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connaissance du passé, du présent, de l'a. avant l'événement, les détails de faits qui venir, que nos facultés nous refusent. Il a dépendent de la libre détermination des parcru pouvoir la demander aux phénomènes ticuliers ou des peuples, ou qui supposent de la nature , aux accidents de la vie , aux une suspension des lois ordinaires de la naobjets les plus futiles, aux circonstances les ture. Dieu seul peut faire des prophéties , plus insignifiantes. Il a cru pouvoir la décou- parce que Dieu seul , par son incompréhenvrir dans les astres , dans le vol des oiseaux, sible prescience, voit comme présents les dans le sein des victimes, dans le fond des événements qui n'existent pas encore, et qui tombeaux, dans les combinaisons des nom- doivent être le résultat de l'exercice de sa bres, etc. Il a cru qu'il la recevait par le toute-puissance ou de la libre détermination rague du pressentiment , par les aberrations de la volonté humaiue. La prophétie prouve du rêve , par les visions de l'extase. donc par elle-même que celui qui la fait est

Diverses causes sont assignées à ces croyan- envoyé de Dieu. ces : le panthéisme , le polythéisme , le fa Les Pères ( Tertullien , saint Augustalisme, le souvenir plus ou moins confus tin, etc., et après eux un grand nombre de d'une tradition primitive qui apprend que théologiens des diverses communions chréle vrai Dieu a fait des révélations aux pre- tiennes (Addison , le père Baltus , etc.) ont miers hommes , et que sa providence veille avancé que les démons, à cause de leur fasur le genre humain (1). Ces causes vrai- cilité à se transporter d'un lieu dans un autre, semblablement ont toutes plus ou moins de leur intelligence supérieure et de leur contribué à produire ces croyances , qui puissance contre les hommes, peuvent leur out existé dans tous les temps et chez tous communiquer, sur le passé, le présent et les peuples.

l'avenir, des connaissances que l'intelligence Les noms de devin , de voyant, de pro- bumaine ne peut point acquérir par ellephète ( api cape), etc., étaient donués à tous même. Plusieurs théologiens, des savants, ceux qui prétendaient avoir sur le présent, Van Dale , Fontenelle son traducteur , et de le passé et l'avenir, des connaissances ex- nos jours M. Clavier, semblent avoir prouvé traordinaires; mais on se servait de préfé- que les oracles du paganisme, qui servent rence du nom de prophète pour désigner de foudement à l'opinion que nous venons ceux qui faisaient profession de prédire l'a de rapporter, devaient leur crédit aux fourvenir.

beries des prêtres et à la crédulité des païens. Chez plusieurs peuples, la profession de M. de Maistre s'est prononcé contre ce qu'il devin, de voyant , de prophèic, etc., était appelait la pesante érudition de Van Dale un privilége qu'une classe particulière de la ei les jolies phrases de Fontenelle. Mais société exploitait à son profit, ou dont la po. il est bon de se le rappeler, ce célèbre écrilitique s'emparait pour le faire servir à ses vain affirme que la puissance prophétique intérêts. Les femmes en jouissaient comme est un apanuge inné de l'homme, que

l'esles hommes. Dans certains pays , tout indi. prit prophétique lui est naturel ; et il invovidu trouvait sa mission dans son audace et que le témoignage de coule l'antiquité, qui dans la crédulité de ses auditeurs.

s'estaccordée à reconnaître dans les oiseau. Dans le langage de la théologie , la pro- quelque chose de divin, el qui les a loujours phétie est la prédiction certaine d'un événe- interrogés sur l'avenir. (Soirées de Saintment futur qui n'a pu être prévu par des Pétersbourg, etc. , pages 311, 314, 269, moyens naturels. Ainsi on ne reconnaît tome 2.) point de prophétie dans les calculs de l'as Pour qu'une prophétic prouve par elletronome qui aunonce des éclipses, dans les même que celui qui la fait est envoyé de pronostics du médecin qui présage la crise Dieu, il faut premièrement qu'elle ait été d'une maladie, dans les conjectures du lė. faite avant l'événement ; secondement , gislateur qui prévoit les effets de ses lois sur qu'elle ait été accomplie; troisièmement, son peuple. Mais c'est faire une prophétie que son accomplissement de puisse pas être que de rapporter avec précision , long-temps attribué au hasard.

