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ennemis ! Tour à tour proscrits et proscrip- saint-oflice ne pouvant se dissimuler ce qu'il teurs, presque tous les cultes ont poursuivi y avait d'attentatoire à l'ordre social dans le avec le fer et le feu de simples dissidences. pouvoir dont il s'emparait, se bornait à déEn réclamant pour soi le droit de croire, on clarer les prévenus coupables d'hérésie , et a voulu l'interdire violemment à autrui. Ja- il laissait à l'autorité civile le soin d'exécuter mais le délire de la raison humaine n'est allé les sentences de condamnation ; détestable plus loin. Les intérêts s'entendent et se con. hypocrisie, puisqu'il n'igporait pas que

les cilient tous les jours ; les opinions religieuses, magistrats , tremblants eux-mêmes devant jamais. La cause en est facile à trouver : elles son tribunal ou affiliés à ses statuts , conne vivent que par la foi, et la foi , par es- sommeraient bientôt l'homicide! sence, ne cessera d'être exclusive. La tolé L'excommunication religieuse, à parler rance en pareille matière, à moins qu'elle exactement, n'eût dû être que l'abandon, ne süt accompagnée de beaucoup d'instruc- par l'Église , de l'un de ses fidèles. Le bon tion, attesterait une grande indifférence. sens le voulait; mais malheureusement les Mais la proscription de la pensée menant choses ne se passeront ainsi sur la terre inévitablement à celle des personnes , les qu'aux jours où les préceptes , dont le germe hommes qui, en vertu des lois de leur orga a été déposé dans les écrits des sages, aunisation et de la variété des climatures , dif- ront porté leur fruit. Dans un système de féreront toujours d'aperçus et de sentiments, foi exclusive, qui ne sait que, lorsque le ont été frappés du plus grand fléau qui pût prêtre proclame une dissidence, il jure une les atteindre , partout où un culte domina- haine ; que lorsqu'il maudit, il tue dans son teur s'est trouvé armé de la force publique. cæur? Constitué par état roi de la pensée,

Si des barrières infranchissables avaient dès que vous ne pensez pas comme lui, il été posées entre le pouvoir temporel du ma vous juge en rébellion. L'histoire des deux gistrat et le pouvoir spirituel du prêtre; si mondes jusqu'au dix-huitième siècle dépose l'autorité civile ne fléchissait presque tou- de cette vérité, tellement que si le christiajours devant l'autorité ecclésiastique dans nisme, depuis cette époque, ne s'était reláles pays de fortes croyances , les proscrip- ché de ses rigueurs, on l'eût pu accuser d'ations religieuses , renfermées entre les murs voir fait couler plus de larmes que n'en a du temple, n'eussent point troublé la paix séché le charme de sa morale et de ses des peuples. Tout au plus un refus de parti- consolantes promesses. cipation aux mystères et à la prière com Il semblerait que le privilége de la promune en eût été la suite ; mais les gouverne- scription entrât dans les destinées de Rome, ments, considérés dès leur berceau, ne pou deux fois maîtresse de l'univers, deux fois vaient échapper à leur tendance naturelle. toute puissance par le glaive acéré de ses Il fallait prendre de la force quelque soldats et par le glaive de la parole, quand part : aussi les premiers législateurs partout celle-ci a retenti des sommités du Vatican. ont parlé au nom du ciel , et le sys- Sans nous enfoncer trop profondément dans tème politique s'est trouvé tellement lié au les ténèbres des anciens âges, nous allons' système religieux, que le lituum et l'épée donner un coup d'æil rapide aux effets produ commandement ont été placés dans les duits par cette dernière. mêmes mains. Or, la pensée et l'intention En 998, Robert de France, fulminé par appartedant au domaine des choses divines, Grégoire V, trouve à peine deux serviteurs op s'est cru en droit , dės ici-bas, de procé- qui aient le courage de donner des soins à der à leur investigation, de les suivre au

