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SAXB-COBOURG et SAXE-GOTHA. Question de la réunion des duchés; le

duc favorable à cette réunion. Opposition de la Diète particulière de

Cobourg; loi relative au ministère d'Etat. WURTEMBERG. Session orageuse; opposition de la Chambre des députés ;

la presse; pétition des libraires et journalistes. Le Concordat : esprit et teneur de cette convention.-Les seigneurs médiatisés: règlement au sujet de leurs réclamations. Affaires extérieures : divergence à cet égard entre le Gouvernement et les Etats. Note du Moniteur Wurtembergeois sur l'opposition de la seconde Chambre. Popularité du roi ; sa haute position au dehors; son voyage à Biarritz. Entrevue de Stuttgard entre l'Empereur des Français et le Tzar : détails à ce sujet. Po.

litique du roi; prospérité du pays; le budget. Hanovre. Conflit constitutionnel entre les Etats et la Couronne. Elec

tions nouvelles. – Ouverture de la session ; discours du président du Conseil. Elimination de plusieurs anciens ministres par ordonnance.

- Lois de finances. — Relations extérieures. Le budget, le commerce et l'industrie. Bade. Politique du Grand-Duc au dehors : le pont fixe sur le Rhin;

traité avec la France. -Naissance d'un prince. Renouvellement d'une partie de la seconde Chambre. Discours d'ouverture de la session. —

Les finances. Hesse GRAND-DUCALE. La session continue; travaux des Etats : projets

de code civil, de régime hypothécaire, de drainage, etc. : commission nommée à cet effet. Demande d'augmentation des impôts directs et indirects. Augmentation de la liste civile. - Les finances et les

chemins de fer. – Explosion de la poudrière de Mayence. Hesse ÉLECTORALE. Désaccord entre le Gouvernement et les Etats. –

Projet de modifications à introduire dans la composition de la seconde Chambre. Rejet de ce projet : les Etats demandent que la question soit soumise à Diete fédérale. – L'électeur opposé au vote restrictif du budget; la Chambre avait-elle le droit de contrôler de nouveau les budgets anciens? Revue critique des travaux des Etats par le Bulletin des Lois. Esprit des deux Chambres; éléments qui les constituent : les classes ; les juifs. — Projels de loi divers : le morcellement des terres; la loi de répartition. – Les finances; le déficit; moyen de le combler

L'industrie. Nassau. Annonce par le président du Conseil du mariage de la prin

cesse Sophie. – Adoption d'un projet d'augmentation du traitement

des employés. — Le budget. OLDENBOURG. Discours d'ouverture des Etats : projet d'organisation ju

diciaire; de voies ferrées. Attitude du Grand-Duc dans le conflit Hols

teino-Danois. VILLES LIBRES ; Hambourg. Crise commerciale. Emprunt autrichien de

dix millions de marcs de banque, destiné à venir en aide aux maisons menacées; mesures prises par le gouvernement local. Autres projets d'utilité publique : l'accise; le timbre; la corporation des porteurs de blé. — Convention relative à un poids commun. Traité avec la Perse; traité relatif au péage du Sund. Bateaux à vapeur entre Hambourg et Dunkerque ; entre Hambourg et l'Amérique du Nord, enfin, le Bré

sil. — Les émigrants. Commerce de Hambourg. FRANCFORT. Mise en vigueur de la Constitution modifiée. — Organisa

tion judiciaire; presse; la crise commerciale : réunion des banquiers à Francfort; leurs résolutions. - La foire annuelle; résultats.

