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ples d'une pieuse compagne , qui poussait cantiques, des lettres et quelques opuscules. l'indifférence des choses mondaines jusqu'à Les éditions de son théâtre sont innombran'avoir jamais voulu lire les chefs-d'oeuvre' bles : nous indiquerons seulement celle de de son mari , achevèrent de le fortifier dans Bodoni, 1681,3 vol. in-fol., et celle de P. Didot l'espèce de réforme qu'il avait embrassée, l'aîné, an IX (1801-05), 3 vol. in-fol. , le livre et ce ne fut qu'après un silence de douze le plus magnifique que la typographie ait ans , en 1689, que, à la prière de madame

encore produit. Les meilleures éditions des le Maintenon , il composa son Esther , non OEuvres complètes de J. Racine sont, sans pour être jouée sur la scène française , mais contredit, celles que M. Aimé Martin a pudans la maison de Saint-Cyr. Cette pièce, bliées, avec les notes de tous les commentaqu'il appelle un amusement d'enfants, fut teurs , Paris, Lefèvre , 1820, 1822 et 1825. accueillie avec des transports d'admiration, Racine (Louis), que Voltaire appelle le et fait encore aujourd'hui les délices de tous bon versificateur Racine , fils du grand Rales âges. L'auteur reçut du roi l'ordre de cine , né à Paris le 6 novembre 1692, fut composer une nouvelle tragédie tirée des li- privé de bonne heure des soins patervels, vres saints pour le même théâtre, et il fit. et fut confié à ceux du savant Rollio, alors Athalie. Mais , par la nature religieuse du principal du collége de Beauvais , qui se sujet , cet immortel ouvrage, « ce chef-d'æu plut, ainsi que Mésenguy, à le diriger dans vre de l'esprit humain, » ainsi que l'appelle ses études et à le fortifier dans les principes Voltaire , ne put être représenté ; il fut joué de vertu qu'il avait puisés dans sa famille. seulement deux fois à Versailles, sans théâ. Le jeune Racine, au sortir du collége , s'attre et sans costumes , par les demoiselles de tacha a l'étude du droit , et se fit recevoir Saint-Cyr; et quand l'auteur l'eut fait impri- avocat ; mais le penchant qu'il avait toujours mer , il fut tellement en buite au dédain et

eu pour la poésie le dégoûta bientôt de à l'outrage , que , s'il faut en croire les mé

cette profession. En vain Boileau , qu'il conmoires du temps, on en prescrivait la lec- sulta sur ses premiers essais, chercha à le ture par pénitence dans quelques sociétés de détourner du commerce des muses , il entra soi-disant beaux-esprits ! Cet affront, plus comme pensionnaire dans la congrégation cruel encore que le premier, et que

Racine

de l'Oratoire, et commença dès lors son ne vit point réparer , porta à son âme le poème de la Gráce , qui lui fit quelque récoup le plus sensible. En vain Boileau lui putation. En se retirant dans la solitude, répétait : Cette pièce est votre plus bel ou le jeune poète semblait avoir eu dessin de vrage; on y reviendra ; il ne crut point à ce s'y fixer : les chagrins que son père avait retour, et peu s'en fallut qu'il ne pensåt essuyés dans le monde n'étaient pas propres avoir survécu à son génie. Soutenu par la à le réconcilier avec lui ; mais le chancelier religion, honoré de la faveur et de l'estime d’Aguesseau parvint à changer ses résolude son souverain , auquel il portait le plus tions. Reçu à l'Académie des inscriptions en vif attachement , Racine cependant pouvait 1719, Racine partit pour Marseille en 1722, encore se consoler des injustices de son siè- avec le titre d'inspecteur-général des fermes, cle, et surmonter peut-être la maladie dont

passa successivement à Salins , à Moulins, il était atteint depuis long-temps ; mais quel à Lyon , se maria duns cette dernière ville, ques années après , en 1697 , il eut le cha

et fut ensuite envoyé à Soissons, où il degrin de déplaire à son roi et à son bienfai

