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néral. Les maisons étoient désertes pendant les instruc tions; l'église étoit pleine, et le recueillement le plus profond y régnoit. Au sortir des exercices, chacun étoit encore occupé de ce qu'il avoit entendu, et faisoit part aux autres des impressions qu'il avoit reçues. Les curés voisins sont venus aider M. Brédart pour les confessions, et on a vu les chrétiens les plus apathiques surpasser les autres en courage et en zèle. La communion générale des femmes a eu lieu le 21 juin, et celle des hommes le 24. Ces deux jours ont été des jours de joie, mais de cette joie calme et pure qui laisse au fond de l'ame un bonheur sans mélange. Le 24 juin, on a fait aussi la procession et la plantation de la croix ; l'affluence étoit considérable, et le vertueux missionnaire a reçu de tous les àges des témoignages de gratitude pour ses charitables travaux.

On nous communiqua, il y a environ quinze jours, une lettre écrite des environs de Tournai, par un jeune ecclésiastique, qui donnoit des détails sur une guérison extraordinaire opéréé sur la princessé Mathilde de Schwarzemberg, fille de la princesse de ce nom, laquelle mourut, en 1811, à Paris, victime de l'incendie qui s'éleva dans une salle de bal. La princesse Mathilde, affligée d'une maladie organique, ne pouvoit point marcher : on la conduisit aux eaux; on consulta les plus habiles médecins de France et d'Allemagne, qui regardèrent le mal comme incurable. Depuis deux ans elle habitoit chez un médecin à Wurtzbourg; c'est-là que la guérison a eu lieu. Le prince Alexandre de Hohenlohe, qui est ecclésiastique, ayant vu Mathilde, l'engagea à demander à Dieu sa guérison, en lui assurant que, si elle avoit une foi ferme, elle seroit guérie. Sur ce qu'elle lui répondit qu'elle croyoit fermement que Dieu pouvoit la guérir, il fit une prière, à la suite de laquelle il lui dit : Si vous croyez, levezvous et marchez, vous étes guérie. De ce moment en

effet, ajoute la lettre, la princesse a été guérie; elle marche seule, et est l'objet de la curiosité générale. Elle n'a point oublié de remercier Dieu de cette faveur. Telle est la substance de la lettre manuscrite qui nous a été communiquée; elle est datée de Wurtzbourg, le 21 juin dernier, et signée Nany Kemper. Nous avions négligé de faire usage de cette lettre, dans la défiance où nous sommes sur les prodiges de cette espèce. Mais la lettre ayant été publiée dans le Journal du département du Nord, et depuis dans quelques journaux de Paris, nous en consignons ici un extrait pour mémoire, et en attendant que nous ayons acquis des renseignemens qui confirment la nouvelle. Nous ne voulons à cet égard, ni affirmer, ni nier précipitamment. C'est par le même motif de réserve que nous nous sommes abstenus de parler d'une autre guérison extraordinaire, opérée, ce printemps, à Rouen, şur une femme abandonnée des médecins; guérison qui a eu lieu à la suite d'une neuvaine faite avec beau coup de ferveur. Ce miracle nous a cependant été attesté par un ecclésiastique fort distingué, qui en connoissoit parfaitement toutes les circonstances.

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NOUVELLES POLITIQUES.

PARIS. S. A. R. MONSIEUR a accordé un secours de 300 fr. à de malheureux incendiés de la commune de Saint-Michel, près Montauban.

-S. A. R. MADAME, duchesse d'Angoulême, a fait remettre à M. Ardit, sous-préfet de Parthenay, une somme de 500 francs pour être répartie entre les cultivateurs de cet arrondissement qui ont le plus souffert des dernières gêlées. Cette Princesse a fait encore remettre à M. le curé de la paroisse de Calmont, canton de Langres, une somme de 500 francs pour être répartie entre plusieurs pères de famille qui ont été ruinés par un incendie, le 16 juin dernier.

Le jour de la fête de M. le duc de Bordeaux, S. A. R. Mme la duchesse de Berri a doté une jeune fille pauvre de

Rosny, et fait distribuer d'abondans secours aux familles indigentes.

M. le garde des sceaux est parti pour les eaux du Montd'Or. Une ordonnance royale, du 18, désigne M. le comte Portalis comme devant le remplacer pendant son absence. On pense qu'il n'y aura pas maintenant à la chambre des députés d'autre réunion que celle qui doit avoir lieu pour la clôture de 1820, quand les travaux de la chambre des pairs seront terminés. Il n'y a plus en ce moment à Paris la moitié du nombre des députés nécessaires pour délibérer.

- Le grand-duc de Mecklembourg-Schwerin est arrivé dernièrement à Paris. Le prince Léopold, gendre du roi d'Angleterre, est à Paris depuis quelques jours; ce prince a eu une audience du Roi.

On vient de publier l'opinion émise par M. le vicomte de Châteaubriand, lors de la discussion, dans la chambre des pairs, du projet de loi relatif à la censure. Le noble pair combat, avec son talent ordinaire, l'amendement adopté par l'autre chambre, amendement qui, selon lui, viole l'initiative royale, et il conclut à son rejet, et à celui de toute la loi. On vient de mettre en vente une Oraison funèbre de Buonaparte, où l'on dit qu'il a coûté à la France 14 millions d'hommes et 14 milliards en argent. Les feuilles libérales annoncent avec emphase la publication des OEuvres de Buonaparte elles doivent, disent-elles, former 5 volumes.

