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Paris. --- Imprimerie J.-P. MIGNE.

SUR LA VIE DE NOTRE-SEIGNEUR JÉSUS-CHRIST,

D'APRÈS
LES TRAVAUX LES PLUS RÉCENTS DE LA CRITIQUE CATHOLIQUE.

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Si le disciple bien-aimé, saint Jean, a pu lé. Autant vaudrait dire qu'elle peut se ras. dire quoique d'une manière hyperbolique, ser de ce qui constitue le principe de sa vie. mais vraie en un sens, que le monde no Jésus-Christ est le centre de loules choses; pourrait contenir les livres qu'il faudrait il remplit loul ; c'est par Lui que lout a été remplir pour retracer par écrit et rapporter fail, et il est aussi le terme et la fin de lout en détail toutes les actions de Notre-Sei- ce qui a été fait : Je suis l' Alpha et-l'Oméga, krieur Jésus-Christ, on peut également al- le principe et la fin, dit le Seigneur Dieu, qui firmer que jamais, quelque génie que l'on est, qui était, et qui doil venir, le Tout-Puis. ait, quelqu'effort que l'ou fusse, on ne pour. sant (Apoc. 1, 8); » et celle grande parole, ra tout dire sur le divin Rédeapleur des saint Jean nous la répète plusieurs fois hommes.

(ibid. xxi, 6; XXI, 13), afin que nous ne C'est qu'aucune parole de l'Evangile ne perdions jamais de vue que Jésus est nore doit périr ni ne doit être stérile ; c'est que iout, notre principe et nutre fin. aA qui irionsl'Evangile est une source féconde et inépui- nous, lui disait saint Pierre, d qui irions. sable destinée à désaltérer toutes les généra- nous, Seigneur ! Vous avez les paroles de la tions, à salisfaire lous les besoins des cours vie éternelle ; el nous avons cru, et nous et des intelligences : « L'Evangile, dit un avons connu que vous êtes le Christ, le Fils de écrivain, donne sa moisson de vérité 100- Dieu ! « Domine, ad quem ibimus? Verba jours la même el loujours nouvelle suivant vitæ æternæ habes (Joan. vi, 69, 70). C'est co les besoins du monde du lemps où elle éclut. que nous sommes lous obligés de dire, que Les clartés antérieures demeurent dans le nous le voulions ou que nous ne le voulions Irésor de la Foi, les nouvelles clariés ape pas, que nous le fassions par ainour couma portent les réponses faites d'avance à des Pierre, ou par nécessité et force des choses, objections non encore élevées, mais que l'Es- comme les ennemis de Jésus : Vere Filius pril-Saint a prévues. Ainsi l'Evangile, en qui Dei eral iste! (Muith.xxvii, 54.) Et voilà pour. ioutes les prophéties anciennes reçoivent quoi, encore une fois, ou necessera de parleur accomplissement, est lui-même une ler de Jésus-Christ, et pourquoi aussion prophétie permanente. >>

