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Ordres religieux qui se partagèrent alors mémorial dans la ville éternelle. Saint Léon l'instruction et l'éducalion du peuple, et se le Grand l'atteste quand il dit (691), que consacrèrent avec un inaltérable désintéres- a les Pères des premiers siècles ont toujours sement au salut des pauvres, des ignorants, ordonnó de ne conférer les ordres sacrés des malades, pendant que les Jésuites, les qu'à ceux qui auraient reçu, dès leurs prePiaristes, les Ursulines et d'autres, se li- Inières années, l'enseignement ecclésiastivraient avec une charité toujours sereine à

que. » l'élocation de la jeunesse. Loos de Mayence, Ce fut surtout à l'époque de l'établissemori en 1593, le jésuite Tanner, mort en ment des Couvenis, c'est-à-dire à celle où 1632, et surtout Frédéric Spée (688) luttèrent ayant acquis un développement convenable. avec succès contre la folie et l'inhumanité ils purent se considérer comme partie inté. des procés de sortilége et de magie. Enfin, grante de l'Eglise, que la science ecclésiasen aucun temps, à aucune époque de l'his- tique prit un grand'élan (692). Tant que les loire, le clergé ne fit plus pour le dévelop- religieox se bornèrent à vivré dans la solipement religieux et moral du peuple, qu'au tude et y laissèrent briller la flamme de la foi moment même où les protestants se sépa- chrétienne loin des regards, ou du moins raient de l'Eglise qui lus avait élevés et in- sous les yeux de ceux-là seulement qui étaient strnits, et à laquelle ils étaient redevables aussi pieux et aussi contemplatifs qu'eux-mede ce qui leur restait encore de vérités et mes, ils ne purent avoir qu'une influence méde convictions religieuses (689). - Voy. l'ar- diocre, toute belle et toute divine qu'elle ticle T'RENTÉ (Concile général de).

était, et n'apparaitre que comme des ascètes Nous lerminons ici ce tableau des Institu- d'une vie plus sublime et plus parfaite. tions et des meurs de l'Eglise catholique ; Mais quand des hommes tels qu'Alhanase, car, pour les deux siècles qui suivent, nous Basile, Chrysostome, Grégoire de Nazianze, les étudions dans divers articles consacrés Grégoire de Nysse, Hilaire, Augustin et Jé(indépendamment de ceux des personnages rôme, dans le cours de leur vie active, se de cette époque) aus grands faits qui les virent si souvent obligés de déposer les caractérisent le plus (690). Quant au siècle insignes de leur dignité, pour chercher un ou nous vivons, nous devons, comme nous asile hospitalier parmi ces hommes saints l'avons annoncé (tom. IV, col. 148), en faire et pieux, et lorsqu'en sortant d'auprès d'eux l'objet d'une Etude spéciale dans le Discours ils repassaient sur la scène du monde, relipréliminaire qui sera placé en tête de notre plis de nouvelles inspirations pour la cause le volume. On comprend dès lors, que du Christianisme, alors le monachisme dut nous ne pourrions que tomber dans les prendre un caractère ecclésiastique d'un rediles; ces dernières époques, d'ailleurs, ordre plus élevé. A sa position, jusqu'à ce présentant peu de différence, quant aux moment purement chrétienne, vini se joindre points spéciaux du présent article, avec les une position sociale : il entra dans l'histoire siècles que nous venons de parcourir, et n'of- du monde. frant rien, ou presque rien, de ces détails Celle influence ne saurait être méconnue, intéressanis et touchants que l'on rencontre même par les yeux les plus prévenus. Il n'est abondamment dans les beaux ages chrétiens, pas moins vrai que si l'Eglise n'avait pas

INSTITUTIONS POUR LES ECOLES EC- poisé des forces dans le bain salutaire de lix CLESIASTIQUES. -- Toutes les fois que, consécration du monachisme, elle aurait dans l'histoire du Christianisme, on recher- éprouvé de grandes pertes. Le monachisme che l'origine d'une grande fondation, d'une ne larda pas à envelopper et à pénétren création forle et féconde, c'est à Rome qu'il tous les éléments de l'Eglise. C'est donc là faut remonter; on est assuré de trouver qu'il faut chercher son élément divin, là sa celle mère et maîtresse de la Chrétienté à la

divine origine. tèle de tout ce qui s'est opéré dans le monde Les saints fondateurs de l'état monastique pour la gloire de Dieu.