« Aucune prophétie , dit J.-J. Rousscau,

» ne saurait faire autorité pour moi, parce (1) Voyez ci-dessus les articles Évocation, Idolatrie , le quatrième volume de l'Essai sur l'indiffé » que, pour qu'elle la fit, il faudrait trois rence, et les Religions de l'antiquité, etc., de

choses , dont le concours est impossible , F. Creuzer, tom. 1, lre partie, introduction, etc. » savoir : que j'eusse été témoin de la proTome 19.

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phétic, que je fusse témoin de l'événement, depuis la promulgation de la loi jusqu'à la » et qu'il me fût démontré que cet événe- mort de Moïse; la quatrième, depuis la » ment n'a pu cadrer fortuitement avec la mort de Moïse jusqu'après la captivité de

prophétie; car , fût-elle plus précise, plus Babylone. » claire, plus lumineuse qu'un axiome de Dieu a parlé aux hommes parlui-même et » géométrie, puisque la clarté d'une pré- par le ministère des anges. Il leur a parlé » diction faite au hasard n'en rend pas l'ac- par le moyen des signes sensibles et par la » complissement impossible, cet accomplis- voic des inspirations. Ces signes sensibles » sement, quand il a lieu, ne prouve rien leur apparaissaient dans le sommeil et dans » à la rigueur pour celui qui l'a prédit. la veille. C'était une voix qu'ils entendaient (Émile , etc., tom. 3. )

réellement ou qu'ils croyaient entendre ; Les deux premières conditions exigées par c'étaient des représentations symboliques Rousseau , et sans lesquelles la prophétie ne qu'ils avaient réellement ou qu'ils croyaient saurait faire autorité pour lui, supposent avoir devant les yeux. Les inspirations que nous ne pouvons acquérir la certitude avaient lieu , ou lorsqu'ils élaient tomque des faits dont nous sommes les témoins. bés en défaillance, et qu'ils étaient hors Cette supposition est désavouée par la rai- d'eux-mêmes dans l'extase, ou bien lorsson. Rousseau reconnait lui-même que les qu'ils étaient de sens rassis. Dans le premier fuits de Socrate , dont il n'a pas été témoin, cas, ils n'étaient plus les maitres de leurs ne peuvent pas être révoqués en doute , et pensées ni de leurs paroles ; ils ne faisaient que les fuils de Jésus-Christ, dont il n'a pas que prêter leur langue ou leur plume à l'esété témoin non plus , sont encore mieux at- prit de Dieu , qui les remplissait. Dans le testés que les faits de Socrale. Rousseau sup. second cas, Dieu leur présentait d'une mapose, en troisième lieu, que l'on ne peut nière claire et distincte des vérités qu'ils ne jamais démontrer que l'événement prédit n'a pouvaient pas connaitre naturellement, et point cadré fortuitement avec la prophétie. les portait, par un mouvement irrésistible, Rousseau se trompe : la clarté de la prophé. à les manifester de vive voix ou par écrit; tie et la nature de l'événement prédit com ou bien il les dirigeait dans l'exposition des binées peuvent fournir cette démonstration. vérités qu'ils avaient découvertes par des Rousseau soutient que la prophélie ne fait moyens naturels , et cette direction les empoint autorité , s'il n'est pas démontré que pêchait de parler ou d'écrire contre la véson accomplissement ne peut pas être attri- rité. Cette seconde espèce d'inspiration était bué au hasard. Cette assertion est incontes- regardée par les juifs comme le second detable. Elle a néanmoins été combattue par gré de prophétie. M. de La Mennais, dans les ouvrages du Les hommes auxquels Dieu daignait parquel trop souvent la vérité dégénère en pa- ler reconnaissaient aisément la présence de railoxe, l'éloquence en déclamation, la logi. l'esprit divin dans leur âme. Des signes que en sophisme, et l'érudition en citations sensibles faciles à constater, un buisson inexactes. (Essai sur l'indifférence , etc., ardent, une colonne de lumière ou de tom. 4, pag

nuée, etc., les en avertissaient, lorsque la Dieu, dit saint Paul, a parlé autrefois révélation était extérieure , qu'elle avait lieu » à nos pères par les prophètes en diverses durant la veille et dans des moments où ils » occasions et de différentes manières. » jouissaient de leurs facultés. Une lumière

