Page images
PDF
EPUB

sans autel , sans chaire, sans images , et res- lement, et les censures ou peines plus gratent en silence debout et la tête découverte, ves qui sont prononcées dans leurs assemjusqu'à ce que l'un deux se sente porté, par blées. l'inspiration de l'Esprit divin , à prier ou Ils croient que les chrétiens doivent téprêcher, sans distinction de sexe (1); ni moigner le plus grand respect pour la vérité, d'âge. Si l'esprit ne se manifeste point, ils et la maintenir dans toute sa force , mais se séparent après quelques heures, sans sans jamais faire aucun serment (1). Ils ne avoir rompu le silence. Dans les derniers prennent pas Dieu à témoin; ils attestent temps , quelques quakers s'étant distingués seulement leur conscience , sans doute parce par leurs talents dans la prédication, out été qu'ils croient que cette partie de l'homme acceptés pour l'exercer gratuitement, sans est un rayon de la Divinité (2). que ce choix puisse empècher aucun des Les quakers se refusent absolument au membres de la communauté de prendre la service militaire, quoique d'ailleurs ils acparole dès qu'il se sent inspiré.

quittent les impôts de guerre auxquels sont La théologie scholastique leur parait une assujettis leurs concitoyens (3). vanité, et ils rejettent les titres que l'on re Cette répugnance pour la guerre, si conçoit dans les aniversités, comme étant en forme à l'esprit de l'Évangile (1), a louteopposition formelle avec les paroles du Sau- fois cédé chez plusieurs à l'influence des cirveur (2)

constances , durant la guerre pour l'indéL'organisation politique des quakers est pendance des États-Unis. Quelques-uns ont porement démocratique et sur le pied d'une pris les armes et formé une secte, dite des égalité absolue. Chaque communauté s'as- quakers libres ou militants , du sein de lasemble une fois par mois pour délibérer sur quelle s'élevèrent les généraux Moltock les écoles, les établissements de bienfaisance, Green et Thomas Millin. Elle est totalement sur la réception des néophytes, et les per- séparée du reste des quakers fidèles à l'anmissions de mariage , lequel se fait par sim- cienne répugnance pour la gurrre, et ne ple promesse d'union devant les plus anciens. comprend qu'un sixième du nombre total De trois mois en trois mois , les délégués des de ces sectaires dans les États-Unis (5). différentes communautés d'un cercle se réunissent pour confirmer ou infirmer les déci

(1) Mall., v.-34. sions des assemblées mensuelles, et nommer (2) Les plus grands intéréts ne les portent point les délégués aux assemblées annuelles : celo à s'écarter de cette règle ; parmi plusieurs exemples, les-ci comprennent les députés de tous les on remarque celui-ci : cu août 1780, le commis de

MM. Smith , Wright el Gray, banquiers à Londres, pays ; en elles résident le pouvoir législatif, celui de conférer à des missionnaires le droit quaker comme eux , a refusé d'appuyer par un ser

ment, exigé en matière criminelle, la déclaration de propager la doctrine, et la surveillance d'une tentative d'assassinat commise sur lui, et à l'aide des caisses sociales, produit de dons volon- de laquelle trois brigands avaient tenté de lui enlever taires des membres de chaque communauté. six mille livres sterling dont il éiait porteur. Ces assemblées se tiennent successivement (3) Ils ne refusent pas moins les avantages que dans chacune des sept provinces que la secte guerre peut leur offrir; l'un d'eux, intéressé dans habite en Amérique, et à Londres pour les divers bâtiments que ses associés avaient , malgré

ses représentations, armés en course , restitua aux quakers d'Europe. Le protocole des délibérations porte ordinairement que la réunion captures français sa part des prises : son fils, a lieu sous la direction de la Providence, hölel d'York, rue Jacob , ei publia un avis qui

Edouard Loog Fox, se rendit , à cet effet , à Paris , pour l'avancement de la vertu ei de la piété. fut inséré dans tous les journaux , en mars 1785.

