Page images
PDF
EPUB

ses travaux et ses conseils, il contribua crire contre Luther, et publia un ouvrage beaucoup à former Lesueur, Lebrun et Mi- intitulé : Propugnaculum summi sacerdotii gnard , et fut le principal-réparateur de l'art evangelici , ac septenarii sacramentorum sous Louis XIV : aussi ce monarque lui con. numeri adversus M. Lutherum , fratrem serva-t-il le titre et les honoraires de son famosum, et Wicklefistam insignem, Lonpremier peintre. Eu avançant dans la car. dres , 1523, in-8°. Cet ouvrage attira , ditrière, Le Poussin devenait moins exclusi- on , de très-grands éloges à l'auteur; mais venient attaché à ce goût sévère, qu'il avait il écrivit ensuite en faveur de la reine Capoussé quelquefois jusqu'à la dureté et à la therine et de la suprématie du siége de sécheresse. On ne peut pas dire précisément Rome, et la noble franchise avec laquelle il qu'il changea sa manière; car il écrivait s'exprimait excita à tel point le ressentiment lui-même à M. de Chantelou qu'il se sen- de Henri VIII, qu'il ordonna la mort du tait, en vieillissant, plus animé que jamais malheureux Powel. Il fut pendu, et ensuite du désir de régler ses pensées sur celles des écartelé à Smithfield, le 30 juin 1540, avec anciens peintres grecs : mais son exécution plusieurs autres victimes auxquelles on n'adevint plus moelleuse , sa composition plus vait à reprocher, comme à lui , qu’un exriche. Il commença à traiter des sujets où trême attachement à la religion de leurs les beautés de la nature pussent avoir une pères. — Powel ou Powell (Richard), litplace, et ne montra pas moins de talent térateur distingué du pays de Galles, mort pour le paysage historique que pour l'his- en 1795, est connu par un poème intitulé toire. Il imprima à tous ses ouvrages, qui les Quatre Saisons, publié en 1793. ne pouvaient être animés par un intérêt * POWELL (David), savant ccclésiastidramatique, un tel caractère de poétique que et historien gallois , né dans le comté mélancolie, qu'on ne les voit pas sans tom- de Denbigh vers 1552, mort en 1598, a ber dans une rêverie pleine de charmes : donné une Histoire du pays de Galles, Lontémoin ce paysage où, à travers les danses dres, 1584, in-40. Cette chronique, comlégères et les jeux folâtres d'une troupe de posée en latin par Caradoc, s'étendait de bergers livrés à la joie qu'inspirent la jeu- l'an 680 à 1282, et Humphrey Lloyd entrenesse et le printemps, on aperçoit une prit de la traduire en anglais ; mais, à sa tombe que couronne un cyprès avec cette mort, la version n'étant pas terminée, inscription : Et in Arcadia ego (et moi je Powell corrigea et augmenta le manuscrit, fus aussi pasteur dans l'Arcadie). Cet illus. continua l'histoire jusqu'au règne d'Élisatre peintre, l'éternel honneur de la France, beth. Elle a été réimprimée en 1697 et en auquel tant de belles qualités étaient échues 1774. Il en existe une traduction allemande, en partage, et dont les défauts ne viennent Cobourg, 1725, in-80. – Powell (Gabriel), · que de l'exagération de ces qualités mêmes, fils du précédent, né en 1575, mort en.1611, mourut à Rome en 1665; mais la plus grande s'est rendu célèbre parmi les puritains en partie de ses ouvrages est en Frauce. Le publiant plusieurs ouvrages de controverse Musée du Louvre possède de lui trente-trois contre les catholiques. Wood, qui en donne tableaux, tous de chevalet, à l'exception de la liste, prétend que l'auteur était un procinq, dont les figures sont de grande pro- dige de science; il avoue en même temps portion. Son tableau du Déluge est un des que son zèle pour sa secte était outré. chefs-d'ouvre de la peinture.

