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L'auteur de cette Description fait connoître à la fois l'état ancien et l'état nouveau de cette basilique; il l'a examinée dans toutes ses parties avec un soin curieux, et a recueilli les renseignemens épars à ce sujet dans différens auteurs. Il raconte les différens changemens faits successivement à l'édifice, les embellissemens, les dons, les travau, et généralement tout ce qui a rapport à l'histoire de ce monument; ce qui lui donne occasion de rappeler plusieurs faits de notre histoire, et d'entrer dans des détails qui plairont aux lecteurs amis de ces sortes de recherches. Quant à nous, nous avons lu son livre avec intérêt; nous aimons, que l'on nous permette de le dire, ce genre d'écrits qui nous peint si bien l'esprit des siècles passés, et qui a pour but de conserver des souvenirs que tout tend aujourd'hui à effacer. Nous avons vu détruire tant de semblables monumens, que nous nous applaudissons du soin que l'on prend de décrire ceux qui nous tent; ces peintures sont sans doute un dédomma gement bien foible de la réalité; mais enfin elles consolent pourtant, et de ce que nous avons perdu, et de ce que nous sommes peut-être destinés à perdre encore; car on ne peut se dissimuler que l'état actuel de plusieurs de ces monumens dans les provinces est inquiétant. Absolument négligés pendaut plusieurs années, ils ont éprouvé des dégradations plus ou moins importantes, ét les dépenses qu'il faudroit faire pour les réparer sont presque partout audessus des moyens des administrations locales. Lęs revenus qui entretenoient ces édifices sont absorbés, et on n'entend parler dans les villes et les campagnes que d'églises qui menacent ruine, et qui appeilent

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des secours urgens qu'on a peine à trouver. Ainsi, avec tous nos arts, notre luxe et notre orgueil, nous ne pouvons pas même conserver ce que nos ancêtres ont su créer; et ces grandes fondations attestent à la fois, d'un côté, leur zèle et les ressources qu'il faisoit naître, et, de l'autre côté, notre indifférence pour des monumens qui devroieut nous être précieux à plus d'un titre.

Quoi qu'il en soit, l'ouvrage de M. Gilbert est propre à piquer la curiosité. L'auteur y a fait entrer des anecdotes et des accessoires qui se rattachoient à son sujet. Il donne la liste des évêques et des archevêques de Paris, ainsi que celle des doyens du chapitre. Il décrit le palais de l'Archevêché, et nomme les principaux bienfaiteurs de l'église Notre-Dame en différens temps. Enfin il paroît exact et soigneux, Il a obtenu de faire paroître son livre sous les auspices de M. le cardinal-archevêque de Paris, et le nom de ce vénérable prélat est une nouvelle garantie en faveur de l'ouvrage..

NOUVELLES ECCLÉSIASTIQUES.

ROME. S. S. et les princes ont assisté à l'office des vendredi et samedi-saint et du jour de Pâque, et, ce dernier jour, le saint Père a encore donné la béné, diction solennelle d'usage, du haut de la grande galerie.

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Le mardi de Pâque, S. S. fit une visite au roi de Naples. Les princes de Bavière et de Saxe sont partis, quelques jours après, après avoir pris congé de S. S. L'ordination du samedi - saint a été de trente

neuf sujets, dont onze prêtres. Deux infidèles ont été baptisés à Saint-Jean de Latran; l'un est un idolâtre, et l'autre un Turc, né en Egypte.

- Le 6 mai, est mort, à l'àge de quatre-vingtdeux ans, le père Jacques-Marie Ilari, général dés Minimes, et consulteur de diverses congrégations; sa perte est fort sensible à son ordre et à ses amis.

PARIS. A une époque de deuil, feu M. l'abbé le Gris-Duval conçut l'idée d'une bonne œuvre qui seroit destinée à obtenir du ciel le retour des Bourbons; il proposa à plusieurs dames de s'engager à fournir, pendant cinq ans, aux frais d'éducation de jeunes ecclésiastiques dans le grand séminaire de Paris. Son projet fut accueilli; une association se forma, et ses dons ont procuré à l'Eglise, depuis 1815, cinquante-trois prêtres, qui, en ce moment, exercent le ministère. Les cinq ans sont expirés; mais le même zèle qui avoit entrepris cette œuvre songe à la soutenir. Les dames associées sont résolues de continuer à favoriser, pour le bien de la religion, l'éducation de jeunes gens privés de fortune, mais doués des qualités nécessaires. Ce projet est différent de celui dont nous avons parlé dernièrement, et qui n'est que pour les petits séminaires; l'œuvre dont il est question en ce moment est pour le grand séminaire. Tel est le but d'une réunion qui a eu lieu, hier 25, dans l'hôtel d'une dame recommandable par le noble usage qu'elle fait d'une grande fortune. M. le coadjuteur de Paris a présidé la réunion, et M. l'abbé Frayssinous y a fait un rapport sur l'origine et les résultats de l'œuvre. L'assembléé étoit composée de dames moins distinguées encore par leur rang que par leur piété, et toutes remplies de bonne volonté pour soutenir l'association et en atteindre le but. Aucune quête n'a eu lieu; mais seulement des souscriptions ont été

reçues.

