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trouver dans cette fable une piquante al sens suffisant pour y introduire aussitôt légorie et one leçon. En effet, cette jeune un premier degré d'animalité, mais non de fille, qui voit tout son bonbeur s'évanouir cette animalité complète qui résulle de l'inpour avoir voulu en connaitre l'auteur , lellect ajouté au simple instinct. » Il n'est n'a-t-elle pas été imaginée pour nous avertir pas besoin de faire observer que l'intellique l'amour ne vit que de mystère et d'illu- gence et l'instinct dont il est ici question, sion, et que des amants doivent redouter , ne peuvent être dans le psychodie que procomme l'a dit un poète

portionnés à la simplicite de son organi

sation. coup d'œil hasardeux.

Cette simplicité semble indiquer que les D'un examen falal à tous les deux.

psychodiés durent être les premiers animaux PSYCHODIAIRE. ( Histoire naturelle. ) qui peuplèrent les eaux de notre planète à Notre savant collaborateur Bory de Saint- l'époque où nos continents n'étaient point Vincent a proposé une nouvelle distribution encore formés. Selon Bory de Saint-Vincent, des corps naturels en cinq règnes , dont l'un les polypiers mous précédèrent les autres porte le nom de psychodiaire. Pour mieux classes du règne psychodiaire, les polypiers faire comprendre la place que ce règne oc- flexibles parurent ensuite, et furent suivis cupe dans l'ensemble de tous les êtres, nous des polypiers pierreux. En suivant cet ordre allons exposer en peu de mots sa division pour leur classification, on aura trois grangénérale.

des classes : les ichnuzoaires, les phytoLes corps naturels se partagent en deux zoaires et les lithozoaires. grandes sections : celle des corps inorga Les ichnozoaires ne sont point obligés niques, dont l'essence est d'être éternels, de se fixer stir des corps étrangers ; contracse compose de deux règnes , l'éther, formé tiles dans toutes leurs parties, ils sont déde la lumière, de l'électricité , peut être du pourvus de charpente , ou du moins cellefuide élec! rique , etc.; et le règne minéral, ci ne consiste qu'en un rudiment osseux. comprenant toutes les substances miné- Leur corps n'est qu'une sorte de sac avec rales; la section des corps organisés, dont une seule ouverture. Cette classe comprend l'essence est d'être périssables, se com- deus ordres : les polypes nus divisés en deux pose de trois règues, le règne végétal , familles , celle des hydrines, vivant sans ou celui de tous les êtres végétants ; le règne racines, et celle des philadelphes , en maspsychodiaire, composé d'êtres végétants et ses plus ou moins confuses ; et les polypes vivanis successivement ; et le règue animal, nageurs, formés d'individus liés d'une maformé d'êtres végétants et vivants simulta- nière plus intime. nément.

La classe des phylozoaires est partagée On voit dans cette division que le règne en trois ordres : celui des pydres ou holypsychodiaire tient le milieu entre le règne pes qui végèlent sur des corps étrangers ; végétal et le règne animal. Cependant, celui des arthroulies, qui pendant un certain quoique la vie ne prenne pas dans le psy- temps n'offrent rien qui ressemble à des chodié la même prépondérance que dans lydres ou à des polypes , et qui, sous l'apl'animal véritable , le sens du tact qu'il pos- parence de végétaux, ont dans leurs longs sède au plus haut degré, puisqu'il y est tubes des animacules que l'on voit enfin se développé sur toute sa surface externe et développer, en prouvant par certains mouinterne, et qu'il pénètre dans toutes les vements leur animalité; enfin, un dernier parties de l'individu, le met bien au-dessus ordre composé d'alcyons et de corallinés. du végétal, en le laissant cependant au Dans la classe des lithozoaires sont comdessous des animaux. La vie est répandue pris tous les lythophytes : il s'y trouve dans toutes ses parties, en sorte que cha- fréquemment des polypes; mais, dit Bory cun de ses fragments, détaché du toul, de Saint-Vincent, il y existe bien plus soupeut devenir un individu complet. Les facul- vent d'autres formes animales, recouvrant tés dont jouissent les êtres qui font partie des supports inorganiques entièrement pierdu règne psychodiaire, ont fait caractéri- reux, supports qui ne sont pas susceptibles ser celui-ci de la manière suivante par le de se reproduire par boutures. Hoot. naturaliste qui en est en quelque sorte le PSYCHOLOGIE. Science de l'ame ou du créateur. « Règne composé d'individus vė- principe intelligent. gétants , mais ayant au-dessus du végétal un Objet de la psychologie. Au-dedans de Tome 19.