meura plusieurs années. Sa retraite, qu'il teur par un mémoire sur des affaires d'État obtint au bout de vingt-quatre ans de serviqui fut surpris entre les mains de madame

ces . Je ramena enfin à Paris , et lui permit de Maintenon. Le monarque ayant laissé de se consacrer entièrement aux lettres , échapper quelques paroles sévères , Racine que pourtant il n'avait point cessé de cultise crut disgracié, et l'on remarqua que de- ver; mais la perte de son fils unique , jeune puis cette époque le mal fit chez lui des pro- homme de la plus grande espérance, qui grès beaucoup plus rapides. Il y succomba périt dans le tremblement de terre et l'inonle 22 avril 1699, avant d'avoir atteint sa dation qui ravagèrent Lisbonne en 1755, soixantième année. Indépendamment des vint le frapper d'un coup si sensible qu'il ouvrages déjà cités , nous avons de ce grand renonça dès lors à toutes ses occupations porte : la comédie des Plaideurs, imitée favorites pour se livrer à des lectures pieudes Guépes , d'Aristophane, et jouée en 1668 ; ses qui l'aidaient à supporter son malheur. un Abrégé de l'histoire de Port Royal ; des Il mourut le 29 janvier 1763 , emportant les

a

....)

regrets de tous ceux qui avaient connu le racines des nombres et des expressions alcharme de ses vertus et les qualités aimables gébriques; ces détails de calcul dépendant qui le distinguaient. Louis Racine était mem essentiellement des éléments de mathémabre des Académies de Lyon, de Marseille ettiques , doivent être demandés aux traités de Toulouse. Outre le poème de la Grace, spéciaux. D'ailleurs les opérations devienpublié en 1722, on a de lui : le poème de la nent si simples en se servant des logarithmes Religion , ouvrage estimable que La Harpe (voyez cet article), que l'on ne les fait orregarde comme un des meilleurs de son or- dinairement que par le secours de ces quandre, et dont les éditions multipliées ont suf- tités. fisamment prouvé le succès ( il a été traduit Cependant lorsqu'on veut porter l'approxien vers anglais , en vers allemands, deux mation au-delà de certaines limites , les lofois en vers italiens , et plusieurs fois en vers garithmes ne peuvent plus être employés, latins ); des oiles tirées des livres saints; du moins ceux qui n'ont que 7 décimales et des Épitres sur l'homme, sur l'âme des bé- qui entrent dans les tables ordinaires (celles tes, etc. , adressées au chevalier Ramsay ; et de Callet): on recourt alors aux séries. Par des poésies diverses parmi lesquelles on dis- exemple , pour obtenir la racine carrée de 8 tingue l'Ode sur l'harmonie. Il a encore publié avec 12 décimales , je me sers de la formule des Réflexions sur la poésie, 2 vol. in-12; du binome pour le cas de l'exposant ; , 8ades Mémoires sur la vie de J. Racine , avec voir : ses lettres et celles de Boileau, 2 vol. in-12

V la:x') (c'est un monument de piété filiale et un

1. x4 1. 3 x 6 morceau de biographie du plus grand inté

1+

t

2a: 2.4 242.4.6 ao rêt); des Remarques sur les tragédies de Racine, avec un truité de la poésie dramati: il faut donc décomposer le nombre proposé que et moderne , Paris, 1752, 3 vol. in-12; 8 en deux parties, dont la première a' soit une traduction du Paradis perdu de Milton, un carré, comme 8=9–1. Je développe la avec les notes et remarques d'Addison ; et puissance į de (3— 1); et même, pour faire un Discours sur le poème épique , ibid., marcher l'approximation plus rapidement, 1755, 3 vol. in-12. On a publié en 1784, sous je décompose 8 en deux parties, dont la le nom de Louis Racine , des pièces fugitives première , toujours un carré, soit très-grande que sa veuve et ses amis ont désavouées. Les par rapport à la seconde : ainsi , comme OEuvres de cet auteur ont été recueillies v 8 est à peu près = 2,829, il est facile de en 1747 et en 1755 ,6 vol. petit in-12. M. Le- voir que 8 =(2,828) — 0,003241 ; et c'est normant en a publié une nouvelle édition, de ce binome que je fais la puissance ž, saParis , 1808, 6 vol. in-8°, précédée de l'é- voir,a=2,829, x= -0,003241. On trouve loge de l'auteur par Le Beau.

