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David. La même année l'administration mu. des pleins pouvoirs de monseigneur le comte nicipale à fait élever en l'honneur de Puget, d'Artois , il reçut directement de l'Angleune colonne surmontée du buste de ce grand terre et les dépêches et les secours d'argent artiste. — Puget (François ), fils du précé- pour la conduite des opérations projetées dent, architecte et assez bon peintre de por contre le gouvernement républicain. Dans traits , mort en 1707, a laissé, entre autres la situation où l'on avait placé le parti royaouvrages, un tableau qui se voit dans la col- liste, il lui fallait non-seulement accepter lection du roi ; il présente huit figures vues à l'influence du cabinet de Saint-James, mais mi-corps , qui sont des portraits de Lulli, justifier encore d'une sorte d'empressement de Quinault et de plusieurs autres poètes et à réaliser ses plar:s hostiles contre la France. artistes du siècle de Louis XIV, au nombre Puisaye ve fut donc que trop conséquent desquels l'auteur s'est placé lui-même. lorsqu'il subordonna toutes ses opérations à

* PUGET (Louis de ), naturaliste et phy- ce prince. Cependant venu secrètement à sicien, né à Lyon en 1629, mort en 1709, Londres en septembre 1994, il n'y fut aca laissé des Observations sur la structure des cueilli par les émigrés qu'avec les plus défayeur de divers insectes, et sur la trompe vorables préventions, et il ne fallut rien moins des papillons, Lyon , 1706, in-8°; et des que toute son adresse pour faire face aux lettres sur l'aimant et sur des expériences embarras et aux difficultés qu'on lui suscita. faites avec le microscope. Il ne s'était pas Il fut enfin revêtu de pouvoirs illimités par borné à l'étude des sciences; il cultivait aussi Monsieur, comte d'Artois , et au moyen de les littératures grecque et latine, et avait liaisons qu'il avait formées avec d'influents traduit plusieurs odes d'Horace en vers fran- personnages de l'Angleterre, il réussit à déçais. Son éloge, par l'abbé Tricaud de Bel- terminer le ministère à armer cette expédimond, est inséré dans le Journal de Tré- tion depuis si tristement fameuse sous la déPOUI, septembre 1710, pag. 1575-1589. nomination de Quiberon, presqu'île sur les

*PUISAYE (le comte Joseph de), lieu- côtes de Bretagne, où elle échoua devant tenant-général, né à Morlagne vers 1754, l'habileté du général Hoche et le courage des dans le Perche , d'une famille titulaire de la soldats républicains (voyez Hervilly). Cette charge héréditaire de grand-bailli d'épée de entreprise , dont le succès eût pu seul justicette province , fut destiné d'abord à l'état fier la témérité, fut le tombeau du plus grand ecclésiastique et placé au séminaire de Saint nombre des émigrés français , et prépara la Sulpice; mais ayant renoncé aux études théo. ruine des royalistes vendéens. Puisaye, comlogiques pour embrasser le parti des armes, prenant tout d'abord qu'il ne pouvait reconil entra à 18 ans comme sous-lieutenant dans quérir l'influence qu'il avait perdue, donna le régiment de Conti cavalerie, puis passa sa démission et abandonna pour jamais les dans un régiment de dragons avec le grade côtes de Bretagne. Revenu à Londres il obde capitaine, et enfin acheta une charge tint des ministres anglais un établissement dans les Cent-Suisses de la maison du roi. dans le Canada ; il s'y rendit accompagné Nommé en 1789 député aux États-Généraux de ceux d'entre ses osliciers qui lui étaient par la noblesse du Perche, il se réunit au restés attachés , et ce ne fut qu'après le traité tiers-état, après avoir été un des signataires d'Amiens qu'il reparut en Angleterre, où il de la protestation du 19 juin, et pendant se flatta en vain d'adoucir la rancune que toute la durée de l'assemblée constituante , lui conservaient les émigrés, par la publicail vota avec les partisans de la régénération tion de ses Mémoires, etc. , Londres, 1803 politique. En 1791 il fut fait maréchal-de- et suivantes, 6 vol. in-8o. Ainsi que nous l'apcamp; plus tard il eut le commandement de prend une notice nécrologique insérée dans la garde nationale d'Évreux , et en 1793, s'é- la Quotidienne du 17 décembre 1827 , le tant fait adjoindre comme chef d'état-major comte de Puisaye , qui définitivement s'était au général Wimpfen, il commanda l'avant- fait naturaliser Anglais , vécut d'une petite garde de l'armée départementale de l'Eure, pension que lui fit ce gouvernement; « car qu'écrasèrent les troupes de la Convention à quoi qu'ait pu répandre la calomnie, il ne Pacy-sur-Eure ( juin 1793). Le comte de lui était rien resté de toutes ces sommes d'arPuisaye, dont la tête avait été arise à prix, gent qui étaient passées par ses mains pour se retira alors en Bretagne , y réorganisa la être réparties parmi les royalistes insurgés chouanerie , rallia à ses opérations plusieurs de l'Ouest, etc. » Ingénieux en distinctions , chefs, forma un conseil militaire , et revêtu le parti auquel s'était attaché cet homme

