Page images
PDF
EPUB
[ocr errors]

node, né à Kief en 1681, mourut en 1704,' et condamné à boire la ciguë. Sa mort est après avoir été appelé successivement à sa- postérieure de quelques années à celle de crer l'impératrice Catherine [re, Pierre II Socrate, que l'on met au rang de ses discici l'impératrice Anne. Protecteur des lettres, ples: ainsi l'on peut conjecturer qu'il mourut il avait formé l'une des plus considérables dans un âge avancé. (Poyez pour plus de bibliothèques qu'eût possédée jusque là la détails la dissertation de G.A. Cubæus intiRussie. Les prédicateurs russes considèreut tulée: Xenophontis Hercules Prodicus et Silii encore comme un modèle loraison funèbre Italici Scipio, perpetua noti illustrati, præqu'il prononça à la mort de Pierre le Grand, missa de Prodico disserl., Leipsig,1797, in-80. plus loutefois pour la logique, la richesse et PRODROMUS. l'ores Théodore. la clarté des idées , que par rapport au style, PRODUCTION. (Economie politique.) qui est saccadé et peu correct. Cette pièce, Valeur donnée par le travail à un produit traduite en français, se trouve dans le Jours préexistant. Née du travail, la production nul des Savunis de décembre 1720. Proco- enfante à son tour les capitaux qui constipovitsch écrivait mieux en latin que dans son tuent la richesse des nations. Adam Smith, idiome natal. Entre les ouvrages qu'il a lais- le premier, a systématisé cette science, a sés , nous ne parlerons que de ceux composés formulé les règles à suivre pour arriver au dans la première de ces langues ; les autres plus haut degré de production, supputé les d'ailleurs ne sont que des discours, serinons, produits du travail présent, et proplétisé oraisons funèbres, mémoires politiques, son influence future sur la prospérité, le pièces de vers, etc., à peu près inintelligi- bonheur et la moralité des peuples. Ce grand bles. Ses meilleurs ouvrages en latin sont : ouvrage jeté au milicu des nations oisives de Miscellanea sacia, Breslau, 1745; chris- l'Europe , fit croire que la philosophie écotiana orthodoxa Doctrina de gratuità pec- nomique avait la première lancé l'anathème caloris per Christum justificatione, Breslau, contre le désæuvrement. Le préceple vient 1768-69; Tractatus de processione Spirituis de plus haut et de plus loin; Dieu dit au Sancti, Gotha , 1772; christianæ orthodo.tce premier homme: « Tu vivras par le travail ». Theol., etc., Koenigsberg, 1773.

Le christianisme dit aux fidèles : « TravailPROCRIS. (Mythologie). Voyez Cé lez ainsi que nous vous l'avons ordonné ».

L'Église place au premier rang des sept criPROCUREUR - GÉNÉRAL, PROCU mes capitaux cette oisiveté dont les philosoREUR DU ROI. ( Voyez Magistrat et Mi- phes chrétiens firent « la mère de tous les BISTÈRE PUBLIC.)

vices, » A une époque où la religion rem* PRODICUS, sophiste, né dans lile de plissait les temples et les couvents d'une Céos, florissait environ quatre cents ans avant paresse pieusement stérile , on vit naître Jésus-Christ. Disciple de Protagoras, dont l'adage : « Qui travaille prie; » comme pour il égala l'éloquence, il vint ouvrir une école placer le travail au-dessus des prières. à Athènes, et y eslaça bientôt tous les autres Ces soldats qui se firent plus tard un sophistes. Il partagea , avec Protagoras et dogme politique de l'oisiveté, ces prêtres , Gorgias, l'honneur d'avoir mis en ordre et dont le désceuvrement devint un précepte distribué

par

classes tous les sujets que les religieux, furent les premiers producteurs rheteurs nomment liens communs. Xéno- des monarchies occidentales ; les moines phon nous a conservé de lui une espèce d'a étaient nos uniques savants, nos seuls maipologue bien connu : c'est Hercule entre le tres : lecture, écriture, calcul, médecine , Vice et la Vertu, figurés par deux femmes qui défrichement des landes, desséchement des tâchent à l'envi de l'attirer. Il nous reste marais, culture agricole, manufactures , encore, dans l'Axiochus de Platon, l'extrait routes, commerce; nous leur devons tous ou l'analyse d'une larangue dans laquelle ces essais informes et grossiers, il est vrai , Prodicus se proposait de rassurer ses audi- mais étonnants pour l'époque, qui permileurs sur la crainte de la mort. Outre un rent à l'Europe de marcher sans eux. plus Traité des synonynies , il avait composé sur vite qu'eux et contre eux. Ces soldats, qui les différentes parties de la rhétorique di dévastèrent l'Occident, le mirent , après vers ouvrages dont on doit regretter la l'invasion, à l'abri de dévastations nouvelperte. Le sophiste de Céos, tourné en ridi- les, et seuls hommes de guerre de ces siècles cule par Aristophane ( dans les Nuées et les barbares , ils laissèrent au peuple le temps Oiseaux), finit par être traduit en justice, et la paix nécessaires pour produire.

