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par la cour d'assises de Paris, à six mois de prison et 500 fr. d'amende, pour avoir tenu des propos infames contre la per sonne du Roi, le jour du baptême de M. le duc de Bordeaux. La même cour a ensuite condamné à dix jours de pri son le nommé Hue, couvaincu d'avoir chanté, sur les boulevards, une chanson séditieuse.

Le 26, le nommé Bellot, conducteur de cabriolet, a été condamné à quinze jours de prison et à 15 frares d'amende, pour avoir, le 2 inai dernier, proféré des cris séditieux.

M. le comte de la Forest-Divonne est nommé au com mandement militaire de Belle-lle ( Morbihan).

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M. de Lagarde, ministre plénipotentiaire du Roi, est parti, le 29 juin, pour aller remplacer à Madrid M. le duc de Laval, ambassadeur.

Sur les conclusions de M. le procureur-général, la cour d'assises de Grenoble s'est déclarée incompétente pour juger l'affaire des troubles du 20 mars.

CHAMBRE DES PAIRS.

Dans la séance du 25, MM. les avocats Hennequin, OdillonBarrot, Coffinières et Berville, ont répliqué au ministère public. Ce dernier défenseur ayant émis cette étrange doctrine, que faire descen dre le Roi du tròne, pour y placer l'héritier présomptif, n'est pas un crime, des murmures d'ir dignation sont partis des bancs des nobles pairs. M. le procureur-général a repoussé avec force la doctrine de M. Berville: celui-ci, en voulant donner des explications, a déve loppé son premier raisonnement; de nouveaux murmures l'ont encore interrompu. MM. de Brissac et Desèze se sont écrié que cette doctrine étoit subversive de l'ordre social. Suri' rdre de M. le président, l'ave cat a terminé sa réplique en se renfeimant dans la cause.

Le 26, M. Parquin, défenseur de Laverderie, a la parole; il dis cute les faits particuliers à son client, et cherche à démontrer qu'il avoit volontairement renoncé au complot dont il avoit reçu la confidence. Les accusés ayant déclaré n'avoir rien à ajouter à leur défense, M. le chancelier prononce la clôture des débats. M. le procureur-général requiert qu'il plaise à la cour de déclarer que Lamy, contumace, contre lequel il ne s'élève aucune charge, sera déchargé de l'accusation, et déclarer Nantil, Maziau, Rey et Lavocat, convaincus d'avoir conspiré contre l'Etat, et de les condamner à la peine capitale. M. le président fait retirer les accusés, et annonce que la cour préviendra du jour où elle rendra son arrêt.

Le 27, M. le comte de Saint-Aulaire a été admis à prêter serment, et à prendre place parmi les pairs. La réception de M. le duc de Coi gay aura lieu à la prochaine séance. La chambre a ensuite entendu

M. le vicomte Dambray, rapporteur de la commission chargée de l'examen d'un projet de loi relatif à divers échanges ensentis par le domaine de la couronne. M. le rapporteur conclut à l'adoption de ce projet. On passe à la discussion, e assemblée générale, du projet de loi relatif aux pensions ecclésiastiques. MM. le marquis de Malleville et de Catellan con battent ee projet, qui est appuyé par MM. le duc de Doudeauville et le ministre des affaires étrangères. M. le comte Lanjuinais a présenté quelques observations sur l'article 1er. Aucun amendement n'ayant été proposé, les deux articles ont été provisoirement adoptés, Le scrutin a donné 72 voix pour l'adoption définitive du projet, et 25 contre.

Le 28, M. le duc de Coigny a prêté le serment d'usage, et a prís séance. M. le vicomte de Rosambo a honoré d'un juste hommage la mémoire de feu M. le maréchal duc de Coigny. La chambre s'est ensuite occupée de la loi sur les grains, précédemment adoptée par la chambre des députés, et qui l'a été aussi par les pairs après quelques, débats.

CHAMBRE DES DÉPUTÉS.

Le 23 (voyez l commencement de la séance au numéro précédent), on passe au chapitre x, qui porte 200,000 francs pour les frais de la justice militaire. M. B. Constant prononce un long discours, dans lequel il renouvelle ses plaintes de l'année dernière contre la législation militaire actuelle. L'honorable membre cite å l'appui de son opinion des faits particuliers; il parle du procès de la conspiration du 19 août, et pense que, d'après les lois existantes, on auroit peut-être pu renvoyer les accusés devant des conseils de guerre. Il demande, avant de voter le chapitre en question, si les ministres donneront un nouveau Code militaire. La chambre a rejeté l'impression de ce discours, qui a été fréquemment interrompu par les murmures et les réclamations du côté droit.