sa personne; encore prennent-ils la précaufond des caurs, de les y atteindre, et de les tion de se préserver, par le feu et l'eau, immoler ec un fer sacré. L'inquisition date d'un contact qui les exposerait à une souildonc d'une époque antérieure au christia- lure canonique. Quel crime avait-il comnisme. Toutefois, nous ne saurions nous mis ? Il avait épousé Berthe, fille de Condispenser de reconnaitre que, par une cor- rad , roi de Bourgogne , sa cousine au quaruption de ce qu'il y a de meilleur, elle y a trième degré. trouvé des armes et des moyens de persécu En 1078, Hildebrand, connu sous le nom tion contre l'espèce humaine. Ainsi le culte de Grégoire VII, force l'empereur Henri IV uon sanglant d'un Dieu pacifique a eu , dans de s'inclimer à ses genoux, et d'y déposer presque toute l'Europe, ses prisons, ses un diadème , dont il doit le dépouiller plus bourreaux , ses tortures et ses victimes. Le tard, après l'avoir avili.

avec

En 1200, Lothaire Conti, du nom d'In- sentiment vraiment religieux, nous dirons nocent III, proscrit en masse les Albigeois qu'elles bâtent ioujours les progrès de la retirés dans le Languedoc, et dévoue Phi cause à la défaite de laquelle on les emploie. lippe-Auguste au fer des meurtriers. En matière de religion, brûler n'est pas ré

En 1294, Boniface VIII commence son pondre; dans la lutte des citoyens qui ont pontificat par la proscription de son prédé- des droits à défendre, les échafauds n'ont cesseur, dont l'Église célèbre aujourd'hui pas plus de vertu. Les parties sy trainant ja fête.

tour à tour, leur propre intérêt leur con-En 1376 , Grégoire XI lance une sentence seille de s'appeler devant un autre tribunal d'extermination contre les Florentins. plus régulier que celui de la force brute et

En 1383, Urbain VI et Clément VII se sauvage dont le sceptre est à peu près brisé proscrivent mutuellement : l'un prêche une en Europe. La violence n'a qu'an temps.; croisade contre la France; l'autre fulmine tôt ou tard elle a ses réactions ; d'ailleurs , une bulle contre les Anglais.

elle répugnc essentiellement à l'esprit du En 1431, les Hussites sont frappés d'un siècle actuel. La modération du caractère semblable anathème par Eugène IV, qui est un des premiers titres que l'on puisse ordonne de leur courir sus, de manière faire valoir aujourd'hui , quand on aspire au que la mémoire en soit à jamais abolie. gouvernement des hommes. Si quelque chose

En 1535, François les proscrivait Calvin, avait dû écarter le président Jackson du et en 1553 , Calvin , toujours pour opinions fauteuil qu'il occupe en ce moment dans l'Areligieuses , faisait expirer le médecin Servet mérique du nord, e'eût été l'idée que l'on dans les flammes,

s'était formée de son humeur belliqueuse : En 1572, Charles IX prononce à Paris aussi un de ses premicrs soins , quand il est l'arrêt de mort des protestants; mais la parvenu au pouvoir , a-t-il été d'effacer, par veille du massacre, Grégoire XII frappait ses actes et par ses écrits, les objections éleune médaille en l'honneur de cette journée, vées contre lui sous ce rapport. L'estime du et quelques jours après , il en rendait grâces monde policé est à ce prix. Quand on consiau ciel dans une bulle et par une procession dère ce mouvement rationnel , l'on ne peut solennelle,

s'empêcher d'y reconnaître un grand persecEn 1534, après avoir simulé pendant six tionnement social. Malheur à celui qui ne ans le zèle de la réforme, Balthazar Gérard s'y conformera pas! Dans son aveugle impréassassinait Guillaume, prince d'Orange; voyance, il peut essayer de la proscription ; Philippe II , anoblissant la famille de ce fa- mais , à coup sûr, c'est une arme qui se brinatique, l'exemptait de la taille; ce ne fut sera dans sa main , si elle ne se tourne conqu'après les conquêtes de Louis XIV qu'elle tre lui-même. fut rétablie au rôle , par Varole , intendant de la Franche-Comté.

Voyez l'excellent ouvrage de M. Bignon sur les

Proscriptions, en deux volumes in-8°, et l'écrit non En 1589, le dominicain Jacques Clément moins recommandable de M. Guizot, sur la Peine enfonce le couteau dans les entrailles d'un de mort en matière politique. Voyez aussi, dans ce roi de France : Sixte-Quint prononce l'éloge Dictionnaire, les mots AMNISTIE, ARBITRAIRE , du meurtrier en plein consistoire.