n'épuisera jamais cet immense sujet. Aussi Depuis dis-neuf siècles, les livres qui n'ont ne nous étonnons point de voir paraitre inpas eu directement ou indirectement pour ressamment tant d'ouvrages sur la vie de noobjet les actions de Notre-Seigneur et sa tre divin Rédempleur: il doit en etre ainsi, doctrino, n'importenl guère ! « Rien, ajoule et il en sera toujours de la sorte jusqu'à ce parfaitement l'écrivain que nous venons de que nous revienne, en son glorieux Avéne. ciler,rien n'intéresse autant les iutelligen- ment, Celui devant qui tout genou péchil ces, et nous en sommes témoins. Ne plus dans le ciel, sur la lerre et dans les enfers s'inquiéter de Jésus-Christ est impossible à (Philipp. Ii, 10). la pensée bumaine, aujourd'hui comme tou- Pour notre faible part d'hommages et d'ajours. Qu'elle le cherche ou l'évite, elle ne mour, nous ne venons pas, dans ce Discours, irouve jamais qu'elle ait pu assez l'appro- présenter une Vie complèle de Jésus-Cbrisi cher ou assez le fuir. Il apparait à l'ex- Notre-Seigneur, ni même écrire didactiquetrémité de tout chemin, il est debout au ment une sorte de biographie en règle. Assez terne de loute fuite. Nulle cécité ne le ca- d'autres, avan: nous, et beaucoup avec sucche entièrement ; l'indifférence ne peut cès, out fait ces sortes d'ouvrages. Leurs li. parvenir à l'oublier. Qui prétend s'être per- vres sont entre les mains de ious ceux qui suadé que Jésus ne fut qu'un homme, en de- aiment et qui servent le Seigneur, et ce ne meureincertain au fond du cour, et nele veut serait pas leur être d'une grande utilité que pas laisser Dieu pour autrui. A défaut de fi- de refaire ce qu'on a si souvent accompli Jeles, Jésus-Christ serait encore attesté par pour l'instruction et l'édification des lidèles. ses seuls adversaires; le blasphème ven- Voici uniquement ce que nous nous propodrait confesser sa divinité, si l'hommage Sons. manquait. On a dit que l'âme est naturelle- Tout dernièrement a paru un livre qui a proDient chrétienne; ou peut dire qu'elle l'est fondément alligé les cours catholiques, mais obstinément. »

qui, grâce à Dieu qui lire incessamment Oui, ue pas se préoccuper de Jésus, ne le bien du mal, n'a pas été aussi sans servir, pas l'aiiner, cela est impossible à l'humani- en un certain sens, la cause de la vérité (a);

(a) Ce livre dont on s'est beaucoup trop effrayé, cependant pas cié sans servir notre cause, à l'insu ce nous semble, est mul scientifiquement, ctia de son auteur ; double assertion que nous lenu..s

DICTIONN, DE L'HIST. UNIV. DE L'EGLISE. V.

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livre odieux et fameux, destiné à tenir sa i Jées, moins toutefois par lui-même que par pilace dans l'histoire de la lillérature et des les réfutations nombreuses qu'il a suscitées. à établir dès le début de la mention que vous fai- Tels sont les résullals auxquels, par de vastes sons de cel ouvrage si outrageant pour Notre-Sci- et profondes recherches, est arrivée la science inoSnor.

