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de la Haute-Vienne, ont voté des sommes pour le monument à élever à M. le duc de Berri. Le conseil du Rhône a voté aussi des fonds pour rétablir la statue de Louis XIV à Lyon. Celui des Ardennes a alioué une somme pour ériger la statue de Turenne à Sedan, et celui de l'Isère a demandé à être autorisé à élever un monument en l'honneur de Bayard.

NOUVELLES ECCLÉSIASTIQUES.

PARIS. Le corps de M. de Broglie, évêque de Gand, a été embaumé, et déposé dans un cercueil de plomb. Une chapelle ardente a été formée dans son appartement, et les ecclésiastiques et les fidèles ont été admis à y venir prier pour le repos de son ame. Le 24, les obsèques du prélat ont été célébrées à Saint-Sulpice; son corps restera provisoirement dans les caveaux de cette église.

Dimanche dernier on a célébré la fête de saint Vincent de Paul dans l'établissement des aveuglés-travailleurs, autrefois le séminaire Saint-Firmin, rue Saint-Victor. Le saint avoit habité cette maison, en 1625 et 1626, lorsqu'il commençoit à former sa congrégation des prêtres de la mission, et l'on y montre encore la chambre qu'il occupoit. Ces lieux, si longtemps l'asile de la piété et de la paix, virent, il y a bientôt trente ans, des scènes de désolation et de carnage, et des enfans de saint Vincent de Paul y périrent, en septembre 1792, victimes d'une impiété barbare. C'est au milieu de souvenirs si divers que la fête de saint Vincent y a été célébrée, le 22 juillet. M. l'abbé Borderies, archidiacre et vicaire-général, a officié le matin et le soir, assisté de plusieurs ecclésiastiques. Une messe en musique, composée par un aveugle, a été exécutée par des aveugles avec beaucoup d'ensemble. De pieux fidèles étoient venus satisfaire leur dévotion, et honorer la mémoire de saint Vincent dans le lieu même où il avoit exercé son zèle. Le soir, M. l'abbé Frayssinous a prononcé le panégyrique du saint. É

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avoit pris son texte de ces paroles des Rois: Suscitabo mihi sacerdotem fidelem. et a montré que saint Vincent de Paul avoit en effet été suscité par la Provi dence pour la sanctification des peuples et le soulagement de l'humanité. Ici l'orateur a parcouru rapidement la vie du saint prêtre, et a rappelé sommairement et ses vertus, et ses travaux apostoliques, et ses grandes œuvres pour le bien du prochain, et le soulagement de tous les genres d'infortune. Il a célébré entr'autres l'institution des Sœurs de la Charité, cette institution si honorable pour la religion, si précieuse pour l'humanité, et qui, depuis près de deux cents ans, a séché tant de larmes, et a soulagé tant de souffrances; plusieurs de ces charitables filles étoient présentes, et n'ont pas sans doute entendu sans émotion l'éloge de leur vénérable fondateur. M. Frayssinous a fait sentir plus d'une fois combien une vie si féconde en vertus et en services étoit vraiment une preuve morale de la` religion qui avoit inspiré ce long dévouement et ces œuvres étonnantes. L'office du soir a été terminé par un salut où de jeunes aveugles ont exécuté divers morceaux de chant et de musique. Cet établissement, dirigé aujourd'hui par un médecin, plus recommandable encore par ses principes que par ses talens, ne peut manquer, grâces à ses soins, de répondre aux intentions du Roi, qui a ouvert cet asile à une classe si intéressante d'enfans disgràcies de la nature, et qui y appren nent à s'occuper d'une manière utile.

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Une colonie de Trapistes, qui étoit établie en Espagne, vient d'être obligée de passer en France, par suite du décret des cortès sur les ordres religieux. Ceux-là cependant ne devoient pas exciter la jalousie par leurs richesses, et leurs revenus ne grossiront pas beaucoup les trésors de l'Etat. Quoi qu'il en soit, le monastère de Sainte-Suzanne, en Arragon, qu'ils habitoient, a été supprimé. Les bons religieux sont arrivés à Perpignan, d'où ils ont passé à Toulouse. Le

12 juillet dernier, ils sont partis de cette dernière ville pour Bordeaux. Leur intention est de se rendre au couvent de Trapistes établi au Port du Salut, près Laval; ils sont sous la conduite de dom Jean-Baptiste de Martres, ecclésiastique françois, né dans le Couserans, et retiré en Espagne au commencement de la révolution. Il y embrassa la vie austère de la Trappe, fut persécuté pendant l'occupation d'Espagne par Buonaparte, et se voit encore exposé à de nouvelles traverses par la révolution opérée dans la Péninsule. Les faiseurs de révolutions signalent toujours le commencement de leur règne par des coups portés aux ordres religieux.

-Le 17 juillet, quatre novices, dont trois destinées à être religieuses de chœur, ont fait leurs vœux dans le couvent des Dames Ursulines de Valenciennes, M. Delannoy, curé-doyen de Notre-Dame, a fait la cé, rémonie, par délégation de M. l'évêque de Cambrai, MM. le sous-préfet, le procureur du Roi, le maire, et d'autres membres des autorités, étoient présens, et témoignoient par là l'intérêt qu'ils prennent à un établissement si précieux en effet pour la ville de Válenciennes. Quatre autres novices vont successivement faire profession dans la même communauté, et consolideront par leurs talens une maison d'éducation qui peut être si utile pour l'éducation des jeunes personnes de toutes les classes.

NOUVELLES POLITIQUES.

PARIS. S. A. R. MADAME, duchesse d'Angoulême, a fait remettre un secours de 500 francs à M. de Villèle pour de malheureux habitans de la Haute-Garonne, dont les proprié tés ont été grélées.

