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département du Gard à la Convention. Il y * RABELAIS (Françors), né vers l'an vola la mort du roi avec sursis, osa se plain. 1483, à Chinon , petite ville de Touraine, drc de la lyrannie qu'exerçait la Montagne, où son père était apothicaire, prit l'habit et fut un des soixante-treize députés arrêtés religieux chez les cordeliers de Fontenai-lepar Robespierre et relâchés après sa chûte. Comte , fut élevé aux ordres sacrés, se fit Rabaut fut sous-préfet de Vigan , et appelé remarquer par la diversité de ses connaisen 1803 pour être un des pasteurs de l'église sances , surtout par celle des langues, et eut réformée de Paris. Exilé en 1815 comme aussi des succès dans la prédication. Mais régicide, il fut rappelé deux ans après , et malheureusement son humeur bouffonne mourut à Paris le 16 mars 1820. On'a de lui s'accordait trop peu avec l'austérité de son deux discours , intitulés : l'un , Napoléon état pour qu'il pûl long-temps s'y maintenir. libérateur, discours religieux, 1810, in-8o; Une espièglerie sacrilege dont il se rendit l'autre, Sermon d'actions de graces sur le coupable lui attira de la part de ses confrè retour de Louis XVIN dans la capitale de res un traitement fort rude, à la suite du. ses États, prononcé le 22 mai 1814. On a dit, quel il fut enfermé. Il résolut dès lors de et il parait certain que Rabaut-Pomier eut

secouer le joug qu'il s'était imposé, et, la première notion de la vaccinc avant que quoiqu'on lui eût obtenu de Clément VII la les Anglais eussent rien ecrit sur cette de- permission de passer dans l'ordre de Saintcouverte. Une lettre que lui adressait sir Benoit , au monastère de Maillezais , il n'en James Ireland, de Bristol, datée du 12 fé- jeta pas moins le froc aux orties, et mena vrier 1811, atteste qu'il avait fait part de ses pendant quelque temps une vie assez vagaobservations à un Anglais dès l'année 1781, bonde. S'étant ensuite rendu à Montpellier, en présence de M. Ireland. Rabaut jeune il y étudia la médecine , fut reçu docteur, (N.) surnommé Dupuis, frère des précé- et publia une édition latine de quelques dents et négociant à Nimes, partagea les opi- écrits d'Hippocrate. Un arrêt provoqué par nions de ses frères, et fut proscrit comme le chancelier Duprat avait aboli les priviléeux, en 1793, sous le titre de fédéraliste. ges de la faculté de médecine de MontpelS'étant soustrait à la persécution, il fut lier. Cette faculté députa Rabelais auprès du porté sur la liste des émigrés , et cette cir- chancelier pour plaider sa cause; il réussit, constance fit arrêter son père. Député du et, en reconnaisss ce de ce service, l'uniGard au conseil des Anciens, en 1797, il versité décida que tout médecin appelé au écrivit en faveur du directoire exécutif, doctorat se revêtirait désormais de la robe quoiqu'il n'en approuvât pas toutes les me de Rabelais. Mais si , comme on le dit, cet sures. Il se prononça à la tribune en faveur usage subsiste encore , cette robe , qui a endes émigrés du Bas-Rhin, de ceux d'Avignon viron 300 ans, ne doit plus être qu'un lam. et slu comtat Vénaissin, et s'éleva contre les beau. Après avoir exercé la médecine à jacobins du Midi. Passé au corps législatif Montpellier et à Lyon, Rabelais suivit à en 1799 , il le présida en 1802 , et c'est sous Rome le cardinal du Bellay, qu'il connaissa présidence que fut voté le consulat à vie. sait depuis sa jeunesse , et qui lui montra Il fut ensuite envoyé en mission dans le Midi. toujours de l'amitié. Ce fut bien plus sans Au moment de son arrivée à Toulouse, on y doule au crédit de ce protecteur qu'il dut la allait fusiller un émigré, M. de Segny, con. nouvelle bulle de translation qui l'envoyait damné par un conseil militaire. Rabaut-Du- dans l'abbaye de Saint-Maur-des-Fossés puis, informé que des nullités existent dans dont on allait faire un chapitre, qu'à ses le procès , prend sur lui de suspendre l'exé- saillies plus ou moins beureuses qui amusicution, résiste au général-commandant qui rent beaucoup, dit-on , le pape et les cardi. réclamait impérieusement la victime, et ac naux. Quoiqu'il en soit, de cordelier devenu cepte toute la responsabilité à laquelle sa bénédictin , de bénédictin médecin , et de conduite pouvait donner lieu. Le premier médecin chanoine, Rabelais devint, en consul approuve cette conduite, le procès 1545, curé de Meudon, et ne parut pas plus est revu et la victime sauvée. Rabaut-Dupuis appelé à cet état qu'à ceux qu'il avait abanobtint en 1803 la décoration de la légion- donnés. On croit qu'il mourut vers 1553. d'honneur, et fut nommé conseiller de pré- Depuis environ sept ans il avait mis la doufecture à son retour dans sa ville natale , où nière main à son Pantagruel, ouvrage qui il mourut en 1808, des suites d'une chute fut censuré par la Sorbonne et condamné occasionée par un cheval fougueux. par le parlement. Cette composition boufTome 19.