derne; lelles sont les doctrines qu'elle ne craint Et d'abord, pour ce qui est de sa valeur srion- pas de proclamer hautement l'an de grâce 1863. lifique, elle est nulle au dire des critiques les plus El les savants qui viennent ce langage, sont-ce des graves qui ont interrogé l'Allemagne sur son com- théologiens catholiques dominés par leurs préjugés ple. Nous citerons quelques-unes de leurs prou- dogmatiques, et dont les conclusions sont déjà are ves : 1 Julerogeons la science que M. Renan nous rêtées avant loute recherche ? Sont ce même de vostr, llit M. l'alibié II. J. Crelier, (M. E. Renan ces thévlogiens protestants encore allachés aux Irahissant le Christ par un roman, ou Examen criti- idées traditionnelles, el, sous ce rapport, ne ditéque de la Vie de Jésus, in-8, 2e édit. 1864, p. 127, rant guère des catholiques, tels que llergitenberg, 128); demandons-lui quelles sont, sur les matières Ebrard, Wieseler,, elc.? Non. Ce sont des savants si importantes dont il s'agil, ses dernières conclus alissi indépendants que puisse l'ètre M. Renan lui. sions : que nous répondra-l-elle ? Précisément le même ; ce sont les Ewalil, les Blok, los Holizmann, contraire de ce que M. Rinan allirme en son nom. etc. ; il n'y a pas jusqu'à l'école de Tubingue qui Elle nous dira sans hésiter, par la bouche de ses ne soit plus ou moins entrainée dans le mouvement représintants les plus distingués, que, l'authenti- gé: éral. cité des Evangiles reconnue, le système inythique de De son côté, le P. Gratry nous dit : « 11 n'y a pas Strauss (doni le système légendaire de M. Renan deux manières de juger la valeur de la Vie de Jésus, ne dillère que comme simple vari: nte) est une ab- Le livre est nul scientifiquement. Tel est tout pare surdité (Voy. lloltzmann, Die synopt. Evangel., p. liculièrement le jugement de l'Allemagne. Non418 et suiv.); que les Evangiles, lant dans les dis- seulenieul le Congrès des savants catholiques allecours que dans les récils, portent des caractères de mands, réunis à Munich, a signalé ce livre comme vérité si grands, si frappanis, si incontestables, que u'appartenant pas à la science; non-seulement lous leur autorité hisorique est hors de doule. (Ibid. des savauts allemands qui tiennent à ce qu'on apC'est ce que 11. Renan lui-même avoue en général, pelle l'orthodoxie proteslanle, ont porté le ménie sauf à le nier en détail ); que, loin de faire excep- jugement; mais il se trouve que les écoles ratiozion à cet égard, les miracles sont inséparables du nalistes l'ont jugé de la même manière. resie, à tel point que l'historien qui les rejelte, lont 1 L'école rationalisie de Galiingne, à laquelle en reconnaissant les trails ineffuçables de la figure M. Renan semblait appartenir un peu, parle de de Jésus conime une réalité historique, est dans le cas même, et, par la bouche de M. Ewald, porte un d'un homme qui aurait cueilli el goûté les fruils jugement très-inportant el très-bien motivé, qui mürs de plantes el d'arbres dont il nierail l'existence. est une condamnation consplète du livre. L'école (ibid., p. 510); qu'en général, comme historien, on rationaliste de Tubingue, liérilière de Strauss it doit simplement s'en tenir à constaler ces rares plié- de Bauer, et à laquelle M. Kenan semble encore noonènes comme d'autres fails, el d'après les règles appartenir un peu , parle aussi de la Vie de Jésus ordinaires de la critique historique (Ibid., p. 511). dans la Gazelle d'Augsbourg. J'ai le texte allemand

« Nous regardons comme un très-précieux pro- sous les yeux. Voici les conclusions d'un assez long grès, dit lolizm:inn, que le caractère miraculeux Travail de M. Keim , qui a été très-remarque : de l'histoire évangélique, par lui-même, ne puisse « C'est un ronian... ce sont de nouveaux Mystères plus élre considéré comme un obstacle à son ad- de Paris, écrils avec rapidité pour amuser, sur un mission dans le vaste ensemble de l'histoire scien- terrain sacré, un public ile profanes... Sur loutes silique de l'humanité. C'est ce qui est déjà recon- les questions graves le livre est nul scientifiquenu, au fund, méme par des hommes qui d'ailleurs m.cnl. Au lieu de se jouer de cette grande histoire se liennent de la manière la plus décidée au point de Jésus que lous les siècles contemplent avec rcdivne de l'Immanence (c'est-à-dire de la philosophie cucillement; au lieu de flitler les esprits blasés, de liégelienne). Quand même plusieurs de ces récits mi- contrisler les croyants, el d'outrager la science, je ruculeur, dil Schwartz, pourraient être des inventions parle de la science libre, que M. R nan se remelie

ou des embellissements d'une tradition plus récente, au travail avec constience et recueillement (arbeile Tonlefois le scepricisme le plus hardi, s'il repose en- er nüchtern und gewissenhaft), qu'il n'essaye plus core sur une science sérieuse, ne saurail nier que du d'écrire en six mois, dans une bulle de Maroniles Christ n'aient émané une quantité de guérisons mi- el entouré de cinq ou six volumes, l'histoire des raculeuses el d'assistances consolatrices qui lui allia temps apostoliques annoncée dans son Introduction; raient de loin la foule el lournaient d'alord vers lui alors il pourra obtenir son pardon des amis de l'hisles regards des incrédules cux-mêmes. (Predigt. ous toire véritable, qui, aujourd'hui, rient de son sioder Gegenw.. Il Sanıml., § 139. Cilation de llollz

