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due et flottante ; elle sc rallache nécessairc- ture. Il habite l'Océan, la mer des Indes et ment à quelque réalité extérieure ; et c'est celle du Sud ainsi que le moi est lié à la nature extérieure, Ecuje ( euribia ), mollusque portant et communique avec elle.

deux nageoires horizonlales, à la base des Telles sont les premières distinctions que quelles est la bouche; coquille mince, transla réflexion manifeste en nous; telle est parente , en forme de calotte renversée. la conscription exacte qu'elle donne à l'ob Psyché (psyche), animal sans coquille , jet de la conscience.

enveloppé d'un manteau membraneus , Dès lors, et par le fait seul de celte pre- muni de deux nageoires latérales assez lonmière décomposition, le corps est exclu de gues. Il habite les parages de Terre-Neuve. l'objet de la psychologie. Chose singulière, (Voyez Mollusques.)

Hvor, si le corps était l'homme! car l'homme est PTOLÉNÉE Jer, surnommé Soler, l'un certainement dans ce qu'il appelle soi; il des compagnons d'Alexandre-le-Grand et n'est pas là où il reconnait lui-même qu'il le fondateur d'une nouvelle monarchie eu n'est pas;

et si , d'une part, il se place dans Égyple, naquit vers l'an 360 avant Jésusun principe actif et sensible , simple et iden. Christ, dans l'Éordée, province de la Myg: tique à lui-même . dont il a une perpétuelle donie, qui faisait partie de la Macédoine. conscience; si , d'autre part, il ne se recon. Il passait pour èire fils de Philippe, et par nait plus dans les modifications inétendues conséquent frère d'Alexandre; mais il ne et sans forme qu'il éprouve, par cela seul reconnut jamais d'autre père que Lagus, le qu'il ne se sent pas en elles et qu'elles sont mari de sa mère : aussi tous ses descendants multiples et variables , à plus forle raison il sont connus sous le nom de Lagiiles Il fut ne se reconnait pas dans cette masse solide, élevé avec le jeune Alexandre , dont il emnfigurée, étendue, composée , et perpétuel- brassa le parti avec ardeur , lorsque ce lement changeante qui l'enveloppe , et qu'il prince se brouilla avec le roi de Macédoine nomme lui-même le corps.

à l'occasion de la reine Olympias. Le fils de Non seulement il ne s'y trouve pas, mais Philippe, à peine monté sur le trône ( l'an il la regarde comme une chose extérieure à 337 avant Jésus-Christ ), s'empressa de télui, qui agit sur lui, et sur laquelle il agit, moigner sa reconnaissance à Ptolemée, qui qui sert d'instrument à ses volontés sur la continua à le servir lidelement, le suivit naiure exterieure, ou d'instrument à la fa- dans toutes ses expéditious, et lui sauva talité extérieure sur lui. (Voyez Ame.) même la vie lors de la prise de la ville des

JOUFFROY, Oxydraques. Après la mort de son maitre PTÉROPODES. ( Histoire naturelle. ) (l'an 324 avant Jésus-Christ), il songea à Nous avons donné, d'apres Lamarck, à s'assurer une part des vastes conquèles auxl'article Mowusques (voyez ce mot), les quelles il avait puissamment contribué. I principaux caractères des préropodes , et la proposa même de partager l'empire. Son description succincte des six genres que ce avis ne fut pas adopté, et l'on arreta qu'Arzoologiste a compris sous cette domination, rhidéc, tils naturel de Philippe , serait recomme formant le premier de ses cinq connu roi à la condition de prendre le nom ordres de mollusques. Depuis la publication de Philippe, encore cher aux Macédoniens , de son beau travail, les observations se sont et de partager la couronne avec Hercule , fils multipliées, et plusieurs nouveau genres ont d'Alexandre et de Barsine, et le prince qui été decrits par un naturaliste zélé, M. Rang; pourrait naitre de Roxane, femme aussi du en sorte qu'aujourd'hui leur nombre total conquérant. On confia la tutelle des rois à s'élève à neuf , sans y comprendre quelques Perdiccas , et l'on procéda bientôt après au sous.genres qui ne sont peut-être point en- partage des provinces. Ptolémée obtint l'É. core suffisamment déterminés. Nous croyons gypte avec la Libye, ainsi que plusieurs pardonc devoir compléter ce qu'il y a d'intéres-, ties de l'Arabie et de la Syrie limitrophics sant à dire sur les pléropodes, en faisant de l'Égypte. Le premier soin du nouveau connaitre ce qui dist gue les trois genres gouverneur fut de s'attacher les cæurs des appartenant à cet ordre.