Si l'Allemagne tendait de plus en plus, par le Zollverein en particulier, à l'unité pour ainsi dire matérielle, on n'en saurait dire autant du mouvement politique qui se scindait, comme pres. que toujours par le passé, en deux directions opposées, celle que tentait de lui imprimer la cour de Berlin, et celle qui avait pour point de départ la cour de Vienne. Fréquentes étaient les occasions où cet antagonisme se faisait sentir. Témoin le débat auquel donna lieu, au sein de la haute Diète, la question des fortifications de la ville de Rastadt. Depuis les 25 millions alloués pour cet objet par la France en 1815, la Confédération, en vue de sauvegarder l'avenir, n'avait pas ménagé les allocations de fonds : plusieurs millions de florins avaient été affectés à cette destination. L'Autriche et la Bavière, en d'autres termes, l'Allemagne du midi, demandaient non-seulement le maintien, mais une augmentation des fonds votés jusqu'alors : un million et demi de florins accordés sur la demande du cabinet de Vienne, dans les vues duquel on eût construit un fort en manière de camp retranché. Ce projet devait inquiéter la Prusse, dont le commissaire, M. de Reitzenstein, le combattit par une raison qui dissimulait quelque peu la cause vraie de l'opposition de son Gouvernement : ce fort ou camp retranché deviendrait, à l'occasion, une position formidable entre les mains de l'ennemi, la France, par exemple. Le rapport de l'envoyé de Bavière, baron de Schreck, ayant été favorable à la politique autrichienne, le représentant de la Prusse réussit à lui en enlever le profit, en faisant insérer au protocole cette phrase qui était une réserve habile, à savoir, «que la citadelle serait déclarée terminée par les derniers travaux pour lesquels cette somme avait été allouée. »

La Prusse put s'appuyer sur cette sorte de veto opposé à la politique autrichienne, pour combattre les récentes conventions intervenues entre Bade et Vienne, à l'effet d'augmenter la garnison de Rastadt qui ne se composerait plus, désormais, que de troupes 1857

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à Weimar entre le tzar Alexandre et l'empereur François-Joseph (Voy. Autriche et Prusse) était de nature à calmer les appréhensions, prématurément causées par le voyage de Stuttgard.

En attendant l'accomplissement de ce qui n'était qu'un rêve, même pour les plus ambitieux, l'unité politique, l'Allemagne s'y préparait par l'unité industrielle et commerciale, que réalisait le Zollverein. Aux progrès accomplis durant le cours des dernières années, venaient s'en ajouter pour ainsi dire chaque jour d'autres, amenés par les révolutions pacifiques du commerce. Le 24 janvier se signait, entre l'Autriche et les Etats de Lichtenstein d'une part, et le Zollverein de l'autre, un traité ayant pour objet l'unité monétaire, déjà posée en principe par la Conférence de Vienne. L'exécution en devait commencer à partir du 1er mai de l'année courante, pour cesser en 1873. Stipulé en outre que, dès que la nouvelle convention serait en vigueur, il serait frappé d'autres monnaies, et l'on ne reconnaîtrait plus que les monnaies de l'union. Tous les Etats qui substitueraient le nouveau système à celui d'autrefois auraient à procéder à la fonte des monnaies anciennes. Interdiction aux puissances contractantes, de toute création de papier-monnaie ayant cours forcé, jusqu'à l'adoption de mesures telles, qu'en tout temps, ces valeurs puissent être échangées contre de l'argent.

Une idée connexe, celle de l'élaboration d'un Code uniforme de commerce pour tous les Etats de la Confédération, devait se présenter aux membres du Zollverein. Malheureusement, ici encore la rivalité entre les deux grands Etats de l'Allemagne, la Prusse et l'Autriche, se manifesta de nouveau. C'est la Bavière qui avait eu l'initiative de cette proposition. Sur l'invitation adressée ensuite par la Diète aux divers Etats, de nommer un délégué compétent en cette matière, de manière à arriver à la composition d'une commission spéciale, plusieurs gouvernements, la Bavière, puis la Saxe et le Wurtemberg, avaient répondu. Mais le représentant de la Prusse, en vue peut-être d'une politique de prééminence, avait déclaré que l'on délibérerait plus aisément sur un projet élaboré à l'avance, et que son gouvernement en avait un qu'il était autorisé à lui soumettre. Làdessus, résolution de la Diète portant, qu'une commission chargée de l'étude d'un projet de Code de commerce allemand se réunirait le 15 janvier 1857. Suivait le mode d'élaboration qui présiderait aux travaux des commissaires. La Prusse n'avait donc pas réussi à faire accepter tout d'abord son projet. Elle se releva de cette défaite préliminaire, à la date indiquée (13 janvier). L'Autriche ayant présenté à son tour son projet de Code, dans lequel nécessairement devaient entrer des tempéraments pour les nationalités si diverses qu'elle avait à régir, c'est-à-dire qu'elle restait loin encore de l'unité désirée, le représentant prussien fut mieux venu à soumettre aux délibérations de la commission le travail qu'il avait en portefeuille, et qui en eut en effet la priorité. Pour consoler le cabinet de Vienne, on donna la vice-présidence de la commission à son plénipotentiaire, M. de Raula, la présidence ayant été dévolue au docteur de Ringelmann, ministre de la justice en Bavière. Les choses étaient en cet état au mois de mars. — Une autre question d'un intérêt fédéral fut soumise à la haute Diète : le 3 décembre, le représentant de Bade déposa au sein de l'Assemblée un traité conclu, sauf ratification par son Gouvernement, avec la France, relativement à la construction d'un pont fixe sur le Rhin, près de Kehl. En conséquence, et pour se conformer à la résolution diétale du 27 février 1833, Bade demandait l'autorisation de la Diète à l'efiet de construire le pont. Par suite, nomination d'une commission militaire chargée de faire un rapport à ce sujet.