ainsi * RACINE ( BONAVENTURE), ecclésiasti

3,241 que, théologien appelant, né à Chauny en

V 8= 2,829 V (1

2,829 1708, se livra d'abord à l'enseignement,

=2,8284271247784. fut principal du collége de Rabasteins , se vit forcé de quitter cette place à cause de ses

Supposons que pour extraire la racine me opinions jansenistes , devint plus tard cha- d'un nombre donné N, on ait déjà trouvé la noine d'Auxerre , et mourut à Paris en 1745. première approximation a par les logarithOn a de lui quatre écrits de controverse mes, ou de toute autre manière ; il s'en faurelatifs aux disputes élevées en 1734 entre

dra d'un nombre + b que sim ne reproles appelants sur la crainte et la confiance; duise N; savoir : N=am £b, et N=a un Abrégé de l'histoire ecclésiastique, en Er, xétant la petite correction inconnue 13 vol. in-12. Le temps l'empêcha de don- que a doit éprouver pour devenir la racine ner à cet ouvrage l'étendue qu'il désirait; me de N; a et b sont connus ; on a donc am les deux volumes qu'on y a ajoutés sont Eb (a + x)m; b et sont supposés attribués à l'abbé Troia d'Assigny. Il y en très-petits par rapport à a. Développons ce a eu une nouvelle édition en 13 vol. in-40. second membre par la formule du binome, Des résumés en ont été détachés et imprimé et nous aurons en 2 vol. in-12.

b= = x (mum-. £{m(m—1) ramt, elc...). RACINE. ( Analyse.) Ce n'est pas ici le Négligeons pour un première approximation lieu d'exposer les procédés d'extraction des le petits termes en x: , x.... , et nous au

[ocr errors]

mam

et

at

b

des tiges du bignonia radicans, du lierre, etc., rons 6 =x.mam-', d'où x=

sub

la base des feuilles de l'oranger, l'extrémité stituons pour x cette valeur dans l'équation des branches de tous les végétaux ligueux, précédente , et il viendra cette expression

Une branche de saule , courbée en arc, beaucoup plus voisine de l'exactitude, où enfoncée dans la terre avec ses deux touts, nous avons conservé les r,

s'enracine

par
l'un et

par

l'autre, et produit

des rameaux dans sa partie moyenne. Les 2 ab

branches du figuier de Pajodes s'inclinent 2. mam (m-1) 6

d'elles-mêmes jusqu'à terre , y jettent des 2 ab

racines , et forment de magnifiques arcades. (m+1) am +(m — 1)N

La plupart des plantes d'eau douce : le néAinsi la racine cherchée a trest connue à nuphar, le ményanthe, la reconcule aquafort peu près , ou du moins ce résultat peut tique , etc., outre les racines qui les retienêtre pris pour une seconde valeur appro- nent au sol, en ont encore de lottantes qui chée a', qui servira à trouver une nouvelle partent de la base des feuilles. correction x'; ce nombre r' sera considéra Le lemma, connu sous le nom de lentille blement moindre que le premier, et plus d'eau, n'a que des racines flottantes : ce sont facile à obtenir par le même procédé.

