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candi. On retire la bassine du feu ; mais il sent pour liquéfier. On modère le feu , soit est prudent de ne pas verser de suite le sirop en glissant sous la bassine une plaque de dans les formes, parce que sa température fer très-épaisse , soit en fermant les regis-élevée pourrait faire casser ces dernières. Il tres du fourneau et en diminuant le couraut est même d'usage de l'agiter jusqu'à ce qu'il d'air qui l'alimente, soit en jetant sur le commence à se grener On s'aperçoit de cette sucre bouillant une très-petite quantité de disposition par un changement dans la trans- beurre , ou de sirop d'orgeat, ce qui est préparence : le sirop se trouble, et si l'on exa- férable. On chaufle de manière à ce que la mine de près, on remarque les éléments de masse se boursoufle; alors on modère le feu. petits cristaux. On saisit cet instant pour le Quand la masse est affaissée, on ranime le mettre dans les formes, et l'on obtient une feu , et ainsi deux ou trois fois de suite, afin cristallisation plus égale et plus serrée. que le sucre soit bien fondu , et que les

3. Quand le sucre est pris et bien égoutté, grugeons ou grumeaux , qui résisteraient on couvre les pains avec des rondelles ou d'abord, ne puissent s'enlever avec l'écume, disques de flanelle blanche que l'on trempe si on la séparait aussitôt : la troisième ascenpréalablement dans de l'eau pure et froide. sion s'apaise avec de l'eau albumineuse. On Ou superpose ces rondelles à un demi-pouce ralentit le feu au même instant; op ne doit d'épaisseur. Après les avoir mouillées deux écumer que lorsque l'affaissement est comou trois fois encore , on les retire ; on rem- plet. place les rondelles de laine par une couche Quand une partie de l'écume est enlevée, de beau sucre blanc en poudre que l'on on détermine l'ébullition au centre de la foule un peu, et que l'on arrose avec un peu liqueur; on verse de l'eau albumineuse au d'eau. Il se forme un sirop blanc qui, à rai- moment où l'on s'aperçoit que la masse va son de sa plus grande densité , chasse plus se boursoufler , et l'on cherche à éviter , facilement le sirop non cristallisable, achève autant que possible, ce boursouflement, qui de purifier les pains , et cristallise lui-même pourrait mélanger les écumes avec le sirop dans les interstices laissés par les précéden- déjà clair. On ajoute de l'eau albumineuse tes imbibitions.

par petites parties, jusqu'à ce que l'écume Quand on juge que les pains sont suffisam- commence à blanchir , et que l'on aperçoive ment égoultés, ce que l'habitude apprend à le fond de la bassine à travers le sirop. On connaitre, on les relire des formes, on les termine cette clarification à l'aide d'eau place, sur leur base, dans l'étuve que l'on froide el pure, afin de séparer ce qui pourchausse à trente degrés environ', et on les y rait rester d'albuinine dans le sirop. Quand laisse quinze jours à trois semaines , avant il est cuit à la preuve du soufflé ou du boulé, de les envelopper de papier et de les livrer on le fait grener , et on le verse dans les

formes, comme nous l'avons expliqué plus Les trois opérations auxquelles est réduit haut. le raffinage sont susceptibles de modifica MM. Derosne frères, pharmaciens à Pations , suivant l'espèce de sucre brut ou de ris, prirent, le 13 mai 1808, un brevet cassonade sur lesquels on opère.