Les principes de morale qui caractérisent (4) Matt. , v. 38 , 44 ; Just. martyr, Origène , cette société sont empreints dans les précau- Tertulien , etc. ; Isare 11,4; Mic., iv, 13 ; Gal. , tions qu'ils prennent pour maintenir entre v. 27 ; Cod. , 10 , 4 : Joan., 18, 36; Rom. , eux la pureté des traditions évangéliques ; 12, 19. dans la surveillance qu'ils exercent les uns

(5) « Vous dites qu'un article de votre religion sur les autres, sous les rapports de la reli

vous défend de prendre les armes et de tuer givn, des mæurs , de la probité; enfin dans quelque prétexte que ce soit : c'est sans doute un les avertissements qu'ils se donnent mutuel

beau principe philosophique que celui qui donne en quelque sorte ce culte à l'humanité ; mais pre nez

garde que la défense de soi-même et de ses sembla(1) Acles , 11 , 18.

bles ne soit aussi un devoir religieux. Vous auriez (2) Cor., 1, 26 ; Matt. , XXII , 8 ,9.

donc succombé sous les tyrans ! Puisque nous avons

Ja

sous

sonnes

D

Leur humanité n'est pas un vain mot; portent de longues robes fermées jusqu'au ils réprouvent l'esclavage, et se croient obli- col, et des coiffures noires. Ils désignent gés de donner assistance temporelle et spi- les mois et les jours de la semaine par des riluelle aux nègres, pour les dédommager voms numériques, afin d'éviter ceux dont des maux qu'ils ont à souffrir (1).

les païens faisaient usage. Le jeu , la danse, Ils s'abstiennent de tout compliment, de le théâtre , les modes , les réunions profanes , toute formule cérémonieuse; ils se tutoient leur paraissent autant de piéges tendus au mutuellement, et tuloient toutes les per- coeur de l'homme pour le détourner de la avec lesquelles ils se trouvent en culture du principe intérieur. Enfin,

ils rapport, quels qu'en soient le rang (2), la prennent à la lettre ce passage de l'apôtre : richesse, le sexe et l'âge. Ils portent de « Si yous vivez selon la chair, vous mourgrands chapeaux rabattus et ne se décou- rez; mais si par l'esprit vous mortifiez les vrent jamais , mème devant les rois. Leurs faits du corps , vous vivrez": car tous ceux babits sont de couleurs obscures , d'une qui sont conduits par l'esprit de Dieu sont coupe simple, sans boutons. Les femmes enfants de Dieu (1).

Les quakers professent le respect le plus

solenconquis la liberté pour vous et pour nous, pourquoi absolu pour la liberté de conscience , refuseriez-vous de la conserver ? Vos frères de la vellement consacrée par la charte de GuilPensylvanie, s'ils avaient été moins éloignés des laume Penn (2). Fauvages , auraient-ils laissé égorger leurs femmes, Mirabeau a donc eu raison de répondre à leurs enfants et leurs vieillards , plutôt que de re- leur députation : pousser la violence ? Et les stupides tyraos, les

« L'examen de vos principes , considérés conquérants féroces ne sont-ils pas aussi des sauva

» comme opinions , ne nous regarde point. ges ?... Si jamais je rencontre un quaker , je lui dirai : Mon frère , si tu as le droit d'être libre, lu

» Nous avons prononcé. Il est une propriété us le droit d'empêcher qu'on ne le fasse esclavc. Si

qu'aucun homme ne voudrait mettre en Tu aimes tou semblable , ne le laisse pas

égorger par

• commun, les mouvements de son âme , l'é. la tyrannie : ce serait le tuer toi-même. Tu veux la , lan de sa pensée; ce domaine sacré place paix, el bien ! c'est la faiblesse qui appelle la » l'homme dans une hiérarchie plus relevée une résistance générale serait la paix universelle. » que l'état social : citoyen , il adopte une (Extrait de la réponse de Mirabeau à la députation » forme de gouvernement; être pensant, il des quakers.)

» p'a de patrie que l'univers. Comme prin(1) Les quakers d'Amérique de se contentèrent

cipe religieux , votre doctrine ne sera point pas de rendre la liberté à leurs esclaves , Irois cent

l'objet de nos délibérations ; les rapports trente-cinq d'entre eux présentèrent, sous la dale du 4 novembre 1783 , une pétition dans laquelle", » 'de chaque homme avec l'Être d'en haut pour parvenir à un affranchissement général, ils o sont indépendants de toute institution poréclamaient l'intervention chrétienne du congrès, litique : entre Dieu et le cæur de chaque de la manière que l'influence de la sagesse divine » bomme, quel gouvernement oserait être voudrait bien lui inspirer.