de simples filets , longs de deux à trois cenPar exemple, pour les racines carrées et timètres , terminés chacun par un petit corcubiques , on trouve

don charnu. Ces filets, isolés les uns des

autres, descendent perpendiculairement dans lab

2 ab

l'eau. VN=Va' Ibrat 4a:tb 3a'+N Les racines des plantes grasses ,

telles que ab

ab les cierges , les mesembrianthemum, les staVN=vatb=at 3a526–4 +225 + N pelia, et autres espèces d'un tissu lâche et

succulent , sont sèches, fibreuses , et ne ser Ainsi pour V 8, prenons a=2,8, d'où us

vent, ce me semble, qu'à fixer ces plantes =7,84,b=+0,16 et V 8=2,8 + au sol. La succion des tiges et des leuilles = 2,82842, première approximation. Pre- suffit aux besoins des plantes grasses , parce nant ensuite a=2,82812, on en tire une qu'elles transpirent peu ; aussi les voit-on nouvelle valeur deb, qui conduit au résultat croitre avec vigueur dans les climats chauds, obtenu précédemment par une voie diffé- sur des rochers arides. renie.

FRANCOEUR. Des espèces d'un tissu plus serré , la giroRACINE. ( Botanique.) Le noun de ra- flée jaune , l'ery simum murale , le mufle de cine s'applique surlout à cette partie infé- veau , etc. , qui s'accommodent fort bien rieure du végélal, simple ou divisée , qui d'une terre humide et substantielle , se coms'enfonce en terre et se couvre de radicelles, portent de même que les plantes grasses , ou , comme disent les cultivateurs, de che- quand le hasard les fait croitre sur des rovelu , petites ramifications de la racine, qui chers, sur le sable ou sur les murs; leurs sont autant de bouches aspirantes. Les radi. racines les fixent, leurs feuilles les nourcelles sortent chacune d'une coléorhize dans rissent. beaucoup de monocotylédons et de dicoty Les plantes parasites , le gui , par exemlédons.

ple, enfoncent leurs racines dans l'écorce A l'exception de quelques trémelles et de des autres plantes. quelques conferves, dont la substance est L'orobanche, la clandestine , l'hypociste, homogène, et qui vivent à la surface de la implantent leurs racines sur celles de certerre ou dans l'eau, tirant leur nourriture tains végétaux ligneux. d'une manière uniforme par tous les points Dans l'Amérique méridionale , contrée de extérieurs de leur corps , toutes les plautes merveilleuse végétation, des arbres vivent ont des racines. Il en est même qu'on peut en parasites sur d'autres arbres. Les longues considérer comme n'étant en totalité que racines du clusia rosea , parasite de cette racine : de ce vombre est la truffe.

pature, descendent de la cime des arbres Presque toutes les parties du végétal sont jusqu'à terre ; et quelquefois ces racines vede nature à s'enraciner: la pointe des feuilles nant à s'entre-greffer, et à se couvrir d'une de l'aspidium rhizophyllum , les næuds des seule et même écorce , forment un immense chaumes des graminées , la superficie entière fourreau, dans lequel est renfermé le tronc

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mer.

étranger qui soutient dans les airs celui du mou , sans branches ni feuilles, qui s'élèclusia.

vent à plus d'un mélre au-dessus de la surBeaucoup de lichens, de champignons, face du sol. Des cônes moins élevés naissent de mousses ,

se cramponnent à l'écorce des autour du tronc de l'aviænnia , petit arbre arbres ; mais il ne parait pas qu'ils en dé- des contrées chaudes de l'Amérique. tournent la sève à leur profit.

Certains mangles ou palėtuviers, qui se La durée des ricines est un caractère plaisent sur les plages maritimes des terres qu'on ne doit pas négliger : les unes sont équinoxiales , portent leurs branches et passagères, les autres sont vivaces. Les pre- racines entrelacées comme un grillage, à mières ne subsistent qu'une année ou deux quelques centaines de pas sur les eaux de la au plus; elles périssent avec le reste de la plante , après une seule floraison. Les au Plus le terrain est meuble , et plus les ratres , quand elles portent des tiges ligneuses, cines des arbres s alongent. Celles qui pédurent autant qu'elles ; et, quand elles por- nètrent dans des conduits d'eau, se divisent ient des tiges herbacées, survivent à ces en une multitude infinic de filets menus, et tiges , en proluisent de nouvelles, et n'ont, deviennent ce qu'on appelle des qucues de pour ainsi dire, pas de fin.