peuples confiés à son zèle, et il eut bientôt Cuvierie ( Cuvieria.), animal alongé, lieu de s'applaudir de cette sage conduite; muni de deux nageoires assez grandes, con car Perdiccas, qui tenta par de secrètes tenu dans une coquille cylindrique, en forme manoeuvres (ie le dépouilier de son gouver. d'étui , un peu aplatie près de son ouver- nement, et qui en vint ensuite à une rup

ture ouverte, échoua dans toutes ses entre sonne ne l'avait point découragé. Il y avait prises, et fut même assassinė, ( l'an 322 dix-sept ans qu'il régnait sur l'Egypte, dopt avant Jésus-Christ) par ses soldats, dont il passait pour être seulement le gouverPtolémée sut grossir son arınée. N'ayant neur. Cet exemple trouva des imitateurs. plus dès lors rien à craindre pour les pro- L'année suivante , le nouveau roi d'Egypte viuces qui lui étaient échues , il voulut y en se vit attaqué dans ses propres

États

par ajouter d'autres. Dejà il avait profité des terre et par mer : Antigone et Démétrius dissensions civiles de Cyrène pour placer songeaient à profiter de la victoire de Salacette ville sous sa dépendance. Il se rendit mine. Mais leur rival sut se défendre, et maitre de la Phénicie et de la Judée, pen- fut d'ailleurs secouru par l'inondation du dant que son lieutenant Nicanor s'emparait Nil. La guerre fut reprise , et continuée ende la Syrie. Cependant il évita , autant qu'il tre eux comme entre tous les successeurs pot, dle prendre une part active aux guerres d'Alexandre , mais avec une mollesse qui ne par lesquelles les successeurs du héros macė. promettait pas de grands résultats. A la fin, donien ensanglautaient l'Asie et l'Europe, et les prétentions d'Antigone armèrent contre il aima mieux s'occuper d'embellir et de for- lui Lysimaque , Cassandre , Seleucus et Ptotifier ses Étais. Mais il fut forcé, par l'am- lémée (l'an 302). Une bataille décisive, libition d'Antigone , d'entrer dans une lige vrée l'année suivante dans les plaines avec Séleucus , Cassandre et Lysimaque. Il d'Ipsus , en Phrygie, fixa sans retour les obtint avec eux quelques avantages ; mais destinées des successeurs d'Alexandre. Anil perdit quelques-unes de ses possessions tigone y périt , et Démétrius se retira dans en Phénicie et en Syrie, qui lui furent en- Éphèse, avec quelques débris de sa formilevées par Démétrius, fils d'Antigone. Il ft dable puissance. Les vainqueurs se brouil. de grands armements pour les reprendre lèrent quand il fallut partager les provinces (l'an 312), et, après une victoire signalée, conquises. Seleucus étant passé dans le parti s'empara effectivement de Sidon , de Tyr, de de Démétrius , Ptolémée s'unit avec Lysila Phénicie tout entière et de la plus grande maque, et reconquit une portion de l'ile de partie de la Syrie. Mais Démetrius reçut Cypre, la plus grande partie de la Phénides renforts, et la face des affaires changea cie, et les autres provinces qui lui avaient complètement. Ptolémée prit le parti que lui appartenu autrefois en Syrie. Cependant la dictait la prudence : il se retira en Égypie, paix ne tarda pas à être conclue entre le roi disposé à s'y défendre. L'on ne vint point d'Égypte et Démétrius. Elle fut troublée l'y chercher : il résolut alors de se diriger plus d'une fois par le caractère remuant de encore une fois sur l'Asie-Mineure; mais ce dernier, qui la viola enfin ouvertement, Démétrius le força de repasser la mer. Ensin et, malgré quelques succès, se vit enlever une paix fut conclue , qui remplissait égale- successivement toutes ses possessions sur les ment les væux de toutes les parties belligé- côles de la Phénicie et de l'Asie- Mineure. rantes Elle fut pourtant de courte durée. Depuis lors Ptolémće cessa de prendre part Ptolémée donna le premier le signal de la aux événements qui agitaient encore le guerre l'an 310. Il s'assura , par une ruse monde ; mais c'est sans doute à cette époque indigne de son grand cøur , la paisible pos- qu'il termina les palais, les temples et les session de l'ile de Cypre. L'année suivante, autres beaux édifices d'Alexandrie. Parvenu il se mit en mer avec des forces imposantes, à un âge très-avancé, il s'occupa de régler et soumit plusieurs villes de l'Asie-Mineure sa succession. Il donna la présérence, sur et de la Grèce; mais une révolte le força de tous ses enfants, i l'ainé de ceux qu'il avait rentrer en Égypte. L'an 307, Démétrius, eus de Bérénice, Plolémée, surnominé deaprès avoir chassé des villes grecqnes les puis Philadelphe. Non content de l'avoir garnisons qu'y avait laissées le gouverneur désigné pour son héritier, il voulut l'instalde l'Égypte, s'empare de plusieurs places ler lui-même sur le trône de son vivant, et de l'ile de Cypre, et de Salamine même, en descendit pour lui faire place l'an 285 après avoir remporté, en vue de cette ile , la avant Jésus-Christ. Il ne survécut que deux plus brillante victoire navale. Ce fut alors ans à son ablication, et mourut l'an 283 qu'Antigone , assuré d'être invincible avec avant Jésus-Christ, âgé d'environ 80 ans. un tel fils, osa prendre le titre de roi. Pto. Sous son règne, les savants et les philosolémée en fit autant (l'an 307 ) pour montrer phes abordèrent de tous les côtés en Egyple: que l'échec qu'il venait d'essuyer en per l'accucil qu'il leur fit et le musée qu'il fonda

