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NOUVELLES POLITIQUES.

PARIS. Le dimanche 15, le Roi a entendu la messe dans la chapelle du château de Saint-Cloud, ainsi que les Princes et Princesses de la famille royale. M. l'évêque de Versailles, à la tête de son clergé, est venu à Saint-Cloud, et a présenté ses hom mages à S. M. Ce prélat a adressé un discours au Roi, qui a répondu avec la grâce et la bienveillance qui le caractérisent. La réception qui a eu lieu ensuite a été très-brillante. La fête de notre nouvel Henri a été célébrée avec enthousiasme à Saint-Cloud. Toutes les maisons étoient pavoisées de drapeaux blancs fleurdélisées.

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Le 14, veille de la saint Henri, les personnes attachées à la maison du Roi et à celle des Princes ont célébré la fête de Mgr. le duc de Bordeaux. Les dames de la Halle se sont rendues au château de Saint-Cloud, et ont eu l'honneur de présenter un bouquet au jeune Prince. Le soir, la musique des gardes du corps du Roi, celles des gardes du corps de MONSIEUR et de la garde royale, ont exécuté des symphonies sous les fenêtres de M. le duc de Bordeaux.

Une ordonnance du 2 de ce mois détermine le mode à suivre pour le renouvellement annuel des membres des bureaux de charité. Des administrateurs ont été nommés pour trois ans par M. le ministre de l'intérieur, dans les douze arrondissemens de Paris.

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· Depuis quelques jours les libéraux ne manquent pas l'occasion de mettre Buonaparte en scène. Tantôt ce sont des journaux qui font son apologie, et ces journaux se disent amis de la Charte et de la liberté; tantôt ce sont des lithographes qui nous représentent son cercueil porté par des braves de l'ancienne armée.

Le 13, Maziau a été transféré de la prison de SaintePélagie à la Conciergerie.

Le 13, la cour d'assises de Paris, sur la délibération du juri, a acquitté la femme Noblet, convaincue d'avoir criú : Vive l'empereur! étant ivre.

Le clergé du diocèse de Bordeaux a offert une somme de 3380 fr. pour l'acquisition du domaine de Chambord.

Le 3 de ce mois, un orage épouvantable a ravagé plusieurs communes du département du Gard.

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· Vers la fin du mois dernier, des voleurs se sont introduits, de nuit, dans l'église de Gaillac (Tarn), et y ont enlevé tout le linge et l'argenterie qu'ils ont trouvé. Ils n'ont laissé que les vases sacrés et les ornemens du culte. La police est à la recherche des coupables.

-Le conseil privé du roi d'Angleterre a décidé que la reine ne sauroit exiger en droit de se faire couronner, à quelqu'époque que ce soit. Le roi a approuvé cette décision. La reine a écrit à lord vicomte Sidmouth qu'elle se proposoit d'assister à la cérémonie du couronnement du roi.

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-Le 11, le parlement d'Angleterre a été dissous par les commissaires royaux nommés à cet effet.

Le 1. de ce mois, le vaisseau le Jean VI, portant le roi de Portugal et de Brésil, et sa famille, a mouillé dans le port de Belem le lendemain, le roi et la famille royale ont débarqué avec beaucoup de solennité, et se sont rendus à la cathédrale, où l'on a chanté un Te Deum. Le roi est ensuite entré dans la salle des cortés, et a prêté serment à lą constitution.

Les dernières nouvelles de Constantinople donnent encore plus de force aux conjectures qu'a fait naître la conduite de la Porte à l'égard de la Russie. Toutes communications sont interrompues entre l'ambassadeur russe et le gouvernement turc. On ajoute que le sultan a ordonné de saisir tous les papiers et tous les effets que l'ambassadeur a laissés dans son hôtel en quittant Constantinople. D'après les conditions du traité de paix de Kainardgi, de 1774, conclu entre la Russie et la Porte, et qui a été renouvelé depuis; traité dans lequel la Porte promettoit de protéger la religion chrétienne et ses églises, et par lequel la Valachie et la Moldavie étoient restituées à la Porte par la Russie, cette dernière puissance pourra bien se servir du droit d'intervention qu'elle s'étoit réservée en faveur d'une portion des sujets de l'empire ottoman.