* POWNALL (Thomas), écrivain et an* POUSSIN (GASPAR OU GUASPRE). Voyez liquaire anglais , né à Lincoln en 1722, DUGĦET.

mourut à Bath en 1805. On a de lui un assez * POUTEAU (Claude), chirugien célè- grand nombre d'ouvrages , dont les princibre, né à Lyou en 1725, vint à Paris , où il paux sont : Administration des colonies anmourut en 1775. On a de lui plusieurs écrits glaises, cinquième édition, Londres , 1774, publiés par M. Colombier, inspecteur-géné- 2 vol. in-80; Description topographique des ral des hôpitaux de France , sous le titre États du centre de l'Amérique anglaise , d'OEuvres posthumes de M. Pouteau, Paris, 1776, in-fol., avec une carte, etc. 1783, , 3 vol. in-80.

* POYET (GUILLAUME), chancelier de POUVOIR. Voyez Souveraineté. France, né à Angers vers 1474, exerça d'a

* POWEL (Édouard ), ecclésiastique ca. bord la profession d'avocat, et fut regardé tholique, né en Angleterre vers la fin du comme l'un des oracles du barreau de Paris. 15e siècle, fut chargé par Henri VIII d'é- Choisi par Louise de Savoie, mère de Fran

çois Ier, pour soutenir les prétentions qu'elle * POZZI (Jos.-HYPPOL. ), médecin et poète avait contre le connétable de Bourbon, il italien, né à Bologne en 1697 , mort en plaida cette cause avec tant de succès , qu'il 1752, fit imprimer en 1732, deux Discours fut nommé avocat-général en 1531, peu sur l'anatomie , et quelques traités de cette après président à mortier, et parvint à la 'science. On trouve aussi de lui, dans le dignité de chancelier en 1538. Mais ayant second volume des actes de l'Institut de ensuite été accusé de malversations, d'abus Bologne, une dissertation sur la grenade de pouvoir, etc., il fut arrêté en 1542, privé (de malo punico). Le recueil de ses poésies en 1545, par arrêt du parlement, de toutes parut à Venise en 1776, 3 vol. in-8o. Un de ses dignités, déclaré inhabile à exercer au ces volumes contient ses rimes joyeuses. cune charge, condamné à 100,000 fr. d'a - Son fils dom Césaire-Jos. Pozzi , abbé du mende et à être en prisonné jusqu'à l'entier Mont - Olivet, mort en 1782 à l'âge de 64 ans , paiement de cette somme. Il mourut au a publié divers ouvrages dont on peut voir la mois d'avril 1518.

liste dans le tom. 7 des Scrittori bolognesi. * POYET (Bernard), architecte , né en * POZZO ( Cassien pel), commandeur 1712 à Dijon, reçut les leçons de Wailly, de l'ordre de Saint-Étienne , né à Turin , fit le voyage de Rome comme pensionnaire, mort vers la fin de 1657, s'est rendu célèbre et à son retour devint successivement ar. par sa riche collection d'antiquités romaichitecte de monseigneur le duc d'Orléans, net, et par la noble protection qu'il accorde la ville de Paris et de l'archevêché, dait aux artistes distingués, notamment au de l'université, du corps législatif, etc., Poussin qui jouit pleinement de son cabinet. membre de l'Académie d'architecture, du Il correspondait avec presque tous les littéconseil des bâtiments civils , et il mourut en rateurs et les savants de l'Europe, fut l'é1824, membre de l'Académie des sciences. mule et l'ami de Peiresc, et est considéré L'édifice consacré à la tenue des séances de comme le restaurateur de l'art antique. Le de la chambre des députés est un des prin- détail de sa collection forme 23 vol. in-fol. cipaux ouvrages de cet artiste, dont la fé * POZZO (JÉRÔME DAL), célèbre archicondité et la fougue d'imagination étaient tecte, né à Vérone en 1718, exerça son art extraordinaires. Malheureusement il tomba avec une extrême habileté, et chercha par dans la bizarrerie en voulant paraitre ori- ses conseils et son exemple à remettre en ginal, et plusieurs de ses conceptions , em- honneur la manière des anciens. On a de lui preintes d'ailleurs du cachet d'un talent dis- un traité d'architecture sous le titre : de gli tingué , furent avec raison considérées Ornamenti dell'architettura civile , secondo comme excentriques et inexécutables. Nous gli antichi. Cet ouvrage plein d'érudition et ne reproduirons point la liste des écrits de de goût, a été adopté dans un cours public Poyet, donnée par M. Mahul, tom. 5 de à Vérone. Pozzo était membre associé des son Annuaire nécrologique, au nombre de académies royales de Parme, et Clémentine vingt-cinq. Il suffira de mentionner le sui- de Bologne. Voyez Fonte-Moderata et vant : Mémoire sur la nécessité de transfé- Mongiorgi. rer et de reconstruire l'Hôtel-Dieu de Paris, * PRADES (JEAN-MARTIN ), prêtre bache1785, in-4° : le lieu de son choix pour cette lier de Sorbonne, né vers 1720 à Castelreconstruction était l'ile des Cygnes , et il Sarrazin , doit l'espèce de célébrité qui s'est reproduisit ce projet en 1807, en 1822 et en attachée à son nom à une thèse qu'il soutint 1824.

