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équité que M. G. m'accuse d'attendre sur les bords de la fosse, pour les déchirer après leur mort, ceux que j'aurois redoutés de leur vivant ; et sur quoi fondet-il cette imputation atroce? sur l'article où j'ai annoncé la mort de l'abbé Vinson, no. 646. Rien dans l'article, on peut le consulter, n'offre le moindre prétexte à la conclusion qu'en tire M. G. Je puis même dire que, si j'avois gardé jusque là le silence sur l'abbé Vinson, ce n'étoit pas assurément que je redoutasse un si pauvre théologien, et un écrivain si médiocre; mais j'avois cru, par délicatesse, devoir m'abstenir d'attaquer un écrivain frappé, comme on sait, d'un jugement en police correctionnelle, et qui avoit été obligé de fuir ou de se cacher.

Je serois fort embarrassé si je voulois plaire à M. G.; car, peu conséquent dans ses reproches, après m'avoir accusé d'attaquer les morts, il me fait un crime de ne pas parler d'eux. Ici la même bonne foi dirige encore le critique. L'abbé du Bréau, dit-il, n'a eu de moi qu'une sèche annonce nécrologique, numéro du 28 mars 1818. M. G. se trompe; depuis j'ai encore donné quelques mots d'éloge à cet estimable ecclésiastique, numéro du 11 avril suivant. Si je ne me suis pas plus étendu sur lui, ainsi que sur quelques autres prêtres, c'est que souvent les renseignemens me manquoient. Mais ce qui prouve combien les insinuations de M. G. sont fausses, c'est que j'ai donné, dans un autre ouvrage, les éloges dus à la mémoire du pieux et savant M. Asseline, dernier évêque de Boulogne.

Parlerai-je de quelques reproches, si singuliers qu'ils semblent de véritables plaisanteries? On ne connott, dit M. G., ni sa personne, ni son nom, ni

son visage. D'abord je crois que M. G. connoft assez bien mon nom; quant à ma personne et mon visage, il est fâcheux sans doute pour moi qu'ils ne soient pas connus de M. G.; mais c'est un malheur dont`il est un peu dur de me faire un crime. Fandroit-il donc que je fusse connu de tous ceux dont j'annonce les ouvrages? M. G. lui-même est-il connu de tous ses lecteurs? De pareilles minuties sont bien misérables. Je supprime une plaisanterie plus bizarre encore sur la couleur de la couverture de mon journal; couleur où le critique voit une de celles de la cocarde tricolore. Il faut avoir bien peu de chose à dire pour descendre à de telles puérilités; et M. G. a bien mauvaise grâce, après cela, à se plaindre des railleries, et à dire que le temps présent n'est pas celui de la joie, et que c'est ne pas étre chrétien que de se plaire à des paroles facéticuses.

Ce qu'il y a de plus clair en tout ceci, c'est que le succès de l'Ami de la Religion cause quelque chagrin à M. G.; la confiance dont le clergé honore ce journal l'importune, et il seroit ravi de me la faire perdre. Il est piqué des choses flatteuses qu'un prélat illustre a bien voulu dire de moi dans un écrit imprimé (la Notice sur l'abbé le Gris-Duval, par M. L. C. D. B.); je ne m'étois point prévalu de ces témoignages honorables en rendant compte, l'année dernière, de cette Notice, et c'est M. G. qui se charge de les faire connoître; la haine n'est pas toujours clairvoyante. Au fond, le motif qui a poussé cet écrivain à m'attaquer avec cette violence est palpable; j'ai critiqué les Martyrs de la foi; dès-lors il est clair que je n'ai pas le sens commun. Si j'eusse loué l'ouvrage, j'aurois été incontestablement un excellent juge du mé

rite des productions littéraires, et M. G. eût parlé de moi comune des rédacteurs du Moniteur et du Journal des Campagnes, qui ont eu la complaisance de faire des articles en sa faveur. Aujourd'hui, je ne suis plus qu'un libelliste, d'une témérité exécrable, d'une sacrilége irrévérence, d une impiété maté rielle, un homme à déporter au bout de l'univers; in ultimas terras deportandum. On ne mérite pas moins quand on n'admire pas les écrits de M. G.

C'est assez parler des Observations, par lesquelles M. G. a cru réfuter nos articles sur son livre. Nous allons passer à l'examen de son IV. volume, et nous mettrons dans ce travail la même impartialité, louant ce que nous trouverons de bon, et faisant remarquer ce qui nous paroîtra moins exact.

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NOUVELLES ECCLÉSIASTIQUES.