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fonne et satirique, où l'auteur décrit avec grande connaissance des hommes et de leurs une gaité cynique les moeurs de son siècle, travers , mais sans affections haineuses et où il dévoile avec un plaisir honteux les tur- misanthropiques. Tous ont été réunis sous le pitudes de tous les rangs , où sont répandus titre d'OEuvres, dont la onzième et dernière à pleines mains l'esprit et l'érudition , les édition a paru à Leipsig, 1777 , 6 vol. in-8°, traits piquants et les sottises grossières , les avec la vie de l'auteur par C. R. Weisse. Ces ordures et les impiétés , a eu des prðneurs Quvres ont été traduites , en totalité ou en et des détracteurs également esclusifs ; mais partie, dans différentes langues. les bons esprits se sont placés entre les deux * RABOTTEAU (PIERRE-Paul), littéraextrêmes, et ont adopté ce jugement de La leur et vaudevilliste , né en 1766 à La RoBruyère , dicté par la raison : « Où Rabelais chelle , fut admis en 1588 à l'Académie des » est mauvais, il passe bien loin au-delà du belles-lettres de cette ville, vint neuf ans après » pire : c'est le charme de la canaille; où il se fixer à Paris, s'y fit connaitre par quel» est bon, il va jusqu'à l'exquis et à l'excel- ques productions , et remplit , sous le minis» lent, et il peut être un mets des plus dé- tère de M. Decazes (1815-20), l'emploi de » licats. » Parmi les éditions qui ont été fai- sous-chef d'une division du ministère de la » tes des OEuvres de Rabelais, on distin- police. Retiré plus tard dans sa ville natale , gue celle des Elzevier, 1663 , 2 vol. il y mourut le 21 octobre 1825. petit in-12; celle de 1711, avec figures et les * RABUTIN (Roger De BUSSY.). Voyez remarques