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CHAMBRE DES PAIRS.

Le 16, la cour s'est réunie pour prononcer son arrêt dans l'affaire de la conspiration du 19 août. A midi, les accusés ont été amenés sur les bancs. M. le président prévient le public qu'il doit montrer dans cette enceinte une contenance décente et un silence respectueux, et s'interdire toute marque d'improbation et d'approbation; puis it donne lecture de l'arrêt.

Il en résulte que les nommés Lamy, Depierris, Charpenay, Ey nard, Dequevauviliers, Brédard, de Lacombe, Bérard, Sauset, Mallent, Dumoulin, Monchy, Caron, Varlet, Lecoutre, Fesneau, Modwick, Hutteau, Desbordes, Godo-Paquet, Bruc, Pégulu, Remy et Thevenin, sont acquittés de l'accusation portée contr'eux; Nantil, Lavocat et Rey, contumaces, sont déclarés coupables du crime prévu par l'article 87 du Code pénal, et condamnés à mort; Laverderie est condamné à cinq ans d'emprisonnement et 2000 fr. d'amende, comme coupable d'avoir fait une proposition de complot non agréée; la même peine est prononcée contre Trogoff et Delamotte; Robert et Gaillard sont condamnés à cinq ans de prison et 500 fr. d'amende; et Loritz à deux ans de prison et 500 fr. d'amende.

Après la lecture de l'arrêt, M. le président a adressé à tous les accusés un discours plein des réflexions les plus modérées et des conseils les plus sages; il ne leur a pas dissimulé que plusieurs d'entr'eux devoient beaucoup à l'indulgence de la cour, qui a bien voulu songer à leur jeunesse, et à l'entrainement des circonstances. Vous n'avez plus rien à craindre de la justice des hommes, a-t-il dit aux prévenus acquittés; mais je vous cite au tribunal de votre propre conscience, et vous y trouverez peut-être des juges plus sévères que ceux qui ont prononcé sur votre sort. Après ce discours, tous les accusés se sont retirés avec calme et en bon ordre. Les accusés acquittés ont été mis en liberté ; les autres ont été conduits à Sainte-Pélagie.

CHAMBRE DES DÉPUTÉS.

Le 13, M. Brennet fait un rapport sur quelques pétitions qui ont été soumises à l'examen de la commission du budget. La chambre accorde un congé à M. Duplessis Grénédan. On reprend la discussion du budget. Divers amendemens, présentés par MM. de Floirac, de Turmel, Duvergier de Hauranne, et autres membres, sur les salines, les eaux-de-vie, les vins, etc., sont successivement rejetés, après des débats peu intéressans. M. de Marcellus demande la suppression des droits d'entrée et de circulation pour les piquettes; il déclare qu'il vient plaider une cause noble et sacrée, car c'est celle du pauvre. La piquette, ajoute-t-il, n'est véritablement que de l'eau, et les directeurs-généraux, qui s'obstinent à la soumettre aux droits, ne connoissent probablement pas la piquette. M. de Vaxès propose l'abolition pleine et entière de tous les droits, tant sur les piquettes que sur les petites bières. Quelques autres amendemens sont proposés sur le même objet, et sont tous rejetés. Un amendement de M. de Straforello, pour la suppression du droit indirect sur la consommation des huiles, subit le même sort. M. Sébastiani fait renvoyer à la commission des finances un amendement tendant à exempter de droits d'entrée en France les huiles de la Corse.

Le 14, M. Hocquart fait un rapport sur diverses pétitions. Il propose le renvoi au ministre de la guerre de la pétition du sieur Bacheville, officier en retraite, qui réclame contre la fixation de sa 'pen

sion, et sollicite le paiement d'une solde arriérée. M. de Corcelles fait une longue apologie de l'ancienne armée; il s'efforce d'attendrir l'assemblée sur le sort de ceux qui en ont fait partie, et qui, selon lui, ont été cruellement persécutés. Les cris à l'ordre, à la question, interrompent l'honorable membre à chaque phrase. M. le président le rappelle à la question. Enfin, M. de Corcelles conclut à ce que la pétition soit renvoyée à M. le président du conseil des ministres. Cette proposition est rejetée, et les conclusions de la commission sont adoptées.