Dieu parle aux hommes, lorsqu'il leur intérieure et sûrę les éclairait, lorsque la donne une connaissance surnaturelle du révélation se faisait dans le songe ou dans présent, du passé, de l'avenir, et lorsqu'il l'extase , ou qu'elle s'opérait par le

moyen leur inspire de manifester de vive voix ou de l'inspiration. C'est au milieu des éclairs par écrit des vérités et des faits qu'ils con et au bruit de la foudre que Dieu donna la naissent ou qu'ils peuvent connaitre oatu- loi au peuple juif. Les signes qui firent rellement.

comprendre à Moïse que Dieu lui parlait Les divers temps dans lesquels Dieu a eurent un éclat particulier. Moise, dit l'Éparlé aux hommes avant Jésus-Christ , peu- criture, ful le seul prophète qui vit la vent être distribués en quatre époques : la gloire du Seigneur, et à qui Dieu parla face première, depuis la création du premier à face. homme jusqu'à Abraham; la seconde , de Tantôt l'esprit prophétique s'emparait à puis Abraham jusqu'à Moïse ; la troisième l'improviste de l'âme de l'homme que Dieu

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voulait inspirer, et tantôt il fallait provo- de la colère du Dieu des armées; ils flétrisquer l'irruption de cet esprit. On provoquait saient l'hypocrisic; ils éclairaient la supercette irruption par le jeûne, par la prière, stition; ils développaient le vrai sens de la par le chant, par le son des instruments, etc. loi; ils prenaient la défense de la veuve et Dieu avait promis de répondre au grand- de l'orphelin, et s'interposaient entre le prètre juif, quand il viendrait le consulter. peuple opprimé et les rois persécuteurs. PluLe grand-prêtre devait être revêtu de l'é- sieurs de ces hommes, dont le monde n'était phod en consultant le Seigneur. « C'est la pas digne, expièrent par les tourments les

raison, observe Dupin, pour laquelle il plus affreux la vivacité de leur foi et l'hé* est dit que l'urim et le thummim, la lu- roïsme de leur courage. Les principaux pro» mière et la vérité sont dans l'éphod, parce phètes ont eu des disciples. * que le grand-prêtre, revêtu de cet orne Les prophètes manifestaient de différentes » ment, recevait de Dieu la lumière et la manières les vérités que Dieu leur avait réa vérité qu'il annonçait aux hommes. » vélées. Ils les énonçaient de vive voix ; ils les (Dissertation préliminaire ou prolégoinènes exprimaient par des actions symboliques, sur la Biblis, tom. 1.) L'homme rempli de que souvent ils expliquaient immédiatement l'esprit prophétique avait pour l'ordinaire après , et dont ils Jaissaient quelquefois l'inune connaissance distincte des vérités qui terprétation à l'intelligence de leurs audilui étaient révélées; quelquefois il n'était teurs : ils les consignaient dans des écrits qu'un instrument passif et aveugle dont se que les juifs ont conservés", et dont l'auservait l'esprit de Dieu.

thenticité a été prouvée. (Voyez l'article Les hommes auxquels Dieu a parlé étaient Livres saints.) Les prophéties de Moïse appelés prophètes : ils étaient désignés en sont renfermées dans le Pentateuque. Ce hébreu par les mots roè et nabi; roè si- livre occupe une place particulière dans le gnifie voyant. Ce nom était donné à tous

canon des juifs, qui distinguent ensuite les les hommes qui avaient sur le présent, le anciens et les nouveaux prophètes. Ils renpassé et l'avenir, des connaissances extra- gent parmi les anciens les auteurs des livres ordinaires que Dieu leur avait révélées de Josué, des Juges , de Samuel et des d'une manière spéciale. Nabi signifie ora- Rois; parmi les nouveaux , Isaïe, Jérémie , teur, prophète. Ce nom était donné à tous Ézéchiel et les douze petits prophètes , ainsi ceux qui recevaient de Dieu la mission de nommés parce que leurs écrits sont moins parler ou d'écrire en son nom. Ainsi , les étendus. Les juifs n'accordent point à Daauteurs de cantiques, les prédicateurs de vid, à Daniel, etc., le premier degré de Férités révélées, sont appelés prophèles. prophétie. C'est, à ce qu'on croit, parce