surent partager sagement leur temps entre I. Les Institutions ou Ecoles pour les élu- l'exerciie des verius pratiques du Christiades ecclésiastiques ont existe de temps im - nisme et de la vie contemplative, et celui

(688) Entre les ouvrages de Fr. Spée, nous ci- ou Tubleau des établissements religieux formés in lerons surtout celui intitulé : La fleur de l'esprit cette époque, 2 vol. in-8, 1824. et du sentiment religieux dans la première moilié du (690) Consulter d'abord le Discours préliminairr, IVII siècle (en allemand), publié par Willmes, rivec en léle' dui fer vol. à partir du § XXXII, col. 126 : une Introduction et des éclaircissements, Leipzig, et le Discours préliminaire , en lète du IVe vol. à 1841. —C'est là une excelllente islé, car il n'y a, partir du g XIV, col. 79 el suiv. - Puis les arii en ellet, comme l'a montré Dom Guéranger (arti- cles : GALLICANISME, HISTORIQUE DE L'AUGUSTINUS ; cles sur Marie d'Agréda el la Cité mystique de Dien, PROTESTANTISME ; RELATION HISTORIQUE DU JANSÉIlle art. Univers du 31 janvier 1859), et comme NISME, DU CONTULSIONISME, DU QUESNELLISME ET DU nous l'avons fait voir nous-même en plusieurs en JOSÉPUISME; QUIÉTISME, etc. droits, il n'y a, disons-nous, que la première moi- (691) Dans sa lettre aux évêques d'Afrique : tié du xviie siècle qui mérite réellement, pour beanie Quorum omnis ælas a puerilibus exordiis usque ab coup d'euvres et surtout de travaux thé»logiques, provecliores annos per disciplinæ ecclesiasticæ sli. une admiration sans réserve.

pendia cucurrisser. (689) Voir l'art. suiv. : INSTITUTIONS POUR 1.es (692) Voy. Histoire des instilutions d'éducation EC LES ECCLÉSIASTIQUES ; et, De l'état de la religion ecclésiastique, par Augustiu Theiner, trad. de l'allependant les quarante dernières années du svie siècle, mand, par Jean Cohen, 2 vol. 111-8. 1811, lom, I, par Picoi, en lèle de son Essai historique sur l'ina

p. 100 il suiv. fluence de la religion en France pendant le XVIIe siècle,

des occupations scientifiques. Cassien, ce divinité, puisqu'ils se sont maintens pengrand législateur du monachisme, nous en dant lant de siècles en dépit de leurs im

offre la preuve la plus belle. Ainsi la science perfections. Il disapprouve, par exemple, i se fixa peu à peu et presque exclusivement l'invasion excessive du monachisme dans le

dans les cloitres. (Voy, l'article INSTITUTION clergé ; mais cela ne l'empêche pas de le DES CONFÉRENCES ECCLÉSIASTIQUES, 098 I reconnaître comme le lype le plus parfait de et Il.) Jérusalem surtout fut regardée (693) la dignité ecclésiastique, à laquelle doivent comme le centre de l'instruction nonacale, lendre tous les ministres des autels. Le et par suite, comme la pépinière du clergé. même Père raconte (700), avec un ravisLes Papes Sirice (694) et Innocent I" (693) sement vraiment céleste, comment, lorsqu'il s'expriment de la manière la plus favorable n'était encore que laique et pendant son sésur l'instruction des moines, qui les rendait jour en Italie, il avait vu des Chrétiens éminemment propres aux fonctions ecclé- pieux des deux sexes s'efforcer d'imiler la siastiques, et ne manquent pas d'y ajouter le manière de vivre des moines, et il ne trouve souhait que le reste du clergé pâi aussi se pas de termes assez forts pour exprimer préparer à sa haute vocation par une retraite l'impression que produisirent sur lui ces loin du monde, par une vie contemplative processions de laïques, surtout à Rome et et par la culture des sciences. Les empe- à Milan, où le grand Anloine s'était placé à reurs Arcadius et Honorius (696) se mêlant Jeur léte. des choses de l'Eglise, comme il arrive lou- II. A compter de ce moment, saint Aujours, pour la protéger, rendirent un édit, gustin ne renonça jamais à l'espoir de voir l'an 398, adressé à Césaire, préfet de Rome, le clergé de sa patrie orné de ce beau caet par lequel ils ordonnent aux évêques de ractère de dignité monacale. Car aussitôt remplacer les prêtres qu'ils perdent par des qu'il eut pris les ordres, comme nous l'apsujets tirés des couvenis, attendu qu'ils sont prend son biographe Possidius (701), il surs d'y trouver des hommes de vie et de s'empressa de conder, dans le jardin altemeurs éprouvées. Saint Jérôme déclara sou