On reprend la délibération sur le budget des recettes. Une foule d'amendemens relatifs aux boissons, aux voitures publiques, à la loterie, sont successivement discutés et rejetés. La chambre adopte les articles 4, 5 et 6 du projet de loi, qui maintiennent les divers impôts indirects, et le timbre sur les journaux. On passe à l'article 7, relatif aux retenues sur les traitemens, M. Delbreil d'Escorbiac demande que ces retenues soient prolongées indéfiniment. M. de Girardin combat cet amendement, qui est rejeté. On adopte l'article et quelques autres dispositions qui s'y rattachent.

Le 16, M. Cornet-d'Incourt demande qu'il soit fait mention au procèsverbal de ce qu'ont dit MM. le ministre des finances et le directeurgénéral des contributions indirectes, dans la discussion sur les bières. Cette rectification est rejetée, et l'adoption du procès-verbal prononcée. On continue la discussion du budget. On s'occupe de l'article 11, relatif à la rétribution universitaire, et à plusieurs autres objets. M. B. Constant développe un amendement, tendant à ce que cette rétribution ne soit désormais perçue que dans les communes au-dessus de 2000 ames. L'honorable membre se plaint de prétendues vexations commises par l'administration supérieure de l'instruction publique. M. le garde des sceaux combat l'amendement et les doctrines du côté gauche, qui éclate en murmures. M. Corbières ajoute de nouvelles considérations contre l'amendement, qui est rejeté.

M. Etienne propose un amendement, portant qu'à dater du 1er. janvier 1822, les produits des sceaux, des titres, etc., feront partie des recettes de l'Etat. Cet amendement est successivement combattu par, M. de la Bourdonnaye et M. le garde des sceaux. M. Manuel développe longuement un sous-amendement, qu'il abandonne ensuite. La proposition de M. Etienne est rejetée. Divers amendemens de M. Foy subissent le même sort. Les articles 12, 13, 14 et 15, sont adoptés sans discussion. De vifs débats s'élèvent au sujet de l'article 16, relatif au dégrèvement. Quelques membres veulent que la discussion s'établisse d'abord sur les amendemens, d'autres veulent que l'on commence par l'article. Sur la proposition de M. le ministre des finances, la chambre décide que chaque paragraphe de l'article sera d'abord soumis chambre, et qu'alors chacun présentera ses amendemens. Le premier paragraphe porte qu'il est accordé sur la contribution foncière un dégrèvement de 19 millions 617,229 francs, dont 13 millions 529, 123 fr. sur le principal, et 6 millions 88, 106 francs sur les centimes additionnels. M. Kératry propose un amendement, qui est rejeté. Le premier paragraphe est adopté.

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(Samedi 21 juillet 1821.)

(N°. 725.)

Les Martyrs de la Foi pendant la révolution françoise par M. Aimé Guillon. IV. volume.

Nous pouvons nous rendre le témoignage que, dans l'examen des trois premiers volumes de cet ouvrage, nous avons mis toute la modération et l'impartialité qu'on avoit droit d'attendre de nous. Nous avons dit le bien et le mal; nous avons donné quelques éloges à l'auteur, et reconnu qu'il étoit instruit, qu'il avoit fait beaucoup de recher ches, et qu'un grand nombre de ses articles renfermoient des détails édifians. Nous avons ajouté, il est vrai, qu'il avoit peu de mesure; qu'il s'écartoit souvent de son sujet, et qu'il soutenoit un systême outré : nous ne nous sommes pas contenté d'avancer ces reproches, nons avons cité des exemples à l'appui, et nous croyons avoir persuadé les lecteurs désintéressés. Nous savons du moins que des juges très-compétens sur ces matières ont approuvé nos observations sur les Martyrs de la Foi. La forme de ces observations étoit d'ailleurs, à ce qui nous semble, mesurée et décente; et nous ne croyons pas qu'il nous soit échappé contre M. Guillon rien de contraire aux règles de la charité, et aux usages reçus entre les gens bien élevés.

Quel a donc été notre étonnement en trouvant, à la fin du IV. volume des Martyrs de la Foi, qui vient d'être mis au jour, une sortie violente (1) con

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(1) Observations de l'éditeur contre les critiques..., in-8°. Tome XXVIII. L'Ami de la Relig. et du Ror.X

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