D'après les livres saints, le don de pro- que ces saints personnages n'ont pas vécu phétie ne fut pas exclusivement accordé aux dans la solitude, comme les prophètes prodescenda nts d'Abraham. Dieu l'accorda prement dits. quelquefois à des hommes qui n'étaient pas Les prophètes faisaient des prédictions de la race de ce patriarche. On ne peut pas dont l'accomplissement avait lieu, ou prodéterminer le noinbre de ces hommes. Plu- chainement, ou da un temps éloigné. sieurs pères (saint Augustin, saint Thomas) L'accomplissement des unes devait déterpensent qu'il a été assez considérable. L'É- miner à ajonter foi aux autres , et établissait criture rapporte le nom de deux prophètes la mission divine de leurs auteurs. Plusieurs qui ont existé parmi les gentils. Mais chez prophètes , Élie, Élisée, et surtout Moïse , les juifs, le don de prophétie fut répandu prouvèrent par des miracles que Dieu les avec abondance. Aucune tribu n'en fut pri- inspirait et qu'ils étaient ses envoyés. Dieu vée; toutes les classes de la société en joui- a permis plusieurs fois, dans des vues imrent. Ce don ne fut pas refusé au souverain. pénétrables à la sagesse humaine , que les Il fut accordé au pâtre. Il était héréditaire juifs aient confondu les faux prophètes avec dans quelques familles.

les prophètes véritables, et qu'ils aient mal Les prophètes vivaient pour l'ordinaire interprété les paroles de ces derniers, C'est dans la solitude ; ils se livraient aux plus dans ce sens que, suivant l'Écriture, Dieu rudes austérités. Quand ils sortaient de leurs a trompé les juifs par les prophètes. Mais retraites et qu'ils venaient parmi les hom- les juifs avaient, pour éviter ces erreurs mes, ils tonnaient contre les vices des grands les moyens que nous venons d'indiquer. Ils et du peuple : ils menaçaient les méchants en avaient encore un autre. Les faux pro

phètes, bien loin d'imiter la généreuse con fait accomplissement. Jésus-Christ quitte la duite des prophètes véritables , caressaient terre et s'élève dans les cieux. Conforméles passions et l'impiété des rois et du peu- ment aux ordres de leur divin maître, les ple. Les juifs, s'ils avaient voulu consulter apôtres annoncent l'Évangile aus juifs et leur raison, leur conscience et leur loi, au aux gentils. Leurs miracles sont des mar. raient aisément reconnu que les fauteurs de ques éclatantes de leur mission et attestent l'idolâtrie, les apologistes du vice et les leur droit d'interpréter les prophéties. Ils adulateurs des tyrans, ne pouvaient pas prouvent aux juifs que Jésus-Christ est le être les organes du Dieu un, juste et saint. Messie, en invoquant l'autorité des prophéMoïse avait expressément averti les juifs de ties dont l'accomplissement dans la pernc point écouter le faux prophète qui se sonne du Sauveur devenait de jour en jour prévaudrait de l'accomplissement de ses plus manifeste. Ils ne parlent point de proprédictions pour les entrainer dans le culte phéties aux nations idolâtres : ces nations des dieux étrangers. Cet accomplissement ne reconnaissaient pas l'inspiration des n'aurait pu être que l'effet du hasard. Au prophètes de l'ancienne loi, et on ne poureste , le don de prophétie ne rendait pas vait pas leur opposer encore l'accomplisseimpeccable. Dieu se servit même de la bou- ment de cet oracle qui annonçait que le che des méchants pour prédire l'avenir ; Messie devait être la lumière des gentils. mais ces prédictions étaient toujours en fa- Le christianisme compte des sectateurs dans veur de la vérité.