ARISTOCRATIE, CULTE, DESPOTISME, POLICE , PREEn 1610, Henri IV tombe également vic- VÓTALES (Cours) et RÉFORME RELIGIEUSE. time d'une proscription religieuse , qui se

KÉRATRY. renouvelle en 1757 , son petit-fils, * PROSIMUS (Jean-Dominique ), proLouis XV.

fesseur de métaphysique à Messine, sa paNous nous abstiendrons de grossir cet trie, où il mourut en 1651, avait exercé aperçu sommaire. Les proscriptions reli- d'abord la médecine à Naples , et s'élait fait gieuses touchent à leur fin; mais il est bon une grande réputation d'habileté dans cet que l'on conserve la mémoire de celles qui art. Son ouvrage le plus considérable a pour ont aMigé l'espèce humaine : ainsi, le po- titre : de faucium et gutturis anginosis ulteau planté sur les grandes routes , à la place ceribus med. Consultatio, Messine, 1633, même de l'homicide, inspire au voyageur in-40. l'horreur du crime qui y a été commis. PROSODIE. (Grammaire.) Ce mot déQuant aux proscriptions politiques, in- signe à-la-fois une certaine manière de

prodépendamment de la sentence prononcée noncer , par laquelle on marque l'accent et contre elles par une saine morale et par un la quantité propres à chaque syllabe, et la

sur

partie de la grammaire qui traite de cette Il est à remarquer que les langues sont manière de prononcer.

d'autant plus prosodiques, qu'elles sont plus D'Olivet, dans son Traité de la prosodie anciennes , ou qu'elles sont parlées par des française, définit la prosodie : « Cette ma- peuples plus vifs, plus démonstratifs, et nière de prononcer chaque syllabe réguliè- chez lesquels le geste domine encore beaurement, c'est-à-dire , suivant ce qu'exige coup. Condillac, dans son Éloge sur l'orichaque syllabe prise à part, et considérée gine des connaissances humaines, ouvrage dans ses trois propriétés , qui sont l'aspira- plein d'excellentes observations sur la phition, l'accent et la quantité. » L'auteur de losophie du langage, explique d'une ma. l'article Prosodie dans l'Encyclopédie dé- nière assez plausible la naissance de la promontre que l'on ne doit pas faire entrer dans sodie et le rapport constant que

l'on remarla prosodie l'aspiration, qui n'est , à propre- que entre le développement de la prosodie ment parler, qu'une articulation, et qui, et celui du geste. « La parole , dit-il, en sucétant marquée dans la plupart des langues cédant au langage d'action , en conserva le par une lettre particulière, l'h, n'appartient caractère. Cette nouvelle manière de com. par conséquent qu'à la lecture,

muniquer nos pensées ne pouvait être imaConsidérée cuinme une certaine manière ginée que sur le modèle de la première. de prononcer, la prosodie est une espèce de Ainsi, pour tenir la place des mouvements cbant ajouté à la voix; c'est un intermé- violents du corps , la voix s'élève et s'abaisse diaire entre le chant musical et une pronon- par des intervalles fort sensibles. Chacun ciation entièrement monotone, comme l'est peut éprouver par lui-même qu'il est naturel à peu près la nôtre. « La différence qu'il y à la voix de varier ses indexions, à propora enire l'accent prosodique et l'accent mu tion que les gestes le sont davantage. » sical, dit Duclos dans ses Remarques sur la (Essai, part. 2, sect. 1, chap. 2, etc. ) prosodie de d'Olivet, c'est que l'accent mu Considérée comme science, la prosodie sical ne peut aujourd'hui élever ni baisser traite non-seulement de l'accent et de la moins que d'un demi-ton , et que le proso- quantité de chaque syllabe prise à part, dique procède par des tons qui seraient mais aussi des effets qui résultent de ces inappréciables dans la musique, par des deux propriétés de la voix , du rhythme qui dixièmes, des trentièmes de tons. Il y a , nait du mélange habile et de la succession ajoute-t-il, bien de la différence entre le régulière des tons graves ou aigus , des sylsensible et l'appréciable. »