PHALE.

La féodalité fit oublier ces bienfaits; le périorités existanies, les unos comme siodaprêtre sortit de l'ordre religieus, le soldat les, les autres comme théologiques, toutes de l'ordre militaire ; tous entrèrent dans comme improductives , n'admettrait que les l'ordre politique. Le système théologico- sculs producteurs au droit de faire les lois , fiodal, improductif par son essence, bais an devoir de les administrer, en un mot à sait la production jusque dans les serfs qui toutes les immunités du gouvernement. pouvaient remonter à la liberté par le tra- Qu’adviendrait-il de cette rénovation politivail. Dans les républiques de l'antiquité, les que? En plaçant les honneurs dans la ricitoyens oisiss voulaient arriver à la fortune chesse, la fortune remplacerait bientôt la par le travail de leurs esclaves : le maitre vertu, et toute moralité serait bannie de était une espèce de chef de ferme, d'atelier, l'ordre social. Comme les propriétés passent de fabrique. Le seigneur féodal, prêtre ou du père au fils, les talents seraient aussi soldat, puissant par le glaive ou l'encensoir, sensés héréditaires , et les emplois le seraient vivait de domination et d'orgueil, au milicu en elet; une aristocratie financière sans cond'un luxe gothique, privé de presque toutes tre-poids pèserait sur le pays, et toute égales nécessités de la vie actuelle.

lité serait proscrite. Comme les fonctionnaiFille de la paix et de la liberté , la pro res , grands propriétaires terriloriaux, chefs duction alla s'établir dans les républiques ; d'ateliers et de manufactures , disposeraient Venise et la Hollande lui durent leur puis- du peuple qu'ils seraient vivre par le travail, sance; Gênes, Florence, Pise, les villes en qualité de capitalistes, ou qu'ils pouranséatiques, leur indépendance et leur bon raient légalement plonger dans la misère, heur. La force et la richesse de ces faibles puisqu'ils fixeraient le taux des salaires , en pays excitèrent l'envie des rois de l'Europe; qualité de législateurs ct de magistrats ; toute ils voulurent égaler au moins le luxe d'un liberlé, tout bien-être disparaitrait sous cette doge ou le faste d'un podestat; ils excitèrent combivaison qu'on propose comme la comau travail, et la prodigalité des cours, in- binaison la plus libérale de l'école moderue. satiable de taxes nouvelles, lit, à mesure Ces idées , qu'on fait circuler comme noudo ses besoins , reculer le despotisme pour velles, sont d'une haute antiquité, et les faire place à la production. De là vinrent fruits qu'on leur a vu produire dispenseront les richesses de la France et de l'Angleterre: la société actuelle d'unc funeste convoitise : nées de la liberté, elles la produisirent à tel fut le gouvernement de Carthage, tel fut leur tour.

jusqu'au serrar del consiglio, celui de VeMais la haine de l'improductive féodaliló nise; Gênes, Florence, Sienne , Pistoie , est encore tellement vivace, que, de nos

tombèrent victimes de ses tristes effets. Là, jours, un économiste souvent original ct les chefs du peuple étaient aussi des chefs parfois bizarre , Henri de Saint-Simon, a d'ateliers ; l'industrie conduisait au pouvoir, très-bien vu qu'il n clait de citoyens utiles parce qu'elle menait à la fortune. Qu'arrivaque les seuls producteurs ; prenant ensuite t-il? Un sénat, des inquisiteurs , un doge, la production pour la politique, il a demandé un podestat, se disputant des lambeaux de que les oisifs Tussent exclus de toute parti- tyrannie; la noblesse de soie proscrivant la cipation au gouvernement, et que l'admi- noblesse d épée; le corps de marchands ne nistration de l'État füt uniquement confiée voulant d'assemblées délibératives que dans aux industricis. Saint-Simon a fait école ; et les confréries d'industriels, établirent parcomme les adeptes vont toujours plus loin tout un arbitraire perturbateur, une police que leur maitre, ses disciples ont multiplié haineuse qui, après avoir tari les sources les livres, les pamphlets, les journaux, les de la richesse publique, finirent par livrer cours publics et privés, pour propager, en à l'avidité de l'étranger la liberté et la paj'oulrant, cette nouvelle réforme économi- trie. que. C'était sa per l'ordre social dans sa base. Les républiques de la Grèce, le colosse Par un indéfinissable aveuglement, ce sont romain, ne sont guère appréciés que sous des hommes de talent et de bonne foi, dé- le rapport politique ; la gloire et la liberté senseurs constants et sincères de l'indépen: semblent cacher l'économie intérieure de dance du citoyen et de la cité, qui, par un ces pays célèbres. L'apparence est loin de amour mal entendu de la liberté, nous ra la réalité; Sparte était un vaste atelier où mèneraient à la servitude.