de Le Duchat et de La Monnoye, Bussy. 5 vol. petit in-8o; réimprimée avec des remar * RACAGNI ( JEAN), religieux barnabile ques nouvelles de Gueulette et Jamet l'ainé, sous le nom de Joseph-Marie, physicien et 1732, 5 vol. in-12; avec de nouvelles notes mathématicien habile, né à 1711 à Tarazza par Le Duchat et des figures de B. Picart, province de Voghera, mourut en 1822. On ne Amsterdam, 1741, 3 vol. petit in-40. D. De- cite de lui que quelques mémoires, un enlaulnaye en a publié depuis deux autres tre autres sur les Translations, un autre sur éditions, 1820, 3 vol. in-18 ; 1823, 3 vol. les Propriétés des nombres, enfin une Théoin-8• ; enfin MM. Esmangart et Éloi Johan- rie des fluides, imprimée en 1779. neau ont publié les OEuvres de Rabeluis, * RACAN (Honorat de BUEIL , marquis édition variorum , augmentée de pièces inė. DE), poète distingué , né en 1589 La Rodites, des Songes drolatiques de Panta- che-Racan, en Touraine , était fils d'un magruel , ouvrage posthume , avec l'explication réchal-de-camp des armées du roi. Il reçut en regard , des remarques de Le Duchat, une éducation toute militaire , et prit même de Bernier, de Lemolleux, de l'abbé de une telle aversion pour la langue latine , Marsy , de Voltaire , de Ginguené, avec un qu'il ne put jamais , dit-on , retenir le concommentaire historique et philologique, fitcor. Ayant été nommé en 1605 page de la Paris, Dalibon, 1823-1825, 8 vol. in-8°, chambre du roi sous le duc de Bellegarde,dont avec gravures. L'abbé Perau a donné en l'épouse était sa cousine, il oblint un libre 1752, sous le titre d'OEuvres choisies de accès dans la maison de ce seigneur, et ce M.-F. Rabelais, Gargantua le Panta- fut là qu'il conaut l'illustre Malherbe , dont gruel, etc., d'où il a retranché les endroits il devint le disciple et l'ami. Il prit ensuite licencieux. On trouve à la fin une vie de la carrière des armes, et s'y distingua. On Rabelais. Jean Bernier avait déjà publié : lit dans la vie de Malherbe , attribuée à Rue Jugement et Observations sur les OEuvres can, que le disciple , à son retour de Calais, de Rabelais, ou le Véritable Rabelais ré- où il avait été envoyé au sortir des pages, formė, Paris, 1697, in-12.

ayant consulté son maitre sur le genre de * RÁBENER (Théophile - Guillaume), vie qu'il devait choisir , Malherbe lui récita 'moraliste allemand, né à Wachau, près de l'ingénieux apologue de Pogge, dont La Leipsig, 'en 1714, fit ses études au collège Fontaine a tiré l'une de ses plus belles fade Meissen et à l'université de Leipsig, bles, le Meunier, son Fils et l'Ane. Cette montra de bonne heure un goût très-pro- réponse était peu faite pour décider Racan;

la poésie, exerça pendant long. aussi continua-t-il pendant quelque temps temps diverses fonctions financières, encore la carrière qu'il avait embrassée. Il mourut à Dresde en 1771. On a de lui un parvint au grade de maréchal de camp, se grand nombre d'écrits, pleins d'observa. maria , et passa le reste de sa vie au milieu tions fines et vraies , où il montre une des plaisirs et du culte des muses. Racan

noncé pour

et

fut l'un des hommes les plus aimables et les rieure constitue une partie de la paroi posplus galants d'une cour qui s'était formée à térieure de la poitrine ; elle présente une l'école de Henri IV. Son mérite et ses la- concavité très marquée qui dépend de la selents, comme poète, le faisaient générale- conde courbure de la colonne vertébrale. ment rechercher. Il contait avec grâce, et sa Cette concavité agrandit beaucoup la

capamémoire lui fournissait une foule d'histo- cité thoracique. Dans cette région, le rachis riettes et de bons mots qui rendaient sa con est en rapport avec l'æsophage et d'autres versation très-piquante; mais il avait la manie organes importants. La troisième portion de tirer vanité de son ignorance , et d'affec- de la région antérieure, que l'on nomme ter un grand dédain pour les savants. Tou- prélombaire , offre une convexité très-mar. tefois il ne dédaigna pas le titre d'académi- quée; les deux piliers du diaphragme se cien, qu'il obtint en 1735; mais il se proclama fixent sur cette partie de la colonne vertél'antagoniste des sciences dans un discours brale; l'artère-aorte est contiguë à sa région prononcé à l'Académie Française, et qui a été médiane. imprimé depuis. Il mourut en 1670, ayant La face postérieure du rachis est courbée survécu aux hommes , aux meurs, au lan en sens inverse de l'antérieure, c'est-à-dire gage même qui existaient à la cour dans sa concave au col , convexe au dos, et concave jeunesse, et sans néanmoins que la réputa- aux lombes , région que l'on appelle vulgaition qu'il s'était acquise eût souffert la plus rement les reins. On voit sur sa ligne mélégère atteinte. Coustelier a publié à Paris, diane une suite de saillies osseuses que l'on en 1724, une édition des OEuvres de Racan, a comparées à des épines , et qui ont fait en 2 volumes in.12; mais elle est incomplète: donner au rachis le nom vulgaire qu'il porte. il y manque , entre autres pièces , une Ode Ces saillies sont formées par l'apophyse épià Richelieu, et les Mémoii es sur la vie de neuse que chaque vertèbre présente. Sur les Malherbe.