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nous et dans les profondeurs de potre être, science du principe intelligent, est donc par un principe se développe continuellement, cela même la science du moi ou de l'homme. qui va saisir bors de nous les réalités que le On aurait tort d'en conclure que la psymonde contient, et en conçoit des notions chologie est la science de ce composé de plus ou moins complètes, plus ou moins matière et de forces diverses , que le nom distinctes.

dlomme sert à distinguer des autres êtres Ce principe ne s'arrête pas à la superficie organisés. Il y a dans ce composé deux des choses ; à ces phénomènes, à ces attri- choses distinctes : l'homme proprement dit, buts visibles qui nous les manifestent immé. et lanimal. La physiologie éludie l'animal; diatement; il pénètre plus avant , et s intro- la psychologie, l'homme, c'est-à-dire, le duit dans un monde caché que votre æil principe dans lequel chacun de nous sent ne voit point, que notre main ne saurait distinctement que sa personnalité est contoucher.

centrée, et qui est le principe intelligent. Au-delà des phénomènes , il conçoit des C'est là le moi ou l'homme véritable, et causes ; entre les faits , des dépendances, c'est en ce sens seulement que la psycholosous les attributs des existences réelles; et gie est la science de l humme. par-delà encore une cause source de toutes

Le principe intelligent n'est pas seuleles causes, des lois règles de tout rapport, ment intelligent, il est en même temps senune existence centre commun de toutes les sible , volontaire, passionné, locomoteur. existences , un espace qui contient tout, C'est ce qu'il reconnait lui-meme , cn rapune durée où tout se produit et s'écoule. portant à lui, comme à leur sujet ou à leur

Il embrasse ainsi le visible et l'invisible, cause véritable, les phénomèncs de la senl'apparent et le caché , et élève dans son sein sibilité, de la volonté, de la passion, de la une image du monde qui est la connaissance locomotion, tandis qu'il ne s'allribue point humaine.

et renvoie à l'animal les phénomènes de la Or, toutes les fois que ce principe se déve- digestion , de la circulation, de la sécrétion loppe, un phénomène singulier se produit de la bile, et une foule d'autres qui se proen lui. En atteignant les réalités extérieures, duisent dans le composé avec lequel on vouil a conscience de lui-même qui les atteint; drait l'identifier. En renfermant l'homme en les trouvant, il se trouve. Saisissant à-la- dans le principe intelligent, nous ne le mufois deux choses, l'une qui connait, l'autre tilons donc pas; et en le séparait de l'aniqui est connue, se reconnaissant dans la mal, nous ne faisons que constater dans la première , el ne se reconnaissant point dans science une distinction qui est dans la nature la seconde, le principe intelligent exprime des choses. cette différence et celte dualité, en disant moi De la nalure et de la certitude de lit et non moi,

science psychologique. Ce qui est l'objet de Dès lors il se pose au centre de cet uni- la science psychologique, c'est le principe vers qu'il embrasse et qui le contient, et il 'intelligent; ce qui en est l'instrument, c'est s'en distingue nettement. Dès lors aussi , au

ce même principe. Il y a donc cela de spécentre de toutes les sciences possibles , ap- cial dans la psychologie, que son insirument parait ct se distingue une science speciale, et son objet sont identiques. C'est ce qui qui est celle du principe intelligent ou la n'arrive que dans celle seule science. Dans psychologie.

toutes les autres, l'instrument, qui est le Cette science est identique à celle du moi; principe intelligent, est distinct de l'objet car qui est-ce qui dit moi ? c'est le principe même auquel il s'applique. intelligent; et ce qu'il appelle moi, c'est De cette singularité en résulte une autre : nécessairement lui. Elle est également iden- c'est que la connaissance ne s'obtient pas en tique à la science de l'homme , car qu'est-ce psychologie de la même manière que dans les que l'homme, sinon ce que chacun de nous

autres sciences. L'intelligence ne peut s'ob.' appelle moi ? et qui esl-ce qui dit moi, si

server comme elle observe les choses qui non le principe intelligent? et que peut-il ap- ne sont pas elle; elle a le spectacle de cellespeler moi, sinon lui-même? Le moi, l'homme, ci, elle les voit, elle les contemple; mais je principe inteligent sont donc des déno- elle ve peut avoir le spectacle d'elle-même , minations différentes d'une même chose ; la elle en a le sentiment ou la conscience. La science de l'une de ces deux choses est donc la psychologie est fille de la réflexion , comme science des autres ; la psychologie, qui est la toutes les autres sciences le sont de l'attention.

