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sieurs trouvèrent la mort dans les prisons; dans ce nombre fut M. Chevalier, chanoine de Saint-Pierre le Puellier, qui mourut à Rochefort. D'antres. revinrent à Poitiers; entr'autres, MM. Brunet, de La Faire des Prés, Faulcon, Lauzon de La Poupardière, qui moururent dans leur lit, plusieurs années après la terreur. M. de La Faire des Près est porté sur l'Almanach ecclésiastique de France de 1803 à 1804. On pourroit se procurer, à Poitiers même, une liste exacte des déportés, et des reuseignemens sur ceux qui ont succombé pendant la déportation ou qui y ont survécu. Si M. G. s'obstine à ne pas prendre ce soin, nous essayerons d'y suppléer, quoique ces recherches dussent être plus de son ressort que du nôtre.

NOUVELLES ECCLÉSIASTIQUES.

PARIS. MM. les coadjuteurs de Tours et de Besancon, qui ont été préconisés dans le consistoire du 27 juin dernier pour les archevêchés in part. de Carthage et d'Adana, ont reçu leurs bulles ces jours-ci, et seront sacrés, à ce qu'il paroît, le dimanche 12 acût. Leur arrivée est vivement désirée par les prélats qui ont réclamé leurs secours pour le gouvernement de leurs diocèses.

Nous avons parlé, no. 624, d'une brochure relative à une conférence qui eut lieu, le 27 avril, pendant la mission de Montpellier, entre M. l'abbé Guyon, chef de la mission, et M. Albrand. Celui-ci est un ancien bénéficier du bas-choeur de la cathédrale de Montpellier, qui s'est attaché à la petite église, et qui prend le titre de grand-vicaire, sans qu'on sache qui a pu lui donner cette qualité, attendu qu'aucun au

tre que M. l'évêque actuel de Montpellier ne peut prétendre à la juridiction dans ce pays. Quoi qu'il en soit, M. Albrand ayant désiré avoir une conférence avec M. Guyon, celui-ci la lui a accordée, et on est convenu réciproquement qu'un certain nombre de personnes y assisteroient de part et d'autre. M. Guyon a invité les magistrats de la ville, et M. Albrand a amené de son côté des artisans et des ouvrières. Il a d'abord exposé ses difficultés, dont la principale étoit la mesure extraordinaire prise par le Pape, en 1801. M. Guyon a montré que la gravité des circonstances expliquoit cette mesure; que la majorité des évêques de France y avoit adhéré; que les églises étrangères n'avoient point réclamé. Il a demandé à son adversaire d'où il pouvoit tenir ses pouvoirs, puisqu'il n'y avoit plus d'évêque de Montpellier, ni d'archevêque de Narbonne qui en étoit la métropole, ni de chapitre ancien de ces deux siéges; et sur ce que M. Albrand a prétendu être en communion avec le souverain Pontife, le judicieux missionnaire lui a demandé comment cela pouvoit être, puisque M. Albrand refusoit de reconnoftre les pasteurs institués par le Pape, et puisque le Pape, dans deux brefs récens, avoit improuve et condamné de la manière la plus formelle le schisme de la petite église. Dans toute cette conférence, l'avocat des dissidens a montré une foiblesse qui n'a pas relevé celle de de sa cause, et qui a servi à détromper quelques personnes abusées. Le lendemain, il a cherché à pallièr sa défaite par une lettre, qui n'a fait voir que son embarras, et que l'on publiera, s'il y a lieu; cette lettre, qui étoit adressée à M. l'abbé Guyon, n'étoit pas d'ún controversiste bien fort, ni même d'un homme tant soit peu adroit. Tel brille au second rang qui s'éclipseau premier; et celui qui pouvoit, nous le supposons du moins, figurer avec avantage dans un bas-chœur, peut aussi se trouver assez embarrassé de son rôle, et

même un peu voisin du ridicule, dans un emploi supérieur qui demande quelque science, quelque esprit et quelque mesure.

— Un journal, estimable d'ailleurs, a publié une lettre du prince royal de Bavière, en date du 3 juillet dernier, qui raconte sa guérison opérée, disoit-on, par les prières du prince Alexandre de HohenloheSchillingsfurt, qui est ecclésiastique, et dont les jour naux allemands célèbrent la piété. L'authenticité de cette lettre est contestée par quelques personnes, et il est vrai qu'elle ne se trouve pas dans la plupart des gazettes allemandes. Nous croyons donc pouvoir suspendre notre jugement sur des faits extraordinaires, et qui ont besoin d'être entourés de preuves. Déjà ce n'étoit qu'avec une juste défiance que nous avions raconté la guérison miraculeuse que l'on annonçoit s'être opérée sur la jeune princesse Mathilde de Schwartzenberg même; et nous n'en aurions pas parlé si des jour naux n'avoient donné à ce fait une publicité peut-être prématurée. Aujourd'hui ce même fait, nous devons le dire, est contesté par le médecin de l'Orthopedium, établissement où la princesse a été traitée; celui-ci, dont le témoignage n'est pas d'ailleurs irrécusable, prétend la guérison est due aux remèdes qu'il a employés. Il est donc juste d'attendre que la vérité soit éclaircie par les informations qui ne manqueront pas d'être faites sur le prodige annoncé, et sur les autres que l'on racontoit comme arrivés à Wurtzbourg, à la même époque, par les prières du prince et d'un paysan qui

hop

que

est à sa suite.

