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(Mercredi 25 juillet 1821.)

(No. 726.)

Sur les procès-verbaux des conseils - généraux de département.

Le gouvernement vient de publier l'Analyse des procès-verbaux des conseils-généraux de département, 'session de 1820, Paris, 1821, in-4°. de 296 pages.. Ce's procès-verbaux renferment les demandes et les vœux des conseils-généraux sur les différens objets qui intéressent l'administration. Plusieurs de ces objets sont, tout-à-fait étrangers au plan de ce journal; mais il en est d'autres qui y rentrent pleinement. Nous extrai→ rons donc de l'Analyse tout ce qui peut intéresser la religion, les hôpitaux, l'instruction et la morale, et nous suivrons à peu près le même plan que nous adop tâmes pour les procès-verbaux de la session de 1818 (tome XVIII, n°. 466); ne nous contentant pas de copier l'An lyse au hasard, ce qui seroit plus commode; mais réunissant les articles qui se rapportent au même objet, de manière à présenter un ensemble satisfaisant.

Religion en général.

Plusieurs conseils remarquent avec douleur la rareté du nombre des prêtres, et l'augmentation des vacances des cures dans les campagnes. Les conseils de l'Allier, des Bouches du Rhône, de l'Indre, de Loir et Cher, des Deux-Sèvres, de lá Vienne et de l'Yonne, invitent le gouvernement à s'occuper de porter remède à un mal qui va toujours croissant; le Loir et Cher, la Vienne et l'Yonne, insistent surtout sur la malheureuse situation des campagnes privées d'instruction et de secours. La Côte-d'Or demande qu'on remette en vigueur les ordonnances relatives à l'observation du dimanche et des fêtes conservées; la Drôme sollicite l'érection de soixante nouvelles succursales; la Loire, la Lozère et la Mayenne, souhaitent Tome XXVIII. L'Ami de la Relig. et du Ró1. Y

aussi que l'on multiplie les succursales; la Seine-Inférieure demande, avec les plus vives instances, que les cent deux chapelles reconnues dans le département soient érigées en succursales, ou du moins celles qui y auroient le plus de droit par leur population ou leur localité. L'Eure invite à lier intimement les actes religieux aux actes civils, et à faire constater par les gardes-champêtres les contraventions à la loi sur l'observation des dimanches et fêtes. L'Indre et Loire demande qu'une révision de nos lois écarte de nos codes tous les décrets révolutionnaires repoussés par la religion et par le systême monarchique. Les Basses-Pyrénées sollicitent une loi répressive des outrages envers la religion. Le conseil de Saône et Loire exprime le veu que l'on donne plus de liberté aux églises. Celui du Tarn réclame une mesure législative qui réprime les outrages faits à la religion, soit par des écrits, soit par des actes publics; il provoque aussi la mise en vigueur des ordonnances sur l'observation des fêtes et des dimanches, et une loi qui décide que le mariage ne sera valable que lorsque les deux puissances civile et religieuse y auront concouru.

Evêchés.

Nous invitons ceux qui ne veulent point que l'on crée de nouveaux évêchés à voir dans l'Analyse quel est à cet égard le vœu des départemens. Il y en a seize qui ont exprimé avec plus ou moins de force leurs désirs ou leurs besoins d'avoir des évêques. L'Allier insiste sur la nécessité d'établir promp tement l'évêché de Moulins, et déclare de nouveau qu'en autorisant l'acquisition de l'hôtel de Saincy pour la préfecture, il destinoit la préfecture actuelle au logement de l'évêque, sans quoi il n'eût pas consenti à l'acquisition. L'Aveyron sollicite avec instance l'évêché de Rodez. Les Bouches du Rhône appellent le rétablissement des siéges d'Arles et de Marseille; ce qui annonce que sur les lieux mêmes on ne trouve pas ridicule d'avoir trois siéges dans un département, quand il y a des motifs plausibles pour autoriser cette mesure. La Corrèze et la Dordogne réclament l'érection des sièges de Tulles et de Périgueux. Dans l'espoir d'obtenir le rétablissement de l'évêché de Chartres, le conseil d'Eure et Loir désire que l'on s'occupe de suite des moyens de rendre l'ancien petit seminaire à sa destination primitive. Le Gard, en demandant le rétablissement du siége de Nîmes, annonce qu'une somme

de 70,000 francs est offerte pour fournir aux frais de premier établissement. Loir et Cher insiste pour l'établissement du siége de Blois; la Marne pour celui de Reims (1); la Nièvre pour celui de Nevers; dans les Hautes-Pyrénées, on est impatient, ce sont les expressions du conseil, de jouir promptement des avantages qu'il y a lieu d'attendre de la création du diocèse de Tarbes, et de la présence d'un évêque dans le département. Les Pyrénées-Orientales attendent aussi avec impatience l'arrivée d'un évêque à Perpignan. Le Tarn réclame la prompte arrivée de M. l'archevêque d'Albi. Le conseil de Tarn et Garonne renouvelle ses instances pour le prompt établissement de l'évêché de Montauban, dont le territoire se trouve en ce moment sous la juridiction de trois évêques voisins; le département ne peut rester plus longtemps dans cette attente sans compromettre les intérêts les plus chers et les plus sacrés; le conseil a déjà inis en réserve, dans le budget de 1819, un fonds de 15,000 francs, et est disposé à y ajouter les sommes nécessaires pour les frais d'un établissement après lequel soupirent tous les habitans du département. L'étendue du département du Var, dit le conseil, sa position topographique, sa nombreuse population, la difficulté des communications avec les pays qui l'entourent, sont autant de raisons qui militent en faveur du rétablissement de l'évêché de Fréjus. La Vendée sollicite avec instance l'évêché de Luçon (2).