gulier triomplie. (Gazelle d'Augsbourg des 15, 16 wan.) Mais, reprendl llolizmiann, quand le plus ingé. ct 17 septembre 1863.) nieux et le plus sérieux représentant du panthéisme · Enfin, je trouve dans un recueil français, pleireligieux (Ernest Renan) croil devoir s'accorder nement (lévoué à M. Renan, une défense de son qu'un droit psychologiqué d'existence à ces mira- livre qui me paraîl aveugle en sa faveur; cepencles (c'est-à-dire ne leur accorder d'existence que dant l'auteur reconnait que la manière dont M. dans l'imagination), avec l'aveu qu'ils ne beurient Renan a employé les sources an'a pas peu conpas trop les exigences du bon sens (Erud. d'hist. tribué à répandre sur l'ouvrage entier une certaine relig., p. 177); quand il pose nellement comme apparence d'arbitraire, comme si l'auteur, sans pilie son programme la séparation de la cause de la re- ni souci des textes, s'étail complu à les ajuster au ligion de lout ce qui est miracle el surnaturel, on gré de sa fantuisie pour en faire un Jésus de conpeut pinser ce qu'on voudra de la question philo- vention... Je serais de ceux, ajoule le critique, qui sophique touchée en mênie lemps ; mais la mgou- eussent désiré, en bien des endroits, une méthode reuse méthode historiqne ne saurait fléchur devant plus sevère d'interprétation, , Le P. Gratry, Les un pareil arrêt, et il y a lout lieu d'élre satisfait que sophistes et la critique, in-8, 1804, p. 142-144). le protestantisme français libéral, quoique en gé- C'est assez là-dessus. La valeur scientifique du péral partageant bien certainement les idées de livre de Renan est jugée. Mais nous avons dit que Renan, ait elevé la voix pour réclamer.» (llolizmanı), ce livre, malgré le scandale qu'il a occasionné, a Die synopt. Evangel., p. 511.)

cependant servi, en un sens, la cause de la vérité. Or, nous voudrions, rapprochant les nail- de la raison humaine, et en des assertions curs travaux qui ont été publiés à ce su- dogmatiques sur des opinions douteuses, jet, offrir, non pas une réfulalion nouvelle ou des doutes sceptiques sur les vérités les du triste livre que nous venons de désigner, plus claires et les plus incontestables. mais une sorte de somme de tout ce que la Interrogeons ces anciens philosophes qui crilique catholique oppose d'argumenis, de faisaient profession de science et de vertu, preuves, de témoignages à l'incrédulité mo- et nous ne trouverons pas, en effet, aulre derne.

chose dans tous leurs livres. C'élaient, si l'on Mais, encore une fois, ce n'est point de la veut, « des esprits élevés et en qui l'humapolémique directe que nous prétendons faire nilé nous a donné la mesure de ses sorces ; ici; non, une telle lâche, qui a d'ailleurs été lous se vantaient d'avoir découvert la vérité, tant de fois remplie, ne saurait convenir à hormis une école qui prétendait que la véun ouvrage du genre de celui-ci. On y veut rité nous échappe inévitablement sur celle surtout, non des choses qui passent avec les lerre; ils avaient parcouru le monde, écouté circonstances qui les ont fait naître, mais bien des sages et longtemps réfléchi; ils pardes choses plus générales et qui doivent laient un beau langage, s'enfonçaient dans demeurer acquises à la science. Si donc des spéculations hardies, et discutaient docDieu nous permet de réaliser notre plan lel lement sur toutes les choses de l'homme et que nous le concevons, nous présenterons, de Dieu : ob bien I s'il y a dans leur histoire un sur les principaux traits de la vie de Jésus- point remarquable, c'est qu'ils n'aient oblenu Christ, un tableau d'ensemble, au point de que de si chétifs résultats (6). » vue de la critique contemporaine, liré, pour Car d'où vient l'homme ? va-t-il? à la plus grande partie, des meilleurs écrits quelles conditions peut-il atteindre sa fi!! récemment publiés; 'de sorte que ce dis- Jernière ? Sur toutes ces questions, où il cours participera tout à la fois de l'exposi- faut que tout le monde soit fixé, les philotion et de l'apologétique : de l'exposition, en sophes n'ont rien su de complet et rien ence qu'on y trouvera un aperçu général de seigné de clair et de satisfaisant. Encore la vie de Notre-Seigneur; et de l'apolo- une fois « que trouve-t-on dans leurs livres gélique, en ce qu'étant comme la substance et dans la société qu'ils ont instruite et goudes derniers ouvrages polémiques combie vernée ? N'ont-ils pas accumulé des ténèbres nés entre eux et éclairés, complétés les autour des droits et des devoirs les plus ans par les autres, les points attaqués de sacrés, loin de dissiper l'incertitude et d'écette vie adorable y seront défendus, soit claircir les doules ? S'ils ont proposé de cordirectement, soit indirectement, par tout ce riger un vice, n'est-ce pas en le remplaçant qu'on a écrit sur chacun d'eux de plus so- par un autre vice? Leur science niédiocre lide et de plus péremploire.