ardent et ambitieux l'a flétri d'une réproba- dans toute l'étendue du département du tion qui à quelques égards venge un peu la Pas-de-Calais. Il en existe depuis plus d'un morale commune. Le comte Joseph de Pui- siècle dans la Basse-Autriche , dans les envisaye mourut le 13 octobre 1827 à Hammer rons de Modène et de Bologne (Italie). smith, près de Londres : il était grande-croix En 1666, Cassini fit percer, dans le sort de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis. Urbain, une fontaine jaillissante dont l'eau

* PUISIEUX (Pierre). Voyez Baulast. monte au-dessus du sol , à une hauteur de

* PUISIEUX ( PHILIPPE-LAURENT DE ), lit. cinq mètres , d'où elle relombe dans un térateur, né Meaux en 1713, mort en 1772, bassin de marbre pour le service public.. était avocat au parlement de Paris; mais il Bélidor décrivit, en 1736, le puits forė du se livra moins à la jurisprudence qu'aux monastère de Saint-André, à une lieue et belles-lettres. On a de lui un très-grand demie d'Aire, dont l'eau s'élève à quatre nombre de traductions d'ouvrages anglais, mètres au dessus du sol , et qui fournit par parmi lesquelles on distingue quelques ro- heure plus de cent tonnes d'eau. mans de Fielding, et d'autres auteurs , la L'Angleterre , l'Afrique, l'Amérique , Grammaire géogmphique de Cardon, 1748, jouissent depuis long-temps de fontaines et ju-8°, etc.

d'eaux courantes dues à la sonde, qui leur PUISSANCE. ( Mécanique. ) *Voyez a ouvert une issue au fond de puits plus ou LORCE.)

moins profonds. Daus l'année 1828, grâces PUISSANCE PATERNELLE. (Voyez à la sollicitude de la Société d'EncourageEnfant et MARIAGE.)

ment, qui avait proposé trois prix pour la PUISSANCES. ( Voyez Peuples et Sou- propagation de ces puits, un assez grand VERAINETÉ.)

nombre de sondages ont été entrepris avec PUITS. ( Technologie.) Tout le monde succès ; mais ce n'est malheureusement pressait qu'on désigne, cn général, sous le nom que encore que dans les départements qui de puits, un trou plus ou moins profond, environnent Paris , que ces ouvrages ont ordinairement rond, creusé dans la terre, lieu; nous les indiquerons ayant de termiau-dessus d'une source ou d'un courant dont ner cet article. on s'assure d'abord. On couvre tout le tour Tous ces faits sont connus depuis longde ce trou de maçonnerie , laquelle s'élève temps, et il est étonnant que, malgré les d'environ un mètre au-dessus du sol, afin preuves incontestables de leur utilité, on de préserver des chutes. L'eau se ramasse reste encore, dans la plupart des départeau fond du puits , et on l'élève soit par des ments de la France et surtout dans ceux du pompes,

par
des norias.