renard. On peut rapporter presque toutes les raci 20 Les racines fibreuses sont composées nes qui terminent la partie inférieure des d'une multitude de fibres grêles , tantôt végétaux aux cinq espèces suivantes, les simples, tantôt ramifées. Quelquefois le pivotantes , les fibreuses , les tubéreuses , les caudex descendant existe confondu avec ces bulbifères et les progressives.

fibres , dont il ne se distingue par aucun ca10 Les pivotantes sont formées par le cau- ractère; et quelquefois aussi ce caudex se dex descendant, qui s'enfonce perpendicu- détruit peu après la germination. Cette supJairement dans le sol, et représente une pression naturelle du caudex descendant, espèce de pivot. Leur forme générale ap- ordinaire dans les monocotylédons , fait que proche plus ou moins de celle d'un cône les d'occena , les pantinus, les palmiers , renversé. Ces racines sont quelquefois sans des arbres si vigoureux, au lieu d'enfoncer ramifications ( carotte, rave , etc.), et d'au en terre un épais et long pivot , comme nos tres fois, elles ont des branches d'autant

ormes ou nos chènes , s'y attachent plus vigoureuses et plus longues , qu'elles grand nombre de filets plus ou moins départent de points plus voisins de la surface liés. de la terre (frêne ). Beaucoup d'herbes , et 30 Les tubercules, qui ont fait donner le le plus grand nombre des arbres bilobés, nom de tubéreuses à certaines racines , sunt ont des racines pivotantes. Aucun monoco des renflements charnus , souvent arrondis, tylédon, que je sache, n'en a de telles. masses de tissu cellulaire, que parcourent

L'oxigène est nécessaire au développe- quelques vaisseaux qui se rendent vers tous ment et à la conservation des racines. Cela les points de la surface, d'où doivent partir est bien visible dans les arbres à racines pi- les filets radicaux et les lurions. Les poches votantes; car , si l'on exhausse le sol autour du tissu cellulaire des tubercules sont remde leur trouc, il arrive souvent que de nou- plies d'une fécule amilacée. velles ramifications paissent immédiatement Le caudex descendant se développe dans au-dessous de la superficie du terrain, et certaines espèces en une racine tubéreuse , que celles qui sont plus avant dans la terre, comme on le peut voir par la germination et la partie inférieure du pivot, se détrui- du cyclamen et de beaucoup d'orchidées. Le sent,

tubercule du cyclamen survit à la chute des Quelquefois les ramifications latérales des feuilles , grossit d'année en année , et donne racines pivotantes tracent au loin, et pro- naissance à de nouveaux turions. duisent des lurions, sortes de boutons nés Les orchis, les satyrium, etc., produisous terre , qui cherchent la lumière et don- sent chaque année, de la partie latérale ncat naissance à de nouvelles tiges.

de leur collet, un nouveau tubercule', qui Les ramifications latérales de la racine pousse une tige au printemps suivant, à quel. pivotante du schubertia disticha , ou cyprès ques millimètres de la place que l'ancienne distique , grand arbre des contrées maréca- tige occupait. Celle-ci a disparu pendant geuses de l'Amérique septentrionale, pousse l'hiver ; son tubercule , qui s'est épuisé pour de distance en distance des cones d'un bois la nourrir, n'est plus, au retour de la belle Tome 19.

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par un

saison , qu'une masse celluleuse , ridée, des Revenons à des considérations plus généséchée et sans vie. Il est à remarquer que les rales. filets radicaux des orchidées naissent ordi La force et la longueur des racines ne sont nairement de leur collet , et que leurs tuber. pas toujours proportionnées à la grandeur cules ne s'enracinent point : aussi doit-on des végétaux. Le groupe des conifères et cesoupçonner que ces tubercules ne tirent que lui des palmiers comprennent peut-être les peu de nourriture de la terrc.