en Sorbonne, qui causa un grand scaudale, * POZZI (Jean-Baptiste), peintre, né à et força l'auteur à se réfugier en Hollande, Milan sous le pontificat de Sixte-Quint, où il fit paraitre son Apologie ( 1752, in-8°). mort à l'age de 28 ans, fut élève de Raffael. S'étant ensuite rendu à Berlin , il y fut aclino da Reggio, et s'est beaucoup approché cueilli par Voltaire , et obtint par sa protecdu talent de ce maitre. Pozzi (Étienne), tion la place de lecteur du roi de Prusse, autre peintre , né à Rome en 1708, mort en dont il eut le bonheur de gagner

l'amitié. 1769, a exécuté dans Rome un grand nom- Mais les bienfaits dont ce prince le combla bre d'ouvrages qui lui ont mérité la réputa- ne tardèrent point à exciter la jalousie des tion d'un des meilleurs artistes de son temps. courtisans. Pendant la guerre de sept ans,

Joseph Pozzi, frère du précédent, se dis. l'abbé de Prades fut accusé d'être en correstingua aussi dans l'art de la peinture, mais pondance avec un secrétaire du duc de Bron'atteignit point la réputation de son aîné. glie, et de lui rendre compte des mouve

ments de l'armée prussienne. Le roi recon- Othon ler, intitula commandement pragmatinut ensuite l'innocence de l'abbé, qui n'en que la Charte qu'il donna en 977, parce que fut pas moins envoyé à Glogau, avec l'in- la diète germanique n'existant pas encore , jonction de ne pas sortir de cette ville sans il régnait en despote. Comme elle était étanécessité. Il s'était depuis quelque temps blie depuis 1061, quand l'rédéric Barberéconcilié avec l'Église par une rétrataction rousse donna, en 1173, son grand statut, il solennelle des principes contenus dans sa l'intitula pragmatique-sanction. Saint-Louis, thèse. Il fut nommé archidiacre du chapitre en publiant celle qui porte sou nom, y déde Glogau , et mourut dans cetle ville en clara qu'elle émanait d'un conseil des prin1782.

cipaux du royaume , représentant la nation : * PRADON, poète dramatique, né à Hoc edicto consultivo; et Charles VII, ,pro. Rouen, mort à Paris en 1698, est bien mulguant ensuite celle de son règne, la moins connu par ses ouvrages que par l'hon: présenta comme émanée d'un semblable neur qu'il eut d'être opposé à Racine , et par conseil : De consilio procerum. I faut conles traits plaisants que son nom a fournis au clure de ces observations, et de plusieurs satirique français. Il vint de bonne heure à autres consignées dans notre dissertation Paris, il suivit la carrière du théâtre avec historique sur le même sujet, que les pragsuccès , si l'on considère les triomphes trom- matiques-sanctions étaient des statuts fonpeurs qui l'aveuglèrent lui-même ; avec damentaux qui, émanés d'un pouvoir disbonte , si on le juge sur la réputation qui tinct de celui auquel seul appartenait le droit lui est restée. Une cabale aussi lâche qu'i. de les publier , attestaient par leur promulReple, qui poursuivait alors Racine , eut gation que celui-ci les avait ratifiés ou sancl'idée de lui faire subir une indigne rivalité: tionnés. sa Phèdre venait de paraitre; deux jours Énéas Sylvius Piccolomini , qui devint après on fit jouer celle de Pradou, et, à la pape sous le nom de Pie II, restreignit trop honte des barbares , Pradon fut déclaré la portée de nos pragmatiques-sanctions , vainqueur. (Voyez Racine. ) C'est mal à quand il dit qu'elles n'avaient rapport qu'aux . propos que presque tous les biographes don- affaires ecclésiastiques. On conçoit que , Dent à Pradon le surnom de Nicolas, qui préoccupé des choses de son état , il pût ne n'est pas le sien; la source de cette méprise pas voir que l'objet de ces deux fameux staa été l'indication négative (N.) mise quelque tuts étail mixte ; qu'ils avaient pour but l'apart après son nom , et qu'on crut ètre l'ini- vantage temporel, comme le bien spirituel liale de Nicolas. Les ouvrages de ce poète, du royaume; mais on ne comprend pas pouraujourd'hui totalement inconnus, sont cités quoi l'Académie française, adoptant encore, par Niceron.