donnèrent naissance à cette école d'Alexan sur tous les points du royaume , et reçurent drie, qui eut une si grande influencé sur de lui les noms de Bérénice, d'Arsinoë, etc., les sciences et sur les lettres.

c'étaient ceux de sa mère de sa sœur bieuPTOLÉMÉE II, surnommé Philadel- aimée , dont il fit sa femme. La reconnaisphe, né dans l'ile de Cos, vers l'an 309 sance publique décora d'autres villes des avant Jésus - Christ, avait environ vingt- noms de Prolémaïs et de Philaılelphie. Il y quatre ans, quand son père, Ptolémée- eut cependant plusieurs conspirations sous Soler, lui céda la couronne d'Égypte , qu'il son règne ; mais elles ne furent suivies d'auposséda trente-huit ans, deux ans pendant cun résultat. la vie de son père , et trente-six seul. Ses

* PTOLÉMÉE III, surnommé Évergèles années royales comptèrent du 2 novembre (le bienfaisant), fils et successeur du pré285 avant Jésus-Christ au 24 octobre 247. Il cédent, était âgé d'environ 36 ans quand il n'eut point les vertus guerrieres de son pré- monta sur le trône : ses années royales décesseur; mais ce fut, sans doute , un comptèrent de l'an 247 avant Jésus-Christ à bonheur pour l'Égypte. On ne voit pas qu'il l'an 222 ou 221, qui marque le commenceait pris souvent part aux divisions et aux ment du règnc de Ptoléinée-Philopator, son guerres des successeurs d'Alexandre, et fils. A peine naitre de la couronne , il fut quand il y fut entrainé malgré lui, il confia engagé dans une guerre longue et opiniâtre la conduite de ses armées à ses généraux. contre le roi de Syrie Seleucus , dit CalliToutefois il sut maintenir la monarchie nicus. Il croyait marcher au secours de sa égyptienne dans le haut rang politique sæur Bérénice, qui déjà avait péri victime qu'elle devait à son fondateur , et il la fit de l'ambition du prince syrien. Quoique jouir d'une prospérité que rien n'altéra. Il déçu dans son espoir, le roi d'Égypte n'eut protégea les lettres et les sciences, voulut pas lieu de se repentir d'avoir pris les arenrichir la bibliothèque d'Alexandrie fondée mes; il soumit la Cilicie, l'Ionie, la Pampar son père , et n'épargna ni les recherches phylie et toute l'Asie-Mineure; puis, pasni les dépenses pour y réunir une immense sant l'Euphrate , il conquit la Mésopotamie, quantité de monuments littéraires , qu'il fit la Babylonie, la Susiane et la Médie : enfin, acheter ou copier dans les pays les plus sans les troubles qui le forcèrent de revenir éloignés. Ce fut alors, si l'on en croit une dans son royaume, il aurait achevé la ruine tradition très-ancienne et très-répandne, de son ennemi. Celui-ci répara pendant ce que fut exécutée la première version des li- temps-là ses affaires , et voulut