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d'avoir tenu publiquement des propos offensans contre la personne du Roi et la famille royale.

- Les débats relatifs à l'affaire connue sous le nom de la conspiration de l'est, ont commencé, le 20 de ce mois, devant la cour d'assises de Riom.

- Nicolas-Marie Quinette, ancien notaire à Soissons, puis député à l'assemblée législative, en 1791; membre de la convention, où il vota la mort de Louis XVI; arrêté en Flandres, par Dumourier, et prisonnier en Autriche pendant deux ans et demi; puis échangé, en 1795, avec MADAME; préfet d'Amiens sous Buonaparte; conseiller d'Etat; sorti de France, en 1816, est mort, le 14 de ce mois, à Bruxelles. On remarque qu'en votant la mort de Louis XVI, il prit l'engagement de juger aussi sévèrement tous ceux qui usurperoient les droite du peuple; de sorte qu'il avoit voté d'a vance la mort de Buonaparte, qui néanmoins le fit baron de Rochemont; et M. Quinette en portoit le titre.

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Les membres du ministère du royaume de Naples sont: MM. le marquis d'Andreca, pour les finances; le chevalier de Giorgio, pour la justice; D. J. B. Vecchioni, pour l'intérieur; le général Fardella, pour la guerre, et D. Francisco Lucchesi Palli, pour la marine.

Le roi de Naples a rendu un décret ordonnant que tous les livres défendus, les gravures obscènes, et tous les autres objets, imprimés ou gravés, contraires à la religion et aux moeurs, venant de l'étranger, seront arrêtés à la douane royale, sans avoir aucun égard à aucun prétexte de transit, ou de propriété particulière.

CHAMBRE DES PAIRS.

Le 19, MM. Dalloz, Pinct et Berville, défenseurs des accusés Fes neau, Lecoutre et Delamothe, ont obtenu successivement la parole. M. Pinet s'étant servi d'expressions déplacées, en parlant du témoin Jacquot, attaché au service de Lecoutre, M. le président a exprimé à cet avocat le mécontentement de la cour. Les deux autres avocats ont fait l'éloge des sentimens de leurs cliens, et ont prétendu qu'il n'y avoit pas eu de conspiration.

Le 20, M. Courdier présente la défense de l'accusé Varlet. La singularité de ses argumens provoque quelques sourires. M. le procureur-général fait quelques observations sur les écarts et les inconvéniens que se permettent quelques membres du barreau, et rend en même temps hommage au plus grand nombre d'entr'eux, qui sou

tiennent avec dignité l'honneur de leur ordre. M. Courdier continue sur le même ton: M. le président l'engage, au nom de la cour, à s'abstenir de semblables observations à l'avenir. M. Beugnot, avocat de Thevenin, plaide la cause de son client; il établit que l'intervention de la force militaire dans les gouvernemens est destructive du repos et de la liberté, et cherche à détruire les préventions qui entourent Thevenin. M. Dequevauvilliers parle ensuite pour Remy, et combat toutes les dépositions qui établissent sa culpabilité. M. le procureur-général réfute la doctrine de cet avocat, qui avoit avancé que la révélation étoit presque plus odieuse que la provocation. M. Deque yauvilliers répond qu'il a parlé pour le cas où la sûreté de l'Etat ne seroit pas compromise.

Le 21, la cour entend plusieurs témoins cités à la requête des accusés. M. de Puymaurin, député, directeur-général de la monnoie des médailles, donne quelques explications sur une médaille frappée à l'occasion de la conspiration, et sur laquelle on lit ces mots : Dispa roissez, méchans, le Signeur se réveille. Mme. Bottin dit que, le 20 août, Nantil vint chez elle; il étoit déguisé, et paroissoit inquiet. La fille de Mme. Bottin confirme cette déposition, et ajoute que Nantil lui dit qu'il coucheroit peut-être le soir même aux Tuileries. Le sicur Poinsignon, chef d'office de Mme. la duchesse de Bourbon, dit qu'il connoit Nantil, qui est son compatriote; qu'il vint le voir le 22 août, et lui avoua qu'il étoit dans l'affaire. Cette déposition a été confirmée par la femme du témoin. Dans cette séance, M. de Vesvres, avocat, a plaidé la cause de Bruc et de Pégulu.

CHAMBRE DES DÉPUTÉS.

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Le 19, on continue les débats sur le budget du ministère de la guerre. M. de Villevêque propose de réduire d'un trentième les frais d'administration centrale. M. Perseval, secrétaire-général du ministère de la guerre, s'oppose aux diverses réductions demandées. M. Donnadieu loue la sagesse et l'économie de l'administration militaire telle qu'elle étoit avant la révolution, et fait ensuite une critique longue et détaillée de l'organisation actuelle de cette administration; il se plaint surtout de l'énormité de la dépense des ministres, tandis que l'on traite avec tant de parcimonie une foule d'officiers en non-activité et en demi-solde. L'impression du discours est ordonnée.