en 1762, la définition systématique de Pic* PRÆPOSITIVUS, théologien, des 12e colomini, a dit, dans son grand Dictionet 13e siècies , né à Crémone , fut chancelier naire, « que nos pragmatiques - sanctions de l'église de Paris en 1206, et mourut, à ce

n'étaient

que des réglements en matière ecqu'on croit, en l'an 1209. Il a laissé plu- clésiastique. sieurs ouvrages inédits , dont les copies ma Leur but essentiel fut d'empêcher que le nuscrites sont fort nombreuses. Il en existe royaume de France continuât d'être appauen Italie, en Angleterre et à la Bibliothè- vri par les exactions des papes, au moyen de que du Roi. Le plus remarquable de ces l'usurpation qu'ils avaient faite du droit de écrits est une somme de théologie, dont on nommer aux évêchés et autres bénéfices a imprimé quelques pages à la suite du Pé- quand ils venaient à vaquer, et souvent mème nitential de Théodore.

par anticipation , du vivant du titulaire, avec PRAGMATIQUES-SANCTIONS. Toute l'expédient des gråces expectatives. Le déloi, chez les Grecs , avait le nom général de sordre ne pouvait être arrêté que par une pragma ; et les jurisconsultes qui s'adon- revendication nationale et royale du droit naient spécialement à l'interprétation des de ceux en qui les règles canoniques avaient lois équivoques ou obscures , s'appelaient reconnu le pouvoir d'élire le successeur du pragmaticiens. Au temps des empereurs ro- prélat ou autre bénéficier récemment démains, dont le pouvoir seul faisait la loi , cédé. elle s'appelait rescrit pragmatique, ce qui Malheureusement les préjugés des temps était l'équivalent de commandement impé- de Louis IX et de Charles VII ne permetrirl. Le premier des empereurs d'Allemagne, taient pas de comprendre que leurs prag

matiques-sanctions n'auraient qu'une exis- inconvénients de cette influence dominatrice, tence éphémère et incertaine , parce qu'ils o en suppliant les monarques de laisser au ne les établissaient que sur les règles cano- clergé et au peuple la libre faculté d'élire niques du moyen âge , au lieu de les fonder leurs évêques, et en prescrivant à ces élecsur celles des beaux siècles du christianisme. teurs de ne choisir qu'un sujet du diocèse ,

Saint Cyprien nous atteste qu'en 253 , ou tout au plus du voisinage, mais dont la « conformément aux traditions apostoliques bonne conduite et la scicoce fussent bien et même divines , lorsqu’un siége épiscopal cunnues dans le diocèse qu'il devait goudevenait vacant, les évêques de la province verner. » se réunissaient dans les villes de ce siége Déjà les évêques de chaque province de pour nommer et ordonner le sujet qui devait France où un siége devenait vacant, négliremplacer le défunt; que l'élection ne se geaient de se rendre dans la ville où il fallait faisait qu'en présence et du consentement élire le nouveau pasteur ; et les chapitres de du peuple.» — «Ille fallait absolument, dit le cathédrales , étant une réunion permanente même père, attendu qu'on n'élisait jamais d'électeurs, s'emparaient insensiblement du qu'un sujet du même diocèse , et que le peu. droit d'élection. Pour éluder l'autorité du ple de ce diocèse était seul capable de rendre métropolitain , ils se mettaient en relation témoignage de la vie et des mæurs de ceux directe avec les rois , qui trouvaient un grand parmi lesquels on pouvait choisir.» «L'é. avantage à favoriser cette usurpation. Les lection, disait saint Léon, en 445, doit être choix tombaient plus directement sous leur souscrite par le peuple et ses magistrats influence , d'autant mieux que les chapitres comme par le clergé, parce qu'il est juste excluaient formellement des élections qu'ils que celui qui doit présider sur tous , soit s'arrogeaient , non-seulement les laïques , élu par tous; » et, suivant le langage d'Hinc. mais même les curés et les religieux. Le con. mar, archevêque de Reims , au neuvième cile général de Latran , en 1139, le leur désiècle, « il faut que celui à qui tous doivent fendit; mais ce fut bien inutilement. Ils n'en obéir , ait reçu de tous le droit de leur com tinrent pas plus de comple que les rois n'amander. »