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En 1818, l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres avoit mis en concours cette question: « Examiner quel étoit, à l'époque de l'avénement de saint Louis au trône, l'état du gouvernenrent et de la législation en France, et montrer quels étoient, à la fin de son règne, les effets des institutions de ce Prince»? Aucun des concurrens n'ayant mérité le prix, ce sujet fut remis pour l'année 1821. Le 6 juillet dernier, l'Académie a partagé le prix entre MM. Arthur Beugnot, avocat à Paris, et Mignet, d'Aix.

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Le 25, le tribunal de police correctionnelle a condamné neuf individus pour avoir tenu un jeu clandestin, à plusieurs mois de prison et à des amendes.

-La cour d'assises d'Amiens a condamné, sur la déclaration du juri, le nommé Julien Masson, ancien militaire, à dix ans de bannissement, pour avoir, étant dans la maison. de correction d'Amiens, tenu devant un autre détenu, des

propos infâmes contre le Roi et contre la famille royale; pour avoir fait l'éloge de Louvel, et proposé à son compagron d'entrer dans un complot dont le but étoit principalement d'attenter à la vie de M. le duc d'Angoulême, ajoutant qu'une récompense de 40,000 fr. étoit promise par une personne de l'arrondissement de Vitré (Ille et Vilaine). Ce misérable avoit déjà été condamné, en 1819, pour cris séditieux.

-Les incendiés de Boisroger (Manche) ont essuyé une perte de plus de 24,000 francs. On les recommande à la charité des ames généreuses.

Un ancién négociant qui, après avoir essuyé de grandes pertes dans le commerce, s'est retiré dans une ville de province, où il vit des restes de sa fortune, a reçu dernièrement une lettre de change de 10,000 fr., payable à vue; la lettre d'envoi ne portoit que ces mots : Restitution faite à M....... Le négociant n'a jamais pu découvrir la main bienfaisante qui lui faisoit ce don.

Le tribunal de première instance de Toulouse, statuant, par suite du renvoi de la cour de cassation, sur la demande formée par le sieur Guy, d'Agde, dont nous avons eu déjà occasion de parler, contre la ville d'Agde, pour raison du pillage qu'il dit avoir éprouvé en 1815, a condamné cette ville à payer une somme de 180,000 fr. au demandeur, et de plus une amende de 60,000 fr. envers l'Etat. Le procureur du Boi avoit conclu à ce que le sieur Gay fùt débouté de sa demande, et l'avocat de la ville avoit exposé qu'elle ne pou voit répondre de ce qui s'étoit fait dans un temps de troubles et de désordres, et que les libéraux, qui prêchoient l'union et l'oubli, devoient aussi en donner l'exemple. Le tribunal a jugé différemment.

-M. l'abbé Goyet, principal du collège de Saint-Omer, et supérieur du petit séminaire de cette ville, a offert, tant en son nom qu'aux noms des professeurs, maîtres et élèves de ces établissemens, une somme de 200 fr. pour l'acquisition de Chatbord.

Le 18 de ce mois, on a lancé dans le port du Havre la flûte le Rhinocéros, du port de 925 tonneaux. M. l'archevêque de Rouen assisté de M. l'abbé Fayet, son vicaire-général, a béni le navire, en présence des autorités et d'une population immense.

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Il paroit que l'on a saisi une correspondance particulière assez étendue, adressée de Paris à l'éditeur du Flambeau journal de Bruxelles. Cette affaire est en ce moment l'objet de poursuites judiciaires.

Une réunion de personnages illustres a en lieu derniè rement aux eaux de Spa; on y voyoit les rois de Prusse, des Pays-Bas, de Wurtemberg, les grandes duchesses de Russie, le grand-duc Nicolas, etc. Le roi de Wurtemberg vient de retourner dans ses Etats; le roi de Prusse a aussi quitté Spa. Au surplus, cette réunion ne paroît pas avoir eu un but politique.

La nouvelle de la mort de Buonaparte est parvenue à Vienne en Autriche, le 13 de ce inois. Deux jours après, on n'avoit encore remarqué aucun préparatif de deuil dans la maison du jeune duc de Reichstadt. Le fils de la duchesse de Parme a quitté depuis long-temps le nom, les armoiries et la livrée de son père.

Le roi de Portugal a juré d'avance d'observer et de faire observer la constitution que les cortès arrêteront; ce qui en a été adopté jusqu'ici est une copie servile de la constitution espagnole.

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La Gazette d'Augsbourg parle d'une tentative d'insurrection qui auroit eu lieu dernièrement en Prusse. On a saisi chez le nommé Heedman, inspecteur des forêts à Bromberg, une proclamation adressée au peuple et à l'armée. Cette proclaination ne tendoit à rien moins qu'à provoquer la guerre civile et le meurtre de tous les étrangers.

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Par suite d'une résolution prise par le gouvernement des Grisons, tous les réfugiés piémontois devront sortir de son territoire.

Des nouvelles de Smyrne ont annoncé que cette ville a été en proie aux horreurs du pillage. Les Turcs y ont commis de déplorables excès. On assure que les Francs ont eu le temps de se sauver à bord des vaisseaux de leur nation.

CHAMBRE DES PAIRS.

Le 24, la chambre s'est réunie pour la discussion du projet de loi relatif à la censure des journaux, pendant la discussion, MM. le comte de Lacépède, le prince de Talleyrand, le comte de Ségur, le vicomte de Montmorency, le vicomte de Châteaubriand, le comte Cornet, le

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