M. le ministre des affaires étrangères répond au préopinant; il trouve que le systême qu'il a voulu établir tendroit à renverser le gouvernement représentatif, en détruisant la responsabilité. Mettre, dit l'orateur, dans la main de ceux qui exécutent, la délibération et l'administration, ce seroit établir un contrôle de la part d'une force qui est essentiellement passive et obéissante; une telle doctrine ne seroit propre qu'à faire l'apologie de la révolte des camps. Le discours du ministre a été suivi d'une vive réplique de M. Donnadieu, à l'occasion d'un fait relatif à M. le général Canuel. L'orateur reproche avec force aux ministres d'avoir fait insérer dans un journal une note qui

attaquoit l'honneur de cet officier général, alors incapable de se défendre, puisqu'il étoit en prison.

M. Foy fait l'éloge de l'administration de M. Gouvion Saint-Cyr, et attaque, sur tous les points, l'administration actuelle ; il représente l'armée comme découragée et comme peu attachée au gouvernement, et donne au ministère des conseils pour l'organisation de l'armée. Il appuie l'amendement de M. de Pompières. L'impression de son discours, qui a excité souvent les murmures du cóțe droit, a été refusée. M. de Villèle repousse les argumens de M. Foy, et trouve qu'ils tendent à provoquer la guerre. M. de Villèle venge aussi l'armée de toutes les calomnies dir gées contre elle; au résumé, il ne pense pas que le préopinant ait parié sérieusement; car, ajoute l'orateur, si de pareils faits étoient vrais, ils ne seroient pas divulgués à la tribune. Marques presque générales d'appprobation.

On ferme la discussion. Tous les amendemens sont rejetés, excepté celui de la commission, qui tendoit à réduire le chapitre er, de 36,000 francs. On passe au chapitre 1, concernant la solde d'activité, et montant à 97 millions 695,000 francs. M. Sébastiani se plaint de l'excédant de solde des troupes suisses relativement aux troupes françoises, et du grand nombre d'officiers d'état-major qui sont attachés à la personne du duc de Bordeaux. M. de Castelbajac fait valoir l'importance et l'utilité de l'alliance de la Suisse pour la France, et fait ensuite observer que Mgr. le duc de Bordeaux a conservé la maison de son anguste père. M. Foy trouve que l'alliance de la Suisse n'est d'aucun avantage pour la France. M, Dudon lui répond en peu de mots. On prononce la cloture, et l'on rejette denx amendemens, l'un de M. Demarçay, l'autre de M. de Cayrol,

Le 20, M. le ministre de la guerre prononce un long discours, dans lequel il rétablit plusieurs faits dénaturés la veille par plusieurs orateurs; il présente l'armée comme animée d'un excellent esprit, et en donne pour preuve la conduite des régimens qui se sont trouvés à Grenoble et dans plusieurs autres villes, où des troubles ont eu lieu. Ce discours, rempli des plus nobles sentimens, et prononcé avec fermeté, a été plusieurs fois applaudi par tout le coté droit. On s'occupe du second article du chapitre 11 du budget de la guerre, relatif à l'intendance militaire, et montant à 2 millions 614,000 francs. Plusieurs amendemens proposés par divers membres sont rejetés. Une réduction de 132,400 francs, proposée par la commission, est scule adoptée. On adopte sans débats l'article 6, concernant les instituteurs géographes.

Une vive et longue discussion s'établit sur l'article 7, portant une somme de 16 millions 66,000 franes pour la gendarmerie. MM. Beauséjour et Foy proposent diverses réductions sur cet article. M. Beauséjour accuse la gendarmerie de vexation à l'égard des citoyens. M. Foy penche pour qu'on diminue ce e rps, et pour qu'on en remplace une partie par l'excellente institution des gardes nationales. M. Duhamel repousse les accusations dirigées contre la gendarmeric. M. de Bourrienne, rapporteur de la commission, établit la nécessité d'une police, et attribue l'état de décadence des sociétés modernes à l'afforblissement du pouvoir légal. M. le général Lagrange ne croit

pas que l'augmentation de la gendarmerie soit nécessaire. On ferme la discussion. Les amendemens de MM. Foy et Beauséjour sont rejetés.

M. Decaux, commissaire du Roi, justifie les augmentations qu'on a du faire à l'article 8, lequel porte une somme de 36 millions 648,000 fr. pour la solde de l'infanteric. M. de Corcelles prononce un discours qui a excité de fréquens murmures; il propose une réduction de 5 millions 226,000 francs, affectés à la solde des régimens suisses; prétend qu'il est honteux pour le caractère françois, ruineux pour le fisc, et mena çant pour les libertés, d'entretenir des troupes étrangères sur notre territoire, et demande que cet article soit à jamais rayé du budget. L'impression du discours est refusée. M. Foy se plaint de ce qu'on ne discute pas du tout le budget, cite l'exemple de l'Angleterre, et cherche à prouver par des calculs que le tableau de l'effectif de l'armée n'est nullement exact. M. Thirat de Saint-Aignan donne des explications.