recommencer vres saints en langue grecque. Ce récit pa. la lutte; mais il fut vaincu encore une fois, et raîtra assez vraisemblable si l'on réfléchit n'eut d'autre ressource que de former une lique, dès l'époque de la fondation d'Alexan- gue avec son frère Antiochus, surnommé Hiedrie, les Juifs vinrent en grand nombre rux, qui avait combattu contre lui pour les s'établir dans cette ville , qu'ils y obtinrent Égyptiens. Cette ligue eut pour résultat imde grands privileges sous Ptoléinée-Soter, médiat de faire signer à Plolémée une trève qu'ils s'y multiplièrent beaucoup, et que de dix années; mais les deux frères s'étant probablement la langue grecque leur était brouillés de nouveau, il protita de leurs devenue plus familière que celle de leurs sanglants débats pour ordonner plusieurs inancètres. Parmi la foule des poèles, des sa cursions dans la Syrie, et jusque dans la vants et des philosophes qui furent attirés Mésopotamie, tandis qu'il maintenait l'Éà la cour du roi d'Égyple par ses bienfaits, sypte dans une parfaile tranquillité , et on voyait Straton de Lampsaque , Théocrite qu'il se livrait en paix à tous les plaisirs. On de Syracuse, Callimaque, Lycophron de ne peut le regarder toutefois comme Chalcis et le fameux critique Zoile. Pour prince sans énergie et sans talent. Il conouvrir de nouveaux débouchés au serva à la cour d'Alexandrie toute sa splenmerce, Prolémée fit rétablir le canal qui, deur; il protégea les lettres et les sciences sous les anciens rois , unissait le golfe Ara et ceux qui les cultivaient; il s'occupa de bique avec la Méditerranée, employa ses conserver et d'entretenir les établissements navires à faire des voyages de découvertes commerciaux et milituires que son père avait et de courses lointaines, et couvrit de co-fondés sur les côtes de la mer Érythrée ; en lonies toute la côte occidentale du golfe un mot, il fut le dernier de sa race qui se Arabique et de la mer · Érythrée. Plusieurs montra digne de régner. Voulant conserver villes d'ailleurs s'éleverent par ses ordres l'influence que les rois ses prédécesseurs

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avaient cue dans la Grèce européenne, il se tence, si ce n'est par quelques cruautés. H declara d'abord le protecteur de la ligue des persécuta les Juifs , parce qu'à son passage Achéens, puis de Cléomènes , roi de Lacé- à Jérusalem , en revenant de son expédition, démone , qu'il accueillit daus son malbeur, il n'avait pas été admis dans le saint des et qu'il eût, sans doute , aidé à recouvrer saints : il fit périr sa femme Arsinoë, qui ses États, si la mort ne l'eût empêché de se était aussi sa sæur, pour complaire à une courir ce prince, qu'il estimait.