nant à son église, et que lui avait donné en vent, et parfois même avec une impitoyable présent le pieux évêque Valérius, qui l'avait sévérité, que les moines étaient de beaucoup ordonné prêtre, un couvent pour ses clercs, préférables aux clercs pour les fonctions de afin d'y vivre en commun avec eux, à la mal'Eglise, « Le sacerdoce, écrivait-il à Pam- nière des apôtres, dans la prière, le jeune, maque (697), est honoré par le yeu du les veilles et l'élude des sciences. Ceite inmoine.»

stitution d'Augustin (702) n'avait, si nous Les prêtres un peu trop mondains de pouvons nous exprimer ainsi , de commun Romo ne l'aimaient pas à cause de sa vie avec les monastères que l'économie intésobre et sévère qu'il aurait désiré qu'ils rieure; du reste, c'était un séminaire, une imilossent. Il répondit à leurs observations pépinière pour le clergé, dont les membres avec une raillerie dédaigneuse : « Je n'ai devaient s'engager à mener une vie semabsolument rien à dire sur les clercs; je les blable, laquelle, bien que moins sévère que respecte fort et je trouve leur vie digne d'é- celle des religieļx cloitrés, avait cependant Joges. Mais pourtant allez dans le cloitre, si beaucoup de rapport avec elle. C'était daus vous voulez apprendre à devenir pré- le but de se mettre en état de remplir d'une tres (698).» Saint Chrysostome (699), le plus manière plus digne le ministère de l'Eglise. noble et le plus éloquent défenseur du mo- La veu de chastele et celui de pauvreté nachisme, veut que les cloitres ne seryent étaient les bases fundamentales de cette inpas seulement à l'éducation du clergé, mais stitution. Personne ne pouvait rien possédler encore à celle des laïques, et il exhorte ies en propre. Si l'on avait quelque propriété parents à envoyer leurs enfants passer dix personnelle, il fallait ou la distribuer parmi et même vingt ans dans ces couvents pour y les pauvres, ou la donner au séminaire, elre affermis dans la piété et l'amour do Saint Augustin était bien convaincu que, Dieu. Saint Augustin, évêque d'Hippone, dans ces temps où l'Eglise était sans cesse sut maintenir l'état monastique dans un mi- exposée aux plus cruelles épreuves, lo lieu convenable entre le clergé et le peuple. clergé ne pouvait se maintenir et résister à Parfois, à la vérité, il relève avec force cer- la séduction des honneurs et des richesses lains abus qui, dès lors, s'étaient glissés icmporelles, que par l'union, par une grande dans la vie du cloitre, abus inséparables de force morale et par une noble abnégation. toute institution qui se röllache au monde, C'est pourquoi :/ imposa à son clergé l'obliinais qui, dans ce cas, servent précisément gation de faire partie de cette institution; i! à imprimer aux couvents le sceau de leur uc conférait les ordres à personne qui n'eût

(693) Ant. Toutrée, in Vita S. Cyrilli llieros., c. 14, p. 82.

(694) Epist. ad limerium Tarrac., c. 13. Dans les Conciles du Père llardouin, l. I, p. 851.