vaient eu égard aux supplications et décrets L'évêque de Rome , le seul qu'aujourd'hui du concile de Valence. nous appelons pape, s'élisait de la même Alexandre III, élu en 1159, par

les carmanière. Ce vieux Liber diurnus romano- dinaux, ayant ensuite triomphé du concur. rum pontificum, dont il a été parlé au mot rent qu'on lui donna , puis des trois autres Papp, est témoin que l'élection de ce pon- qui se succédèrent après celui-ci, et qu'on a life était toujours faite en commun « par le qualifiés comme lui du titre flétrissant d'anticlergé , les citoyens, les patriciens, et même papes, fit décider paar un concile de Latran, les militaires , depuis le plus élevé en grade en 1179, que désormais l'évêque de Rome ne jusqu'au dernier des soldats.» Même en 1139, serait plus nommé que par les cardinaux. le concile général de Latran, tenu par con Innocent III, fait pape de cette manière en séquent à Rome , et sous la présidence d'In- 1198, trouva convenable à ses vues politinocent II, décida « que toute élection à la- ques de rendre cette disposition générale quelle les laïques n'auraient pas concouru, pour tous les sièges de la chrétienté, et il au moins par leur consentement, serait statua dans un autre concile de Latran , en frappée de nullité. »

1215, que tous les évêques seraient élus par Mais, à l'exemple des empereurs qui, suco les chapitres des cathédrales respectives , cédant immédiatement à Constantin ler, s'é- sans aucune intervention des laïques, même taient prévalus de ses largesses envers l'é- des autres prêtres et des religieux. Cet ordre glise de Rome pour s'immiscer dans l'élec- de choses devint bientôt le droit commun, tion de ses évêques, en se réservant le droit en ruinant celui qui , pendant douze siècles, de les confirmer, les autres souverains étaient avait subsisté dans l'Église. intervenus, par des commissaires, dans les Mais les chapitres de cathédrales , étant élections des évêques de leurs états respec- aussi quelquefois contrariés par les princes tifs. Elles en étaient le plus souvent faus- dans les élections, s'en plaignaient aux pasées en faveur des ccclésiastipues de cour, pes , que par là ils acheminaient au privilége des parents et quelquefois même des bâtards de nommer aux évêchés et aux autres bénéde ces princes. Un concile de Valence, en fices, non sans retirer de grands émoluments 855, essaya , sans succès, de remédier aux pécuniaires de ces nominations. Clément IV

au

publia, en 1266 , une bulle, par laquelle il

у

faire venir tant d'autres potentats se prosattribuait aux seuls pontifes de Rome une terper devant leur immense puissance. Ce grande quantité de nominations de ce genre, Benoît XII, qu'au temps des antipapes et lésait même les prétentions des chapitres d'alors , les cardinaux de sa faction élurent en quelques points analogues. Les exactions dans cette ville, en 1394, et que le clergo de la cour romaine appauvrissaient de plus français s'empressa de reconnaître pour pape en plus le royaume. Ce fut alors que les ré- légitime, ne se bornait pas à exiger comme criminations générales donnèrent lieu à la des redevances inévitables, les subventions rédaction de cette pragmatique - sanction que la charité avait prodiguées à ses prédéque saint Louis promulgua en mars 1268. cesseurs dans les premiers temps de leur sé