d'invention de quinze ans, pour un moyen Lorqu'on traite un sucre qui ne donne pas de purifier le sucre brut à l'aide de l'alcohol, un sirop coloré , on peut se dispenser d'em- et de raffiner toute espèce de sucre. Leur ployer le charbon, qui, lorsqu'il n'est pas mode de raffinage s'exécute sans feu , et très-soigneusement preparé, donne quelque sans le secours d'aucune des substances fois une légère saveur étrangère au sucre. qu'on est dans l'usage d'employer dans les Alors on peut substituer à la seconde opéra- raffineries ordinaires. Ce procédé est aution la suivante : le premier sucre, retiré jourd'hui connu; leur brevet est expiré dedes formes , se remet sur le feu avec une puis 1823; il est imprimé dans le tome X des quantité d'eau suffisante pour le liquéfier; Brevets expirés, page 305. moins on en met, et mieux cela vaut; ou, Nous avons essayé ce procédé, il nous a en d'autres termes, plus on clarifie serré, parfaitement réussi. En voici la substance. mieux la clarification s'exécute , moins le Sur une quantité donnée de sucre brut , sucre s'altère , par la raison que l'on n'a pas on verse de l'alcohol trois-six, à 34 degrés besoin de faire bouillir le sirop aussi long- Baumć, en quantité telle que la partie surtemps pour le ramener à la cuite convenable. nageante égale en hauteur celle occupée par Ordinairement trente centièmes d'eau sufli- le sucre. On laisse les deux substances en

au commerce.

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neuse.

digestion, à froid, pendant quelques heures, tièrement desséchée ; on la fait dissoudre en agitant de temps en temps. Alors on dé- dans une petite quantité d'eau, et on place caute l'alcohol de dessus le sucre non dis- le tout dans une espèce d'alambic, afin d'en sous, et l'on met de nouvel alcohol. On retirer par la distillation le peu d'alcohol répète cette manipulation jusqu'à ce que les qu'elle retient encore. dernières portions d'alcohol ne soient plus Ce procédé de raffinage est beaucoup plus sensiblement colorées.

expéditif et plus économique que l'ancien. Ce procédé est fondé sur la propriété qu'a En moins de vingt-quatre heures, on obtient l'alcohol de ne dissoudre à froid que la mé une dépuration plus parfaile, et qui exige lasse contenue dans le sucre brut , et de ne ordinairement un long espace de temps. Pour point agir sur le sucre cristallisé. Cette par- cette partie de fabrication, tout emploi de tie non cristallisable se compose de toute la combustible est supprimé, et la main-d'oumélasse , et en outre d'une substance fécu- vre est beaucoup diminuée. L'alcohol n'est lente plus légère que le sucre lui-même, et point perdu; les parties les plus colorées insoluble dans l'eau et dans l'alcohol. Elle sont distillées immédiatement, et donnent, est probablement la seule qui exige, dans comme nous l'avons dit, des sirops non crisl'ancien procédé , l'emploi de la chaux et du tallisables excellents. Les autres portions sang de beuf pour son entière séparation d'alcohol servent aux premiers lavages de Cette substance reste facilement en suspen- nouvelles quantités de sucre brut , jusqu'à sion dans l'alcohol ; ce qui donne un moyen ce qu'elles soient saturées de mélasse. commode de la séparer parfaitement du

Les mêmes chimistes emploient encore sucre , qui se précipite promptement au l'alcohol au terrage des pains de sucre raffinés fond du vase sous forme blanche et sablon- par leur procédé. A cet effet, lorsque ces

pains ont laissé écouler leur sirop ou eauLe sucre, bien égoutté et desséché à une mère, ils bouchent le petit trou du cone de douce chaleur, a l'aspect et le goût des la forme, et après les avoir replacés sur leurs belles cassonades de la Martinique ou de la égouttoirs, ils versent, sur la base des pains, Havane; il a sur elles l'avantage d'être privé de l'alcohol qu'ils laissent digérer pendant eu grande partie de la matière féculente quelque temps. Ils ouvrent ensuite le petit dont nous avons parlé plus haut, et possède trou, et laissent couler l'alcohol, qui emporte un degré de sécheresse qu'on ne trouve pas le sucre non cristallisable qu'il rencontre en dans ces espèces de cassonades. Elle ne passant à travers toute la longueur du pain. contient de partie colorante que la petite Ils achèvent par là de le purifier et de le quantité de celle renfermée dans l'eau de blanchir. cristallisation du sucre.

