le mécanisme de la pression dans tous les sens; il traite ensuite de la pression sur la paroi inférieure horizontale, puis de la pression sur la paroi supérieure lorsqu'elle existe, de la pression latérale, et enfin de la pression dans toutes les directions, il applique ces phénomènes à la conduite des eaux, aux sources des endroits élevés, aux sources jaillissantes naturelles et aux puits.

Un chapitre est consacré à l'effet de la pression des liquides sur les corps plongés pour leur faire perdre une partie de leur poids; il fait voir, d'après cela, pourquoi il est plus facile de remuer un corps plongé dans l'eau que lorsqu'il est simplement dans l'air; puis il applique ce principe à la seconde manière de déterminer la pesanteur spécifique des corps qu'il avoit annoncée dans le premier Livre.

Le chapitre consacré aux corps flottans, est d'un grand intérêt par les nombreuses applications qu'on y trouve. L'auteur traite brièvement de la natation, de l'influence de la forme des corps sur leur flottaison, de l'emploi des corps flottans pour transporter des fardeaux, pour soulever des masses placées au fond des liquides, pour entretenir l'eau à un niveau constant dans un bassin pour remettre à flot les navires ensablés, enfin M. Beudant décrit succinctement les aréomètres les plus connus.

Le chapitre X renferme les expériences fondamentales de la théorie des tubes capillaires; mais l'auteur n'a pu entrer, sans sortir de son plan, dans les détails de la Théorie mathématique de M. Laplace.

Dans la troisième section de ce Livre, l'auteur traile des corps liquides en mouvement : il présente d'abord un chapitre d'expériences et de considérations fondamentales, où il examine les mouvemens qui ont lieu dans la masse d'un liquide qui s'écoule hors d'un vase : puis il examine les effets qui se passent hors du vase, tels que la contraction de la veine liquide. Il termine ce chapitre par quelques considérations mathématiques sur la vitesse du liquide à l'orifice d'écoulement.

M. Beudant traite dans les chapitres suivans de l'écoulement

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par un orifice percé en mince paroi, de l'écoulement par des tuyaux additionnels, de la pression des liquides en mouvement sur les parois des tuyaux. Il expose d'une manière rapide, mais claire et suffisante pour les jeunes gens, les différens cas où la pression est à son maximum, où elle est nulle, et où elle est négative : c'est dans ce chapitre qu'on trouve une très-bonne description et une très-bonne figure de la machine de Montgolfier (bélier hydraulique).

Les eaux jaillissantes sont l'objet d'un chapitre très-court; mais on remarquera avec intérêt les deux chapitres qui suivent où M. Beudant traite de l'écoulement par des canaux, de l'action érosive des eaux sur le fond et les parois des canaux et des rivières. On y trouve des considérations claires et précises sur les variations de la vitesse du liquide, suivant les différens points, de la profondeur, de la largeur et de la longueur du canal, des considérations sur les circonstances que présente le cours des rivières dans les pays de montagnes et dans les pays de plaines, sur les attérissemens ou barres qui se trouvent à l'embouchure des rivières dans une mer sujette au flux et reflux et dans une masse d'eau tranquille.

Le chapitre sur le choc et la résistance des liquides n'est peut-être pas assez étendu, il est vrai que ce sujet ne peut être traité que par des expériences en grand qu'il seroit utile de refaire, et par le calcul ; mais M. Beudant observe que cette partie de la Mécanique soit expérimentale, soit mathématique, est fort peu avancée.

Les mouvemens oscillatoires et vibratoires des liquides sont l'objet d'un chapitre peu étendu, que l'auteur a corrigé dans les additions d'après des Mémoires récens de M. Poisson et de M.Caucby. Il donne cependant quelques expériences intéressantes qui lui sont propres, sur les vibrations de l'eau et sur la propagation du son par l'interniède de ce liquide.

LE QUATRIÈME LIVRE a pour objet l'étude des fluides aéri. formes; il est, comme le précédent, divisé en trois sections.

La première section traite des propriétés des gaz, M. Beudant fait reconnoître l'impénétrabilité dans les vapeurs comme dans les

gaz permanens. La compressibilité et l'élasticité sont l'objet de deux chapitres. L'auteur fait voir que l'élasticité a lieu dans le gaz par changement de volume, ce qui est encore très différent de ce qui a lieu dans les liquides et dans un grand nombre de

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corps solides ; il décrit ensuite les machines dont la construction et le jeu sont fondés sur l'élasticité de l'air, tels que le fusil à vent, les machines soufflantes, etc. Il a formé une espèce d'article de l'élasticité de l'air au degré de condensation ordinaire, et c'est là qu'il décrit la machine pneumatique et diverses expériences. Ce dernier article, qui est fort court , ainsi que le cha. pitre suivant sur la pesanteur des fluides aériformes, ne sont pas à beaucoup près au niveau des autres : les descriptions sont un peu embrouillées, et il semble que ce soit une esquisse que l'auteur n'a pas finie.

La seconde section a pour objet les principes d'équilibre des fluides aériformes. M. Beudant consacre d'abord un chapitre à la manière dont ces corps pressent en vertu de leur élasticité sur tous les points soit inférieurs, soit supérieurs ou latéraux des vases qui les renferment. En parlant du mélange des gaz, il fait une distinction très-exacte du cas où les gaz se séparent en vertu de leur différence de pesanteur spécifique, le plus lourd occupant la partie la plus basse. Nous croyons que M. Beudant auroit dû donner plus d'extension à cet article et citer les exemples qu'il avoit sans doute en vue, savoir ce qui a lieu dans l'intérieur des mines , la grotte du Chien en Italie, elc.; il auroit évité Jes reproches mal fondés qu'on pourra faire en partant de quel. ques expériences que Dalton a faites en petit, et d'où il résulle qu'alors les gaz se mélangent exactement entre eux.