indigne maîtresse et pour se débarrasser * PTOLÉMÉE IV, surnommé Philopa- d'un censeur incommode. Il mourut luilor, fils et successeur du précédent, occupa même de maladie l'an 205avant Jésus-Christ, le trône pendant dix-sept ans : ses années n'étant encore qu'à la fleur de son âge. royales comptèrent de l'an 222 ou 221 à l'an * PTOLÉMÉE V, surnommé Epiphanes, 205 avant Jésus-Christ , époque du règne de fils et successeur du précédent, monta sur Ptolemée-Épiphanes , son successeur. Le le trône d'Égypte, à l'âge d'environ 5 ans , ministre Sosibius, pour conserver sous lui et régna vingt-quatre ans. Ses années royatoute l'influence dont il avait joui sous le les comptèrent de 205 à 181 avant Jésusrègne d'Évergètes , l'éloigna des affaires, et Christ, première année de Ptolémée Philoentretint son goût déjà très-prononcé pour métor. Le vieux Sosibius conserva la prinla débauche. Le roi sacrilia successivement cipale part dans l'administration des affaires, à l'ambition de ce ministre son frère Magas et Agathoclès eut la tutelle du jeune prince; et sa mère Bérénice. Plus tard , lorsque le mais cet indigne tuteur eut bientôt mérité malheureux roi de Sparte, Cléomènes, la haine générale , et l'on fut obligé d'accoraprès avoir long-temps compté sur de vaines der à la vengeanee publique sa mort et celle promesses de secours , se fut donné la mort, de sa sæur Agathoclée, l'infâme maitresse non sans avoir cherché à se venger de la du dernier roi. Tlépolème, jeune homme mauvaise foi du prince égyptien, celui-ci in- qui avait été l'un des chefs de cette révolu. sulta son cadavre, et fit ensuite égorger la tion, et qui se trouva porté par elle à la tête mère , la femme el les enfants de l'homme du gouvernement, ne tarda pas à se brouilauquel il avait donné l'hospitalité. Antio- ler avec Sosibius , qu'il parviot à supplanchus-le-Grand crul-le moment favorable ter; mais il fut supplanté à son tour, On pour venger les affronts faits à ses prédé- pense bien qu'Antiochus-le-Grand, roi de cesseurs, les rois de Syrie, par les Ptolemée, Syrie, sut profiter de ces divisions. Il enleva et prit les armes. Il ne réussit point dans sa à l'Égypte, tant par lui que par ses lieutepremière tentative; mais une seconde expé- nants, un grand nombre de places impordition fut plus heureuse. De deux lieute. tantes. Cependant, comme il se proposait nants de Philopator , l'un passa dans les d'attaquer les Romains , il fit la paix avec rangs ennemis , l'autre fut baltu complète- Aristoménès, le nouveau ministre de Ptolément. Le lâche roi d'Égypte, pendant ce mée. L'Égyple n'en fut pas plus heureuse : temps, ne songeait qu'à ses honteuses vo- des révoltes, des conspirations troublèrent luptės. Ses ministres, Agathoclès et Sosi

son repos , et la vie même du jeune roi fut bius, furent assez adroits pour amuser An- menacée. Bientôt la défaite et la mort d'Antiochus par des négociations trompeuses tiochus débarrassa Prolémée de la crainte pendant qu'ils faisaient d'immenses prépa- des guerres étrangères; mais il brouilla tout ratifs de guerre. Enfin, il fallut en venir dans l'intérieur de son royaume, par son encore aux mains, et ils furent vaincus. L'an insouciance, sa tyrannie et sa cruauté. Il 216 avant Jésus-Christ, Ptolemée consentit vit éclater de toutes parts des rébellions sė. avec peine à se montrer à la tête de son ar rieuses et ne les apaisa qu'à force de sang. mée ; mais ce fut pour se retirer d'un com. Enfin, il fut empoisonné par les grands de bat décisif à l'approche du danger. La vic- la cour : il était alors âgé de 28 ans. toire néanmoins le favorisa , et fit rentrer * PTOLÉMÉE VI, suruommé Philomérapidement sous sa puissance les villes de la lor, fils et successeur du précédent, était Palestine , de la Phénicie et de Célésyrie, âgé de 5 ans environ, quand il monta sur le qui lui avaient été enlevées. Il se hâta de trône. Ses années royales complèrent de 181 retourner à Alexandrie pour s'y replonger à 146 avant Jésus-Christ. Sa minorité, grâce dans la débauche. Dès lors il cessa de s'oc- à la prudence de sa mère , Cléopâtre de Sy. cuper des événements qui se passaient au- rie , ne fut pas très.orageuse. Il venait de tour de lui : il ne donna plus signe d'exis- prendre les rêncs du gouvernement, lors

Tome 19.

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ans.

jqu'il vit ses possessions hors de l'Égypte , et qu'il avait pris sous sa protection. Bientot l'Égypte même,

envahies par

Antiochus une bataille décisive fixa les destinées des Épipbanes , roi de Syrie. Ce prince , dont il deux rois de Syrie. Alexandre fut vaincu; fut alors le prisonnier, le traita avec beau- mais Pbilométor périt peu de jours après , coup d'égards; mais, pendant ce temps, les des suites des blessures qu'il avait reçues Alexandrins se donnaient un nouveau roi, dans cette journée. Il avait régné trente-cing, Ptolemée , surnommé Évergètes , frère de Philométor. Une révolte des Juifs ayant

