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sibles de la mission, on peut compter 280 mariages bénis; un prêtre a été rendu à la sainteté de son état. On porte le nombre des communions, dans les paroisses de Saint-Etienne, de Notre-Dame et de SainteMarie, à 17,700; ce qui paroîtroit incroyable, vu la population de la ville, si l'on ne faisoit attention que les campagnes environnantes avoient voulu profiter aussi du bienfait de la mission. Dans ces occasions, les hommes n'ont pas paru en moindre nombre que les femmes. M. l'évêque de Mende, toujours empressé de pourvoir aux besoins du diocèse de Lyon, a donné la confirmation à plus de 9000 fidèles; il n'y avoit pas eu de confirmation à Saint-Etienne depuis la révolution. Le même prélat a assisté à la plantation de la croix, qui s'est faite avec beaucoup de solennité ; un grand nombre d'habitans s'étoient fait inscrire pour porter l'instrument de salut, qui a été érigé sur la Place-Royale. M. Miollan, supérieur des missionnaires, prononça dans cette occasion un discours qui émut tous les auditeurs. Les missionnaires partirent le lendemain de cette cérémonie, touchés des dispositions religieuses des habitans, et se proposant, à leur retour à Lyon, de faire une quête pour les pauvres ouvriers de Saint-Etienne, qui ont suivi la mission avec une constance extraordinaire, au risque de perdre quelque chose du salaire nécessaire à leurs besoins. Ce dernier trait de charité des pieux missionnaires est bien digne du zèle et du dévouement dont ils ont donné constamment l'exemple à Saint-Etienne pendant près de deux mois qu'ils ont séjourné dans cette ville.

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M. Dieudonné, aîné, ancien chanoine-régulier de la congrégation de Lorraine, et curé d'Harboué au diocèse de Nanci, est mort, le 15 avril, à Badonvillers, à l'âge de soixante-dix-huit ans, après une maladie longue et douloureuse. Il unissoit au caractère

le plus aimable des connoissances variées. Il avoit occupé pendant vingt ans la cure d'Harboué, et n'en étoit sorti qu'à la révolution; mais cette absence ne l'avoit point fait oublier de ses paroissiens, qui sont allés eux-mêmes à Badonvillers, à deux lieues d'Harboué, leur maire à leur tête, chercher les restes de leur ancien pasteur. Toute la population a assisté à ses funérailles, et on a même le projet d'élever un ancien monument à la mémoire de ce digne vieillard.

NOUVELLES POLITIQUES.

PARIS. Le 31 mai, S. A. R. MADAME, duchesse d'Angoulême, est partie, après midi, pour se rendre aux eaux de Vichy. Cette Princesse a accordé 300 fr. aux malheureux incendiés, pères de famille, de la commune d'Ecury (Marne). S. A. R. Mr. le duc d'Angoulême a fait remettre à M. l'évêque d'Arras une somme de 300 francs pour la malheureuse famille des frères Bonnières, de la commune de Dohem, à laquelle S. A. R. MADAME a envoyé dernièrement un secours de 300 fr.

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S. A. R. Mme. la duchesse de Berri, qui avoit déjà envoyé un secours de 150 fr. aux incendiés du Corps, leur a fait parvenir un second secours de 300 fr.

M. Pozzo di Borgo, ambassadeur extraordinaire de l'empereur de Russie près la cour de France, est arrivé de Rome à Paris.

M. Daigremont-Saint-Manvieux, conseiller à la cour royale, et membre de la chambre des députés, est nommé président de chambre à la cour royale de Caen, en remplacement de M. Cailly, décédé.

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-Le ministère public a interjeté appel du jugement du tribunal de police correctionnelle de la Seine, qui a acquitté les éditeurs du journal dit le Miroir, prévenus de contravention à la loi de censure.

Les Frères des Ecoles chrétiennes ont été installés dernièrement à Sartène, en Corse, d'après le vœu du conseilgénéral.

- Le supérieur-général des Capucins d'Espagne, le père Solchaga, et quatre autres religieux du même ordre, qui ont

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été bannis de leur patrie, sont arrivés, le 23 mai, à Bayonne, où ils ont été reçus avec tous les égards dus à leur mérite et à leur infortune.