Mais là s'arrêtent les différences, et l'on précautions contre l'errcur ayant été prises, n'en peut rien conclure , ni contre la possi- une chose lui parait vraie , elle pense avee bilite, ni contre la certitude de la science confiance qu'elle est vraie réellement. psychologique. En effet, ni l'identité de l'in Ainsi la certitude de toutes nos connaisstrument et de l'objet n'empêche la connais sances repose en dernière analyse sur la vésance , ni la manière dont elle est obtenue racité supposée de notre intelligence, Or, u'en affaiblit la certitude.

si cette véracité est réelle , elle est permaCe qui démontre la première de ces véri- nente , et ne saurait être suspendue dans un tés, c'est le fait que nous savons à chaque cas particulier. Quel que soit donc l'objet moment ce qui se passe dans le sein de notre auquel s'applique l'intelligence, la véracité moi ; et ce qui démontre la seconde, c'est de l'intelligence est la mème. Si donc on que, de toutes les certitudes , la plus invin- l'admet pour une science on doit l'admettre cible à nos yeux est celle qui s'attache aux pour loutes. depositions du sens intime. Rien au monde La question de savoir si la certitude existe ne pourrait nous persuader que nous ne pour une certaine science se ramène donc à pensons pas , que nous ne voulons pas , que celle-ci : l'intelligence juge-t-elle que dans nous ne sentons pas, quand nous avons la cette science sa véracité puisse être mise à conscience que nous pensons , que vous vou- l'abri des causes d'erreur qui peuvent l'élons et que nous sentons ; et la plus absurde garer ; en d'autres termes , les notions qu'elle de toutes les suppositions serait celle qu'ın acquiert dans cette science lui inspirent-elles bomme pui penser , vouloir , sentir , sans cette pleine confiance qui entraine son asen être informé.

sentiment et sa croyance ? Or , l'affirmative Aussi bien serait-il étonnant qu'un prin- n'est point douteuse en psychologie; les nocipe dont l'essence est de connaitre ne se tions que la science nous donne nous inspirent conoût pas lui-même, ou qu'on dùt croire à une parfaite confiance. La certitude de la tout ce qu'il affirme, excepté à ce qu'il af- science du moi est donc appuyée sur les mè. firme de sa propre nature.

mes bases que la certitude de toute science Il suffit de savoir à quel titre nous croyons, possible. pour apprécier la valeur des doutes qu’on a Du point de lépart de la psychologie. Puis. élevés contre la certitude psychologique. que le moi se sent continuellement, il a

Quand notre intelligence a obtenu la no- continuellement une connaissance plus ou tion d'une réalité quelconque , elle conçoit moins distincte de lui-même. Puisqu'il se que cette notion peut être conforme ou non distingue continuellement de ce qui n'est à la réalité connue. Conforme , elle est vraie; pas lui, il sait à chaque instant plus ou non conforme, elle est fausse. Les raisons moins distinctement ce qu'il est. Ainsi la que l'intelligence peut avoir de regarder science du moi est cominencée dans la concomme vraie la potion qu'elle a obtenue, science de chaque homme. fondent la certitude de cette notion.

D'oi vient que la science du moi ne sort Or, l'intelligence est assurémeut suscep- point claire et complète de cette conscience tible de commettre des erreurs ; elle le sait; sans cesse provoquée qu'il a de lui-même ? et elle n'adopte pas légèrement et de prime L'intelligence humaine , quel que soit son abord les notions qu'elle acquiert. Mais lors- objet, n'aiteint jaunais , sans l'intervention qu'elle a pris les précautions qui lui sont de la volonté, la connaissance claire des inspirées par sa nature pour éviter l'erreur, choses. L'expérience nous apprend ce fait, il arrive que les notions ainsi acquises lui et la nature de l'intelligence l'explique. inspirent une pleine confiance , elle les re Pour que nous puissions observer un obgarde comme vraies; elle y croit.

jet quelconque, il faut que nous le connaisD'où vient cette confiance ? Elle n'est au sions. Pour que nous le connaissions , il tre que la foi que l'intelligence a en elle- faut qu'il se soit manifesté à nous sans que même. L'intelligence est profondément con. nous l'ayons voulu. Il y a donc une connais.vaincue quil est dans sa nature de voir sance involontaire de chaque chose, qui préles choses telles qu'elles sont, et que cèle inévitablement l'étude volontaire que si elle se trompe quelquefois, la faute n'en

nous pouvons en faire. est pas à cette nature , mais aux conditions Or, c'est encore un fait d'expérience que matérielles auxquelles elle est soumise en cette connaissance involontaire et primitive cette vie; en sorte que quand, toutes les est toujours obscure , et qu'elle ne devient

claire que par l'analyse qui sépare et consi- semblables , le phénomène de l'éclaircissedére isolément chacun des éléments qui la ment ne s'opère que peu à peu. D'abord le$ composent.