* PTOLÉMÉE, surnommé Eupator, fut forcé Antiochus de retourner en Asie, les le successeur immédiat de Ptolemée-Philo. deux frères , compétiteurs au trône d'É- métor, son père. Le surnom d'Eupator ( né gypte, consentirent à le partager. Les années d'un père illustre), donné au jeune prince , de ce double règne datèrent de 170 avant servirait seul à prouver quelle vénération les Jésus-Christ, la douzième année de Philo- peuples avaient vouée à la mémoire du roi inétor répondant à la première d'Évergètes. précédent. C'est sans doute en l'an 145 avant Les Ptolémées auraient eu de la peine à ré. Jésus-Christ, aussitôt après la mort de son sister à Antiochus ; mais les Romains inter- père, que Ptolémée Eupator fut proclamé , vinrent comme médiateurs dans cette que sous la tutelle de sa mère Cléopâtre. La relle, et firent restituer l'ile de Cypre aux première année fut certainement aussi la Égyptiens, qui furent obligés de renoncer,

dernière de son règne éphémère, qui se peren faveur du roi de Syrie , à leurs préten- dit dans la durée de celui de son successeur, tions sur les provinces asiatiques. Les deux Ptolémée. É vergètes II. On verra dans l'arfrères , débarrassés ainsi de l'ennemi com ticle de celui-ci , le peu de faits qui intéresmun, ne tardèrent pas à se brouiller. On sent Ptolémée. Eupator. ignore les détails de la guerre qu'ils se fi

PTOLÉMÉE VII, surnommé Évergèrent : on sait seulement qu'Evergètes fut tos II, était à Cyrène, où il régnait, lorscontraint de quitter l'Égypte, et d'aller à qu'il apprit la mort prématurée de son frère Rome implorer la protection du sénat , vers Philométor. Il s'empressa de réclamer la tul'an 164 avant Jésus-Christ. A partir de cette telle de son neveu , Ptolémée-Eupator, qui époque, Philométor régna seul. Rome fit était déjà donnée à Cléopâtre, mère du jeune droit aux prières réitérées d'Évergètes, prince et veuve du dernier monarque. Une prétendit lui assurer la possession de l'ile de guerre s'ensuivit , qui fut bientôt terminée Cypre, et retrancha son frère de l'alliance par une transaction entre les deux partis. de la république ; mais Philométor se pré- On convint qu'Évergètes , en prenant la tupara à la guerre , la fit avec succès, et, telle d'Eupator, épouserait la reine-mère : maitre de traiter Évergètes en ennemi , lui ceite convention fut exécutée ; mais bientot pardonna, et lui abandonna même la Cyré- les peuples eurent lieu de s'en repentir. Le Haique et plusieurs villes de l'ile de Cypre. cruel Évergètes commença dès lors à marL'Égypte jouit alors, pendant plusieurs an. quer chaque jour de' sa puissance par des nées , d'une profonde paix, et se rétablit, meurtres continuels , parmi lesquels il faut sous l'heureux gouvernement de son souve- compler celui de son pupille. Bientôt las de rain, des maux qu'elle avait soufferts par Cléopâtre, qu'il n'avait épousée que pour les guerres civiles et étrangères. Philométor se frayer le chemin du trône, et désirant s'u. interviot néanmoins dans les démêlés du roi nir à la fille de cette princesse , nommée de Syrie, Démétrius Ier, avec un prétendant aussi Cléopâtre , il fit violence à l'objet de à la même couronne, Alexandre Bala, et sa criminelle passion et répudia sa femme. seconda ce dernier avec succès. Bientôt il On voit cependant que les deux Cléopâtres déclara la guerre à ce prince, auquel il continuèrent à être nommées concurremavait contribué à faire donner la couronne, ment dans les actes publics, et que la mère mais dont il croyait avoir à se plaindre; et, avait toujours conservé le premier rang. Ce après lui avoir enlevé une partie de ses États, fait ne prouve rien en faveur du tyran , auil s'unit à Démétrius , surnommé Nicator, quel il fut sans doute commandé par les fil's et héritier des droits de Démétrius (er, circonstances. On le voit reprendre aussitôt Il fut salué roi par les habitants d'Antioche; le cours de ses cruautés et y mêler tous les mais il n'osa pas ou ne voulut pas accepter excès de l'intempérance et de la plus boncette nouvelle couronne, et eut le crédit de teuse débauche. Il n'était protégé contre la la faire placer sur la tête du jeune prince haine universelle que par l'estime que l'on

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