Réparations des églises.

Ardennes; on sollicite des fonds pour les réparations indispensables à faire à l'église de Mouzon, le plus beau monument gothique du département. Calvados; on réclame des secours pour réparer et conserver l'Abbaye aux Dames de Caen, la tour de Falaise, la chapelle de Formigny, et les églises de Mondaye et de Saint-Sever; des souvenirs historiques se rattachent à ces monumens. Charente; on expose que 5000 francs sont encore nécessaires pour compléter les

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(1) Voyez dans notre no. 637, tome XXV, page 168, le vote textuel du conseil de la Marne sur cet objet; il est conçu en termes fort expressifs.

(2) Voyez ce vœu plus au long dans notre no. 643, même tome; il n'est pas moins remarquable que celui de la Marne.

réparations de la cathédrale d'Angoulême. La Charente-Inférieure demande qu'il soit accordé des secours aux paroisses hors d'état de réparer leurs églises. Doubs; il seroit à désirer que les 6000 francs accordés pour aider à construire une église à Montbéliard, fussent employés à agrandir la chapelle du collége qui sert pour la paroisse. Eure et Loir; les 10,000 fr. accordés, en 1819, pour réparer la cathédrale de Chartres, n'ayant pas suffi, le conseil accorde 3000 francs, et réclame de nouveaux secours du gouvernement pour conserver cet antique monument. Finistère; la cathédrale de Quimper et le séminaire exigent des réparations, et l'église de SainteCroix de Quimperlé est dans un tel état de délabrement qu'on' a été obligé de l'interdire; la ville offre de contribuer aux réparations, mais elle a besoin d'être aidée par le gouvernement. Haute-Garonne; le ministre est prié, lors de la distribution des fonds pour les églises et les presbytères, d'avoir égard aux besoins du departement, et surtout de l'arrondis sement de Saint-Gaudens. Hérault; nouvelles instances pour obtenir que l'école de médecine restitue à la cathédrale de Montpellier l'ancienne sacristie et le cloître qui eu dépendoit; l'une et l'autre sont inutiles à l'école. Ille et Vilaine; terminer promptement les travaux de la cathédrale de Rennes, et donner des fonds pour restaurer plusieurs églises, afin d'éviter la ruiné totale de ces monumens, dont la perte seroit irréparable. Isère; conserver les églises de Saint-Antoine et de Saint-Maurice. Landes; accorder 1000 francs pour les réparations des églises des paroisses pauvres. Lot et Garonne; céder à la ville de Marmande l'église de Saint-Benoît et ses dépendances, la population de la ville exigeant qu'il y deux églises.

ait

Marne; la situation déplorable de l'église Notre-Dame de Reins avoit engagé le conseil à demander 30,000 francs, en 1819, pour les réparations les plus urgentes; cette demande n'ayant pas été accueillie, le mal a augmenté, et il devient nécessaire de consacrer, tous les ans, 30,000 francs à la restauration de ce monument national. Morbihan; on a besoin d'un secours pour terminer les travaux de l'église de Guémené. Nord; la ville de Douai s'engage à faire bâtir des écuries pour la gendarmerie, si on veut lui rendre les écuries actuelles, qui sont nécessaires pour donner à la paroisse SaintJacques une sacristie et autres accessoires. Oise; le conseil

destine 3000 fr. pour les réparations de Saint-Pierre de Beauvais, à condition que la ville et le gouvernement alloueroient aussi des fonds. Saône et Loire; accorder quelques somme, pour réparer la cathédrale d'Autun, ainsi que des églises e des presbytères dont beaucoup sont, dans ce département dans un état complet de ruine. Sarthe; on demande de nouveau 18,000 francs pour la reconstruction de l'église de la Châtre. Seine- Inférieure; on sollicite 50,000 francs pour la restauration des égli es di diocèse. Seine et Oise; on auroit besoin de 10,000 francs pour réparer l'église de Mantes, monument remarquable d'architecture gothique, et non moins précieux aux arts qu'à la religion. Dans les Deux-Sèvres, les églises et les presbytères sont dans un état déplorable de dépérissement, et il devient urgent de faire participer ce département aux fonds communs pour cet objet : les préfets devroient être autorisés à faire toutes les réparations aux établissemens publics, quand elles n'excéderoient pas 1000 fr. Tarn et Garonne; Castel-Sarrazin, qui ne possède qu'une église insuffisante pour sa population, demande depuis longtemps que l'église Saint-Jean soit érigée en succursale; le conseil réclamne de plus des fonds pour réparer les églises de Lavit et d'Asques. Var; on réclame la restauration de la chapelle de Sainte-Baume. Vaucluse; le conseil appuie la demande faite pour la cession de l'église de Notre-Dame des Dons, ancienne métropole, qui n'a pas été aliénée, et qui appartient à la cathédrale; il exprime le vœu qu'on laisse aux administratious locales les moyens de subvenir à l'entretien des églises et des presbytères. Vendée; on appelle l'attention du gouvernement sur l'état d'un grand nombre d'églises qui, faute d'entretien, sont menacées d'une destruction totale. Vienne; on demande que d'anciennes églises ne soient pas détruites sans que le besoin en soit constaté. Yonne; le Roi est supplié d'accorder des secours pour prévenir la ruine prochaine dont sont menacées les cathédrales de Sens et d'Auxerre.

Séminaires.

Allier; le conseil propose un moyen de se procurer des fonds pour l'établissement d'un séminaire. Hautes-Alpes; on réclame des secours pour le grand et le petit séminaires d'Embrun. Ardèche; on demande que les jeunes gens du départe

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