côtés de ces saillies , sont des gouttières qui RACE. Voyez HOMME.

correspondent aux James des vertèbres. * RACHEL ( Bible), seconde fille de La- Toute cette face du rachis donne attache ban, eut du patriarche Jacob deux enfants, aux muscles nombreux et forts qui servent Joseph et Benjamin. Elle mourut en mettant aux divers mouvements du tronc, et qui au monde ce dernier. On montre encore sur maintiennent le corps dans sa rectitude. la route d'Éphrata un monument qu'on dit Les faces latérales sont percées de trous être son tombeau.

que l'on appelle de conjugaison, parce qu'ils RACHIS (médecine) est le nom par le- sont formés par le rapprochement de deux quel les anciens écrivains et M. Chaussier vertèbres. Ces trous donnent passage aux ont désigné l'assemblage des vertèbres qui nerfs qui viennent de la moelle épinière, et constitue une sorte de colonne placée entre qui se rendent aux parties environnantes. la tête et le bassin , que l'on appelle colonne On remarque de plus sur ces faces des lames vertebrale, et vulgairement épine du dos. osseuses que l'on a appelées apophyses transL'importance du rachis est telle, que les verses, et qui, au col et aux lombes, ont zoologistes ont fait de sa présence le carac- pour principal usage de servir de points tère commun des animaux qui forment la d'insertion à différents muscles , tandis

que nombreuse section des vertébrés.

les dix premières dorsales servent de second Pour faire connaitre la disposition du ra- point d'articulation aux dix premières côtes. chis , les courbures et les particularités qu'il All-devant de ces apophyses transverses , et présente , on lui considère quatre faces : à la région dorsale seulement, on voit les une antérieure, une postérieure , deux laté- surfaces articulaires de l'extrémité postérales; on le divise en trois régions, que l'on rieure des douze côtes. Ces faces latérales appelle trachélienne , dorsale et lombaire. du rachis présentent à la partie supérieure

La face antérieure présente à la région de la région dorsale une courbure , dont la trachélienne, ou au col, la convexité de formation a vivement excité l'attention et l'une des trois courbures alternatives que les recherches des physiologistes. Cette l'on remarque au rachis. Cette courbure est courbure forme à gauche une concavité la moins considérable de toutes. Le pharynx, très-remarquable contiguë à l'artère-aorte; les nerfs trisplanchniques , et d'autres pars et à droite , une convexité dont la saillie est lies importantes , sont en rapport avec cette en raison directe de la concavité du côté portion du rachis. Au-dessous , la face inté gauche. Cette courbure dépend-elle de la

présence de l'artère-aorte qui, par ses pulsa: quelles nous ne pouvons nous arrêter, non ions, la déprimerait dans ce point? Bichat plus que sur quelques autres considérations ne le pensait pas. Béclard a , en effet , vu la analomiques assez importantes. transposition complète des viscères thoraci Le rachis est formé par les vertèbres , os ques et abdominaux sur un sujet dont la spongieux au centre, et compactes à leur pointe du caur était à droite, et l'incurva- circonférence , réunis par des cartilages intion sous - sternale de l'aorte également à tervertébraux très-forts, par des ligaments droite : cependant la courbure latérale du extrêmement deoses, et entourés de muscles rachis avait la même disposition que dans qui contribuent à augmenter leur union. Ces l'état normal. Sur un gaucher, au contraire, parties reçoivent de nombreux vaisseaus; le la courbure du rachis élait disposée en sens sang parait y séjourner long-temps, et les inverse de Pétat ordinaire. Il faut donc, veines qui len rapportent ont principaled'après ces observations de Béclard, admet- ment été décrites par MM. Chaussier, Dutre l'opinion de Bichat, qui pensait que c'est puytren et Breschet. à l'action musculaire qu'il faut attribuer la. Le rachis est loin d'avoir la même dispoforination de cette courbure latérale , et non sition à tous les âges. Chez le fælus, il ne aux battements de l'artère-aorte. Ces consi. présente que le commencement à peine sendérations sont très importantes pour la théo. sible des courbures qu'il doit offrir dans la rie du développement des courbures acci- suite ; l'ossification de ses diverses parties ne dentelles du rachis et pour le traitement se fait que tardivement : aussi c'est pendant qui leur convient.