L'Allemagne commerciale représentée par le Zollverein conclut cette année deux conventions importantes, l'une avec la Perse, l'autre avec l'Angleterre, au nom des îles Ioniennes. La première stipulait que les nationaux des Etats du Zollverein seraient, sous le rapport commercial, traités en Perse sur le pied des nations les plus favorisées. Ils pourraient emporter en Perse, par terre et par mer, toutes espèces de marchandises et de produits, les vendre, échanger et transporter dans toutes les localités persanes.

Pour juger les contestations entre les nationaux du Zollverein et les indigènes de la Perse, il serait établi des tribunaux de cette nation dans toutes les villes où résiderait un consul du Zollverein, et ces tribunaux ne pourraient juger qu'avec l'assistance des cons'entendre sur un autre conflit qui avait cessé d'être une question pacifique. Nous voulons parler du long et inextricable différend entre la couronne de Danemark et les duchés allemands, si malheureusement associés, par les traités de 1815, aux destinées de la première. La solution ne fit pas cette année des pas plus décisifs que précédemment. On verra plus loin (Prusse, Autriche et Danemark) les nouvelles Notes diplomatiques échangées entre les cabinets de Vienne et de Berlin d'une part, et celui de Copenhague de l'autre. Actuellement, il s'agissait de savoir si, en présence de la persistance des parties contendantes, on ne saisirait pas la Diète du jugement définitif de la querelle.

En attendant, le gouvernement danois déclinait la compétence de l'Assemblée de Francfort, et déclarait que le roi était décidé à maintenir les droits qu'il avait reçus de Dieu et de la nation. Peut-être le Danemark songeait-il à élargir l'horizon où se circonscrivait le débat et voulait-il en saisir les autres puissances continentales. Il était évident que, du jour où la Confédération germanique, représentée par la Diète de Francfort, évoquerait la cause, elle menacerait de prendre des proportions européennes.

La diète des Etats réunis de Holstein et de Lauenbourg, convoquée à Itzehoe, ayant abouti à une déclaration de nondélibération sur les objets soumis à l'Assemblée par le gouvernement danois, les représentants de la Confédération germanique furent saisis (29 octobre) de la requête formulée par ceux qui s'intitulaient « les membres de l'ordre équestre et les propriétaires fonciers du duché de Lauenbourg, o au sujet a des droits contractuels et constitutionnels du duché. »

L'heure était venue pour la Prusse et pour l'Autriche. En conséquence, communication par leurs représentants de leurs négociations infructueuses à l'occasion de ce conflit, et déclaration de la remise de cette affaire par leurs gouvernements entre les mains de la haute Assemblée. Par suite, demande de M. Heimbruch, représentant du Hanovre, à fin de nomination d'une commission spéciale, et d'insertion, au protocole, d'une déclaration portant que, s'il y avait inaccomplissement d'obligations essentielles, invitation de s'exécuter à cet égard serait adressée au gouvernement danois. Le surplus de la motion était conçu

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