tout le monde connu des anciens , et alors Les prophètes, chez les juifs, avaient les saints docteurs prouvent, par l'accompour objet les desseins de Dieu sur son peu. plissement des prophéties, aux juifs et aux ple, les faits qui intéressaient le bonheur gentils, la mission divine de Jésus-Christ. temporel des particuliers ou les destinées Quatre faits éclatants , évidemment annonterrestres de toute la nation; mais c'est sur cés par les prophètes , mettaient cet accomtout le libérateur par excellence que les plissement à l'abri de toute attaque. Ces prophètes avaient en vue. (Voyez l'article faits étaient l'attente du Messie qui avait été Messie.) L'accomplissement des prophéties générale à l'époque où Jésus-Christ parut, qui avaient pour objet les intérêts temporels les miracles qu'il avait opérés, la conduite des juifs, devaient assermir la foi dans la que les juifs avaient tenue à son égard, et prophétie que le Messie devait accomplir. la connaissance du vrai Dieu répandue chez Les prophètes ont fixé l'époque à laquelle toutes les nations par les prédications de ses ce libérateur devait paraitre. Ils ont détaillé disciples. les diverses circonstances de sa naissance, Depuis les saints Pères , les apologistes de de sa vie et de sa mort; ils ont décrit les la religion chrétienne se servent de l'autoæuvres miraculeuses qu'il devait opérer; ils rité des prophéties pour établir la divinité ont signalé le contraste de ses souffrances et du christianisme. Pascal a dit : « La plus de son triomphe, la gloire de son sépulcre, grande des preuves de Jésus-Christ, ce la conduite des juifs à son égard, et les ef » sont les prophéties. C'est aussi à quoi Dieu fets de sa venue sur les gentils.

• a le plus pourvu; car l'événement qui les Quelques siècles s'étaient écoulés depuis » a remplies est un miracle subsistant deque le dernier prophète de l'ancienne loi, » puis la naissance de l'Église jusqu'à la Malachie, avait annoncé comme prochaine » fin.... Quand un seul homme aurait fait un l'arrivée du libérateur. Jésus-Christ paraît. » livre des prédictions de Jésus-Christ, pour Les juifs alors attendaient le libérateur, » le temps et pour la manière , et que Jésusles gentils partageaient cette attente. Ces » Christ serait venu , conformément à ces deux faits sont attestés par l'histoire. Jésus prophéties , ce serait une force infinie. Christ prouve qu'il est le Messie attendu, » Mais il y a bien plus ici. C'est une suite en faisant les cuvres miraculeuses que le » d'hommes durant quatre mille ans, qui conMessie devait opérer, suivant les prédictions » stamment et sans variation viennent, l'un des prophètes; et ses miracles lui donnent » ensuite de l'autre, prédire ce même avèle droit de s'appliquer les prophéties dont le » nement. C'est un peuple tout entier qui sens était encore caché, et dont, plus tard, » l'annonce , et qui subsiste pendant quatre les diverses circonstances de sa vie et de sa » mille années, pour rendre encore témoimort et les effets de sa venue sur les juifs » gnage des assurances qu'ils en ont, et dont et sur les gentils, devaient montrer le par. » ils ne peuvent être détournés par quelques

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menaces et quelque persécution qu'on complissement ne peut pas être attribué au » leur fasse : ceci est tout autrement consi- hasard. Josèphe , par ses récits de la desdérable. » (Pensées. )

truction de Jérusalem , prouve que les préGrotius, les sociniens, et de nos jours, dictions de Jésus-Christ sur la catastrophe surtout en Allemagne, plusieurs théologiens du peuple juif ont été justifiées par l'événenon catholiques , Eichhorn , Rosen - Mül- ment ; et les apologistes de la religion chréler, etc., n'admettent point la preuve tirée tienne établissent que les évangiles où il est des prophéties. Bossuet et le père Baltus question de la destruction de Jérusalem, ont réfuté Grotius. Au cinquième siècle, ont été écrits antérieurement (voyez l'artiThéodore de Mopsueste avait interprété les cle Évangile). L'évangéliste saint Jean a prophéties comme les sociniens. Il fut con- consigné des prophéties dans l’Apocalypse ; damné par le pape Vigile et par le second mais l'intelligence de ce livre, dont toutes concile de Constantinople.