deux cent mille ouvriers, nommés ilotes, Leur erreur , en effet, proscrivant les su. exploitaient les propriééts de trente mille

industriels appelés citoyens. Les esclaves , tes les unes des autres : l'industriel ne peut seuls producteurs d'Athènes , avaient encore produire sans l'agriculteur , ne peut vendre des citoyens pour chefs d'ateliers. A Rome, sans le commerçant; ct les lois , les doctrila hiérarchie de servitude semblait plus fu nes qui veulent favoriser une production à neste; le citoyen travaillait par la main des l'exclusion des autres , choquent la raison esclaves ; et comme l'argent lui manquait et nuisent à la prospérité. Dans un état de pour alimenter ses travaux, il aliénait, pour civilisation peu avancée, une seule des trois s'en procurer , une partie de sa liberté ; il industries peut momentanéinent susfire à un briguait cette servitude qu'il appelait patro- peuple : en ce sens, Sully prétendait que nage, et le peuple-roi n'était, en économie

le labourage et le pastourage sont les deux politique , qu’un peuple de clients pressuré mamelles d'un État.» Venise vivait par ses par les énormes usures des sénateurs. Ainsi, manufactures , et sans propriétés agricoles. une servitude plus ou moins honteuse, une Quelques insulaires de la Méditerranée exismisère plus ou moins profonde s'établit par- tent sur des rochers stériles par le seul comloat où la richesse s'empare de l'autorité, et merce de transport. Je ne dis rien des saules ut opics qui voudraient livrer la puis- vages : on ne peut rien induire de leur vic sance à l'industrie seraient rétrograder l'cs- précaire et nomade , où tout 'manque, fors pèce bumaine. De ces exemples il faut ne- ja liberté. cessairement conclure que, loin de livrer Cette corrélation des trois industries rend aux producteurs le droit de faire les lois, les lois sur la production beaucoup plus difil faut laisser la production créer en liberté ficiles que ne l'ont cru jusqu'à ce jour les ses merveilleuses richesses, sous la protec- ministres et les législateurs. Ce qu'on action des lois dictées par son intérêt, mais corde de faveur à l'une au détriment des auqui ne sont pas son ouvrage.

tres, les paralyse toutes à-la-fois. Ces règleDe tous les genres de production quel est ments sur les forêts , les vins , les fers, les le meilleur ? Quel est celui que les lois doi- primes , les exclusions , les monopoles en vent le plus favoriser, parce que lui-même offrent une preuve vivante. exerce le plus d'ascendant sur la prospérité Il y a mieux : il ne suffit pas d'encourager des nations ? Ici, la division éclate encore une industrie , une production quelconque parmi les économistes : de Sully à Quesnay, dans ses rapports avec toutes les industries les écrivains qui pensent avec justesse que et toutes les productions possibles ; il faut tout produit vient médiatement ou immé- encore considérer chacune d'elles dans sa diatement de la terre, en déduisent la con- corrélation avec le commerce qui fait circuler séquence erronée , que la terre étant l'o- les produits , avec le consommateur qui les rigine de toute production , l'industrie agri- détruit , et rend par conséquent nécessaires cole est la première en elle-même et par ses une production et une circulation nouvelles. résultats. Ceux qui , comme Colbert et For. La consommation est la fin de la production; bonnais, placent la richesse dans l'argent, la circulation est à-la-fois le moyen de prone voient de production que dans l'industrie duire et de consommer. La production est commerciale , o'l, pour mieux dire, dans le stérile lorsqu'elle s'établit sur un lieu qui com inerce extérieur, et oublient que l'ar- manque de routes , de canaux, de marchés, gent étranger , rapporté par les importa- d'instruments de transports : elle ne peut tions du commerce, n'est que la représenta: ni aller chercher ni faire venir le consomtion des capitaux dus à l'industrie agricole mateur; la misère alors s'établit au milieu ou manufacturière intérieure, et échangés de la richesse . et l'on meurt de besoin au par l'exportation dans les pays lointains. milieu des capitaux amoncelės. Tels sont les Ceux enfin qui , depuis Gournay et Adam sauvages du noru dans les deux continents, Smith, considèrent l'industrie manufaclu- lorsqu'ils entassent des pelleteries que le rière comme l'unique source des richesses . commerce ne vient pas acheter; tel un d'un État, n'ont pas réfléchi qu'on ne manu- producteur de vins quand la guerre vient facture que les objets déjà créés par l'indus- fermer l'Océan ; tels les producteurs an. .trie agricole, et que ces objets manufactu- glais quand le blocus continental leur inrés n'ont eux-mêmes de valeur réelle et pré- terdit les marchés de l'Europe. senle qu'autant que l'industrie commerciale La production ayant la consommation pour les fait circuler et consommer.