Le 21, on continue la discussion sur l'article relatif à la solde de l'in fanterie. M. Beauséjour se plaint que la garde royale est trop nombreuse. L'impression de son discours est rejetée. M. Tyrat de SaintAignan, commissaire du Roi, répond aux objections du préopinant. M. de Berbis réfute le discours prononcé la veille par M. de Corcelles ; il loue la conduite des Suisses attachés au service de la France, et rap pelle la mémorable journée du 10 août, où ils prouvèrent si courageusement leur fidélité. On ordonne l'impression du discours après quelques débats peu intéressans. On ferme la clôture, malgré les réclamations du côté gauche, et les divers amendemens proposés sont rejetés.

Aucun amendement n'ayant été proposé sur les articles 9, 10 et 11 du chapitre I, on passe à l'article 12, concernant la solde du train des équipages militaires, montant à un million 508,000 franes. M. Demarçay regarde cette dépense comme inutile, et en vote la suppres sion. M. Foy appuie la proposition, M. de la Bourdonnaye s'étonne qu'une pareille proposition soit faite par ceux qui manifestent chaque jour le désir de voir une armée prête à rentrer en campagne. L'orateur établit ensuite que, quoiqu'en disent les membres d'un certain côté de la chambre, l'arbitraire n'a jamais moins existé dans l'armée qu'en de moment. Il vote pour la conservation du train des équipages militaires. L'amendement de M. Demarçay est rejeté.

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Une longue discussion s'établit sur l'ensemble du chapitre 11. MM. Foy, Sebastiani, Casimir Perrier, Labbey de Pompières, proposent des amendemens, qui sont combattus par MM. le ministre des affaires étrangères, de la Bourdonnaye et Donnadieu, et sont ensuite rejetés successivement. Le chapitre 11 est adopté.

Nous avons annoncé très-brièvement la mort de M. Camille Jordan, arrivée le 19 mai dernier, et nous n'avons rien dit de ce député, qui cependant doit, à plus d'un titre, être mentionné dans ce journal. Il a pris part, dans plusieurs circonst tances, aux affaires de l'Eglise, et le clergé doit se rappeler,

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entr'autres, avec reconnoissance la chaleur avec laquelle sa cause fut défendue, en 1797, par cet orateur.

M. Camille Jordan, né à Lyon, en 1769, d'une famille du commerce, se distingua dans sa jeunesse par des dispositions très-heureuses et très-brillantes. La facilité de son esprit lui procura dans ses études les succès les plus flatteurs. Entré au séminaire de Saint-Irénée, à Lyon, il n'y montra pas moins de piété que de talent. Jeune encore à l'époque de la révolution, il prit part à la controverse sur la constitution civile du clergé. On a de lui sur ces matières trois écrits qui parurent étonnans pour son âge; savoir: Epttre à M. Lamourette, se disant évêque de Rhône et Loire, et métropolitain du sud-est, Paris, 1791, in-8°. de 101 pages; Histoire de la Conversion d'une dame parisienne, Paris, 1792, in-8°. de 64 pages; et la Loi et la Religion vengées sur les troubles arrivés dans les églises de France, Paris, 1792, in-8°. de 16 pages. L'Epitre à Lamourette roule sur son Instruction pastorale du 16 juillet 1791, et est datée de Lyon, le 31 août 1791. M. Jordan y oppose à l'évêque constitutionnel des raisons et des autorités également concluantes, et y montre des connoissances théologiques qu'on n'auroit pas supposées à un jeune homme. On trouve à la suite de la lettre deux postscriptum, l'un sur l'élection de Lamourette à la législature, l'autre sur son Mandement du 16 septembre 1791. L'Histoire de la Conversion d'une dame parisienne représente une femme d'abord éprise de la révolution, et qui en abandonne ensuite les principes; cette fiction, car il y a lieu de croire que c'en est une, est encore dirigée contre les constitutionnels, et est écrite avec un talent et une facilité très-remarquables. Enfin le dernier écrit, la Loi et la Religion vengées, est une réclamation énergique contre l'intolérance des révolutionnaires envers les catholiques attachés à leurs pasteurs, légitimes; elle est signée le citoyen Simon.

Ces écrits, en annonçant les goûts de M. Jordan, et la direction qu'il donnoit à ses études, pouvoient donner lieu de penser qu'il entreroit dans l'état ecclésiastique, et la profession publique qu'il faisoit de piété confirmaoit cette idée. Mais les progrès de la révolution l'empêchèrent de suivre cette carrière. il resta caché pendant la terreur; et, cette époque passée, il se lança dans la politique. Député du Rhône au conseil des cinq-cents, en mars 1797, il vota constamment avec ceux qui vouloient guérir les plaies de la révolution. Il prononça,

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