a-t-elle jamais été sans orgueil, et leur mé. Après ce simple exposé de notre désir, diocre vertu sans faste ? Nont ils pas retenu nous supplions bumblement Notre-Seigneur, la vérité captive, préférant la renommée à la à qui tous nos travaux et notre vie sont sagesse et l'intérêt de leur amour-propre à consacrés, de nous accorder la grace de ce qui était juste et bon ? Dans l'infaluaréaliser un travail qui n'est pas sans pré- tion de leurs

tion de leurs pensées et l'aveuglement senter de réelles difficultés, et nous com- de leur cæur, n'ont-ils pas installé partout mençons.

le mensonge, la lyrannie et la dépravalion ?

L'esclave, le pauvre, l'enfant, la femme, leur I

personne niême, en eux et autour d'eux, On sait avec quel orgueil les philosophes n'ont-ils pas tout abaissé, tout flétri, lour de l'antiquité se glorifiaient de leur sagesse. perdu (c) * Bien loin de convertir le monde, Et pourtant, combien elle élait petite et mi

pas uu n'a changé seulement les meurs de la sérable ! Elle consistait principalement en rue qu'il habitait, et c'est un reproche qu'il. de vaines spéculations métaphysiques, en faut faire même à Platon, celui pourtant de des subtilités de dialectique, ou des idées tous les maltres qui pouvait mieux corne présomptueuses sur la prétendue suffisance mander l'admiration et la confiance par l'auNous l'avons montré ailleurs (Voy. Méin, cath, no dans leur forme actuelle, du moins quant aux de mai 1864, XX, p. 171 et suiv.), el nous en di- documents dont ils sont formés, jusqu'aux témoins rons un moi ici.

oculaires (Ibid. p. 502). Nous donnerons encore Les erreurs de M. Renan, remarque M. l'abbé plus loin, d'autres preuves de ceci. Crelier (ouv. cil., p. 68), oni eu l'avantage qu'ont (6) Mgr Darboy, archev. de Paris, Lellres pastor. plus ou moins loures les autres, c'est-à-dire de sur la Foi, nov: 1864, édit. in-18, p. 9. contribuer, en provoquant de nouvelles recher- (c) On reconnait sans doute ici le tablcau diviches, à mellre la vérité dans un plus grand jour. nement traré par saint Paul, dans l'Epitre qux RoDe la discussion dont la Vie de Jésus a été le signal mains, 1, 21 seqq. Mais on en trolive aussi les cou. est sortie la confirmation la plus éclatante de l'alle leurs dans les philosophes niême el les historiens thenticité des Evangiles. 1 L'étude des sources, de l'antiquité, et les textes 110 manqueraient pas dit Holizmann, à laquelle on retourna à cello oc- pour le laire voir, si c'était le lieu de les produire. casion, amena au jour des résultats qui s'écarlent Ce travail a d'ailleurs élé lenté, dès l'origine du de la manière la plus tranchée des suppositions sur christianisme, par Clément d'Alexandrie,.Minutius lesquelles reposait la Vie de Jésus, ci même les con- Félix, Tertullieii, Arnobe el saint Augustin, pour tredisent (Die synoptisch. Evangelien, etc., Leipz. ciler seulement quelques noms. On peut voir 1863, p. 6). C'est à tel point que l'école même de aussi dans la Vie de Confucius, par le P. Amioi, et Tubingue's'est vue obligée de baure en retraire, el dans l'Histoire universelle de César Canlu. uc faue remonter les Evangiles, sinou toujours