l'enfance que l'on commence à former les Au reste, différentes causes font varier bateleurs aux exercices et aux tours que, les courbures que nous venons d'indiquer : plus tard, ils ne parviendraient jamais à le gonflement des vertèbres ou de leur car- exécuter. Chez le vieillard, les courbures Lilage, leur carie, leur usure , etc. Des posi- sont augmentées, et l'affaisement des cartitions vicieuses trop long-temps prolongées lages intervertébraux a diminué la hauteur suffisent pour les augmenter ou pour les de sa taille. Souvent aussi ces cartilages se changer. Ainsi, le soldat qui a vieilli dans sont ossifiés, et c'est à cette altération de les rangs , et le laboureur qui a passé sa vie nutrition qu'il faut attribuer la rigidité et le penché sur sa charrue, offrent-ils une dis- peu de flexibilité du rachis que l'ou observe position bien différente du rachis.

à cet âge. La base du rachis s'appuie sur le sacrum, Le rachis a pour usage de renfermer la et lui transmet le poids des parties supé- moelle épinière dans un canal osseux qui la rieures. Le sommet s'articule avec la tète, protége contre l'action des corps cxtérieurs. mais en arrière du centre de la base du Il sert de point d'appui à beaucoup de viscráne; en sorte que la têle serait toujours cères et d'organes , il concourt à la formapenchée sur la poitrine, si des muscles très- tion des cavités thoracique et abdominale. forts de la retenaient en arrière.

Ses diverses courbures cervicale , dorsale et Le rachis est creusé dans toute sa lon- lombaire, sont disposées pour transmettre gueur d'un canal qui loge et protège la le poids de la tête au tronc, et le poids de moelle épinière , et dont la conformation ceux-ci au bassin dans les diverses attitudes est telle , que l'organe important qu'il ren- du corps , en sorte qu'elles ont une grande ferme ne peut être lésé dans les mouvements importance dans le mécanisme de la station du rachis.

et de la progression. Cette disposition des Le rachis est composé de vingt-quatre courbures du rachis est tellement nécessaire vertèbres : sept cervicales , douze dorsales, que, dès qu'il s'en développe une accideniel. et cinq lombaires. La première cervicale se lement dans un sens , il s'en forme bientôt nomme atlas, la seconde axis ; toutes les au une autre dans un sens opposé, afin de soutres prennent le nom numérique qui con- tenir le centre de gravité, et de le transvient à leur rang. Ces diverses vertèbres ne mettre convenablement au bassin. (Voyez sont pas également volumineuses : celles du Nerfs et Orthopédie.) MARTIX Solon. col sont les moins grandes, celles des lom * RACHYD-EDD-YN. (Voyez RaschiDbes les plus grosses , et celles du dos sont Eppen.) d'une moyenne grandeur. Cette différence * RACINE (JBAN), l'un des plus beaus de volume forme du rachis la réunion de génies du grand siècle de Louis XIV. et le plusieurs pyramides , sur la disposition des poète tragique le plus parfait dont s'honore

caur,

la scène française , naquit à La Ferté-Milon dre, lui avait conseillé de pe plus faire des le 21 décembre 1639, l'année même que tragédies. Enfin Andromaque parait, et le Corneille, àgé de 33 ans, faisait paraitre grand poète tragique est révélé. Naguère Horace et Cinna. Orphelin de père et de disciple et imitateur de Corneille , Racine mère dès l'âge de 3 ans, le jeune Racine fut devieat tout à coup créateur d'un nouveau d'abord envoyé au collège de la ville de genre de tragédic. Cependant sa supériorité Beauvais; il vint ensuite à Paris au collége a jeté l'effroi parmi tous les aspirants à la d'Harcourt , entra enfin à Port-Royal-des- palme tragique. Déjà l'envie est sous les arChamps, et ce fut dans le commerce des mes; elle veut faire expier au génie ce mohommes pieux et savants qui habitaient cette ment de triomphe. Lorsque Britannicus pasolitude, qu'il puisa le gout des bonnes let, rait, en 1669, cette tragédie est reçue tres et les principes religieux qui ne l'aban- froidement, et Boileau est presque le seul donnèrent jamais. Son ardeur pour l'étude, qui en reconnaisse les beautés. A Britannisurtout pour celle de la langue grecque , cus succéda Bérénice. Une princesse avait égalait sa docilité envers ses maitres. Une exprimé le désir de voir représenter sur le fois pourtant cette docilité se démentit:sur théâtre l'histoire de son