(695) Epist. 2, c. 10, an Viciricium Rothomag. Dans le P. Hardouin, loc. cit., p. 1001, tiré de Gralient, XVI, 1, c. 3.

(696) L. XXXlll, Cod. Theod., De episcopis el clericis, xvi, 2.

(697) Sacerdos launratur proposito monachi.

Epist. 35, p. 260, Op. cit.
(698) Episi, 95, p. 776.

699) Adversus oppugnatores vilæ monastic, lib. III, c. 17, Opp. tom. I. p. 109, ed. Montfaucon.

(700) De moribus Ecclesire catholicæ, lib. 1, c. 51, 52, 53; Opp., tom. I. p. 528 sy.; crfil. Benedici. Anlverpiæ, 1700, Bul.

17011 l'ilu S. Augustini, cap. 5, 22, 25.

(702) Vid. Sermo 5, De viia ei moribus clericeI'll :11 suorium, $ 2, 6, 7,

été élevé et instruit sous ses yeux dans ce ss- sivement des maisons d'éducation chez leur minaire. « Le clere, dit-il, qui ne voudra pas clergi, et, à ce qu'il parait, sous la direcse soumeltre à ma vie comwone, pourra sono tion et l'inspection de leur illustre confrère lever mille conciles contre moi et s'embar- et ami. quer pour quelque contrée que ce soil, alin C'est ainsi que saint Augustin dota l'Ede porter plainte contre moi : il pourra être glise d'Afrique d'une institution qui l'éleva assuré que je ne l'effacerai pas moins de la au rang des plus respectables Eglises de la liste de mon clergé. Si Dieu ne vient en Chrétienté. Plat au Ciel que l'époque si aide, il ne sera jamais prêtre là où je suis courte de sa durée eût été prolongée ! En ovêque. Vous l'avez enteādu et compris. attendant, il semblerait que la Providence Mais j'espère en Dieu et en sa grande misé- et décrélé qu'Augustin placerail l'Eglise de ricoride, que tous suivront la résolution sa patrie sur la scène de l'histoire et l'en que j'ai prise fidèlement el consciencieuse ferait descendre avec lui; car elle fut, en meni, car tous l'ont accueillie d'un cour effet, ensevelie dans le même lombeau que joyeux, »

ce saint. Mais de même que la mort n'est Cependant cette inspiration si sainte de- que le passage à une vie plus parfaite, l'invail exposer le saint évêque d'Hippone aux titution de saint Augustin ne périt que plus honteuses calomnies; telle est d'ail. pour se relever plus belle leurs presque tonjonrs la récompense des Les évêques si pieux, si animés par l'esplus généreux efforts. Il est beau de voir ce prit de Dieu, qui avaient en le bonheur d'énoble vieillard, arrivé au déclin de sa vie si chapper aux ruines du saint temple qu'ils active el si pleine d'émotions, en léguant avaient défendu avec tant d'opiniâtreté, ou son institution à son clergé comme un saint comme s'exprime Victor, évêque de Vila, lestament, s'efforcer d'établir la pureté de en un langage où respire l'affliction la plus ses intentions, et se mellre à l'abri de tout profonde : « Jusqu'à ce qu'il ne restat pas soupçon d'avoir voulu accaparer des héri- pierre sur pierre, et pas une brebis pour tages, ou se livrer à d'autres artifices non paître (714); » ces évêques, disons - nous, moins indignes de lui. Augustin n'en conti- étant allés chercher en llalie ou dans les nua pas moins à travailler sans relâche pour Gaules une nouvelle patrie, transplantèrent son Institut, sans s'inquiéter des jugements la tendre plante de saint Augustin sur le sol téméraires auxquels il était exposé. Dans où ils avaient trouvé un asile, et elle y réussa lettre aux évêques Aurélius (703), Pau- sit si bien qu'elle ne larda pas à remplir de lin (704) et Possidius (705), il s'étend avec ses fruits tout l'Occident. complaisance sur les grands progrès que IV. C'est ce que nous avons pu voir dans ses ecclésiastiques faisaient dans son sémin plusieurs autres articles (715); et une renaire, et il exhorte tous les évêques, ses marquo générale à faire en terminant celuironfrères, à l'imiler en formant de sembla- ci, c'est que, par toutes ses institutions, par bles établissements (706).

