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la Flèche, il ne sera plus nommé qu'à une vacance sur trois. Cette proposition, soutenue par M. de la Bourdonnaye, est combattue par M. le ministre de l'intérieur, et rejetée. La méme décision est prise à l'égard d'un autre amendement de la commission, tendant à mettre à la disposition des préfets le tiers des centimes prélevé sur les fonds de non-valeur, et à ne laisser au ministre de l'intérieur que les deux autres tiers.

Le 21, on délibère d'abord sur plusieurs amendemens présentés par M. Bogne de Faye. Ces amendemens sont tous rejetés. L'article 34 du projet du gouvernement, qui fixe le budget des recettes pour l'exercice 1821 à la somme totale de 888 millions 21,745 francs, est adopté, ainsi que l'article 35 et derni. r. Plusieurs dispositions additionnelles, présentées par MM. B. Constant, de Berbis, Raullin, Delestre et Labbey de Pompières, sont successivement écartées. La chambre vote sur l'ensemble du scrutin; le nombre des votans étoit de 301; la loi a été adoptée par 258 suffrages contre 43.

M. le président annonce que l'on va s'occuper du projet de loi relatif à l'augmentation du tribunal de première instance de Paris. M. Dudon demande que le nombre de trois substituts, proposés par le projet, soit réduit à un seul; M. Lacroix-Frainville est d'un avis contraire. L'amendement de M. Dudon est écarté, et l'article unique du projet est adopté. On vote au scrutin; le nombre des vo→ tans est de 200; 190 votent pour le projet; mais la chambre n'étant pas en nombre suffisant, le scrutin est annullé.

Le 23, l'ordre du jour est le scrutin secret sur le projet de loi relatif à l'augmentation du tribunal de première instance. Le nombre des votans est de 220; le projet est adopté par 206 suffrages contre 14. On discute le projet de loi relatif à l'achèvement du canal Saint-Martin. Ce projet est adopté par 215 voix contre 4. Le projet relatif au pont de Pinsaguel n'éprouve pas plus de difficulté, et est adopté à une semblable majorité. On met en délibération le projet de loi pour la construction de la nouvelle salle de l'Opéra. L'amendement de la commission, portant que l'ancienne salle sera démolie, et son emplacement converti en place publique, est adopté, ainsi que l'article amendé. On procède à l'appel nominal; le nombre des votans n'étant pas suffisant, le scrutin est nul. M. le président annonce que, si une nouvelle réunion étoit nécessaire, elle seroit indiquée par des lettres à domicile. On a remarqué que, pendant cette séance, MM. de Villèle et Corbière n'étoient pas au banc des ministres; tous deux étoient sans costume, le premier au centre droit, le second à l'extrême droite.

AVIS.

Ceux de nos Souscripteurs dont l'abonnement expire le 12 août sont priés de le renouveler de suite, afin de ne point éprouver de retard dans l'envoi du Journal. Cela est d'autant plus urgent pour ceux qui en font la collection, qu'ils pourroient, par un plus long retard, nous mettre dans l'impossibilité de leur donner les premiers numéros du

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(Samedi 28 juillet 1821.)

(No. 727.)

Vau pour le prompt établissement du diocèse de SaintClaude, et du plus grand nombre des siéges érigés par le Concordat de 1817; par M, l'évêque nommé de Saint-Claude (1).

Si les simples fidèles, qui s'intéressent au sort de l'Eglise, appellent de tous leurs désirs la restauration des siéges promise en 1817, et récemment annoncée par la dernière loi, il doit encore être plus permis aux évêques, qui voient de plus près les besoins des diocèses, de les sentir vivement, de les exposer aux yeux de l'autorité, et d'insister sur une mesure réclamée de toutes parts dans les provinces, et dont chaque jour montre mieux l'urgente nécessité. C'est dans cet esprit que M. de Sagey, ancien grand-vicaire et grand-archidiacre du Maus, nommé par le Roi, en 1817, à l'évêché de Saint-Clande, vient de publier son Vau; écrit remarquable sous plu sieurs rapports, et qui offre une sorte de statistique religieuse, morale, commerciale et agricole du département du Jura. Le prélat expose quelles sont les habitudes, les mœurs et les besoins des différentes classes d'habitans, et conclut que tout se réunit en ce pays pour motiver l'érection d'un siége. La vaste étendue du diocèse de Besançon, qui, dans l'étať actuel, comprend trois départemens; la population du Jura, qui s'élève à près de trois cent mille ames;

œu;

(1) Brochure in-8°.; prix, 1 fr. et 1 fr. 25 cent. franç de port. A Paris, chez Adr. Le Clere, au bureau de ce journal.

Tome XXVIII. L'Ami de la Relig. et du Ror. 7

la situation géographique du département, qui est coupé par de hautes montagnes, des lacs et des torrens; le voisinage de la Suisse protestante, et d'autres considérations locales, plaident en faveur de l'établissement de l'évêché de Saint-Claude.