Le 15 mai, le roi de Naples est rentré dans sa capitale au bruit des plus vives acclamations. Ce prince a fait publier sur-le-champ une proclamation, dans laquelle il déclare que les calamités et les délits qui ont eu lieu sont graves et nombreux, mais qu'aucun ressentiment personnel n'a eu, ni n'aura jamais part à ses décisions royales. On a remis en vigueur dans le royaume les ordonnances contre les sociétés secrètes, portant peine de mort contre les chefs, les directeurs et les trésoriers de ces sociétés. On a également établi des peines sévères contre les profanateurs et spoliateurs d'églises. Toutes les peintures obscènes, tous les livres dirigés contre la religion, la morale ou les gouvernemens sont sévèrement prohibés.

CHAMBRE DES PAIRS.

Le 29, M. le président interroge Varlet sur ses relations avec Ma ziau. Varlet répond qu'il a reçu Maziau chez lui sans le connoître, sans même savoir son nom. M. de Montmorency trouve fort extraor dinaire que l'accusé Varlet ait donné une lettre de recommandation à un homme dont il ignoroit le nom. L'accusé Pégulu déclare que ses premiers interrogatoires sont faux; qu'alors on l'avoit prévenu que Lamothe l'avoit chargé, et qu'à son tour, pour se venger de Lamothe, il avoit mis sur son compte tous les bruits qui avoient circulé à Cambrai. M. Devesvres, l'un des défenseurs, prétend qu'un colonel, impliqué dans l'instruction, et relâché depuis, la assuré qu'on l'avoit engage, ainsi que plusieurs autres, à charger ses coaccusés, afin de rendre plus favorable sa situation. M. le procureur-général somme le défenseur de nommer ce coloncl. M. Devesvres s'y refuse. M. le procureur-général prie M. le président d'examiner s'il ne convient pas d'entendre M. Devesvres comme témoin.

L'accusé Pégulu persiste dans sa déclaration. Bruc, autre accusé, en fait une toute semblable à la sienne. M. le président demande au témoin Dutoya si, pendant son séjour à la Conciergerie, on l'a invité à charger le capitaine Lamothe. Celui-ci répond négativement. Les accusés Desbordes, Godot-Paquet et Thévenin, déclarent fausses leurs premières réponses.

Le 30 mai, M. le président du conseil des ministres communique à l'assemblée l'ordonnance royale qui nomme M. Pastoret vice-président, et qui confère à M. le marquis de Barthélemy le titre de viceprésident honoraire. La chambre fait inscrire cette ordonnance sur ses registres. M. le ministre de l'intérieur présente deux projets de loi adoptés par l'autre chambre, et relatifs, l'un à l'exportation des grains,

l'autre aux pensions ecclésiastiques. L'impression de ces projets et le renvoi à l'examen des bureaux sont ordonnés. On entend ensuite un rapport fait par M. le comte d'Argout, au nom du comité des pétitions. L'assemblée s'est ajournée au 2 pour la discussion de ces projets.

La chambre s'est réunie en cour de justice à midi, pour le procès de la conspiration du 19 août. M. le chancelier adresse quelques questions à Mollent, et procède immédiatement à l'audition des témoins. M. de l'Etang, chef d'escadron du régiment des dragons de la Seine, rend compte des ouvertures que vint lui faire chez lui l'accusé Carron, au sujet d'une grande défection qui devoit s'effectuer dans l'armée. Le témoin ajoute qu'il fut indigné des propositions de Carron, et qu'il alla de suite faire sa déclaration chez son colonel. L'accusé Carron prétend qu'il est calomnié, et qu'il n'a jamais rien dit au témoin qui fut relatif à la politique. MM. le baron Villatre, colonel des dragons de la Seine, David, baron de Mandeville, commandant le département des Vosges, et le baron Vincent, répètent, l'un après l'autre, la déclaration du chef d'escadron de l'Etang. On a déjà entendu 133 témoins.

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Le 31 mai, la cour s'est ouverte à une heure et demic. Les témoins entendus ont été plusieurs militaires qui connoissoient peu de détails de la conspiration. Le colonel Fabvier, qui avoit été compris dans les premières poursuites, paroit comme témoin; il cherche à disculper Carron, et charge beaucoup Bérard. La déposition de ce colonel paroit ne pas se concilier avec les réponses de Dumoulin. M. Fabvier refuse de nommer deux ou trois personnes qui lui ont parlé de la conspiration. Le procurcur-général se réserve de prendre des mesures contre lui.

CHAMBRE DES DÉPUTÉS.