toutes ses envres pour étendre et propager IH. L'excellence de cette institution, si les études, l'Eglise seule a sauvé les scienconforme aux besoins du corps, et l'une des ces et les lellres, et leur a donné un essor plus belles et des plus durables créations immense, tandis que les sectes, surtout le de saint Augustin, fut généralement recon- protestantisme, n'ont eu de puissance que nue, et sa nécessité non moins universelle- pour détruire. Les hérétiques de tous les ment sentie. Les plus pieux évêques de siècles auraient tné la science si l'Eglise cal'Eglise d'Afrique s'empressèrent à l'envi de tholique n'avait é!é là. suivre l'exemple de saint Augustin. De lous Quand Lulher donna le signal de la récôtés, en effet, on demandait des prêtres volte contre l'Eglise, dit un auteur (716), sortis de son séminaire (707). Possidius (708), l'édifice de la civilisation était construit et Evodius (709), Benenatus (710), Sévère 1711), n'allendait plus que son couronnement. Novatien (712) et Alypius (713), le tendre L'imprimerie multipliait la parole el propaari de sa jeunesse, introduisirent succes. geait la pensée; les Grecs fugitifs de Con

(703) Epist. 20; Opp. tom. II. p. 21, ed. cit.
(704) Ibid. 149, cap. 1, p. 382.
(705) Ibid. 245, p. 62.
(106) Tiid, 69, p. 159.
(707) Vila S. Augustini, cap. 2; Opp. tom. X.
1708) S. Aug

epist. 245, 1. c., p. 612.
(709) fbid., epist. 162, p. 452.
(710) Ibid., epist. 255, p. 668.
(711) Ibid., epist. 62 et 63, p. 113.
1712) Thid., epist. 84. p. $15.
(713) Ibid., epist. 155, p. 276.

(714) Victor, évêque de Vila, nous a parlé d'un bannisgerent d'évèques, de prêtres, di diacres, ele, à l'occasion duquel 4,976 ecclésiastiques lurent chassés l'Afrique. (Voy. Historia persecutionis Vandalice, lib. 11, cap. 8, p. 30, el. Dom. Ruinart: Parisiis, 1694, in-8.) A Carthag", seule, 500 préires perireuil. (Vietor, loc. vil., lib. v, cap. I, p. 78). Combien le clergé J'Afrique devail circ

riche en personnes et en sublimes vertus ecclésias. tiques ! Aussi combien le sentiment douloureux que l'on éprouve ne s'augmente-t-il pas quand on songe que ce surent les evêques et prêtres arieos, doni on vantait les lumières, et qui furent les dignes prédécesseurs de sectaires plus modernes, qui offrirent à Genseric el à ses sanguinaires Vandales de servir de buurreaux contre le clergé catholique, et qui surpassèrent leurs mailres en atrocité. Genséric donna, dans plus d'nne occasion, des preuves d'une noble hunanité, dont ces surieux arievs avaient perdı jusqu'au plus faible sentiment, (Virtor, loc. cit., lib. v, cap. 2, p. 81.)

(715) Voy. les articles : ECOLES ÉPISCOPALES; — ETUDES MONASTIQUES;

Rome (Institutions scienliliques de Rome pour les baules éludes ecclésiasa i ques);

SÉMINAIRES. (716) M. l'abbé Corblet, De l'influence du proteslansisme sur les lelires ul les arts, Broch. 10-8, 1859,