» intermédiaire. » Mais il leur avait déjà (2) On lit dans l'epître dédicatoire d'un des ou dit : « Comme système philanthropique , vos vrages du quaker Barclay à Charles II :

principes obtiennent notre admiration ; goûté de la douceur et de l'amertume, de la pros

» ils nous rappellent que le premier berceau » périté et de grands malheurs; tu as été chassé du pays où lu règnes ; tu as senti le poids de l'oppres.

• de chaque société fut une famille réunie v sion, el lu dois savoir combien l'oppresseur est dé

» par ses mæurs , par ses affections et par testable devant Dieu et devant les hommes... Au » ses besoins. Et sans doute les plus subli» lieu d'écouter les flatteurs de la cour, écoute la » mes seraient celles qui, créant une seconde * voix de la conscience, qui ne te flattera jamais. Je fois l'espèce humaine, la rapprocheraient » suis ton fidèle ami et sujet. »

n de cette première et vertueuse origine. L'adresse que les quakers présentèrent à Jacques II L'influence de toutes les institutions s'use en 1685 n'est pas moins curieuse, a Nous venous

à la longue : l'inspiration devient de moins , le témoigner la douleur que nous ressentons de la » mort de notre bon ami Charles, et la joie que lu » sois devenu notre gouverneur. Nous avons appris (1) Rom., viii, 13. » que tu n'es pas dans les sentimenis de l'Église

(2) Le premier article de celle charle porte : » gallicane , non plus que nous. C'est pourquoi nous n le demandons la même liberté que tu prends pour

« Toute personne qui demeure en Pensylvanie ou

» qui viendra s'y établir , joħira d'une pleine liberté » toi-même. En quoi faisant , nous le souhaitons » de servir Dieu de la manière qu'elle croit en con» foules sortes de prospérités. Adieu.

» science lui étre plus agréable. »

guerre;

[ocr errors]

« Tu as

[ocr errors]

Guillaume

Gérard

en moins commune chez les quakers , et leur prennent ensemble lenrs repas. La table, zèle parait se refroidir. Plusieurs s'isolent abondamment servie , sépare les sexes. Les de leur communauté, se marient avec des chambres à coucher des femmes ne sont sépersonnes d'une autre secte , et aspirent aux parées de celles des hommes que par une emplois publics. On les appelle quukers tiè- cloison , et communiquent par une porte qui des, par opposition aux fidèles, qu'on se ferme le soir; mais un même lit contient nomme quakers rudes ou secs. On a remar- deux individus du même sexe : cette seule qué que le nombre de ceux-ci diminuant précaution a suffi pour conserver la règle du journellement, le quakerisme finira sans célibat presque sans altération. Nous somdoute par se perdre dans le déisme , tom mes obligés de dire presque, parce qu'on beau de tant d'autres formes religieuses. nous a cité une ou deux infractions qui ont

On désigne aux États-Unis sous le nom été punies par l'expulsion. (Voyez Associade shakers les membres d'une secte fondée TIONS , Christianisme, Culte , Déisme, Héen 1794. par la concubine d'un officier an- Résie , Morale, MoravES, MYSTICISME , RÉglais, qui prétendait être l'elue désignée Fonme religieuse et Religion.) par saint Jean. Ses disciples ont emprunté aux quakers le refus de porter les armes , soi, ecc. , Rotterdam, 1675; Apologie de la vraie

Barclay (Robert), Catéchisme ou profession de de prêter serment, la simplicité dans les théologie chrétienne , Amsterdam, 1676, in-4o, en habits, et le tutoiement. Ils dansent en allant latin, el, en 1678, en anglais, traduite en français , en avant et se retournant pour revenir sur Londres, 1702, in-8.- Les refutalions des ouvrages leurs pas ; ils suivent la mesure battue par de Barclay, par Jean Browo , Nicolas Arnold, Jeanles anciens et les vieilles qui chantent sur un George Bager, Loftursius et Reiser. ton très-élevé , ou plutôt qui crient une es

Peon, Journal de la vie de George For, 1682. pèce de ronde ou cantique. La danse est en

Relation sur la Pensylvanie , 1683. tremêlée de discours fort ennuyeux. Les

Cræle, Histoire de Quakers, Amsterdam, 1695. sexes dansent ensemble, mais sans se mêler. Catrou, Histoire des Trembleurs, 1733.- Voltaire,

Basnage, Histoire des Savants, 1696.- Le Père Les shakers sont millénaires : ils croient Quatrième Lettre philosophique.