torité du génie et par la fascination de la sideles, et dans la Judée. Innombrables sont plus belle parolo que les hommes aient les témoignages à ce sujet; nous ne pourjamais maniée (d). >>

rions les rapporter tous, el nous nous bore Ainsi, la sagesse des sages de ce monde a nerons à ceus de quelques auteurs non susconvaincu la raison bumaine de l'impuis- pecls. sance de ses efforts, et ces philosophes, s'é- Suétone, ainsi que Tacite, rasporle (k) garail dans leurs raisonnements, sont lon- a qu'une antique et constanta tradition, robés dans des pensées vaines, dans le culte pandue dans tout l'Orient, annonçait qu'il des jiloles (e); « leur cæur insensé, ajoute devaitence temps-là sortir de la Judée le Dom. saint Paul, a été rempli de lénèbres : ils naleur du monde. » Nous parlerons un peu sont devenus fous en s'altribuant le nom de plus loin de Virgile. Citons, après les sages; et ils ont transféré l'honneur qui païens, des incredules fameux. n'est id qo'nu Dieu incorruptible, à l'image L'impie Boulanger dit : « Les Romains, d'un homme corruptible, et des figures loul républicains qu'ils étaient, attendaient, d'oiseaux, de bates à quatre pieds, et de du trmps de Cicéron, un roi prédit par reptiles (g). C'est jourquoi Dieu les a livrés les Sibylles, comme on le voit dans le livre aux Jésirs de leur coeur, aux vices de l'im

de la Divination, de cet orateur philosophe : pureté; en sorte qu'ils ont déshonoré eux- les misères de leurrépubliqueen devaienietre mêmes leurs propres corps (h). » Ainsi les annonces, et la monarchie universelle toutes les belles spéculations des philosophes la suite. » Púis Boulanger montre que l'alont abouti à égarer de plus en plus l'buna- lente de ce personnage extraordinaire élait nité dans les ténèbres du paganisme, et parlagée, non-seulement par les Ilébreux, la Loi elle-même, en arrêlant la main et en mais encore par les Grecs, les Egypliens, abandonnant le cour, fut incapable de gué- les Chinois, les Japonais, les Siamois, les rir les maux qui ont dépravé les âmes. Américains, les Mexicains. « Enfin, conclui

Que restail-il donc à l'homme, qui comme il, il n'y a aucun peuple qui n'ait eu son exêtre intelligent violait sans cesse les lois pectative de celle espèce (1). > que Dieu a établies; qui comme élre borné Voltaire alleste la même chose, et, de était sujet à l'ignorance et à l'erreur; qui plus, il montre de quel côté les divers percomme créature sensible était devenu slijet ples allendaient ce Désiré de toutes les na. à mille passions mauvaises ? Il lui restait ce lions : «C'était, dit-il, de temps im inémorial, Messie, Sauveur et Rédempteur, prédit de- une maxiine chez les Indiens el chez Ics puis le commencement du monde (i), annoncé Chinois, que le Sage viendrait de l'Occident, dans toute la suite des ages, célébré par L'Europie, au contraire, disait qu'il vienreit tous les prophères (), attendu, désiré par de l'Orient. Toutes les nations ont toujours tout le genre humain.