labes longues ou brèves; de même que la Cette manière de prononcer, qui consti- musique, qui n'est à proprement parler , tue la prosodie, varie proligieusement se selon l'abbé d'Olivet, qu'une extension de lon les langues. Quelques-unes, les langues la prosodie, ne se borne pas à enseigner les anciennes surtout , ainsi que les langues des divers tons et leur quantité caractérisée par pays méridionaux, sont très prosodiques. les blanches, les noires, les rondes, etc., D'autres , comme la nôtre, manquent pres- mais elle enseigne encore les différentes que entièrement de prosodie. En français, mesures qui doivent régler le chant,

pronous n'avons pas d'accent, ou , si nous en priétés des différentes pièces de musique qui avons , il est placé si uniformément sur la résultent de la combinaison des notes. dernière syllabe, qu'il ne produit aucune

Les éléments essentiels de la prosodie ou variété dans la prononciation. La quantité de la prononciation musicale sont, comme est à peine marquée chez nous ; et cette pro on l'a vu dans la définition que nous en priété des voyelles, qui chez les anciens fai- avons donnée, l'accent et la quantité. L'acsait la base de la versification , qui donnait cent est l'élévation ou l'abaissement de la tant de prix au nombre oraloire, est main- voix sur chaque syllabe; la quantité est le tenant presque entièrement négligée dans temps plus ou moins long qu'on met à la la poésie comme dans l'éloquence. L'abbé provoncer. Comme la voix peut ou s'élever d'Olivet a entrepris, il est vrai , dans son ou s'abaisser, ou bien s'élever et s'abaisser Traité de poésie française, de trouver dans successivement sur la même syllabe , on disnotre langue un système complet de quan- tingue trois sortes d'accents : l'aigu, par letité, et de la soumettre à des règles fixes ; quel la voix s'élève; le grave, par lequel mais cet essai a plutôt prouvé en faveur de elle s'abaisse ; le circonflexe , par lequel elle l'esprit ingénieux de l'écrivain que de la vé-, s'élève et s'abaisse. On les marque dans cerrité du fait.

taines langues , en grec par cxemple, par

les

des signes particuliers, qui reçoivent aussi nent en général à la quantité des syllabes les noms d'aigu ('), de grave (°), de circon- et aux différentes sortes de vers , d'y joinflexe (1). Comme on peut aussi prononcer dre les traités de versification latine que nous une syllabe ou rapidement ou lentement, devons à MM. Planche et Quicherat. Ce dercomme les mêmes syllabes peuvent se-pro- nier surtout nous parait très-propre à initier noncer tantòt lentement, tantôt rapidement, les élèves à l'art de la composition poétique. on distingue également trois sortes de sylla

BERTON. bes, en les considérant sous le rapport de * PROSPER (SAINT), dit d'Aquitaine , la quantité, les brèves, les longues , les dou- était né dans cette province en 403, selon teuses ou ad libitum. Les brèves sont dési- l'opinion la plus commune. Il vivait encore gnies par le signe ( 0), les longues par (-), en 463. Sa fête est célébrée par l'Église le les douteuses par ( v ) ou (v). On sent com 25 juin. Ses ouvrages ont eu un grand nombien ces indications sont vagues , combien il bre d'éditions : les meilleures sont celles de doit y avoir de degrés entre le ton le plus Paris, 1711, in-fol., et de Rome, 1752 (c'est élevé et le ton le plus bas, entre la pronon sur cette dernière qu'à été faite celle de ciation la plus rapide et la plus brève. On Paris, 1760, ainsi que la traduction franne s'est sans doute arrêté là quà cause de çaise, ibid., 1762 , avec des notes). – Prosl'extrême difficulté de remarquer des nuan PER Tiro, poète , que l'on a, souvent conces trop délicates.