Lettre d'un à la seconde apparition du Christ , et par Quaker à Voltaire, traduite de l'anglais, signée conséquent à la fin du règne de l'Antechrist; Josias Martin, Londres, 1745, iu.8o. régne dans lequel ils font figurer aussi bien Benezet, Observations sur l'origine, les principes les catholiques que les protestants , et géné. et l'établissement en Amérique de la Société des ralement toute secte chrétienne , du moment

Amis , New-Yorck, 1816.

COURTIN. qu'elle est autorisée et surtout protégée par QUANTITÉ. (Grammaire.) (Voyez Proun gouvernement. Leur dogme fondamental sodie.) est que la seconde incarnation du Christ an. QUANTITÉ DE MOUVEMENT. (Mdnonçant comme très-prochaine la fin du canique.) Lorsqu'un mobile parcourt l'esmonde , il faut, pour entrer dans les vues pace, s'il rencontre un corps , la force avec du Sauveur, travailler à l'extinction de la laquelle il agit sur lui est mesurée par le race humaine par la pratique rigoureuse du produit de la masse du moteur multipliée célibat.

par sa vitesse; c'est ce qu'on appelle en méCette secte n'a pénétré aux États-Unis canique sa quantité de mouvement. Les conqu'en 1780. Ils n'ont commencé à se réunir séquences de ce principe ont été exposées et à former un corps qu'en 1788, et ce n'est aux articles Choc et FORCE. FRANCOEUR. qu'en 1792 que le régime qui les gouverne * QUANZ (Jean-JOACAIM), musicien exéaujourd'hui a été établi.

cutant et compositeur , né en 1697 près de Le premier rassemblement un peu consi- Gottingue, se distingua par son talent sur la dérable a eu lieu à Lébanon , Miancy-Con- flúte, donna des leçons de cet instrument , try , État de l'Ohio. Plusieurs autres se sont au grand Frédéric, qui prenait plaisir à formés dans divers États de l'Union ; le plus exécuter souvent des duos avec lui, et se considérable, celui qui, par sa position , est l'attacha par de nombreux bienfaits. Il moule plus visité des curieux, est fondé à deux rut à Potsdam en 1773. On a de lui : Inmilles environ des eaux minérales de New- struction pour poner de la flule, Berlin, Lébanon , État de New-York , sur la lisière 1752, in-40; ouvrage qui eut plusieurs édide l'État de Connecticut. Ils ont formé tions , et qui a été traduit en français et en deux villages , qu'ils occupent seuls. Les hollandais. Quanz a composé en outre une hommes et les femmes habitent ensemble, Suite de pièces à deux fiútes, publiée en

Antoine

1

1729 ; et on lui doit d'avoir perfectionné cet en Allemagne, en France, en Angleterre et instrument.

en Belgique, et en rapporta des connaissanQUARANTAINE. (Voyez ÉPIDÉMIE , ces prodigieuses ; les académies les plus céLazaret, SALUBRITÉ et Peste.)

lèbres de l'Europe , celles de Londres, de QUARIN (Joseph), célèbre profes- Madrid, de Venise, de Wilna et de Vienne, seur de médecine-pratique, naquit à Vienne se partagèrent l'honneur de se l'associer. en 1733. A peine âgé de quinze ans ,