-S. A. R. Me, la duchesse de Berri a fait remettre une somme de 450 fr. aux neuf malheureuses victimes de l'accident arrivé à Angers le jour du baptême de M. le duc de Bordeaux.

-M. Dessaux-Lebrethon, membre du conseil municipal de Saint-Omer, à eu l'honneur d'être admis à présenter à

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$. A. R. MADAME, duchesse d'Angoulême, ainsi qu'à Ms. le duc de Bordeaux, l'hommage de ses Angoisses de trente heures, et d'y joindre le vœu du conseil municipal de SaintOmer, tendant à obtenir de S. M. que cette ville soit érigée au nombre des bonnes villes du royaume,. ,pour avoir la première, après Bordeaux, secoué spontanément le joug de l'usurpateur, le 7 avril 1814, et bravé tous les dangers pour arborer le drapeau des lis et la cocarde blanche.

M. le comte de Coetlosquet est nommé au commandement de la septième division militaire, en remplacement de M. le lieutenant-général Pamphile-Lacroix.

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Le 19, la police a saisi diverses brochures relatives à la mort de Buonaparte.

Le 23, on a arrêté dans la rue Saint-Denis un homme qui venoit d'afficher un placard séditieux; il a été conduit à la préfecture de police.

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Le 19, M. de la Fayette a déposé, dit-on, sur le bureau de la chambre de députés une pétition du colonel Fabvier, et du sieur Gourgaud, ancien officier d'ordonnance de Buonaparte, qui demandent l'intervention de la chambre pour obtenir la translation du corps de Buonaparte en France. Le 19, la cérémonie du couronnement du roi d'Angleterre a été célébrée avec beaucoup de pompe à l'abbaye de Westminster. La reine, suivie de lord Hood, s'est présentée pour être admise dans le lieu de la cérémonie; mais, d'après les ordres qui avoient été donnés, l'entrée lui en a été interdite. Cette circonstance n'a pas causé le moindre désordre. Le roi, environné d'un brillant cortége, s'est rendu à Westminster, où il a été reçu par des cris universels d'enthousiasme. Le roi, à genoux, a prêté le serment prescrit sur l'Evangile, et entre les mains de l'archevêque de Cantorbéry. Après les prières d'usage, le prélat oignit le roi sur la tête et les mains, et prononça la bénédiction. Avant de terminer cette cérémonie, l'archevêque de Cantorbéry s'est agenouillé devant le roi, et a prononcé les paroles d'hommages, qui ont été ensuite répétées par tous les évêques. Puis le roi reçut le sacrement, remit sa couronne, et remonta sur son trône au bruit des acclamations de tous les assistans.

L'Observateur autrichien annonce que le prince Ypsilanti a été battu à Dragaschan par les troupes turques; son armée a été mise en déroute. Les obsèques du patriarche grec Grégoire, qui a été massacré à Constantinople, ont été célé

brées avec solennité à Odessa avec l'autorisation de l'empereur Alexandre. Ce prince a aussi envoyé un secours de 100,000 roubles en numéraire aux malheureux fuyards grecs, qui encombrent les rues d'Odessa, et qui ont été dépouillés

de tout.

CHAMBRE DES PAIRS.

Le 23, on a successivement adopté trois projets de loi, relatifs, le premier au canal de Lunel, le second à celui des Ardennes, et le troisième à la navigation de l'ile. M. le vicomte de Montmorency fait ensuite un rapport sur le projet relatif à la censure des journaux. M. le comte de Ségur a déposé sur le bureau une pétition signée d'un grand nombre d'hommes de lettres, qui réclament contre l'amendement concernant les journaux non politiques. M. le ministre des finances présente le projet de loi de finances, adopté par l'autre chambre. La commission spéciale chargée de l'examiner se compose de MM. le marquis de Garnier, le duc de Lévis, le comte de Villemanzy, le duc de Brissac et le marquis de Marbois. On délibère ensuite sur le projet de loi relatif aux donataires. Il a été adopté par une majorité de 97 voix

contre 18.

CHAMBRE DES DÉPUTÉS.

Le 20, l'ordre du jour est la délibération sur les articles du budget relatifs aux opérations du cadastre. L'article 20 est adopté avec un amendement de la commission, portant que, à partir du 1er janvier 1822, les opérations cadastrales, destinées à rectifier la répartition îndividuelle, seront circonscrites dans chaque département. On adopte presque sans discussion les articles 21, 22, 23 et 24. M. Foy propose un amendement à l'article 25, relatif à la cotisation des officiers sans troupe à la contribution personnelle. L'amendement est rejeté, et l'article adopté.

Une discussion très-vive s'élève à l'occasion des fonds de non-valeur. Un amendement, proposé à ce sujet par M. du Gasquet, est écarté. On passe à l'article 27, portant que la perception continuera d'avoir lieu sur les rôles de 1820, jusqu'à ce que ceux de 1821 aient pu être terminés. M. Casimir Perrier demande pourquoi le gouvernement dépense sans crédits ouverts, et perçoit sans autorisation à percevoir, et il prie le ministre des finances de s'expliquer sur les motifs qui l'ont empêché de faire une négociation de rentes, il y a quelques mois, et ceux qui le portent aujourd'hui à faire une négociation de 12 millions 500,000 francs. M. le ministre des finances donne des explications qui ne satisfont pas l'honorable membre. Après des débats très-longs, mais de peu d'intérêt, l'article 27 est adopté.

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On s'occupe d'un article additionnel de la commission, portant qu'à l'avenir, et jusqu'à ce que le nombre des places gratuites soit réduit à mille dans les colléges royaux et à trois cents dans l'école militaire de

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