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Si le grand nombre des chrétiens qui négligent leurs devoirs religieux est un sujet d'affliction pour les ames pieuses, elles trouvent quelquefois des consolations dans le retour vers Dieu de plusieurs de ceux que le monde avoit égarés. La Pâque dernière a offert plusieurs exemples de ces heureux changemens, On a vu dans les paroisses les offices suivis et les sacremens fréquentés par des personnes long-temps éloignées de nos églises. Chaque année ces solennités sont l'occasion d'un nouvel ébranlement parmi des hommes égarés dans les voies des passions. Cet ébranlement s'est fait sentir jusque dans les hôpitaux et les prisons et ces tristes asiles ont présenté à cet égard de consolans résultats. Les pieux fidèles qui visitent quelquesunes des prisons de la capitale y ont trouvé le dédom magement de leurs peines; les instructions et les catéchismes ont été suivis, des enfans ont fait leur première communion, et des hommes ont témoigné fe, désir de changer de vie, et ont fait quelques pas vers le bien. Dans les hôpitaux, les bons effets ont été plus sensibles encore; à la Charité, le nombre des communians a été considérable, et beaucoup de malades ont paru revenir sincèrement à Dieu; les soins du respectable aumônier, des vertueuses filles de SaintVincent de Paul et des pieux jeunes gens, concourent à former un meilleur esprit dans cette maison. A la Pitié, il y a eu également des changemens favorables, et qui le deviendroient encore davantage si le nombre des ouvriers étoit proportionné à l'étendue du travail; malheureusement il est borné, relativement aux besoins, et l'ardeur de ces généreux fidèles peut seule suffire à la tâche qu'ils s'imposent. Puisse leur dévouement trouver de nouveaux imitateurs! Rien n'est si beau, même à ne parler que le langage de l'humanité, rien n'est si touchant que de voir des jeunes gens, distingués par leur esprit, leur éducation ou leur for

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tune, se consacrer à visiter les malades, à soulager les prisonniers, à consoler les malheureux; un si digne emploi de leurs loisirs leur acquiert des droits à l'estime et à la reconnoissance des ames véritablement sensibles; mais ce n'est pas pour les hommes qu'ils font de tels sacrifices, et ils en attendent une bien autre récompense.

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Un prêtre recommandable vient d'être enlevé au clergé de la capitale. M. Jean-Baptiste Charlot, mort le 14 mai dernier, étoit né à Reims, le 12 décembre 1746; à dix-sept ans, il étoit entré chez les religieux Cordeliers de cette ville, et avoit occupé avec distinction des places dans son ordre. Il avoit refusé tous les sermens de la révolution, et passa les temps les plus difficiles à Caen, où il trouvoit encore moyen de se rendre utile aux fidèles en leur distribuant, en secret, les secours de la religion. Constamment attaché à son état, il fit, à pied, le voyage de Suisse, pour vivre en communauté, et se rendit à la maison des Trapistes de la Val-Sainte. Sa santé ne lui permit pas d'y rester plus d'un an; de retour en France, il il exerça le ministère dans plusieurs paroisses de la capitale, après le Concordat, et fut aussi aumônier des Madelonnettes. Sa vie a été un exemple continuel de piété, de zèle et de douceur; indulgent pour les autres, il n'étoit sévère que pour lui. Une maladie longue et douloureuse a servi encore à épurer sa vertu, et à le préparer au dernier passage, qu'il a vu avec la résignation la plus chrétienne.

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Le 8 mai dernier, M. Nigault de l'Ecange, ancien curé de Saint-Sauveur-le-Vicomte, diocèse de Coutances, et chanoine honoraire de Coutances, a célébré, dans l'église de Saint-Sauveur, une messe solennelle d'actions de grâces pour la 50°. année révolue de son sacerdoce; il avoit pour diacre dans cette cérémonie, M. Jacques Alix, curé de Catteville, qui a

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