M. le ministre des affaires étrangères combat les principales objections de M. B. Constant, et donne des explications sur le travail qui se fait en ce moment au ministère de la la confection d'un Code militaire. Le chapitre x a été adopté. Les huit chapitres suivans ont été adoptés également, et presque sans discussion, ainsi que le budget de la direction des poudres.

Le 25, M. Héricart de Thury fait un rapport sur un projet de loi relatif à l'emploi des eaux surabondantes du canal de Saint-Maur. M. Breton fait aussi un rapport sur un autre projet de loi concernant le canal de Saint-Martin. La chambre entend ensuite M. de Louguève, rapporteur de la commission pour le projet relatif à l'augmentation des membres du tribunal de première instance de la Seine. Ces divers rapports seront imprimés et distribués.

On entame la discussion du budget de la marine. M. le ministre de la marine donne des explications sur les observations qui ont été faites lors de la discussion générale. M. Villemain appuie une réduction de 20,000 francs proposée par la commission, sur le chapitre 1er., relatit l'administration centrale. M. Avoyne de Chantereine yote les fonds

demandés par le gouvernement. M. Ternaux critique la situation actuelle de la marine. M. Lainé combat les argumens du préopinant. M. Leseigneur parle en faveur de l'amendement de la commission. On ferme la discussion. Après de nouveaux débats, mais peu intéresqui se sont élevés à l'occasion d'un amendement de M. Labbey de Pompières, la chambre rejette cet amendement, et adopte la réduction proposée par la commission.

sans,

MM. Beauséjour et Labbey de Pompières proposent, le premier, une réduction de 200,000 francs; le second, une de 120,000 fr. sur le chapitre II, relatif à la solde de la marine, et s'élevant à 14,199,679 fr. Ces réductions ne sont point appuyées. La chambre n'étant plus en nombre suffisant, la séance est levée.

Le 26, on reprend la discussion sur le chapitre 11 du ministère de la marine, portant 14 millions 199,679 francs, pour la solde à la terre et à la mer. M. Revelière relève plusieurs des assertions de M. Labbey de Pompières, et vote l'allocation du chapitre. M. Labbey de Pom'pières réplique, et M. Jurien, commissaire du Roi, repousse les nouvelles attaques de M. de Pompières contre la marine, M. Foy fait un long discours, dans lequel il passe en revue les diverses dépenses comprises dans le chapitre 1. L'honorable membre parle de la traite des noirs, et demande si les vaisseaux destinés à empêcher ce trafic remplissent leur destination, et se réserve de présenter à ce sujet des observations, quand il sera question des colonies. M. Foy jette en passant un coup-d'œil sur l'état actuel de la Grèce, qu'il regarde comme une victime de la politique russe, et fait des vœux pour que la flotte françoise destinée à parcourir les mers de ces contrées puisse y arriver promptement. M. Portal, ministre de la marine, répond en détail à toutes les observations du préopinant. La clôture est prononcée, malgré les efforts du côté gauche, et le chapitre adopté.

La chambre a adopté successivement les neuf chapitres suivans, qui n'ont donné lieu qu'à des débats peu intéressans. M. Beauséjour a prononcé successivement cinq discours, pour soutenir autant d'amendemens, qui ont tous été rejetés.

Le 27, l'ordre du jour est la suite de la discussion sur le budget de la marine. Le chapitre x1, relatif aux colonies, s'élève à 5 millions 958,000 francs. M. Beugnot retrace l'histoire de nos colonies depuis 1784, et propose, qu'à partir du budget de 1822, la Martinique et la Guadeloupe soient chargées de leurs dépenses intérieures. M. de Villèle pense qu'il ne seroit pas sage de renoncer aux avantages présens qui résultent de nos colonies, et il ne voit rien qui nécessite la demande du préopinant. M. B. Constant parle uniquement de la traite des nègres; il se plaint de Finexécution des réglemens à cet égard, et demande pourquoi la loi, promise l'année dernière par M. le ministre de la marine, n'a pas encore été présentée. Il expose plusieurs faits, à l'aide desquels il prétend prouver que la traite des négres se fait plus cruellement que jamais.

Le côté gauche demande l'impression du discours. M. Dudon s'y oppose avec force, et M. Manuel parle dans le sens contraire. M. le ministre de la marine répond au discours de M. B. Constant, et déclare que, si l'honorable membre a des pièces à l'appui de ce qu'il a

avancé, il ordonnera les recherches convenables pour punir les compables. M. Laisné de Villevêque parle aussi avce véhémence sur la traite des nègres.