eu besoin d'un Saye (m). » Il est aisé de reC'est effectivement on fait très-certain marquer, sur ces paroles de Voltaire, que que, depuis le commencement du monde, la Judée, d'où, selon Tacite el Suétone, dans toutes les nations de la lerre, on allen- devait sortir ce Doininateur du monde, est dait in Roi, un Législateur, un Saint, un

précisément à l'occident des Indiens el des Sauveur, un Médiateur, un Réparateur de Chinois, et à l'orient de l'Europe. toutes choses; el miênic qu'elles s'allen- Après Boulanger el Voltaire, Volney ren: daient à le voir paraitre il y a dix-huit le même témoignage. De plus, il nous

• (d) Mgr Darboy, ut supra, p. 10 et 11.

(e) Voy. IV Reg. xvi, 15; Jérem. 11, 5. (1) Ephes. iv, 17.

(9) Les paiens ne représentaient pas leurs dicux seulement suus la figure humaine, mais ils hono. raient encore presque toutes les espèces d'auimaux, comme l'Etre divini. Voir sur la folie du culte des jdoles, Isa. xliv, 12; Jéremie, x, 3-5; Daniel, v, 23; Sagesse, XIII, 11-19, xv, 7 et suiv.; Baruch, vi. Souvent le chrétien lui-même se livre au culle des idoles, bien que celle idolàlrie soil d'une espèce plus spécieuse; var lout ce que l'homme aime plus que Dieu ou contre la volonté de Dieu, est un dieu étranger, une iilule. (Le docteur d'Allioli. Nouv. commenl., édit. de 1853, 10m. IX, p. 180.)

(h) Rom. 1, 21-24. (i) Gen. III, 15.

c) Nous ne saurions, on le comprend, rapporter ici toutes les prophéties dont Notre-Seigneur JésusClirist est l'objet. Nous ne pouvons que renvoyer à lous les apologistes qui ont spécialement traine ce point imporiant, el notamment aux Eludes philosophiques sur le christianisme par M. A. Nicolas, édit. de 1863, lom. IV, p. 161 el suiv. Mais puisque nous venons de rappeler la première prophélie, celle du commencement, c'est-à-dire celle qui a suivi la chule méme s'Adam, constatée par Moise, nous voulons au moins dire un 110! de la

grande prophétie de ce même illustre Législateur
du peuple de Dieu, relative à Notre-Seigneur Jé. us-
Clirist. Celle prophéiie, la voici : « Le Seignelir
votre Dieu vous sirscirera un Prophère comme moi,
de votre nation et d'entre vos frères : C'EST LUI
QUE VOUS ÉCOUTEREZ (Deut. XVIII, 15). » Le dorieur
d'Allioli, parlant de celle prophélie, renvoie à saint
Maltbieu, xw11, 5; c'est qu'en effet il faut remarquer
le rapport frappant qu'il y a entre ce texte el le
récit de la Transfiguralion, où Mise même, repa-
raissant, vient témoigner que celui dont il a dit:
Ipsum audite (Deut. Ivui, 15), est bien Celui dont
le Père célesie dit dans la vue : Ipsum audite
(Matth. XVII, 5). « El qu'on ne dise pas, observe
Très bien M. A. Nicolas (La divinité de Jésus-Christ,
démonstralion nouvelle lirée des dernières allaques :
de l'incrédulité, 1 vol. in-12, 1861, p. 346), que ce
rapport a élc concerté par l'Evangéliste, car il ne le
fait pas remarquer. » Ei nous voyous là, ajouterons-
nous, nous voyons, des premières aus dernières
pages de la Bible, proclastiéu celle grande el vitale
vérité que nous n'oublions que trop, que nous ne
devons suivre, écouter qu'un scul Maitre, JÉSUS
SEUL : Ipsum auriile!

(k) Dans la Vie de Vespasien.

il) Recherches sur l'origine du despol. orient. , sect. 10,

(1) Addition à l'Hist, générale, p. 15, édit 1703.

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