Midi, dans une aussi grande apathie pour Dans les travaux des mines, on donne le adopter un moyen qui peut procurer paraðm de puits ou bures, à de grands trous tout une eau limpide, abondante et pure , carrés, creusés verticalement dans la terre, dont on manque dans ces contrées qui avoiet revêtus de charpente pour empêcher les sinent les mers. éboulements. C'est par ces puits que l'on

Nous avons été souvent consultés sur la donne passage aux ouvriers , qu'on extrait recherche des eaux jaillissantes , et sur les le minéral, les eaux , etc. (Voyez Mines.) frais qu'elles peuvent occasioner. Les ques

Il est une autre sorte de puits, qu'on ap- tions qui nous sont continuellement soumipelle puiis artésiens, dont on s'occupe beau ses peuvent se réduire aux suivantes coup dans le moment actuel, et que vous 10 trouve-t-on l'eau partout ? 2. l'eau jaillitallous faire connaître.

elle toujours au-dessus du sol ? 3o à quelle Puits artésiens. On désigne sous le nom dépense uu puits artésien peut-il induire? de puits artésiens des sources que l'ou va 40 ces sortes de puits ne tarisseut-ils jachercher dans l'intérieur de la terre , à l'aide mais ? de la sonde du mineur, et à une plus ou Avant de répondre à ces quatre questions, moins grande profondeur selon les circon- dont la solution fera connaitre tout ce qu'il stances. C'est dans l'ancienne province est nécessaire de savoir sur la uature des d'Artois que paraissent avoir été entrepri- puits artésiens , il est indispensable de rapses, pour la première fois, les recherches peler quelques notions préliminaires', à sur les fontaines jaillissantes, d'où leur est l'aide desquelles il sera facile de bien apvenu le nom de puits artésiens.

précier les réponses que nous donnerons Ces puits sont aujourd'hui très-communs successivement.

soit

Personne n'ignore que les fontaines , les Lorsque, au contraire , le niveau de l'eau ruisseaux, les rivières, les fleuves , doivent dans la cavité supérieure est au-dessus du leur naissance aux eaux pluviales qui, se sol où l'on a percé le puits, l'eau jaillit aitrépandant en abondance sur les montagnes, dessus à une hauteur plus ou moins grande , s'infiltrent à travers les terres , les fissures selon la différence des niveaux, et d'après des rochers, et vont se rendre dans les cavi- les lois immuables de l'hydrostatique. tés intérieures dont le globe est rempli. C'est surtout auprès des mers que l'on Lorsque ces cavités sont pleines jusqu'a une peut espérer d'avoir des fontaines jaillissancertaine hauteur où elles rencontrent om tes, plutôt que sur les coteaux, par les ra:trou, une fissure, une ouverture plus ou sons que nous avons données ci-dessus. moins considérable, alors cette eau coule Il n'est pas nécessaire que le lieu où l'on au-dehors, sous la forme d'une fontaine, veut creuser un puits artésien soit auprès d'un ruisseau , d'une rivière, et se répand d'une montagne; car on n'est pas assuré que sur la surface de la terre. Celle qui reste au celle-ci renferme une cavité pleine d'eau, ni fond du bassin , et qui ne peut sortir, s'in- que cette cau, quand bien même elle en filtre par toutes les fissures qu'elle rencon- contiendrait, communique avec le réservoir tre, pour former ou des courants inférieurs, inférieur que l'on cherche à percer. Souvent ou des amas d'eau qui servent à alimenter cette eau provient d'un réservoir beaucoup les puits ordinaires qu'on creuse au-dessus plus éloigné; et cela importe peu au prode ces lieux, lorsqu'on a le bonheur de ren- priétaire qui veut se procurer un puits are contrer ces courants ou ces amas.