M. Manuel pense qu'il est peu important de conserver les colonies. L'honorable membre arrive à la question de la traite des nègres, et reproduit quelques argumens de M. B. Constant. Si nous voulons, ajoute-t-il, que les nègres scient nos amis, il ne faut ni leur couper le jarret par punition, ni leur faire appliquer des coups de fouet. Explosion de murmures à droite, et vive interruption. M. de Peyronnet s'écrie: Vous voulez donc recommencer les massacres de Saint-Domingue. Tout le côté gauche se lève en masse en poussant des cris confus. Le tumulte est à son comble. M. le président agite en vain sa sonnette. MM. de Cayrol et Dudon réclament le rappel à l'ordre de M. Manuel, et M. le président les rappelle tous deux à l'ordre, pour avoir interrompu l'orateur. M. Manuel achève son discours, dont l'impression est rejetée.

M. Lainé établit l'utilité des colonies; passant ensuite à la traite des nègres, l'orateur prouve que ce sont les François qui font le moins ce trafic. Il venge les colons françois du reproche de barbarie qu'on vient de leur adresser, et rappelle qu'il est beaucoup de membres de la chambre qui ont vu leurs familles égorgées par les nègres, et qui ont dù ces massacres à des discours peut-être moins répréhensibles que celui que l'on vient d'entendre. Ce discours, également fort et brillant, à été vivement applandi. Le chapitre des colonies a été adopté. On a ensuite entamé la discussion sur le budget du ministre des finances. Le chapitre er,, relatif à la dette viagère, a été alloué sans débats. M. Roy a donné des explications sur le chapitre 1, concernant les pensions, qui a été pareillement adopté.

Le 28, après la lecture du procès-verbal de la séance de la veille, M. Laisné de Villevêque se plaint de ce que M. Lainé a interprété d'une manière facheuse le discours qu'il a prononcé à l'occasion du chapitre des colonies, et il répète ensuite plusieurs passages de ce méme discours. Plusieurs membres de la droite l'invitent à parler sur le procès-verbal. Peu après, le procès-verbal est adopté, et l'on continue la discussion sur les finances. Le chapitre 1 est adopté. A l'occasion de l'article du chapitre iv portant 2 millions pour la chambre des pairs, M. Sébastiani réclame une loi tendant à rendre cette dotation stable et légale. On adopte le chapitre, sur la proposition de M. de la Boulaye. On décide que le chapitre de la chambre des députés ne sera débattu qu'après le rapport d'un comité secret.

Les chapitres suivans, relatifs à la cour des comptes et à l'administration des anciennes monnoies, sont votés successivement. La chambre adopte ensuite une réduction de 60,000 francs, proposée par la commission, sur le chapitre concernant le service administratif du ministère des finances. Une assez longue discussion s'établit sur les chapitres x et xu, qui ont rapport aux frais de service et de négociations, et aux intérêts des 100 millions dús aux étrangers. M. Casimir Perrier ne voit pas la nécessité d'allouer la somme de 4 millions 500,000 francs relatifs à ce dernier objet. M. le ministre des finances donne des explications à cet égard. Les deux chapitres sont adoptés.

(Mercredi 4 juillet 1821.) Back

(No. 720.)

Précis de l'Histoire; par M. le marquis de Villeneuve (1).

Il est, dit l'auteur de ce livre, deux manières d'apprendre l'histoire; les grands ouvrages et les abrégés. Mais ces deux manières offrent des inconvéniens. D'un côté, on est effrayé de la masse de volumes qu'il faut compulser pour connoître ce qu'il y a de plus important dans la suite des siècles. Les ouvrages de Rollin, de Crévier et de Lebeau; celui de Vély et de ses continuateurs; les livres détachés où il faut chercher la suite de l'histoire de France depuis Charles IX; quelques histoires des autres nations modernes, quelques vies de grands hommes; il n'en faut pas tant pour rebuter les jeunes gens qui ne croient point pouvoir parvenir au terme d'un si long voyage, et qui hésitent à se mettre en chemin. D'un autre côté, les abrégés qui ne présentent que les principaux faits, qui n'en montrent pas la liaison, qui négligent les détails les plus attachans, laissent, par leur rapidité même, peu de traces dans la mémoire. N'y auroit-il pas moyen de concilier les deux méthodes, et de parer aux inconvéniens qu'offre chacune d'elles? M. le marquis de Villeneuve croit avoir trouvé ce moyen; c'est, dit-il, de ne lire dans les grands ouvrages qué les parties saillantes et vraiment notables

(1) 1 vol. in-8°.; prix, 6 fr. et 7 fr. 50 cent. franc de port. A Paris, chez Egron; et chez Adr. Le Clere, au bureau de ce journal.

Tome XXVIII, L'Ami de la Relig, et du Ror. Q

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