ROME. La veille et le jour de la fête de saint Pierre, le souverain Pontife s'est rendu à la basilique du Prince des Apôtres, et y a assisté à l'office. Le jeudi, après vêpres, S. S. bénit les pallium destinés aux archevêques, et suivit la procession du saint Sacrement, qui se fit dans l'intérieur de la basilique, à cause de l'octave de la Fête-Dieu. Le vendredi, la messe solennelle fut célébrée par M. le cardinal della Somaglia, doyen du Sacré-Collége, sur l'autel principal de la basilique, d'après un indult particulier accordé à cet effet par le saint Père.

— Le lundi 2 juillet, S. Em. M. le cardinal Michel di Pietro, évêque de Porto et Sainte-Rufine, sousdoyen du Sacré-Collége, grand-pénitencier, préfet de Index, est mort d'une maladie longue et compliquée. (Nous reviendrons sur cette perte).

PARIS. M. Maurice de Broglie, évêque de Gand, attaqué depuis trois semaines d'une maladie grave, y a succombé dans la nuit de jeudi à vendredi dernier; ce respectable prélat étoit fils du dernier maréchal de Broglie, et n'étoit pas moins distingué par sa piété que par son courage dans les traverses qu'il eût à soutenir, et qui se sont répétées à des époques fort diverses. Nous payerons incessamment notre tribut à la mémoire d'un évêque si recommandable et si malheureux.

- Le jeudi 19, jour de la fête de saint Vincent de Paul, M. le coadjuteur de Paris a officié pontificalement dans la chapelle des Sœurs de la Charité, rue du Bac. Le matin, plusieurs évêques et ecclésiastiques sont venus célébrer la messe dans la chapelle, où des reliques du saint étoient exposées. Des fidèles de toutes les classes, et des Sœurs des différentes maisons de Paris, s'étoient aussi rendus dans cette maison pour prendre part à la fête, et honorer la mémoire d'un saint si justement cher à la France. Le soir, M. Siret, curé de Saint-Séverin, a prononcé le panégyrique du saint prêtre, et a peint ses vertus et ses services. M. l'archevêque de Trajanople a officié aussi le soir, et ne s'est retiré qu'après avoir donné le salut.

Le même jour, M. Macchi, archevêque de Nisibe, et nonce de S. S. près la cour de France, a donné la confirmation dans l'église de Saint-Sulpice, tant aux enfans de la première communion qu'aux fidèles qui s'étoient joints à eux. Le dimanche précédent, M. le coadjuteur de Paris avoit visité le catéchisme des jeunes personnes de la même paroisse, et y avoit fait toutes les instructions, et donné le salut.

-La loi sur les pensions ecclésiastiques, adoptée par les deux chambres, a été revêtue de la sanction royale, sous la date du 4 juillet, et se trouve dans le no. 162 du Bulletin des Lois, qui vient d'être pu

blié. Nous devons croire qu'on va s'occuper de mettre à exécution une mesure dont le besoin est généralement senti dans les provinces. Si, à Paris, bien des personnes ont pu se faire illusion à cet égard, et ne pas concevoir par combien de vœux l'érection des siéges est appelée, elles n'auroient, pour se détromper, qu'à consulter les procès-verbaux des conseils-généraux de département dont le gouvernement vient de publier l'Analyse. Elles y verront seize départemens solliciter formellement l'érection des siéges qui leur ont été promis, et offrir de concourir aux dépenses à faire pour cet objet; nouvelle preuve que la loi du 4 juillet est conforme aux désirs comme aux besoins des peuples. L'expiation des sacriléges a toujours été une des pratiques les plus recommandées dans la religion. Un vol sacrilége, qui a eu lieu, le 12 de ce mois, dans l'église métropolitaine de Saint-Gatien, à Tours, a donné lieu à M. l'archevêque de publier un Mandement, où il déplore cette profanation, et ordonne des prières expiatoires. Les coupables sont des jeunes gens de 17 ans, que leurs parens avoient peut-être élevés dans l'indifférence sur la religion; ils ont été arrêtés de suite, se sont trouvés nantis du ciboire, et ont fait l'aveu de leur crime. Puissent-ils appaiser par leur repentir la justice divine qu'irritent ces monstrueuses profanations, et puissent les prières des fidèles détourner les fléaux que de tels attentats appelleroient sur nous! Chaque paroisse de la ville ira célébrer, à son tour, la messe sur l'autel profané, et, le soir, on dira les prières ordonnées par M. l'archevêque. On voit dans plusieurs endroits de notre histoire avec quel religieux empressement nos pères travailloient à expier ces sortes d'excès. En 1665, des voleurs ayant volé des ciboires à Saint-Sulpice, et profané les hosties, on fit en expiation une procession à laquelle Louis XIV assista; la Reine, MONSIEUR et MADAME vinrent, dans

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