et ce pris par le sacristain Lancelot lisant le ro fut à sa sollicitation que les deux maiman grec des Amours de Théagène et Cha tres de la scène tragique Corneille et Rariclée , il eut la douleur de voir jeter au feu cine, entreprirent, à l'insu l'un de l'auson livre chéri; un second exemplaire eut tre, de retracer les amours d'Henriette bientôt le même sort; enfin il s'en procure d'Angleterre et de Louis XIV sous les noms un troisième , l'apprend par cæur, va ensuite antiques de Bérénice et de Titus. Les deux le

porter au maitre, et lui dit : Vous pouvez Bérénice furent représentées sur la fin de encore brúler celui-ci. Cette désobéissance, 1670. Racine avait su déguiser l'extrême faid'un genre si nouveau, et qui ne pouvait blesse du sujet par un style enchanteur et avoir beaucoup d'imitateurs , fut sans doute des beautés de détail inimitables ; sa pièce aisément pardonnée. Le début poétique de fit verser des larmes, et le grand Corneille Racine fut une ode intitulée : la Nymphe de fut vaincu. Bajazet , Mithridure , Iphigela Seine, à l'occasion du mariage du roi. nie , proclamée par Voltaire le chef-d'œuvre Chapelain, alors arbitre des réputations de la scène francaise , se succédèrent d'année littéraires , fit valoir cette production auprès en année , et valurent à Racine de nouveaux de Colbert, et le jeune auteur fut magnific succès, mais en même temps d'amères criquement récompensé. Quatre ans plus tard, tiques , qui n'étaient pourtant encore qu'un vers la fin de 1663, une autre ode , intitulée: faible essai des indignes persécutions qu'on la Renommée aux Muses, ayant pour objet lui réservait. Ce fut en 1677, époque de la de célébrer l'établissement des trois acadé- première représentation de Phèdre, que mies , valut à Racine une nouvelle gratifica- l'odieuse cabale montée contre lui osa se tion , et, ce qui était pour lui d'un bien plus mettre tout à fait à découvert. Elle usa dès lors grand avantage , elle lui fournit l'occasion de tous ses moyens pour déprécier la Phèdre de se lier avec Boileau, qui devint dès lors de Racine, et pour élever aux nues celle son censeur et son meilleur ami. Un peu de Pradon , qui fut jouée trois jours après , avant cette époque, Racine avait connu et qui, à la honte du goût, eut tous les Molière , et lui avait montré une tragédie honneurs du triomphe. Le siècle qui vit de Théagène et Chariclée, tirée du roman cetie injustice et ne l'empêcha pas en fut asgrec auquel il avait donné, dans sa mémoire, sez puni, et malheureusement la postérité, un abri sûr contre le zele incendiaire du innocente d'une faute qu'elle déplore, a pieux Lancelot. Molière n'ayant pas été con- porté sa part du châtiment. La reprise de tent de celle production, lui conseilla d'y Phèdre, qui eut lieu un an après , ne put renoncer , lui donna en même temps le plan faire oublier à Racine l'acharnement de ses de la Thébaide , et lui préta cent louis pour ennemis ; il renonça au théâtre à l'âge de en altendre le succès. Cette pièce sut en effet 38 ans , c'est-à-dire dans toute la maturité assez bien accueillie ; celle d'Alexandre, de son génie , et chercha alors dans la relijouée l'année suivante (en 1665), réussit gion, pour laquelle son âme tendre etait si complètement; mais rien encore dans ces bien faite, les consolations que le monde deux ouvrages n'annonçait Racine; on dit où il vivait ne pouvait lui offrir. Il s'était mêinc que Corneille , à la lecture d'Alexan- marié vers cette époque. Bientôt les exem

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