Nous pouvons affirmer que les vingt-cing En opérant dans des vaisseaux clos, on kilogrammes de sucre brut que nous avons ne perd pas un atome d'alcohol; ce qui nous raffinés par ce procédé nous ont produit, au a parfaitement réussi sur cinquante livres bout de vingt-deux jours , des pains de trèsde sucre brut. La digestion fut faite dans belle qualité , que les connaisseurs ont jugés un cylindre de cuivre bien fermé, que nous être du sucre royal. Sur vingt-cinq kiloavions construit de manière à pouvoir être grammes d'alcohol que nous avons employés, agité avec la plus grande facilité. La dessic- nous n'avons eu qu’un demi-kilogramme de cation a eu lieu dans un alambic très-légère- déchet. Nous sommes fàchés d'avoir égaré la ment chauffe , et qui nous a rendu tout l'al- note de nos opérations, nous aurions donné cohol que le sucre retenait.

avec exactitude la quantité de sucre en pain L'alcohol chargé de mélasse a été pareils et de sirop que nous avons obtenus en 1820. lement distillé à une très-douce chaleur, et On trouve dans la Collection de la desnous avons obtenu pour résidu un sirop que cription des Brevets d'invention exposés , nous avons décoloré par le charbon animal, quatorze brevets pris pour de nouveaux et avec lequel nous avons fait du sirop de moyens de raffinage du sucre, dont huit sont gomme et du sirop de guimauve qui ont été expirés et décrits dans les quinze premiers trouvés d'excellent goût.

volumes qui ont déjà paru. ( Voyez SUCRB.) Lorsqu'on veut fabriquer de suite de trèz

LENORMAND et MELLET. beau sucre avec la cassonade obtenue

par

le RAGE , HYDROPHOBIE. (Médecine. ) procédé de raffinage que nous venons de dé- Le mot hydrophobie , dérivé du grec uolosa crire, on la prend avant qu'elle ne soit en eau, et pobos, crainte, a été employé dans Tome 19.

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plusieurs acceptions. Tantót on s'en est servi quelquefois offert ce symptôme redoutable; pour désigner l'horreur de l'eau dans quel. mais nous devons le dire, quoique la science ques affections; tantôt il a été le synonyme possède des faits, ils sont, en général, peu du mot rage; enfin, il a été employé pour nombreux ; ce phénomène peut d'ailleurs spécifier un ensemble de phénomènes mor- disparaitre sous i influence de moyens curabides, développés spontanément, et qui ont tiss énergiques, qui doivent toujours être une grande analogie avec ceux auxquels la subordonnés à la maladie primitivement dérage donue lieu.