fondu avec le précédent, était né dans les Ces deux propriétés du son , l'accent et la · Gaules, et peut-être même dans la province quantité, n'ont pas , dans la prosodie de tou d'Aquitaine, vers la fin du 4e siècle. On a tes les langues, la même importance. Il est sous son nom une chronique imprimée plucertaines langues dans lesquelles l'harmonie sieurs fois à la suite de celle de saint Prosdépend plutot de la quantité ; d'autres où per, dont elle n'est guère qu'un abrégé ; elle dépend surtout de l'accent (l'anglais); mais elle en diffère par plusieurs passages d'autres enfin où la quantité et l'accent doi- qui semblent prouver que l'auteur partageait vent être également pris en considération ; les erreurs du semi.pélagianisme.-PROSPER telles sont les langues anciennes. Cependant d'Afrique, ainsi nommé du lieu de sa naisles traités de prosodie latine et grecque sance, florissait dans le 5e siècle. On préusités dans l'enseignement s'occupent pres. sume qu'il se fixa en Italie. Il est auteur de que cxclusivement de la quantité. La raison divers ouvrages attribués à saint Prosper en est sans doute qu'on y a plutôt pour but d'Aquitaine, et imprimé dans le recueil de d'enseigner à faire des vers qu'à prononcer ses ouvrages ,

tels
que

le Traité de la vocarégulièrement, et que dans la versification tion des gentils,

etc. des anciens la quantité joue le principal role. * PROSPER-ALPIN. Voyez Alpini.

La prosodie ainsi circonscrite, traite suc * PROST (JEAN-CLAUDE ), surnommé le cessivement de la quantité de chaque syllabe capitaine Lacuson , né à Longchaumois , et des variations qu'elle peut subir; de la près Saini-Claude , fit la guerre de partisan combinaison des syllabes de diverses quan- pour l'Espagne en Franche-Comté , de 1635 tités, d'où résultent les pieds ; de la combi. à 1659. La terreur qu'il avait inspirée aux naison des pieds, d'où résultent les diffé- habitants de la Bresso jurassienne était si rentes sortes de vers ; de la combinaison des grande qu'elle a perpétué jusqu'à nos jours vers de différentes sortes , d'où résultent les une oraison par laquelle Dieu était prié de divers genres de strophes et de poèmes. Les les préserver de deux fléaux : le capitaine régles qu'elle établit sur chacun de ces Lacuson et la fièvre. Cet aventurier défendit points varient selon les langues. Nous ne successivement, contre les armées de pouvons les indiquerici , et nous renvoyons Louis XIV, les principaux châteaux du aux grammaires de chaque langue, aux premier plateau du mont Jura , et alla mouquelles est généralement annexé un traité rir au siége de Milan , dans les rangs espade prosodie et de versification.

gnols. Les prosodies les plus répandues dans les * PROST DE ROYER (ANT.-Franç.), colléges sont celles de Le Chevalier, Rey, lieutenant-général de police à Lyon, né Boinvilliers , Noel , Aubert-Audet, Lefranc dans cette ville en 1729, se montra adminiset Lesieur, Veissier-Descombes, Cabaret- trateur habile , magistrat désintéressé, et Dupaty. Il est nécessaire, pour compléter était de son temps le seul homme à Lyon les notions qu'elles donnent , et qui se bor- qui connut le droit public. Après avoir mé

GIEUSE.

rité l'estime de ses concitoyens par ses verlus gistrats dans la place publique, de sorte et par son dévouement au bien public, il qu'il n'en reste aucun. wourut dans l'indigence en 1781. On a de PROTÉE ( Mythologie), dieu marin , lui : Lettre à monseigneur l'archievėque de fils de l'Océan et de Tethys, ou, suivant Lyon, dans laquelle on traite du prét à in- d'autres mythologues, de Neptune et de terét à Lyon, appelé dépôt de l'argent, Phænice, était chargé de conduire et de Lyon, 1763, in-8o : Voltaire , à qui Prost faire paitre les troupeaux marins du dieu de Royer avait envoyé son opuscule, a fait des caux. Il avait la connaissance de l'avenir, entrer cet écrit dans un recueil qu'il publia et l'on accourait de toutes parts pour le consous ce titre : les choses utiles et agréables sulter ; mais il se cachait , et quand il était (1769-1760, 3 vol. in-8'); Lettre sur l'aid- découvert, il usait du don qu'il avait reçu ministrition municipale de Lyon, ibid., d'échapper à la vue des mortels indiscrets 1765 , in-12; Dictionnaire de jurisprudence en prenant loutes sortes de formes. Il fallait el des arréis , etc., tom. 1-5, 1781-84, in-4°, lutter contre lui avec obstination pour continué par François-Armand Riolz. On a arracher ses secrets. La fable conte qu'il encore de Prost de Royer un illémoire sur la apparut sous la forme d'un spectre à ses enconservation des erfunis, 1778, in-80. fants, Tmolus et Télégone, geants d'une