plus élevés de tous les arbres , et cependant Les ramifications des racines se renflent leurs racines sont courtes , et ne les attachent en tubercules dans une multitude d'espèces. quelquefois que faiblement à la terre; tandis Les pommes de terre, les patates , les igna- que la luzerne de nos prairies , dont les tiges mes , etc., n'ont

pas

d'autre origine. herbacées ne s'élèvent pas à plus de cinq à 4. Les racines bulbifères sont des tuber- six décimètres , a souvent des racines pivocules minces, élargis en plateau, dont la tantes , longues de trois à quatre mètres. surface inférieure produit des filets radicaux, Les racines des plantes herbacées diffèet dont la surface supérieure porte un ognon rent beaucoup par leurs propriétés, des par. ou bulbe , sorte de gros turion qui se forme ties de ces plantes qui sont exposées à l'air dans une année, et se développe une ou plu- et à l'humidité. Cela est visible dans la casieurs années après.

rotte, la pomme de terre, la scammonée, La destruction du caudex descendant de le jalap, la betterave, elc. Les racines des la plantule des monocotylédons à tige an- arbres u'offrent pas en général des différennuelle, et le mode de croissance de leurs ces aussi prononcées ; cependant on en voit feuilles , amènent souvent la formation d'une des exemples. C'est une chose bien remarracine bulbifère.

quable que la forte odeur d'ail qu'exhalent La différence entre la racine bulbifère et les racines des mimosa , odeur qui ne se rela racine tubéreuse est légère. Dans la pre- trouve dans aucune autre partie de ces vémière, le turion est très-apparent et le tu- gétaux, si ce n'est quelquefois dans leurs bercule l'est fort peu; dans la seconde , l'in. graines. verse a lieu ; c'est-à-dire que le tubercule J'ai dit que c'était par les ramifications présente un volume considérable , et que le déliées que l'on nomme radicelles , que les turion est à peine visible.

sucs nutritifs pénétraient dans les plantes. 50 Les racines progressives sont, à pro- En voici la preuve : un navet dont la prement parler, des tiges enracinées qui pointe seulc trempe dans l'eau , pousse des s'alongent et se ramifient entre deux terres, feuilles ; mais un navet dont la partie en suivant une direction plus ou moins hori. moyenne plonge dans le liquide , tandis que zontale. Elles donnent des pousses annuel- la pointe est à sec, ne fait aucun déveloples, et se développent par le moyen de tu- pement. rions qui naissent à leurs extrémités anté Pour ne pas s'affamer mutuellement, les rieures, tandis que les extrémités postérieures racines de plantes d'une égale vigueur ont se détruisent et semblent avoir été tronquées besoin d'être d'autant plus éloignées les unes ou mordues, se l'expression des botanis- des autres, que la terre qui les nourrit est tes. Quelques racines progressives offrent de moins substantielle. distance en distance des impressions qui rcs. Les herbes périssent au pied des jeunes semblent à celles d'un cachet sur une cire arbres, parce que le chevelu ramassé aumolle (sceau de Salomon ). Ce sont des ci- tour du collet épuise la terre; mais les catrices que laissent les tiges annuelles en se vieux arbres étendant au loin leurs racines détachant.

vigoureuses, laissent subsister les herbes Les cinq espèces de racines que je viens voisines , et détruisent celles qui sont plus d'examiner se confondent ensemble par des éloignées. nuanoes intermédiaires. Ainsi la racine du La croissance des racines vivaces comnavet tient en même temps de la pivotante mence en automne. A cette époque, les et de la tubéreuse ; et la racine de l'allium rayons du soleil sont sans force; les nuits nulcns participe de la tubéreuse, de la bul- deviennent froides; les feuilles s'imbibent bifère, et de la progressive. La racine du de l'humidité de l'atmosphère , et transpitopinambour offre à - la - fois un pivot qui rent peu ; les sucs se cantonnent dans les s'enfonce dans la terre, et des racines pro- parties inférieures du végétal, et les nourgressives chargées de tubercules.

rissent. Mais sitól que le froid a pénétré les

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