objet, doit produire toujours autant qu'il Les industries sont donc ainsi dépendan- est possible, mais jamais plus qu'on ne peut

consommer. Les produits que les consom voilà toutes les richesses des nations : promateurs appellent actuellement, ou vont duction, circulation, consommation, voilà incessamment appeler sont des capitaux vé- toute l'économie politique. “ritables. Les objets surabondants , lorsque Comme il est des productions plus fécontous les marchés sont saturés, deviennent des que les autres , il est aussi des producstériles , et n'auront de valeur qu'au moment teurs qui exercent un plus grand empire où des débouchés nouveaux viendront en sur la production. On n'a que trop répété permettre l'échange. Il est même des pro- que les gouvernements étaient stériles par ductions excédantes qui sont stériles à per- essence; on les a trop représentés comme le pétuité: les objets susceptibles d'avarie , ceux lion de l'Écriture, quærens quem devoret , manufacturés dans l'espoir d'une guerre, non-seulement improductifs, mais dévorant d'une paix, même d'une mode frivole qui encore la substance produite par les nachange subitement, ceux enfin qu'on trans- tions. Il importe à l'ordre public et aux porte dans un marché où l'abondance a dé- vrais principes de l'économie de rétablir des truit leur valeur , et qui ne rembourseraient faits dénaturés auxquels la prodigalité, la pas les frais d'une esportation nouvelle. faiblesse ou l'impéritie du pouvoir a donné

Sans doute , malgré l'égalité réclamée par une apparence de réalité. la production, il est des produits privilé Le gouvernement est le premier des progiés. La masse des capitaux consacrée à ducteurs : toutes les branches de l'économie produire des tissus de cachemire ou des publique lui doivent ces lois dont la libérapoints d'Angleterre, donnera des bénéfices lité protectrice permet à la production de bien autrement considérables qu'une somme créer ses richesses, cette sécurité qui nait égale produisant du froment, du vin ou des de l'ordre intérieur, cette sûreté produite par moutons. Quelques économistes, trompés une force constamment armée contre toute par ces différences de valeur , veulent que agression étrangère. C'est au gouvernement les peuples se rangent du côté des plus gros que l'industrie commerciale est redevable profiis. Il est plus sage de laisser faire le de ces routes , de ces canaux, de ces ports , producteur; le génie industriel n'est que de ces marchés nationaux ou étrangers, de trop porté par instinct et par calcul à exiger ces traités de commerce , qui permettent à de ses capitaux le gain le plus fort possible. nos produits de circuler sur terre et sur D'ailleurs , si , déférant à cette intempestive mer, d'aller sur tous les points du globe ininvitation, nos laboureurs , nos vignerons, terroger les besoins divers et satisfaire les nos bergers, voulaient en corps tisser la nécessités lointaines, sans craindre sur la soie ou le duvet soyeux des chèvres du rive inhospitalière des peuplades barbares , Thibet, la famine suivrait leur désertion, ou, dans les bazars des nations les plus deset cette exubérance de luxe n'aurait produit potiques, ni séquestre, ni spoliation, ni qu'un faste sans valeur.