M. de Sagey fait valoir ces motifs avec autant de mesure que de talent; il embrasse aussi les considérations générales qui militent pour l'érection d'un plus grand nombre de siéges en France. Il répond aux objections que l'on a faites à cet égard, et montre que différer de rétablir les siéges réclamés par les intérêts de la religion, et promis par le concours du Roi et des chambres, ce seroit satisfaire les vœux les plus ardens des ennemis et des détracteurs de cette religion même. Que demanderoient-ils en effet, sinon de voir les rangs de la milice ecclésiastique éclaircis, les anciens du sanctuaire enlevés par la mort, les traditions interrompues, la discipline éner-vée; et comment pourroient-ils mieux espérer ce résultat qu'en retardant le moment où un corps épiscopal, respectable par le nombre, l'union, la sagesse et le zèle de ses membres, travailleroit à guérir les plaies de l'Eglise, et à combler les vides du clergé ?

Nous engageons le lecteur à suivre M. l'évêque de Saint-Claude dans le développement de tous les moifs qu'il fait valoir à l'appui de son Vau. Ce prélat a jeté dans son sujet beaucoup d'intérêt et de variété; il tient partout le langage, non-seulement d'un évêque plein de zèle, mais encore d'un observateur habile; il se montre parfaitement instruit des localités, et il seroit à désirer que nous eussions sur les autres diocèses des mémoires aussi complets, et rédigés avec le même soin.

NOUVELLES ECCLÉSIASTIQUES.

PARIS. M. le coadjuteur de Paris continue à visiter plusieurs églises et établissemens. Jeudi, il donnera la confirmation à Saint-Nicolas des Champs. Dimanche, il étoit allé dans l'établissement de M. l'abbé Liautard, rue Notre-Dame des Champs, et y avoit donné la tonsure à quelques jeunes gens, et la confirmation à un plus grand nombre.

Les retraites ecclésiastiques, dont le zèle des évêques a renouvelé la pratique, depuis quelques années, ont déjà commencé dans plusieurs diocèses. M. l'abbé Boyer vient d'en donner successivement deux à Autun, le local n'ayant pas permis de réunir tous les prêtres dans une même retraite ; il doit ensuite en donner deux également dans le diocèse de Bayonne, et rendra encore cette année le même service dans d'autres diocèses. Des missionnaires rempliront la même fonction à Bayeux, an Mans et à Laval, A Paris, on annonce que c'est M. l'abbé Rey, grand-vicaire de Chambery, qui fera les retraites; elles auront lieu, à ce qu'il paroît, vers le mois de septembre. La pratique des retraites pastorales étoit autrefois générale dans tous les diocèses bien réglés; elle étoit particulièrement recommandée par saint Vincent de Paul, par le cardinal de Bérulle, et par les autres fondateurs de congrégations ecclésiastiques dans le 17. siècle; et les fruits qu'elles ont produits justifie pleinement la prévoyance de ces saints personnages.

La cérémonie que nous avions annoncée comme devant avoir lieu à Marseille, pour l'anniversaire de la délivrance de la peste, a été aussi imposante dans son ensemble, que religieuse dans ses motifs. Dix jours de retraite avoient précédé, pendant lesquels les missionnaires avoient disposé les cœurs par des exhortations

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réitérées. Le 29 juin, la messe fut célébrée avec grandepompe sur un autel érigé dans le Cours. La procession, à laquelle présidoit M. l'archevêque, présentoit un concours immense. On posa la première pierre de la nouvelle église de Saint-Ferréol, qui fut bénite par le prélat, et la procession, après avoir parcouru un espace considérable, revint au Cours, où M. l'archevêque lut l'amende honorable, qui étoit répétée, de distance en distance, par les missionnaires. On n'exagérera point en portant le nombre des assistans à quatre-vingts mille. Du reste, M. l'archevêque d'Aix n'a point paru à cette cérémonie, nuds-pieds, comme, on l'avoit annoncé; la longueur du trajet ne l'eût pas. permis. C'est à tort que l'on a dit dernièrement, dans un journal, que M. l'abbé Rauzan devoit envoyer des missionnaires à Marseille pour occuper l'établissement qui vient d'être fondé dans cette ville. Ces missionnaires, qui ont M. l'abbé Rodet à leur tête, sont à Marseille depuis six semaines; nous annonçàmes leur départ dans notre no. 713.

- M. l'abbé Brédart, qui remplit les fonctions de, missionnaire dans le diocèse d'Amiens, et dont il a déjà été parlé dans ce journal, a visité successivement, dans ces derniers temps, plusieurs paroisses, où ses soins ont excité une heureuse impulsion. A Ault, ses. instructions ont rappelé des sentimens de religion pres que entièrement effacés; à Mons-Boubert, on montroit d'abord quelque indifférence pour l'entendre ; mais il a eu bientôt triomphé de cette insouciance, et tout le monde est accouru à sa voix. Le 20 mai dernier, une autre carrière a été ouverte à son zèle dans la paroisse de la Croix au Bailly, près de la ville d'Eu, aux confins du diocèse d'Amiens. Le missionnaire s'étant tout de suite accommodé, avec une charité et une discrétion admirables, aux habitudes, aux travaux et aux besoins des habitans, a excité parmi eux un mouvement gé

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