les paroles sont des mystères, ne nous sera La preuve tirée des prophéties , comme la donnée que lorsque les événements qui y preuve tirée des miracles , prouve par elle- sont prédits seront accomplis. La perspicamême la mission divine de Jésus-Christ. citė des plus grands génies a été impuisDieu seul , qui est la vérité suprême, est sante pour expliquer l'Apocalypse. L'esprit l'auteur de la prophétie; mais la prophétie, de parti et l'esprit de secte en ont étrangecomme nous l'avons déjà remarqué, ne fait ment abusé. autorité que lorsqu'il est établi première Les déistes soutiennent que les prophément qu'elle a eu lieu avant l'événement, ties de l'ancienne loi ne peuvent pas

établir secondement qu'elle a été accomplie, troi- la mission divine de Jésus-Christ ; ils nous sièmement que son accomplissement ne peut disent : Suivant les juifs , les prophéties que pas être attribué au hasard. Or, il est cer- les chrétiens appliquent à Jésus-Christ ne tain que les prophéties de l'ancienne loi qui se rapportent point au Messie, et ont été regardent le Messie existaient avant Jésus- accomplies dans la personne de divers grands Christ; les mahométans et les juifs en con- hommes, qui n'étaient pas le Messie proviernent. Pascal a dit, en parlant de ces mis , et qui ont existé avant Jesus - Christ. derniers : « Le livre qui les déshonore en (Voyez le recueil de Wagenselius, intitulé • tant de façons , ils le conservent aux dé- Tela ignea Satanæ.) Les juifs qui ont eu , * pens de leur vie; c'est une sincérité qui ou qui ont recours à ces défaites , abjurent • n'a point d'exemple dans le monde ni sa la doctrine de leurs anciens rabbins , et mé

racine dans la nature. » Il est encore cer- connaissent leurs anciennes traditions. D'atain que les prophéties ont été accomplies près ces rabbins, et d'après ces traditions , en Jésus-Christ. En effet, que l'on rappro- la synagogue appliquait autrefois au Messie che les prédictions des prophètes , que l'on les principales prophéties que l'Église lui pourrait appeler des histoires, et les récits applique. (Voyez, dans la Polyglolle d'Andes évangélistes ; et que l'on ne perde pas gleterre, les Targums d'Onkelos, de Jonade vue deux faits incontestables : lobstina- ihan et de Jérusalem; voyez encore les tion des juifs et la conversion des gentils , et Lettres de M. Drach.) l'on en sera pleinement convaincu. Il est Les déistes disent encore : Le Messie enfin bors de doute que l'accomplissement promis aux juifs devait être un conquérant; des prophéties, dans la personne de Jésus- il devait faire la gloire du peuple d'Israël

. Christ, ne peut pas être attribuée au hasard. Jésus-Christ n'est donc pas le Messie; il est La nature des faits prédits et accomplis en mort sur une croix, et il a été rejeté par les fournit une preuve sans réplique.

juifs. « Les juifs, répond Pascal, en tuant Jégus-Christ a fait des prophéties. Les » Jésus-Christ pour ne pas le recevoir pour unes regardent les diverses circonstances de » le Messie , lui ont donné la dernière marsa mort, et sa résurrection; les autres ont

que

du Messie; en continuant à le méconpour objet la conduite de ses disciples en » paître, ils se sont rendus témoins irrévers lui , le sort cruel qui les attendait, et prochables ; et, en le tuant, et continuant le succès miraculeux de leur prédication » à le renier, ils ont accompli les prophédans l'univers ; il en est qui signalent les » ties. » D'ailleurs, les humiliations dont le horribles malheurs qui devaient être la pu- Messie devait être abreuvé , suivant les nition de l'incrédulité des juifs. Ces diverses prophéties, montraient évidemment que prophéties ont été accomplies, et leur ac son règne ne devait pas être de ce monde.

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