il re

Peu de temps après son retour, l'impéraçut le grade de docteur en philosophie, et trice Marie-Thérèse l'envoya en Italie pour trois ans après , il fut promu à l'université porter les soins de son art å l'archiduc Ferde Fribourg au grade de docteur en méde- dinand, et le succès le plus complet vint cine. L'année suivante, de retour dans sa couronner le zèle éclairé du docteur Quarin. patrie, il se présenta à l'université de Vienne ?l fut nommé premier médecin de sa mas pour y obtenir la confirmation de ses gra- jesté impériale , et la haute réputation qu'il des; ces nouvelles épreuves lui firent tant s'était acquise dans la médecine-pratique se d'honneur , qu'il y fut reçu par acclamation. trouva dès lors entièrement consolidée. PerL'illustre Van Swieten, premier médecin de sonne ne possédait à un plus baut degré l'empereur , siégeait alors parmi les profes- cette présence d'esprit, cette justesse du seurs de l'école de Vienne, et cet homme coup d'œil qui découvre le véritable caracsupérieur découvrit bientôt le mérite du tère de la maladie ; aussi , lorsqu'il se troujeune Quarin. Il l'engagea à se vouer à l'en. vait appelé en consultation au lit des malaseignement de l'art de guérir, et ce fut sous des, était-il rare que son avis, énoncé en de si dignes auspices que Quarin commença termes clairs et précis, et basé sur l'expéses leçons sur l'Anatomie du corps humain; rience, ne prévalût point. L'empereur Jobientôt après , pendant la maladie du pro- seph II s'empressa dès le commencement de fesseur M. Storck, il donna les Institutions son règue à reconnaître par des distinctions cliniques, auxquelles il ajouta , après la et des récompenses flatteuses, les services suort de ce professeur, la Matière médicale. signalés que Quarin avait rendus à l'humaVers la même époque, Quarin fut nommé nité souffrante. Ce prince philanthrope s'épremier médecin et directeur de l'hôpital tait proposé de réformer les hospices et les des Frères de la Misericorde. En 1758, établissements de charité ; dans ce dessein, Quarin vit ses services récompensés par de il décréta qu'on réunirait en un scul lieu les nouveaux honneurs qu'il avait su mériter. divers hòpitaux où l'on recevait des malaL'impératrice Marie-Thérèse lui déféra le des , persuadé que cette réunion ne pouvait titre de conseiller du gouvernement, et il être qu'avantageuse aux malades, ainsi fut chargé, en cette qualité, de l'adminis- qu'aux jeunes gens qui se vouent à l'étude tration sanitaire des provinces de la Basse- de la médecine. Quarin sut chargé de l'exéAutriche. Ses écrits le firent bientôt connaî. cution de cet important projet , et en obtint tre aussi à l'étranger; la traduction qui s'en la direction supérieure. L'empereur étant fit dans presque toutes les langues de l'Eu- revenu, en 1788, des pays marécageux de la rope en alteste le mérite. Il eut la gloire Basse-Hongrie, tomba malade. Voyant que de détruire un grand nombre de préjugés ses forces s'affaiblissaient de jour en jour, qui défiguraient l'histoire naturelle, comme il sentit lui-même qu'il touchait à sa fin. Ce le prouvent entre autres : 10 ses observations prince, occupé des grands projets qu'il avait sur l'utilité et l'inconvénient des insectes; commencés, et qu'il eût désiré conduire à 20 son traité sur les sels et leur usage ; 3son leur fin, fit appeler Quarin dans une conEssai sur la cigüe , etc. Mais on doit mettre sultation, et lui demanda combien de temps au premier rang de ses écrits celui qu'il a il pouvait encore prolonger sa vie ? Quarin, intitulé : Méthode pour guérir les fièvres et le caur navré de doulcur, obtempéra à les inflammations, ainsi qu'un autre qui a l'ordre de son souverain, et lui fit entendre, pour titre : Observations sur diverses mala avec cetie candeur qui le caractérisait , qu'il dies, spécialement maladies chroniques, n'avait plus que peu de jours à vivre. L'auouvrages précieux, rédigés sous l'inspira- guste malade adressa de sincères remercition de la nature. Lié d'amitié et d'affection ments à son médecin , et lui fit remettre le avec les plus célèbres médecins de la capi- lendemain une lettre autographe par latale, Quarin fit aussi plusieurs voyages uti- quelle il lui conferait le titre de baron; falement dirigés dans l'intérêt de la science, veur qu'il accompagna d'un don de mille