Dans son préambule, il mit en principe jour en France. A la vacance des évêchés et e que son royaume n'avait jamais eu , des autres bénéfices, il s'en rendait l'arbidessus du roi , d'autre dominateur ni d'autre tre, prétendait à la dépouille des titulaires protecteur que Dieu , et qu'il ne voulait pas défunts, et même aux arrérages qui leur lui en reconnaitre d'autre. » Ensuite il sta- étaient dus à leur décès. Charles VI, indi. tua « que les églises et cathédrales auraient gné de tant d'usurpations, y opposa, le 18 la liberté des élections, que ces élections février 1406, un édit par lequel il tâcha de sortiraient leur plein et entier effet; que les faire revivre la pragmatique - sanction de esactions pécuniaires et autres charges oné- saint Louis; et le parlement, par un arrêt reuses , imposées par la cour de Rome, les du 11 septembre suivant, défendit à Bequelles, « disait-il, ont misérablement ap- noit XIII, de se permettre aucune exaction pauvri notre royaume , ne pourraient être en France, sous peine de poursuite contre levées ou recueillies. » Ce sont là les plus les exacteurs. essentiels des six articles dont se composait Le concile général, indispensable pour la pragmatique-sanction de saint Louis. mettre fin au schisme occasioné par trois

Sa fermeté contre l'exagération du pou- papes qui en même temps voulaient gouvervoir des pages , en d'autres circonstances , ner l'Église, à savoir, Benoit XIII, résidant comme en celle-ci, notammant lorsqu'il s'é. à Avignon , Jean XXIII, à Pise , et Grégoire tait soulevé, en 1245, contre la déposition XII à Rome; ce concile s'ouvrit à Constance, de l'empereur Frédéric II par Innocent IV, le 5 novembre 1414, et commença par dé. fit juger à la cour de Rome qu'il lui serait poser Benoit XIII. Jean XXIII ayant ensuite inutile de s'opposer à l'exécution de cette abdiqué, et Grégoire XII étant inort, il elut pragmatique-sanction. Elle ne l'osa pas non pour vrai pape Martin V, le 11 novembre plus sous les règnes de Louis-le-Glutin et même 1417. Dans l'intervalle, un grand nombre du roi Jean II; mais Rome eut, en 1302, un de membres du concile, et surtout les évêpontife très-audacieux, en qui revivait dans ques de France qui étaient de cette assemtoute sa vigueur l'esprit de Grégoire VII et blée, avaient instamment demandé qu'elle d'Innocent III. Ce pontife était Boniface VIII, décrétåt formellement le rétablissement des avec qui presque tout le clergé de France, élections par les chapitres de cathédrales , asservi par les fausses décrétales , était dans conformément au dernier droit com une aveugle et servile connivence. Quelles déjà lui-même presque

aboli

par les réserva. atteintes ne durent pas souffrir les élections tions des papes; mais le concile , trop occupé capitulaires, dans un temps où, malgré la de l'extinction du schisme, avait renvoyé ce défense que Philippe-le-Bel faisait aux évé- point de discussion au prochain concile, ou ques d'obéir à Boniface qui leur avait enjoint au pape qu'il allait élire, voulant qu'il traide venir à Rope s'humilier à ses pieds, il y tât de cet objet avec des membres de chaque en eut trente-quatre qui s'y rendirent à cel nation. Martin V, à peine élu, s'était subi. effet!

tement imprégné des idées de la cour de Sous Philippe de Valois, la puissance des Rome; il éluda la commission , et l'affaire papes se trouvant encore plus affermie en qu'il devait discuter avec des pères du conFrance par les empiétements du clergé, la cile, se trouva renvoyée au concile suivant, pragmatique-sanction de saint Louis était qui fut celui de Båle , en 1431. presque entièrement oblitérée. On ne s'en Charles VI, ayant prévu quç Martin V souvenait plus , lorsqu'en 1309, les papes prendrait l'esprit de ses prédécesseurs, avait, vinrent habiter Avignon , y tenir une cour dès la nouvelle de son élection , convoqué à plus magnifique que celle du monarque , et Paris une assemblée composée de prélats ,

ommun

« PreviousContinue »