stantinople étaient venus faire apprécier à point de la religion réformée; que Jean l'Europe les antiques chefs-d'euvre des phi- Reuchlin et Pic de la Mirandole avaient rélosophes et des poëtes; les savants italiens, pandu dans toute l'Europe le goût de la libéralement encouragés par les Papes elles langue hébraïque; que, dès le commenceducs de Florence, consacraient leur vie la- ment du sive siècle, par les ordres de Cléborieuse à la recherche des cuvres de l'an- ment V, le grec, l'hébreu, l'arabe et le tiquité, et la découverte d'un manuscrit de chaldéen étaient enseignés dans les UniverLucrèce ou de Térence faisait alors autant sités de Rome, de Bologne, de Salamanque, de bruit que la conquête d'un royaume. d'Oxford et de Paris. Toutes les grandes Universités étaient fon- La civilisation aurait le droit de demander dées; toutes les sciences entraient avec ar- un compte sévère au protestantisme pour le deur dans des voies inexplorées ; l'Espagne temps précieus qu'il a ravi aux auteurs calittéraire avait son siècle d'or, et l'Italie iholiqnes, obligés de circonscrire leurs traprononçait avec orgueil les noms de Dante vaux dans des disputes interminables. La et de Pétrarque, du Tasse et d'Arioste. Réforme a donné lieu à un esprit de polé

Il faut le dire, quelques protestants con- mique taquine et grossière qui, dans tous sciencieux n'ont pu s'empêcher d'avouer que les ouvrages de controverse, en Angleterre la Réforme avait porté un coup fatal aux et en Allemagne, a troublé la pensée et le lettres. Menzel nous a tracé un bien sombre savoir jusqu'à la fin du xviie siècle. Dans les tableau des premières Universités luthérien- temps modernes, il est vrai, l'Allemagne a nes, qu'il appelle des asiles de férocité et produit des cuvres remarquables dans l' de libertinage. Le savant Erasme, demi- rudition chrétienne; mais il faut les altri. protestant et demi-catholique, disait des Lu- buer à la ténacité d'investigation qui caracinériens : «Ils m'en veulent, parce que je téri e les esprits d'Outre-Rhin, et non point ne cesse de leur dire que leur Evangile re- à leurs croyances religieuses. Nous en froidit l'amour des lettres. Ils me cilent Nu- voyons une preuve évidente dans la supé. remberg, où les professeurs humanistes riorité de l'Allemagne catholique sur l'Alsont largement rétribués, soit; mais con- lemagne protestante. Nous pouvons invo. sultez les habitants, ils vous diront que les quer à ce sujet le témoignage d'un auprofesseurs n'ont presque pas d'écoliers, que teur qu'on n'accusera point de prévention, les maîtres sont aussi paresseux pour en.

M. Lherminier : « Non-seulement, nous seigner que les élèves pour écouter; en dit-il, le catholicisme allemand n'a point sorte qu'il serait nécessaire de salarier l'é- voulu laisser au protestantime le monopole colier autant que le mattre. Je ne sais ce qui de l'érudition; mais il le prime sur plusieurs sortira de toutes ces écoles de villes et de points par l'abondance et la distinction des bourgs; mais, jusqu'à présent, je n'ai encore travaux. L'histoire de l'Eglise, du dogme et vu personne qui y ait appris les lettres. » des conciles, les Ecritures et les Pères, tout

Voilà par quelles institutions la Réforme cela a été élaboré et mis en lumière par une remplaça les anciennes Ecoles monastiques science qui, loin de faire divorce avec la où florissaient la science et la piété. En foi, y puise de hautes inspirations, et je ne agissant ainsi, elle se montra non-seule- sais quelle vivifiante douceur.» - Voy l'arment injuste et barbare, mais encore stupi- ticle 'Rome (Institutions scientifiques de dement ingrate; car c'est dans les cloitres Rome, pour les hautes études ecclésiastique les plus célèbres réformaleurs, Luther, ques). Mélanchthon, Bucer, OEcolampade, avaient INSTITUTIONS SCIENTIFIQUES

DE puisé le goût des lettres humaines. La sup- ROME. — Voy. l'article RomE (Institutions pression des abbayes fut, surlout, un coup scientifiques de Rome pour les haules étufatal porté aux Travaux d'érudition. Car des ecclésiastiques.) c'est seulement dans ces solitaires asiles de INTERIM. Sorte de Traité que fit faire Ja religion, que le laborieux emploi du Charles-Quint, en 1548, pour pacifier !'Altemps, le nerf de l'association, l'unité de lemagne. Ce règlement dont Jean Agricola direction littéraire, peuvent faire accomplir fut un des rédacteurs (Voy. cet article), rollces travaux de longue baleine, où la pa- Jait sur les articles qui concernent la relitience devient presque du génie.