souverains d'or. Le trait suivant offre une ses manuscrits enlevés, et cette perte conpreuve de son patriotisme. La ville de Man- tribua à hâter sa mort, arrivée en 1644. On toue ayant été prise par les Français en a imprimé de lui, en 1649, la Vierge veuve, 1797, et l'ennemi s'avançant de plus en avec quelques poésies sur des sujets reliplus, les étudiants de l'université de Vienne gieux.- L'un de ses fils , JEAN, cultiva la donnèrent au monde le bel exemple d'une poésie, prit les armes pour Charles Ier , et jeunesse studieuse qui vole aux armes pour mourut de la peste , à Londres , en 1665. la défense de la patrie ; Quarin , qui était QUART. ( Marine.) Division du service à cette époque recteur de l'université, ap sur les vaisseaux en rare et à la mer. Lcs plaudit à ce noble enthousiasme et voulut détails relatifs à la manière dont se fait le bien se charger lui-même du soin des enrò. quart, quoique nécessairement incomplets, lements. Il leva lui-même des défenseurs à à cause du peu d'étendue qu'il est possible ses propres frais, et son exemple eut une si de leur donner dans notre ouvrage, mérisalutaire influence dans la capitale, que tent néanmoins d'y occuper une place. Leur bientôt les citoyens de toutes les classes réunion forme une masse de renseignements prirent les armes. Il ne remplit pas avec curieux

pour

l'immense quantité de lecteurs moins de générosité le poste de prorecteur à qui l'organisation et le service de la pendant la malheureuse année de 1805. ' marine sont tout à fait inconnus. Il doit C'est à l'estime que lui avaient vouée les être intéressant , pour des personnes qui gouverneurs français Maret et Daru, que n'ont jamais monté et n'auront peut-être l'on dut la profonde tranquillité dont joui- jamais occasion de monter des vaisseaux , de rent tous les établissements consacrés aux se transporler par la pensée sur ces merveilsciences et aux lettres ; c'est encore à cette leuses machines, et d'y suivre les marins considération générale dopt Quarin était dans les phases si étranges et si variées de investi , que l'on dut la conservation de tous leur vie pénible et aventureuse. Il est presles musées de la capitale , qui restèrent en- que superflu de faire remarquer que le tiers et intacts. On érigea , en 1802 , en son même intérêt de curiosité ne peut exister honneur, une statue dont l'inauguration eut pour ce qui concerne les troupes de terre, lieu avec une grande solennité. Le profes. avec lesquelles on est perpétuellement en seur Hock , qui remplissait alors les fonc contact dans toutes les parties du royaume. tions de recteur , prononça à cette occasion Outre l'acception que dans l'article Borun discours dans lequel il montra Quarin Dée nous avons donné à ce mot (celle de ducomme un modèle d'humanité et de science, rée d'un quart), il désigne encore la fraction comme un praticien d'une expérience con de l'équipage organisée pour faire un quart. sommée. En effet , l'illustre professeur en C'est dans ce dernier sens que nous l'emseigna avec éclat, pendant plusieurs années, ployons ci-après. l'art de guérir qu'il avait exercé pendant Chaque bordée, dans les manæuvres orplus d'un demi-siècle. Il mourut le 19 mars dinaires du quart, représente l'équipage 1814, à l'âge de 81 ans. Les ouvrages de me entier dans les maneuvres générales , et condecine-pratique du célèbre professeur Qua- séquemment comporte une répartition semrin ont été publiés en Flandre, en 2 vol. blable des homines aux divers postes qui in-8°, sous le titre : Animadversiones in exigent action ou surveillance. De même, morbos acutos et chronicos, editio vien- l'officier chef de quart représente le capinensi auctior atque emendatior, cum præ- taine, donne tous les ordres et dirige tous fatione , notis , etc., Gandavi, 1820. C'est les mouvements. Pour le quart, les officiers la meilleure édition connue; on la doit aux ne sont point répartis d'une manière consoins du docteur Kesteloot, professeur de forme aux bordées de l'équipage. Le plus médecine-pratique à l'université de Gand. ordinairement, l'état-major est partagé en

* QUARLES ( François), poète anglais, cinq divisions ; d'où il résulte que le roulené à Steward, dans le comté d'Essex, en ment général s'opère en vingt heures et que 1592, vécut au milieu des troubles de l'An- chaque officier fait successivement les diffé. gleterre. Une pièce , qu'il intitula le royal rents quarts de jour et de nuit. Le service Prosélyte, et son attachement à la cause de des quarts , pour les officiers , commencent Charles ler lui suscitèrent beaucoup d'enne- à huit heures du soir. En rade, c'est l'offimis, et consommèrent, la ruine de sa for- cier chef de quart le moins ancien qui prend tune. Ses livres furent pillés, plusieurs de le premier quart; en mer, il appartient à

« PreviousContinue »