Page images
PDF
EPUB

Hist. App.

564

12 novembre. Grande-Bretagne. — Lettre de lord Palmerston, aux

directeurs de la Banque, au sujet du taux d'émis

sion des billets de cet établissement. 19

Grande-Bretagne. — La Reine Victoria reçoit l'am

bassade de Siam.
2 décembre. ' Russie. – Rescrit de Tsarkoe-Selo, relatif à l'é-

mancipation des Serfs.
Elats-Unis. - Message du Président.

[merged small][ocr errors][merged small]

HISTORIQUE UNIVERSEL

POUR 1857.

PREMIÈRE PARTIE.

HISTOIRE DE FRANCE.

CHAPITRE PREMIER.

Ouverture de la session : Discours de l'Empereur. - Ce document resume

parfaitement la situation au dehors comme à l'intérieur.-Allocution de M. Schneider, vice-président du Corps législatif. Aperçu de la politique extérieure d'après le discours de l'Empereur : Le traité de Paris, difficultés d'exécution. Nouvelle Conférence : Note du Moniteur à ce sujet. Questions de la délimitation des frontières, de l'évacuation du territoire ottoman par les troupes alliées; résolutions de la Conférence à cet égard.

- Les Principautés : convocation des Divans; la Porte pèse sur les élections. Représentations de la France à ce sujet, portées également devant

la Conférence. Autre débat international : le conflit helvético-prussien : Note du Moni

teur sur cette question. La Conférence de Paris évoque devant elle le conflit; ses propositions : négociations nouvelles. Influence du gouvernement français en Suisse, par ses représentations; à Berlin par le voyage du prince Napoléon dans cette capitale. Nouvelle Note du Moniteur. Conditions du traité entre les puissances contendantes: message du conseil fédéral suisse à cet égard et commentaire du Moniteur

prussien. Question agitée dans le Parlement anglais : La France avait-elle conclu

avec l'Autriche un traité secret de garantie des possessions autrichiennes en Italie ? Curieux débats entre lord Palmerston et M. Disraéli. Nouvelle Note du Moniteur sur la politique étrangère, en particulier sur la question des Principautés. Encore les élections moldaves : leur annulation. - Convention de commerce entre la France et la Perse. Réception de l'ambassadeur ferroukh-Khan aux Tuileries. Réponse de 1857.

} }

l'Empereur au discours de ce diplomate. Conventions de commerce avec l’Angleterre au sujet de Portendic et de Terre-Neuve. Visite du roi de Bavière et de l'archiduc Constantin de Russie à la cour

des Tuileries.

Le Corps législatif, convoqué pour le 16 février, entrait dans la dernière année de son existence. Le discours de l'Empereur, prononcé à l'occasion de l'ouverture de cette session, résumait d'une manière assez précise la situation au dehors et à l'intérieur pour que nous puissions faire de ce document le point de départ de cette période historique.

« L'année dernière, dit Sa Majesté, mon discours d'ouverture se terminait par une invocation à la protection divine : je lui demandais de guider nos efforts dans le sens le plus conforme aux intérêts de l'humanité et de la civilisation; cette prière semble avoir été entendue. »

Après ce solennel et juste exorde, l'Empereur annonçait que la paix signée, les difficultés qu'entrainait l'exécution du traité de Paris avaient fini par être heureusement surmontées ; que le conflit engagé entre le Roi de Prusse et la Confédération helvétique avait perdu tout caractère belliqueux et qu'il était permis d'espérer bientôt une solution favorable; que l'entente rétablie entre les trois puissances protectrices de la Grèce rendait désormais inutile la prolongation du séjour des troupes anglaises et françaises au Pirée; que si un désaccord regrettable s'était élevé au sujet des affaires de Naples, il fallait encore l'imputer à ce désir qui animait également le gouvernement de la Reine Victoria et le sien, d'agir partout en faveur de l'humanité et de la civilisation.

Après ce rapide coup d'oeil jeté sur la politique extérieure, Napoléon III ajoutait qu'aujourd'hui que la meilleure intelligence régnait entre toutes les grandes puissances, on devait travailler sérieusement à régler et à développer à l'intérieur les forces et les richesses de la nation. « Nous devons lutter, disait Sa Majesté, contre les maux dont n'est pas exempte une société qui progresse. La civilisation, quoiqu'elle ait pour but l'amélioration morale et le bien-être matériel du plus grand nombre, marche, il faut le reconnaitre, comme une armée. Ses victoires De s'obtiennent pas sans sacrifices et sans victimes : ces voies rapides qui facilitent les communications, ouvrent au commerce de nouvelles routes, déplacent les intérêts et rejettent en arrière les contrées qui en sont encore privées; ces machines si utiles, qui multiplient le travail de l'homme, le remplacent d'abord et laissent momentanément bien des bras inoccupés ; ces mines qui répandent dans le monde une quantité de numéraire inconnue jusqu'ici, cet accroissement de la fortune publique qui décuple la consommation, tendent à faire varier et à élever la valeur de toutes choses; cette source inépuisable de richesses qu'on nomme crédit, enfante des merveilles ; et cependant l'exagération de la spéculation entraine bien des ruines individuelles. De là la nécessité, sans arrêter le progrès, de venir en aide à ceux qui ne peuvent suivre sa marche accélérée.

a Il faut stimuler les uns, modérer les autres, alimenter l'activité de cette société haletante et inquiète, qui, en France, attend tout du Gouvernement, et à laquelle cependant il doit opposer les bornes du possible et les calculs de la raison. Éclairer et diriger, continuait l'Empereur, voilà notre devoir. )

Toutefois le chef de l'État constatait la prospérité du pays: le progrès, nonobstant guerre et disette ; l'excédant de 50 millions (chiffre de 1856) du produit de l'impôt indirect, «qui est le signe certain de la richesse publique, sur celui déjà si exceptionnel de 1855. « Depuis le rétablissement de l'Empire, ces revenus s'étaient accrus d'eux-mêmes de 200 millions, abstraction faite des impôts nouveaux. « Néanmoins, Sa Majesté le remarquait, il y a une grande souffrance dans une partie du peuple, et taut que la Providence ne nous enverra pas une bonne récolte, les millions donnés par la charité privée et par le Gouvernement ne seront que de faibles palliatifs. )

Après avoir dit qu'il fallait porter remède à des maux audessus de la prévoyance humaine, et rappelé que plusieurs départements avaient été atteints par le fléau de l'inondation, l'Empereur exprimait l'espoir que la science parviendrait à dompter la nature.

Je tiens à honneur qu'en France les fleuves, comme la révolution, rentrent dans leur lit, et qu'ils n'en puissent plus sortir.)

« PreviousContinue »