lésien, Toute la masse d'eau contenue dans ces Il arrive souvent , lorsqu'on creuse un cavités ne suit pas la même route; les fissu- puits ordinaire, soit près de la mer, soit res de conduisent pas toutes aux mêmes ré. près d'une rivière, de rencontrer l'dau à servoirs; il parait qu'un grand nombre de- quelques mètres de profondeur; on croit bouchent dans des lieux plus profonds, sous alors avoir rencontré la source qu'on cherun calcaire crayeux, où elles ne trouvent chait, et l'on est surpris de trouver une eau plus ni fissures , ni moyen de s'échapper. Là saumâtre, ou une eau chargée de sels calelles sont repfermées dans un vase imper- caires , qui ne dissout pas le savon. Ces méable à ce liquide, qui est entièrement eaux sont produites ou par une infiltration plein, et d'où il ne peut plus sortir. Les de l'eau de la mer , ou par une infiltration orifices par lesquels cette cavité a été rem de l'eau de la rivière ; mais ce n'est pas

leant plie communiquent toujours, et sans inter- des puits urtésiens, qu'on ne peut renconraption, avec les cavités supérieures de la trer qu'après avoir percé la couche de calmontagne dans lesquelles ces eaux se sont cáire crayeux : ce que l'on reconnaft avec ramassées.

le secours de la sonde. Si par un moyen quelconque on perce la Ces notions préliminaires bien comprises, paroi de ce vase inférieur, l'edu en sortira il nous sera aisé de répondre aux quatre avec aboudance, en raison de la pression questions qui nous ont été faites. qu'opère sur elle la masse d'eau supérieure. Ire Question. Trouve-l-on l'eau parlout ? Si l'on parvient à ajuster un tuyau à l'ouver

Réponse. Qui , pourvu que l'on creuse ture qu'on a faite à la paroi du vase infé assez profondément. On ne pourra être rieur, et que ce tuyau soit suffisamment long, assuré que l'eau qui se rencontreraqsoit de l'eau du vase s'y élevera au niveau (le celle l'eau telle qu'on la désire, qu'autant que la qui est renfermée dans la cavité supérieure. sonde aura apporté au jour du calcaire Voilà ce qui a lieu dans les puits artésiens. cruyeux. Si, en sondant, on rencontre une

Lorsque le niveau de l'eau, dans la cavité eau d'une autre qualité que celle qu'on chersupérieure de la montagne qui fournii: au che, on n'en doit faire aucun cas, à moins réservoir inférieur, se trouve plus bas que qu'elle n'ait les qualités requises , et il faut le niveau du sol dans lequel on a percé le persister à faire sonder jusqu'à ce qu'on ait puits , l'eau ne s'élève qu'au-dessous du sol, amené le calcaire crayeux. et l'on n'a qu'un puits ordinaire, d'ou l'on

2° QUESTION. L'eau jaillit-elle toujours est obligé d'élever l'eau , soit avec des au-dessus du sol ? seaux , soit à l'aide d'une pompe; mais l'on

Réponse. Non. Nous en avons expliqué la a toujours une eau fraîche , abondante et de cause plus baut. Dans le cas où elle ne serait la meilleure qualité.

pas jaillissaule , et pourvu que la sonde ait

amené au jour du calcaire crayeux, on y

ce fait est vrai , on ne peut pas douter que, construira un puits ordinaire, et l'on sera sans le chercher, on ait trouvé un puits artoujours assuré d'avoir une eau abondante tésien. On peut donc penser, avec beauet d'une excellente qualité.

coup de probabilité, que la sonde y amène3e Question. A quelle dépense un puits rait avec facilité des fontaines jaillissantes ; artésien peut-il induire ?

ce qui serait de la plus grande utilité, dans Réponse. Elle varie selon qu'on est obligé un pays qui manque d'eau saine et parfaitede creuser plus ou moins profondément. On ment salubre. rencontre le calcaire crayeux quelquefois à C'est précisément dans ces contrées où la six mètres ; d'autres fois à trois cents ; mais bonne eau est rare, qu'on ne doit rien nédans tous les cas, tout étant égal d'ailleurs, gliger pour lâcher de découvrir des eaux les frais d'un puits artésien sont beaucoup souterraincs. Tous les habitants ont le plus moindres que ceux d'un puits ordinaire. grand intérêt à concourir aux dépenses que

46 Question. Ces sortes de puits ne taris- nécessitent ces recherches , afin de se prosent-ils jamais ?

curer, sinon des fontaines jaillissantes , au Réponse. On n'a aucune certitude sur ce moins des puits abondants et des eaux excelpoint, on n'a que des probabilités , mais lentes. Les coups de sonde ne sont pas , à elle sont assez rassurantes. Aucun des puits beaucoup près , aussi dispendieux que la qu'on a construits jusqu'à présent n'a tari; construction des puits ordinaires; et lorscependant il y en a plusieurs qui existent qu'on aura reconnu, par les caractères géodepuis plus de cent ans.