notions principales renfermées dans la noL'analyse , source de clarté , est le procédé tion complexe apparaissent et se distinguerit; nécessaire de l'intelligence volontaire; la ensuite, dans le sein de chacune d'elles synthèse , source de l'obscurité , parce qu'elle nous distinguons des notions moins étenembrasse et ne distingue pas , est le procédé dues, qui se résolvent elles - mêmes peu à naturel de l'intelligence involontaire. peu dans des notions plus élémentaires , jus

Ainsi, comme nous débutons nécessaire- qu'à ce qu'enfin , de subdivision en subdiviment par une intelligence involontaire des sion , la décomposition atteigne les éléments. choses, toute connaissance est d'abord ob La première chose qui m'apparaisse netscure et indistincte. Elle ne devient claire et tement, lorsque je cherche à me rendre nette que lorsqu'elle a été analysée , c'est-à- compte de ce que je suis , c'est que je me dire lorsqu'elle a été soumise à l'action li- trouve toujours agissant d'une certaine mabre de l'intelligence.

nière et éprouvant des modifications qui ne Voilà pourquoi tant que le moi ne s'est sortent pas de moi, mais que je subis sans pas librement replié sur lui-mêine, la con les avoir produites et sans pouvoir les éviter. naissance spontanée qu'il a de sa manière Ainsi, je ne me trouve pas pur et séparé d'être, quoique incessamment renouvelée, de modifications ; je me trouve toujours sous reste obscure.

une manière d'être particulière; en sorte Et de là vient que la plupart des homines qu'il y a toujours complexité dans l'objet qui meurent sans avoir obtenu une connaissance tombe sous ma vue; complexité dont le moi nette de ce qu'ils sont.

est l'élément invariable, et dont la manière Pour celui-là seul qui s'est étudié volontai. d'être du moi est l'élément variable. rement, c'est-à-dire qui a réfléchi sur sa pro Dans quelque état et dans quelque mopre nature, la notion du moi , la science ment que je me surprenne , c'est toujours le du moi, peut être distincte.

moi que je rencontre; de plus, je le renLe point de départ de la science du moi contre toujours agissant ou modifié d'une contient donc toute la science du moi. En certaine façon ; et enfin j'observe que l'acd'autres termes , la conscience obscure que tion ou la modification n'est pas toujours la nous avons tous de nous-mêmes deviendra même , mais varie d'un cas à un autre. la science du moi , quand elle aura été éclair Quand je m'interroge sur ce qui est moi et cie par la réflexion libre.

cc qui n'est pas moi dans chaque cas , je Conscience obscure du moi , voilà le point trouve que l'élément constant , c'est-à-dire, de départ de la psychologie ; connaissance ce qui agit et ce qui est modifié , est appelé claire du moi, voilà la psychologie elle même. moi par la conscience , qui appelle non moi Entre le point de départ et le but, il n'y a les actions diverses produites et les modifiqu’une différence de forme. La psychologie cations variables éprouvées. n'est autre chose

que

la conscience de nous En passant d'un état à un autre, l'élément mêmes transformée; c'est le sentiment du constant qui s'appelle moi est convaincu moi, commun à tous les hommes, rendu qu'il est le même dans les différents cas; il clair d'obscur qu'il était.

est convaincu en même temps que les actions Le moyen ou l'instrument de transforma. et les modifications changent d'un cas à un tion, c'est la réflexion; et la réflexion n'est autre. autre chose que l'intelligence humaine li Enfin, dans chaque cas particulier, l'élébrement repliée sur son principe.

ment moi se connait simple sous la multiPremière transformation de la notion plicité des actions qu'il produit et des moprimitive du moi, ou circonscription de la difications qu'il éprouve. psychologie. Qu'y a-t-il dans la conscience De là une première distinction capitale que chacun de nous a de soi-même ? La so- dans la conscience obscure que nous avons lution de cette question est la psychologie du monde interne. Il y a dans le monde intout entière. Mais nous ne pouvons décou- terne, il y a dans l'objet complexe saisi á vrir tout d'un coup toutes les notions parti- chaque instant par la conscience des éléculières contenues obscurément dans la ments distincts , l'un, qui est nouis, l'autre conscience totale que nous avons de notre qui n'est pas nous; et il y a entre ces deux moi. Dans ce cas, comme dans tous les cas éléments cette différence ultérieure , que

il ne

l'élément qui est nous, est simple dans chaque il ne se trouve pas; ce quelque chose , moment, identique à lui-même dans tous les l'appelle pas moi , il ne se sent pas en lui. moments, tandis que l'élément qui n'est pas Alors donc qu'il l'atteint, il sort , non-scutnous, est multiple dans chaque cas, et va lement de ce qui est visible par lui, mais en. riable d'un moment à un autre.