* PROTAGORAS, célèbre sopbiste grec, atrocité inouie , et les corrigca de leur Dé à Abdere vers l'an 488 avant Jésus Christ, cruauté en leur faisant peur. exerça d'abord, dans sa jeunesse, le métier PROTESTANT. Voyez RÉFORME neli de portefaix. Démocrite ( voyez ce nom ), ayant reconnu en lui de lintelligence et de

* PROTESTANTISME. Voyez Calvin, la sagacité, l'admit au nombre de ses disci- Léon X , LUTHER, MÉLANCHTHON, etc. ples, et ne négligea rien pour

cultiver ses

* PROTOGÈNES, peintre grec, vivait à dispositions. Protagoras enseigna ensuite, Rhodes vers la 1126 olympiade ( 336 ans dans les environs d Abdere, la grammaire, avant Jésus-Christ). On ignore quel fut son qui comprenait alors la rhétorique, la poésie maitre , et la nécessité le réduisit à peindre, et la musique, puis vint ouvrir une école pendant long-temps, des ornements de dans Arbėnes. De nombreux auditeurs accou- vaisseaux, des décorations intérieures , etc. rurent bientot a ses leçons. Péricles y vint Apelles , sachant que les tableaux de cet arlui même, et fut séduit par l'éloquence et tiste n'étaient ni' recherchés ni payés, en par la singularité de la doctrine du profes- acheta un cinquante talents attiques. C'est seur. Protagoras, mettant un prix à ses alors que les compatriotes de Protogènes leçons, amassa de grandes richesses, et, quvrirent les yeux sur son mérite. Les écriselon Platon, il gagna plus lui seul que vains de l'antiquité ont cité comme le chef. n'auraient pu faire Phidias et dix autres d'æuvre de ce peintre son tableau d'laly'sus, statuaires aussi habiles. Il avait l'imagination chasscur et fondateur de Rhodes. I emvive et féconde , une mémoire heureuse, une ploya , suivant Pline, sept ans à le terminer, rare éloquence. Pl.rton , dans son Théetèle, et Apelles en le voyant resta nuet d'admidonne le précis de la doctrine de ce sophiste. ration. Il avait à représenter, dans cet ouProtagoras, devenu riche et indépendant, vrage, un chien écumant de fatigue et de visita les principales villes de la Grèce, chaleur : vingt fois il avait recommencé la passa dans la Sicile, et de là dans la Grande- tête de cet animal sans pouvoir rendre l'efGrèce, où , sur la demande des hubitants de fet qu'il se proposait : enfin le hasarıd le serThurium, il donna des lois à cette petite vit, au moment où, avec une éponge, il republique. Revenu à Athines en l'an 420 allait encore effacer son travail. avant Jésus-Christ, il y fut denoncé comme PROTOSPHATARIƯS. Voyez Théoimpie, et condamné à mort, ou selon d'autres au bannissement. Après avoir

* PROUSTEAU (GUILLAUME ) , quelques jours dans l'Archipel, sur une frêle distingué et professeur en droit , né à Tours barque, il fit naufrage, et périt à l'âge de en 1626, mort à Orléans en 1705 , fut le fon70 ans. Il avait composé divers traités sur la dateur de la bibliothèque publique de cette rhétorique, la physique et la politique; dernière ville, et mérita , par le noble usage mais ses ouvrages, dont Fabricius rapporte qu'il fit de sa fortune , le surnom de Pere les titres (dans la Biblioth. græca, liv. 2, des pauvres. On a de lui : trois Discours latins ch. 23 ), furent brulés par l'ordre des mu sur la pévitence, Orléans, 1680, in-8°, etc. Tome 19.

19

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PIILE.

erre

avocat

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