logiques, familiers aux ingénieurs des mines, Nous avons déjà dit que c'est à l'aide de la qu'il y a présomption de réussite, l'on ne sonde du mineur que l'on découvre les sour- doit pas se lasser , parce qu'on sera presque ces jaillissantes ou les puits artésiens ; mais toujours sûr de parvenir à son but , en renavant de commencer les travaux de sondage, contrant des sources venant du fond. Nous il est nécessaire d'avoir une parfaite con- citerons à ce sujet un exemple frappant. naissance de la constitution, tant superfi Un propriétaire fit donner un coup de cielle qu'intérieure, du pays dans lequel ces sonde dans son terrain; on le porla jusqu'à travaux seront entrepris. On s'informera s'il vingt-quatre mètres après avoir traversé une y a dans le pays des carrières de calcaire couche de calcaire crayeux. A cette profoncrayeux dans les parties les plus élevées, ou deur il rencontra une eau abondante , qui si la couche de terre végétale qui couvre ce vint jaillir au-dessus du sol. Un voisin de calcaire est peu épaisse. On en examinera la celui-ci , encouragé par ce succès, fit sonder direction , et l'on recherchera , soit par l'as- chez lui jusqu'à la profondeur de vingt-quatre pect des puits ordinaires , soit par quelques mètres. N'ayant pas rencontré l'eau à cette coups de sonde provisoires, à connaitre si profondeur, il se dégoûta , et vendit sa prole calcaire crayeux qui se montre au jour priété. Cependant il avait percé environ deux dans les parties élevées , se prolonge au mètres dans le calcaire. Son successeur redessous des terrains de transport, dont le prit les travaux commencés; il persista, et fond de ces vallées est ordinairement re- obtint, après avoir fait percer à la profoncouvert. De cette éxploration, on en con deur de trente-six mètres, une fontaine jailclura si l'on doit , ou non, se livrer aux tra- lissante dont les eaux s'élèvent à plus d'un vaux que leur percement exige.

mètre au-dessus du sol. On nous a assuré qu'à Méze, petite ville De tout ce qui précède , nous sommes audu département de l'Hérault, à une lieue de torisés à conclure que , toutes les fois qu'un Cette, et sur le bord de l'étang, un pro- pays ne présentera pas les caractères géolopriétaire avait un puits qui tarissait souvent, giques favorables à cette opération, et ne et n'avait jamais une grande profondeur donnera pas une présomption de réussite, il d'eau. Il voulut le faire creuser de cinq pieds est prudent de s'abstenir de rechercher des de plus; Je sol était calcaire. Dans cette opé- eaux souterraines , puisque les terrains dont ration, on perça le lit picrreux ; il en sortit il paraitrait composé ne présenteraient pas de suite une quantité d'eau assez considéra de couches perméables à l'eau , contenus en ble, qui s'éleva en peu de temps à plusieurs d'autres couches sensiblement imperméables. mètres de bauleur. Depuis ce percement, Dans le cas contraire, on doit persister avec fait par basard, l'eau, dans ce puits, à tou constarice : les gens de l'art peuvent seuls jours été abondante et de bonne qualité. Si

éclairer sur ce point.

Dans presque tous les départements, le nier, dont nous venons de parler, que les gouvernement entretient des ingénieurs des propriétaires industrienx doivent puiser mines , dont les études ont été dirigées vers toutes les coupaissances théoriques et pratila connaissance de la géologie. Alors il faut ques sur la recherche des eaux souterraines les consulter Le gouvernement encourage et la construction de ces puils , qui apportela recherche et la construction des puits ar

