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tradios, une affociation au moins à fes peines & à fes inquiétudes , qui allège le fardeau dont il eft oppreffe, lorfqu'il fe voit dans la dure obligation de lutter contre des circons. tances souvent invincibles , & de répondre néanmoins à l'attente de tous ceux qui confidèrent les foins dans l'adminiftration com. me une fauve-garde indéfinie.

VII. Le tirage de la milice, cette loteric de malheurs qui a kieu toutes les années, fixera sûrement votre attention. Il faut que l'Etat axt des défenseurs , il faut qu'il foit sûr d'en trouver dans le temps où le royaume eft en danger ; mais fr des sacrifices d'argent, fup. portés par l'universalité des habitans de la France, pouvoient obvier aux inconvéniens des enrôlemens forcés, ou en tempérer du moins les févères effers , vous dirigerez sûrement votre atention vers la recherche d'un point de conciliation fi désirable. Le people des campagnes vous a remis ses intérêts , l'humanité feule vous eût engagés à les prendre fous votre garde , & le tendre père de tous fes fujets , le protecteur le plus fenfible des malheufeux, votre augufte Monarque vous invite particulièrement à rechercher, . lui indiquer toutes les dispofitions qui peuyent adoucir le fort de la claffe la plus infortunée & la plus délaissée des citoyens de l'Etat. Déjà par les ordres cxprès du Roi , le-dé. partemem de la guerre s'eft occupé de l'ima Portapt objet d'adminiftration dont on vient de yous parler. Sa Majesté vous fera communiquer les observations & les idées qui ont éré recueillies.g & Elle verra avec fatisfaction que vous puifliez concourir par vos lumières à l'a. doption d'un plan raisonnable & propre cilier les Vues de fagesse & de bonts dont Sa Majeté est constamment animée.

là con

8 IX.C'eft à l'honneur du Roi, c'eften Convenis, c'est en hommage pur & fenfible de ses bien faits , que nous vous rappellerons les maux de la corvée , puisque les chemins dans presque faut le royaume sont aujourd'hui entretenus & conftruits à prix d'argent. Vous aimerez fans doute, Messieurs, à consacrer l'abolition d'un afferviffement qui a fait verser tanı de larmes, Vous ne voyez plus sur les routes des hommes diftraits par force de leurs occupations joursa: lières pour venir, sans salaires & fans récom. pense, frayer & préparer les chemins qui facili. tent le transport du commerce, le débit des moissons du propriétaire & la communication des richeffes. Le travail qui doit servir à tous eft maintenant payé par tous dans une exacte proportion des différentes facultés. Il n'est pas douteux qu'en raison de cette règle, tel homme de peine à qui l'on demandoit gratuitement cha: que année fept ou huit jours de son temps, se trouve affranchi de cette dure obligation pour une contribution pécuniaire qui représente à peine la dixième partie de son ancien sacrifice. Vous êtes encore à temps, Mellieurs, d'être associés pour une part aux difpofstions bienfaisantes de Sa Majesté, puisque vous pouvez l'aider à dé truire les dernières traces de la corvée dans une grande province où elle eft conservée ; vous féunirez vos yeux au désir dėja manifeste par Sa Majesté pour délivrer le peuple Brecan d'un joug auquel il eft encore afsujéti; & fices deux mots effrayana , la taille & la corvée , font tayés pour toujours des registres de l'adminictration des finances & du code François, çette seule délibération suffiroit pour signaler honorablement les Etats-généraux de 1989.

Un jour viendra peut-être, Meffieurs , où Tous étendrez plus loin votre intérêt ; un jour

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viendra peut-être, vu crociant à vos délibérations les Députés des colonies , vous jeterez un regard de compation sur cemilheureux peuple dont on a fait tranquillement un barbare objet de trafic ; sur ces hommes semblables à nous par la pensée, & sur-tout par la triste faculté de fouffrir ; sur ces him nes cependant que, faos pitié pour leurs douloureuses plaintes , nous accumulons, nous esta Kons'au fond d'un vaiffeau , pour aller ensuite à pleines voiles les préfenter aux chaînes qui les attendent.