Le chapitre suivant traite de la pression de l'air à la surface de la terre et de ses différens effets : c'est là que se trouve la première idée du baromètre, la description des pompes aspirantes, aspirantes et foulantes (la pompe foulante est décrite avec raison à l'article de l'impénétrabilité des li. quides); il passe ensuite à la description du siphop , au siphon intermittent dont il cite l'application en grand au canal du Languedoe; il parle enfiu de la fontaine intermittente dont il ap. plique le principe aux fontaines intermittentes naturelles.

On remarquera dans cette section un chapitre qui ne se trouve dans aucun ouvrage de Physique, celui des corps qui flotlent dans l'atmosphère. M. Beudant considère d'abord les corps qui flottent en vertu de leur légèreté spécifique, comme les ballons; puis ceux qui flottent en vertu de leur extrême division, comme les fumées, les nuages, les poussières.

Le dernier chapitre est relatif à la construction du baromètre

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propre à la mesure des hauteurs, et aux principes qui servent de bases à la formule barométrique. L'auteur n'a pas démontré cette formule, ce qui auroit été ou trop long ou trop difficile pour son objet; mais il a donné l'esprit de la démonstration d'une manière claire et précise, renvoyant pour plus de détails à la Mécanique Céleste et aux Tables barométriques de M. Biot.

La troisième section traite des mouvemens des fluides aéri. formes. Le premier chapitre est consacré aux diverses causes de ces mouvemens; M. 'Beudant traite d'abord des mouvemens produits par les variations de température, il cite pour exemple les courans d'air des fourneaux, les vents alisés. Il passe ensuite aux mouvemens produits par des actions mécaniques, et cite Jes ventilateurs et les trompes dont on se sert pour renouveler l'air dans l'intérieur des mines.

Le chapitre suivant traite du choc et de la résistance des fluides aériformes. L'auleur renvoie pour la théorie, à ce qu'il a dit à cet égard sur les liquides, puis il traile du choc de l'air en mouvement; c'est là qu'il donne des idées générales sur la construction des moulins à vent. Passant à la résistance de l'air, il entre dans quelques considérations théoriques qu'il appuie par l'exemple du parachute.

Ledernier chapitre de cette section traite des mouvemens vibra. toires des fluides aériformes; M. Beudant parle d'abord de la production du son dans les tubes des instrumens à vent, puis de la propagation du son par l'intermède de l'air, des échos; et enfin il donne une idée succincte des organes de l'ouïe et de la voix, de l'art du ventriloque, d'après un Rapport de MM. Hallé, Pinel et Percy.

Traité des Fluides incoercibles, Ici commence en quelque sorte une seconde partie qui est précédée d'une introduction particulière, où l'auteur a exposé les principales hypothèses imaginées pour expliquer les phénomènes de la lumière, de la chaleur, de l'électricité et du magnétisme.

LE CINQUIÈME LIVRE traite du calorique. L'auteur considere ce fluide à l'état libre, à l'état de combinaison pour former les liquides et les fluides aériformes; il traite dans les trois premiers chapitres du calorique rayonnant, de l'équilibre de température de la propagation de la chaleur par l'intermède des corps et de la capacité de calorique; mais il nous paroît trop court, et

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il nous semble qu'il a trop négligé quelques expériences intéressantes.

Le chapitre IV traite de l'absorption du calorique par la dilatation des corps, et du dégagement de ce fluide par la condensation : ces phénomènes sont ordinairement confondus avec ceux que produit la dilatation et la contraction des corps par les variations de température, quoique ce soit précisément le contraire; M. Beudant remarque qu'on fait un cercle vicieux pour les réunir.

Après l'explication de divers phénomènes, M. Beudant arrive à la production de la chaleur par le martelage des métaux; il fait voir que l'hypothèse par laquelle on explique ce phénomène, où l'on suppose que le métal est comprimé et que le calorique en sort comme l'eau d'une éponge, est inadınissible, puisque

plomb, , par exemple, est incompressible, et que c'est un des métaux qui s'échauffe le plus facilement. M. Beudant croit que la manière la plus simple d'expliquer ce phénomène, est d'admettre avec quelques physiciens , que le calorique n'a d'action pour élever la température , que lorsqu'il est en mouvement. Il fait le même raisonnement en parlant du calorique dégagé par le frottement mutuel de deux corps.

M. Beudant explique beaucoup de phénomènes journaliers; tels que la rupture des barres des grilles pendant l'hiver, la rupture des poteries qu'on èxpose à des variations trop subites de température; il parle de la circulation de l'air dans les ap: partemens où il y a du feu, etc., etc.; puis il passe aux divers thermomètres et décrit le joli thermomètre métallique de Breguet', qu'on peut mettre facilement dans une bague ; il décrit succinctement les pyromètres et diverses machines utiles, comme le peņdule compensateur, la pompe à feu.

Le chapitre VI traite du calorique combiné; il est partage en plusieurs articles, savoir, la fusion des corps, le retour des corps liquides à l'état solidé, le passage à l'état aériforme, le retour des fluides aériformes à l'état liquide. L'auteur explique plusieurs phénomènes , tels que le refroidissement des corps par l'évaporation des liquides avec lesquels ils sont en contact, l'expérience de Leslie sur la formation artificielle de la glace ; il explique l'humidité des forêts dans les pays chauds, et donne des brouillards et des nuages une idée plus claire que celle qui se trouve dans les divers ouvrages. Tome LXXXII. MARS an 1816.

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