gion, en atlendant les décisions du conci'e Aussi, c'est en vain que vous demande- de Trente; d'où vient qu'il fut nommé Inriez aux protestants où sont leurs biblio- terim. Il contenait vingt-six articles, qui thèques des Pères et des conciles, leurs bul- renfermaient les dogmes et les cérémonies laires, leurs trésors liturgiques, leurs grands des Catholiques, à la réserve du mariage, monuments d'hagiographie ou de dogma- qu'on permettait aus prêtres, et de la conlique; en un moi, lout ce qui fait une des munion sous les deux espèces, qu'on accor gloires incontestées des ordres religieux. dait au peuple. Les Catholiques et les Lu: Ils répondront peut-être que chez eux l'é- thériens furent également mécontents de l'udition a défriché d'autres terrains et l'Inlerim. Il n'y eut que peu de Luthériens qu'ils peuvent s'allribuer les progrès de qui s'y soumirent, et qui furent appelés inl'exégèse, de la thénlogie et de la linguis- iérimistes et adiaphoristes. Il y eut entique. Pour leur concéder ces étranges pré- core deux autres Interims : celui de Leiptentions, il faudrait oublier que Louis Vi- sick, ou le nouvel Interim, et celui des vès, Sadolet et le cardinal Beinbo n'étaient théologiens de Franconie (717).

(717) Dom Richaril, Biblioth. sacr, loin. XIII, p. 417.

INTORCETTA (PROSPER). Jésuite mission- le tralir; mais nous avons mieux aimé être naire. Voy. l'article MissioNNAIRES EN Cuine brQlées vives, ou souffrir lout ce qui pour(Notice sur quelques).

rait nous arriver, que de découvrir de tels INVENTION DE LA SAINTE CROIX. écrits. » Le gouverneur : « Qui savait que Ayant à parler de l'Exaltation de la sainte ces écrits claient dans la maison où tu deCrois, aussi bien que de son Invention, meurais? » Irène répondit : « Personne ne c'est-à-dire de son heureuse découverte, le savait que le Dieu toul-puissant, à qui par sainte Hélène, sous les roines du Cal- rien n'est caché; car nous nous cachions vaire, en 326, précisément (et c'est la un même de nos domestiques comme de pos grand enseignement, une profonde Irçon!) plus grands ennemis, de peur qu'ils ne au moment où le Christianisme sortail des nous accusassent; ainsi vous ne les avons catacombes, nous donnerons, dans leur en- montrés à qui que ce soit. » semble, en un seul article, tous les faits qui Le gouverneur: a Où vous cachâtes-vous concernent la Croix adorable à laquelle jé- l'année passée, lorsque l'on commença à pusus-Christ Notre Sauveur fut attaché. Voy. blier ce pieux édit des empereurs et des SAINTE CROIX

césars ? » Trène : « Nous nous cachâmes où IRENE, impéralrire, femme de Jean Can- il plut à Dieu; nous fâmes sur les montatacuzene, qui se fit religieuse. Yoy. l'article gnes à découvert, Dieu le sait. » Le gouverJEAN CANTACUZÈNE, emp. de CP., no VII. neur : « Chez qui viviez-vous ? » Irène :

IRENE (SAINTE), martyre. – Celle sainte « Nous élions à l'air, allant de montagne en femnje confessa généreusement la foi en Jé- montagne. » Le gouverneur : « Qui étaient sus-Christ, l'an 304, en présence du gouver- ceux qui vous fournissaient du pain? » neur Dolcétius, sous la persécution de « Dieu, dit Irène, qui donne la nourriture à l'empereur Dioclétien. Elle subit son inter- lous. » Le gouverneur : « Votre père sa vailrotaloire avec ses deux seurs Agape et il cela ? » Irène : « Non, par le Dieu toulChionie, et d'autres compagnes, à la tête puissant, il ne le savait pas, il n'en a pas desquelles se trouvait le chrétien Agathon. eu la moindre connaissance. » Le gouver