Le 29 mai, M. B. Constant développe un sous-amendement à la proposition de la commission. L'honorable membre prétend qu'il n'y a pas eu de faute d'impression dans l'amendement de la commission, et qu'il a été imprimé tel qu'il a été envoyé à l'impression. Il rap pelle ces détails, dit-il, parce qu'il espère qu'ils ne seront pas sans effet dans l'autre chambre, présidée avec une intégrité et une impartialité sans égale. Vive explosion de murmures à droite. M. Pardessus demande avec force le rappel à l'ordre de l'orateur. M. le président déclaré que, si quelques injures sont adressées au président, si quelques injustices sont commises envers lui, il se contente du suffrage de la majorité de la chambre. Marque d'approbation à droite et au centre. M. B. Constant termine son discours en persistant dans son amendement, dont il espère que le ministère lui-même prendra la défense.

M. Clausel de Coussergues fait observer que les listes dont a parle M. B. Constant n'ont pas été soumises au Roi. M. de Kergorlay repond à une partie du discours de M. de Saint-Aulaire qui le concernoit, et vote le rejet de l'amendement de M. B. Constant. M. de Saint-Aulaire dit qu'il n'a pas voulu inculper les intentions de M. de

Kergerlay. M. Manuel et M. C. Perrier appuient l'amendement de M. B. Constant. M. Pardessus parle dans le sens contraire. M. le ministre des finances annonce qu'il n'y a point de tableaux annexés au projet de loi, et qu'ainsi la rédaction de l'amendement est vicieuse. M. le ministre des finances lit une nouvelle rédaction de l'article, qui donné lieu à quelques débats. Le renvoi de cette rédaction à la commission, appuyé par MM. Bédoch, Foy et Girardin, est rejeté.

La chambre adopte un sous-amendement de M. Bonnet, portant que les pensions seront partagées entre les veuves et les enfans. M. le président met aux voix l'art. 1er, avec les modifications arrêtées. Il est adopté par une majorité considérable, formée de la droite et du centre droit. L'extrême gauche n'a pas voté. On adopte successivement les articles 2, 3, 4, 5 et 6. MM. Foy et Sappey retirent des amendemens qu'ils avoient proposés, parce que, disent-ils, on a bouleversé tout le projet de loi. On passe à l'article 7, sur lequel la commission a proposé un amendement. MM. de Girardin, Sébastiani et B. Constant, combattent cet amendement; MM. de la Bourdonnaye et de Castelbajac leur répondent. Après une discussion animée, M. le rapporteur de la commission déclare qu'il retire son amendement. Le ministre des finances regarde l'article 7 comme étant inutile, vu la rédaction des articles précédens. L'article 7 est mis aux voix, et rejeté par une immense majorité; le côté gauche a continué à ne pas voter.

Le 30, M. Forbin des Issarts fait un rapport sur diverses pétitions. Il propose le dépôt au bureau des renseignemens de la pétition du sieur Sauvan, qui demande la suppression des maisons de jeu, M. de Bourrienne présente quelques considérations morales sur les maisons de jeu, et signale plusieurs vices très-graves de leur administration; l'orateur propose le renvoi à M. le ministre de l'intérieur, qui est prononcé. Malgré M. Foy et plusieurs autres membres de la gauche, on passe à l'ordre du jour sur la pétition du sieur Canneseau, qui voudroit une loi, laquelle défendit aux curés de faire donner le pain bénit par les femmes des maires, et de donner l'cau bénite et l'encens aux femmes des ci-devans seigneurs. La même décision est prise sur celle du sieur Martel, qui réclame une loi pour défendre aux curés de bénir les cimetières, et de faire des distinctions entre les protestans et les catholiques pour le lieu où on doit les enterrer. La chambre ordonne ensuite le renvoi au bureau des renseignemens d'un mémoire du sieur Alleman, tendant à prouver la justice d'une mesure qui accorderoit une indemnité aux émigrés dépouillés de leurs biens.

On passe à la discussion des derniers articles du projet de loi, relatif aux dotations. Les articles 8 et 9, sur lesquels le côté gauche s'abstient toujours de voter, sont adoptes sans discussion. M. Dubotdéru propose un article additionnel en faveur des militaires des armées royales. M. le ministre des finances ne s'oppose pas à l'article, qui est combattu par M. Foy, et adopté par l'assemblée. L'adoption de l'article to est également prononcée. M. Donadieu demande la parole sur l'article 11, relatif aux rentes sur les canaux. L'orateur se plaint du ministère, et vote pour l'article, qui est adopté. M. Sébastiani, Foy et Casimir Perrier, proposent diverses amendemens à l'article 12 et

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