ront nécessairement de grands avantages tésiens. La Société d'Encouragement, dans pour l'agriculture, en augmentant la rila vue de seconder les intentions paternelles chesse du propriétaire, et par suite le bondu gouvernement, a proposé des récompen- beur général. LENORMAND et MeleT. ses aux propriétaires ou aux ingénieurs mé PUITS ARTÉSIENS. ( Géologie.) Tout caniciens qui auraient introduit des puils ce qui se rapporte aux puits artésiens, auartésiens dans un pays où ces sortes de puits trement appelés puils forés ou fontaines n'existent pas. Cette société philanthropique, artificielles, est devenu d'un si grand intédésirant propager l'usage de ces puits, si rêt, depuis que l'on cherche à en répandre utiles pour l'arrosage des prairies et les be- l'usage, que nous croyons devoir ajouter aux soins de l'agriculture, a déjà, en 1828, dé- considérations exposées ci-dessus quelques cerné plusieurs récompenses dans ce sens. observations sur la nature géologique des

Le mouvement que cette Société à im- terrains dans lesquels ces sortes de puits sont primé pour le percement des puits artésiens praticables. s'est déjà propagé par toute la France. A M. Héricart de Thury, qui s'est beaucoup Lyon , à Moulins , à Bourges , à Grenoble, occupé de cette question, et qui a cherché à Marseille, à Perpignan , à Toulouse , à Bor- à reconnaitre l'originc des eaux qui alimendeaus, à Rennes, à Quimper, à Rouen, etc., tent ces sources artificielles , admet d'abord des compagnies se forment pour le perce- en principes que les eaux s'épanchent soument des puits forés, dont les avantages terrainement en veines, filets, ruisseaux, commencent à être sentis et appréciés. et même quelquefois en torrents plus ou

La Société d'Encouragement s'était déjà moins forts, pur les fentes, fissures et peroccupée, dès l'année 1818, de la question forations naturelles de l'intérieur des couimportante à laquelle cet article est consa- ches de pierre; tandis

que,

dans d'autres cré, et le 22 septembre de cette même que espèces de ains , les eaux forment des née, elle proposa deux prix , « dont un de nappes ou niveaur plus ou moins abondants

3.000 francs et l'autre de 1,500 francs, dans des couches de sable, de terre ou de » pour le manuel ou la meilleure instruction pierres perméables, qui sont entre des cou- élémentaire et pratique sur l'art de percer ches imperméables, et qu'aussitót que la pou de forer, à l'aide de la sonde du mineur couche supérieure est percée, les eaux s'élè» ou du fontainier, les puits artésiens, depuis vent et jaillissent plus ou moins rapidement,

vingt-cinq mètres de profondeur jusqu'à jusqu'à ce qu'elles aient atteint le niveau cent mètres et au-delà, s'il est possible. dont elles proviennent. Il suit naturellement

En 1821, le prix de 3,000 francs fut ad- de ce principe que l'on peut espérer d'obtejugé à M. Garnier, ingénieur au corps royalnir, par la perforation du sol, des sources des mines , pour son Traité sur les puits ar- jaillissantes dans la plupart des terrains sulésiens ou sur les différentes espèces de ter- périeurs aux terrains granitiques, c'est-àrains dans lesquels on doit rechercher des dire, dans les terrains à débris organieaux souterraines. Ce volume in-40 avec ques, renfermant des couches argileuses beaucoup de planches sut imprimé aux frais ou imperméables. du gouvernement en 1821, et l'auteur en a Dans ses Considérations géologiques et fait une seconde édition en 1826, considéra- phyiques sur la cause du jaillissement des blement augmentée. Elle a 264 pages in-40 eaux, M. Héricart de Thury fait très-judiavec vingt-cinq grandes planches gravées. cieusement remarquer qu'il serait possible

Le second prix fut converti en trois mé- qu'à une très-petite distance d'une perforadailles d'or, de 500 francs chacune , pour les tion produisant des eaux jaillissantes, on propriétaires qui les premiers auraient intro. n'en obtint point par un nouveau sondage, duit l'usage des puits artésiens dans un pays și ce dernier aboutissait à un courant souoù ces sortes de puits n'existent pas. Elles terrain , au licu d'aboutir à une nappe d'eau, ont été décernées en 1828.

ou s'il était fait sur l'extrémité d'un bassin C'est dans l'ouvrage important de M. Gar à couches relevées , appuyé sur un terrain Tome 19.

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