Chionie et Agape furent condamnées à neur : « Qui sont donc ceux de vos voisins etre jetées au feu. Pour Irène, on la remit qui en ont eu connaissance? » Irène : « Inen prison. (Voy. l'article Agathon, confes- terrogez nos voisins, informez-vous des seur.) Mais après que ces deux sœurs eu- Jieux, ou de ceux qui savent où nous rent été consumées par les flammes, on élions. » Le gouverneur : « Quand vous fùramena derechef Irène devant le gouverneur tes revenues des montagnes, comme vous Dulcétius, qui la soumit à un nouvel inter- diles, lisiez-vous ces écrits devant quelrogatoire, qu'il nous faut rapporter pour qu'un ? » Irène : « Ils étaient dans notre compléter ce que nous n'avons pu dire dans maison, et nous n'osions les en tirer; c'est les articles dont nous parlons dans celui-ci. pourquoi nous étions dans une extreme

Notre sainte élant donc en présence de peine de ne pouvoir les lire jour et nuit, son persécuteur, il lui parla ainsi : « Ta fo- comme nous avions toujours fait, jusqu'à lie est manifeste par la conduite, d'avoir l'année dernière, que nous les cachames. » voulu garder jusqu'à présent tant de par- Le gouverneur dit : « Tes seurs (saintes chemins, de livres, de mémoires et d'écrits Agape el Chionie) ont souffert le supplice de tout ce qu'il y a jamais eu de Chrétiens. auquel nous les avions condamnées; pour On le les a représentés; lu les as reconnus, toi, quoiqu'avant la fuite tu aies été conquoique tu eusses nié tous les jours de les damnée à mort, pour avoir caché ces écriavoir (718). Tu n'es pas contente du sup- tures, je ne veux pas que tu meures si plice qu'on a fait souffrir à les seurs, tu prompiement; mais j'ordonne que par les n'as point la crainte de la mort devant les soldats et par Zosime, bourreau public, lu yeus; ainsi il faut te punir. Cependant je suis exposée nue dans un lieu infame, que ne refuse pas d'user encore de quelque tu n'aies qu'un pain par jour du palais, et condescendance; silu veux du moins à pré- que les soldats ne te permeltent pas de sorsent reconnaitre les dieux, tu demeureras lir de ce lieu-là. » Quand les soldats et le impunie. Que dis-lu donc? Feras-lu ce que bourreau Zosime furent venus, le gouverles empereurs ont commandé ? Es-tu prêle neur leur dit ; « Sachez que si j'apprends à immoler aux dieux, et à manger des sa- qu'elle ait été un moment hors du lieu que crifices? , Irène répondit : « Nullement, j'ai ordonné, vous serez punis du dernier nullement par ce Dieu tout-puissant, qui a supplice, » Il ajoula : « Qu'on tire ces écrits créé le ciel et la terre, la mer et tout ce lors des coffres el des casseltes (t'Irène. qu'ils contiennent; car on menace de la Irène fut donc exposée dans un lieu pupeine terrible du feu éternel ceux qui au- blic de débauche ; mais par la grâce di ront renoncé à Jésus, le Verbe de Dieu. » Saint-Esprit qui la proiégeait, pas un Le gouverneur : « Qui t'a persuadé de gar- homme n'osa approcher d'elle, ui lui faire, der jusqu'à aujourd'hui ces livres et res ou lui dire rien de déshonnête. Le gouverécrits? Irène : « Le Dieu tout-puissant, neur la fit encore amener devant son tribuqui nous a commandé de l'aimer jusqu'à la nal, et lui dit : « Persistes-lu dans la même worl. C'est pourquoi nous n'avons pas osé folie ?

folie ? - Ce n'est point dans la folie, dit (718) Nous pouvonis supposer jei ce que Godes- de ces érrits, ou qu'Irène ne les connaissait point Card (3 avril) djii de la seur d'Irène, sainte Chionie: quand elle nia qu'elle en cûl. Sans doule qu'on ne lui avait point conlié la garite

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