Quel peuple auroit plus de droits que les Fran. çois à adoucir un esclavage considéré comme nécessaire , en faisant tuccéder aux maux inféparables de la traite d'Afrique, aux maux qui dévaftcnt deux mondes, ces foins féconds & prospères qui multiplieroient dans les colonies même les hommes de Atinés à nous féconder dans nos u iles travaux ! Déja une Nation ciAinguée a donné le fignal d'une compassion éclairée ; déja' l'humanité est défendue au nom même de l'intérêt perfonriel & des calculs politiques , & cette superbe cause ne tardera pas à párcicre devant le tribunal de toutes les Nations. Ah! combien de forces de satisfa&tions, combien d'espèces de gloire font réservées à cette suite d'Etats-généraux qui vont reprendre maiffance au milieu d'un siècle éclairé! Malheur, malheur & home à la nation Françoise fi elle mécon noiGoit le prix d'une telle pofition, fi elle ne cherchoit pas à s'en montrer digne , & fi une telle ambition étoit trop forte pour elle ! II. Classe. Améliorations qui peuvent

être remises à l'administration parti: culière de chaque province.

Celle d'entre vos délibérations, Meffieurs. qui est la plus pressantc, celle donc l'utilicé aura

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ję: plus d'influence lur Vaverir .,' concerners reratlije nent des Etats-provinci ux. Ces Etats bien confliqués s'acquitt ront de tout: la partie du bien public qui ne doit pas être foumise à dos principes uniformes; &'il feroit fuperftu , Mireurs, d: fixer votre attention sur la grande d.verfité de chofes bonnes & utiles qui peuvent éirë faites dans chaque province , par le seul concours du zèle & des lumières de leur admi. hination particulière.

On la déjà dit, la conversion des aides & de tous les dioirs locaux dans d'autres moins one reux & d'une perception moins dispendicule,

, ou sa fimple modificarion de ces mêmes droits , sont dis difpofitio.is qui appartiennent à l'admi. Distration de chaque provi.ice , puisque ces chargemens peuvent être exécutés dans un licu & rejetés dans un autre, Tans quail en résulte aucun inconvéniert.

On doit ranger encore dans la mê ne claire la jufte & Page répartition des impollioils territoriales & perfonnelles.; la distribution éclairés des foulagemens dûs à la misère d'une paroisse ou à la détredie d'un contribuable ; l'entretien économe des chamins & la confe&ion des nouvelles roues; la bonne difperfation des travaux qui afurent la mitance du peuple dans les failis malheureuses ou dans les tumps de calamité ; les encouragemens que peut exiger un nouveau genue d'indust:ie, d. commerce ou de culture ; cnf: tant d'autres cérrils dont la connoillance est aujourd'hui universellement ré. pandue. Ce n'est pas tout cependant, car files E-áts provinciaux acquièreot des droits à la confiance publique, Si Mijesté leur déléguera plusieurs fjins dont les Minifres & celui de la finance en particulier oat été charges jusqu'à présent. Oa peut inettre dans ce nombre la

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furveillance des hôpitaux, des enfans-troutés, dés prifons & des dépôts đê mendicité, ou plukôt les changemeñs qui pařoiffent indispensables dans ces différentes parties de l'adminiftration. Les renseignemens généraux ne suffisent point, & chaque province semblé exiger des exceps fions particulières ; car le naturel des habitans, leur degré d'intelligente & d'a&ivité, le climat, té genre de culture , influent beaucoup fur la manière de foulager les išdigens ou d'en dittinuer le nombré. Protéger le pauvre, prevenir la misère, détruire les penchans vicieux qui la produisent communément, voilà lafis doute les čaradteres diftindifs d'une excellente inftitution fociale : mais quand l'administration première doit appliquer ces principës aux càtonftances particulières , quand du centre où elle se trouve placée , elle doit étendre les regards à une prodigicale circonférence, fon attention eft trop partagée pour ne pas devenir fuperficielle , & cependant il est une multitude de biens, comme nous venons de le diré, dont l'exécution dépend d'une diseathon ápprofonide & d'une applica tion continuelle å lever les momdres difficultés. Le plus petit administrateur d'hôpital au fond d'une province, a plus de resources pour défendre un abus , qu’un premier Miniftré du Roi de France n'auroit de moyens pour l'extit. per. Tout échappe, tout fuit par les détails, quand on n'eft pas à la diftance néceffaire pout les atteindre. Quels biens ne pourront donc pas faire des Etats provinciaux ! quels services ne pourront-ils pas rendre à l'humanité roufrante, s'ils infpirent au Roi de la confiance dans leur zele & leur activité, & s'its Encouragent Sa Majefté à les affocier à la plus précieufe & à la plus doučě des forêtions de l'awtorité fouveraine, la défense & la prote&tica dos mafieureux !

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