-On sait que le roi de Naples avoit provoqué luimème, en 1804, le rétablissement des Jésuites dans ses Etats, et que la société fut en effet rétablie à cette époque, tant dans le royaume de Naples qu'en Sicile; mais, l'année suivante, le royaume ayant été envahi par Joseph Buonaparte, un de ses premiers soins fut de

disperser un corps qui se reformoit de toutes parts ait milieu des témoignages de la joie publique, et qui ne pouvoit manquer d'être suspect à un gouvernement illégitime. Les Jésuites existoient donc en Sicile, et point à Naples; et même, lorsque Ferdinand fut rétabli, en 1815, dans cette partie de ses Etats, divers obstacles s'opposèient à la restauration de la société à Naples et dans le reste du royaume. Mais le souverain, éclairé par les derniers événemens, a senti la nécessité de prendre une mesure que réclamoient d'ailleurs les besoins de l'éducation. Le directeur de la secrétairerie d'Etat pour le département de l'intérieur, à Naples, a récemment écrit au prélat Giustiniani, commissaire pontifical pour l'exécution du Concordat de 1817, et il lui annonce la résolution du roi, qui remet, dès ce momeut, aux Jésuites l'église de Jésus, à Naples, et les bàtimens qui en dépendent, et qui promet d'assigner d'autres édifices à mesure que le nombre des profès et des novices augmentera. Un décret ultérieur doit bientôt être rendu à cet égard.

-M. Michel Duquesne, doyen et curé de SaintBrice, à Tournai, et chanoine de la cathédrale, est mort dans cette ville, le 15 février dernier, à l'âge de 78 ans, et au bout de cinquante-deux ans de sacerdoce. Sa modestie, la simplicité de son caractère, les douceurs de sa société, les qualités de son ame, étoient relevées par une piété profonde, et par un attachement inviolable aux devoirs de son état. Pendant la révolution, il rendit, par son zèle et son courage, beaucoup de services aux fidèles, et leur porta les sécours de la religion au péril de sa vie. Il avoit fondé une école pour l'instruction de soixante filles pauvres de sa paroisse. Il tomba malade à Noel dernier, et souffrit les douleurs avec une entière résignation pendant cinquante-deux jours. M. Duvivier, archidiacre, lui administra les derniers sacremens, et tous les assis

tans furent touchés de la foi du malade. Il à laissé tout son mobilier aux pauvres, dont le sort l'avoit toujours si fort intéressé. Un grand' concours a honoré ses obsèques, et l'éloge funèbre du vénérable pasteur a été prononcé par M. J. F. Roulez, vicaire desservant de Saint-Brice. Cel éloge funèbre a été imprimé depuis, à Tournai, et nous en avons tiré ce que nous venons de dire.

NOUVELLES POLITIQUES.

PARIS. Le 26, à deux heures et un quart, LL. AA. RR. MONSIEUR, MADAME et M. le duc d'Angoulême, se sont rendus dans une partie du parc de Saint-Cloud, nommé Clos du Thym, où elles ont trouvé réunis, dans un banquet de quatre cents couverts, les élèves du petit séminaire de Versailles. Une tente de verdure avoit été dressée, pour recevoir LL. AA. RR. La présence des Princes a fait éclater les plus vives acclamations. La joie des jeunes élèves éloit inexprimable. S. A. R. MADAME a bien voulu s'asseoir à leur table, et goûter quelque chose de leur repas. M. le préfet et toutes les autorités de Versailles assistoient à cette fête. A trois heures et un quart, les princes sont repartis.

-Le 26, le prince Léopold de Saxe-Cobourg a diné avec le Roret les Princes de la famille royale. A l'issue du dîner, le prince a rendu une visite aux Enfans de France.

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Les bruits qui avoient couru ces jours derniers d'un grand changement dans les emplois importans ne s'est pas confirmé. M. de Villele est parti samedi pour Toulouse; M. Corbières a dû se mettre aussi en route pour Rennes. On dit que l'un et l'autre ont donné leur démission. On croit que M. Laisné s'est aussi retiré du ministère.

La loi qui proroge la censure jusqu'à la în du troisième mois qui suivra l'ouverture de la session prochaine a été revêtue de la sanction royale, et publiée dans le no. 464 du Bulletin des Lois.

Le 27, on a célébré, dans l'église Saint-Roch, un service solennel pour le repos de l'ame de feue S. A. S. Mme, la duchesse douairière d'Orléans-Penthievre. Mr. le duc, Mme la duchesse d'Orléans et M. le duc de Chartres, y assistoient dans

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