abus de pouvoir. C'est au gouvernement L'industrie agricole est incontestablement que l'industrie manufacturière doit l'introla première : tout vient d'elle. Mais, quoi- duction de ces produits cxotiques qui ont que ne travaillant que sur les objets que accru' si miraculeusement les richesses du l'agriculture lui livre, l'industrie manufac- .pays, l'établissement de ces machines qui, turiere offre des bénéfices bien plus consi- simplifiant le travail qu'elles accélèrent , dérables; et l'industrie commerciale n'ex- permettent de produire plus ct mieux , la ploitant que les capitaux que lui cèdent les pondération de ces lois de douane, qui, sadeux autres, accumule à son tour des ri- gement balancées avec le tonnage de l'étran. chesses plus fortes encore. Ainsi, ôlez l'a- ger, offrent à notre coucurrence l'égalité griculture, il n'est plus l'industrie; Otez ou le privilége. C'est au gouvernement que l'agriculture et l'industrie, il n'est plus de l'industrie agricole doit la plupart de ses commerce. Laissons donc sous une protec- conquêtes et de ses perfectionnements : mútion égale ces trois sources de la fortunc riers, millet , sarrasin, tabac, oliviers, riz, publique dans un état de dépendance réci- coton, sucre indigène, merinos, nouvelles proque et de solidarité mutuelle. Elles se espèces d'arbres, d'arbustes, de plantes , de demanderont, elles s'accorderont selon leurs céréales , variétés de bestiaux et croisement besoins : progrès, prospérité, décadence, de races. tout est commun entre elles. Industrie Sans doute le pouvoir, quel qu'il soit, agricole, manufacturière , commerciale, quel qu'il puisse être, n'a pas fail, ne fait

point, ne fera jamais tout ce qu'il pourrait production, et qui, pour augmenter leurs faire pour les trois industries. La part des richesses privées, sont dans l'heureuse néremontrances est large, et je me suis sou- cessité de susciter la richesse publique : par vent placé sur ce terrain que l'amour du le salaire ils créent le travail; par le trabien public n'a pas encore complètement vail, la production; par la production, le exploré; mais l'hostilité est injuste, qui, bien-être général, la satisfaction des besoins, faisant un crime à la puissance du bien et cette moralité du peuple qui nait des qu'elle n'a pas fait ou du mal qu'elle a pu besoins satisfaits. faire, refuse de lui tenir compte du bien Lorsque plus tard nous nous occuperons qu'elle ordonne et du mal qu'elle empêche. du travail, nous aurons à considérer l'uti

Il est cependant une autre puissance qui, lité des machines et celle des ouvriers, qui rivale du pouvoir politique, invente, for- malheureusement, pour la perfectibilité de mule, signale, et souvent accomplit elle- l'espèce humaine , ne travaillent jamais même ce qui s'opère de bien, de bon et de mieux que lorsqu'ils approchent le plus de beau; c'est à la science que la production, la perfection des machines. Falale destinée la circulation et la consommation doivent de la classe pauvre, à qui le bien-être phypresque tous leurs prodiges. Les créations sique n'est vendu qu'aux prix d'une intelde l'industrie sont le fruit du talent; et ce ligence qu'il faut rendre routinière et méque le hasard a seul découvert, le génie canique. seul encore le systématise et l'applique. Telle est la production dans son point de Mais les plus utiles inventions eussent été vue général : il nous reste à jeter un coup stériles et oubliées , si les capitaux publics d'ail sur ce qu'elle a fait, sur ce qu'elle peut ou privés n'avaient permis de les tirer du faire encore. Mais les données statistiques domaine des théories pour les faire des- manquent pour tous les États : ceux où la li. cendre sur le terrain de l'application, et de berté s'est établie sont les seuls qui nous les livrer ainsi, non comme de vagues spé- offrent des probabilités assez approximaticulations, mais comme des instruments réels ves : tels sont la France, l'Angleterre, les de bien-être et de prospérité.

États-Unis ; les autres ne présentent qu'inViennent ensuite les capitalistes qui, pour certitude et vague. accroitre leur fortune, la consacrent à la

[merged small][merged small][merged small][merged small][merged small][merged small][ocr errors][ocr errors]

La diversité d'emploi dans les populations ne participent pas à la propriété. En Russie, explique cette différence dans les produits. sur 26,000,000 d'individus , la populalion liLe peuple agriculteur de l'Espagne est plus bre ne s'élève qu'à trois , et les sept huitiède la moitié du nombre de ses habitants, et mes végètent dans la servitude. En Suède, l'on porte à trois millions la masse des im au contraire, les trois quarts des habitants productifs. En Portugal , les cinq sixièmes sont agriculteurs. Tome 19.

14

« PreviousContinue »