core de ce qui est lui; et non-seulement de Poursuivons notre analyse. Bien que l'élé ce qui est lui, mais encore de ce qui vient ment variable et l'èiement constant soient de lui ou en dépend. Ce n'est plus ni le moi, distincts, il y a entre eux une dépendance. ni une action du moi, ui une modification Le moi est le principe des actions qu'il pro- du moi; ce n'est ni un phénomène, ni une duit , il est le sujet des modifications qu'il réalité individuelle : c'est quelque chose éprouve ; sans lui les actions ne seraient pas ; d'une troisième nature , qu'il ne comprend et s'il n'était là pour être modifié, il n'y au- que négativement; c'est quelque chose qui rait point de modifications. Ainsi l'élément le dépasse, et à quoi il se rattache ; c'est en. variable n'existe que par l'élément invaria- tin l'objet encore confusément entrevu de ble. En d'autres termes , tout ce qui se passe cette autre science , distincte de la psychoen nous n'existerait pas sans nous. La réci. logie, et qu'on appelle l'optologie. proque n'est pas vraie.

La conception obscure de cet objet inviEn effet, nous concevons clairement que sible , non individuel et nou phénoménal , nous pourrions exister sans être modifiés. est bien contenue dans la conscience du Le principe actif en nous pourrait sommeil- monde interne que nous analysons ; mais ler sans produire. L'effet dépend de la cause, cet objet lui-même n'y est pas compris. Arla modification du sujet , mais la cause nửim. rivé au point où la réalité moi finit, et où plique pas nécessairement l'effet , ni le sujet l'intelligence voit poindre, pour ainsi dire, la modification

cet objet nouveau, la psychologie expire. Ce Il y a donc ce rapport entre nous et ce qui sont là ses limites du cole de l'ontologie. se passe en nous, que ce qui se passe en nous Transportons-nous maintenant à l'autre ne subsiste que par nous, tandis que nous extrémité du monde interne ou de cette pourrions subsister sans lui.

sphère de phénomènes embrassée par la A ces propriétés opposées, nous recon- conscience , et marquons également de ce naissons dans l'élément variable du monde coté les bornes qui séparent la psychologie interne le caractère de phénoménalité, et de la science du monde externe. dans l'élément invariable le caractère de Ici l'extrême multiplicité des phénomènes réalité.

ne nous permet pas d'indiquer à quel point Nous sommes donc une réalité. Les ac- chacun d'eux cesse d'être visible pour la tions que nous produisons , les modifications conscience. C'est dans l'analyse spéciale de que nous subissons sont donc des phéno- chacun de ces phénomènes., que l'on peut mènes. Le monde interne renferme donc seulement conduire chacun d'eux, du point une réalité simple et identique à elle-même, où il se rattache au moi, jusqu'au point ou qui est nous, et qui subsiste et persiste par il se perd dans le monde externe , et cesse elle-même; et de plus, une phénoménalité d'apparaitre à l'observation interne. multiple et cbangeante, qui dépend de la Qu'il nous suffise de dire que, de toutes réalité d'où elle émane ou qu'elle modifie. parts , le monde interne est délimité par la

Le moi , qui est une réalité, sent en luiconscience, et, avec lui , la psychologie; car même persister avec lui des attributs inva. l'objet est d'éclaircir ce que la conscience riables comme lui, ce sont ces attribats qui sait de nous-mêmes ; et là où la conscieoce le constitueut lui, et non pas toute autre ne pénètre point, il n'y a rien à éclaircir. réalité. Mais par-delà ces attributs, dans Mais de même que la réalité moi se rattache lesquels il se sent immédiatement, et par à quelque chose d'invisible à l'æil interne , lesquels il se manifeste à lui-même , il con-, de même les phénomènes se rattachent à çoit quelque chose de plus fixe encore , de quelque chose qui n'est point contenu dans plus immuable , quelque chose qui n'est pas la sphère de la conscience. Les modifications individuel comme lui, et sans quoi il ne que le moi subit ont une cause : les actions subsisterait pas. Ce quelque chose il l'ap- qu'il exerce ont un but. Les phénomènes, en pelle de différents noms tant qu'il ne s'est un mot, qui sont dans le monde interne ne pas rendu compte nettement de sa nature ; tiennent au moi que par une extrémité. L'exmais dans ce quelque chose , quel qu'il soit, trémité opposée ne demeure point suspen

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