veloppée , et dans laquelle l'hydrophobie est On possède un assez grand nombre d'exem. accidentelle ; néanmoins, elle constitue un ples d'hydrophobie survenue pendant le symptome faebeux. cours de quelques maladies. Les affections Hy drophobie ribiformo, rage spontanée. rhumatismales aiguës , développées sous l'in. On connait plusieurs exemples de cette affluence de causes extrêmement énergiques, fection. En général, le moral joue un grand en fournissent des preuves. En général, la rôle dans son développement; aiusi , tel insuppression de la transpiration, ou limpres- dividu , mordu par un chieu bien portant, sion subite de l'eau froide ou d'une atmo aura appris que d'autres personnes , mordues sphère très-froide et très-humidle , les a fait par le même animal, ont été affectées de la waitre; tel est le cas rapporté par Selig, d'un rage, et quoiqu'il se soit écoulé un temps paysan qui, après avoir travaillé toute la considérable depuis la morsure, la maladie journée à la terre, pendant les chaleurs du se manifestera et conduira la personne au mois de juillet , se baigna le soir dans une tombeau. Il n'y a pas sort long-temps que rivière très-froide et lorsqu'il était en sueur; les journaux ont rapporté un exemple anale lendemain , il éprouvait des douleurs rhu- logue : deux frères sont mordus par le même matismales dans le bras et de la railleur à la chien; lun d'eux se rend dans les colonies, nuque; pendant la nuit, de l'anxiété, de la l'autre reste à Paris ; le premier, de retour chaleur de la céphalalgie et une soif extrême après un an, apprend que son frère a sucse manifestent; il demande , avec instance, combé aux suites de sa blessure , qu'il avait des boissons ; mais à peine frappent-elles sa considérée comune étant envenimée. Au bout vue, qu'il éprouve un tremblement univer- de peu de jours, il éprouve des symptômes sel, des convulsions , et qu'il pousse des cris de rage et succombe, quoiqu'une année se aigus. L'haleine même des personnes qui fut écoulée sans qu'il eût éprouvé le moindre approchaient de trop près de lui l'incomino- accident. Quelques individus ont été pris dait; aussi les priait-il de se retirer. Ces d'hydrophobic dix ans après avoir été morsymptômes , qui persistèrent pendant la jour- dus, par cela seul qu'ils ont appris que d'aunée suivante, furent calmés et disparurent tres personnes , mordues par le mème anisous l'influence d'un traitement rationnel. mal, avaient succombé à la rage. Et, par

L'hydrophobie peut accompagner le dé- opposition, tous les symptómes de l'hydroveloppement rapide de certaines inflamma- phobie ont disparu chez quelques individus, tions; ainsi le docteur Jones a décrit une parce que l'on est parvenu à les convaincre hydrophobie qui se déclara chez un jeune que l'animal qui les avait mordus n'était pas homme affecté d'une inflammation de l'es- enragė, tant est grande l'influence de l'imatomac , et qui ne céda, au huitième jour, gination dans celle maladie! qu'après que l'on eut tiré au malade cent Les personnes chez lesquelles l'hydrophoseize onces de sang. M. Alibert, dans son bie rabitorme se développe, présentent tous Traité des fièvres pernicieuses intermitten- les phénomènes de la rage par virus: aiusi , tes , rapporte l'observation de deux malades elles deviennent d'abord tristes, rêveuses, qui ont présenté des symptômes hydropho- taciturnes, éprouvent un malaise général; biques pendant qu'ils étaient affectés de cette leur sommeil est agité par des rêves efespèce de fièvre; tous deux ont été guéris, frayants; elles exhalent parfois des soupirs l'un par l'emploi du quinquina , l'autre par profonds ; elles éprouvent même des douleurs celui de bains chauds et de frictions. L'hy- dans la plaie qu'elles portent et qui u'est pas drophobie a compliqué assez souvent l'hys. envenimée; bientôt apparaissent la constric: térie , maladie qui se présente sous des formes tion du pharynx, la difficulté d'avaler, 1 horsi variées. Les névroses , les congestions et reur des liquides, soit à la vue, soit au conles pblegmasies cérébrales , les fièvres ac tact des lèvres ; un courant d'air froid, an compagnées de phénomèncs nerveux , ont corps poli, l'haleine des personnes qui les

approchent, leur causent des convulsions malades sous l'influence de ces causes , mais ou des tremblements convulsifs des mem non pas hydrophobes. bres; une céphalalgie intense se manifeste; Tout porte i croire qu'il existe un virus ces symptomes deviennent de plus en plus rabique ; que ce virus jouit d'une plus marquées , et la mort arrive dans un espace grande énergie lorsqu'il provient des loups de temps très-court.

enragés que des chiens; car, sur un nombre Dans ces sortes de cas , c'est surtout vers donné de personnes mordues par un loup et le moral que le médecin doit diriger le trai- par un chien hydrophobes, il en périra beautement; il doit mettre en pratique tous les coup plus à la suite des morsures produites moyens capables de détourner le malade de par le premier animal que par le second. l'idée fise qui le domine; ceux dont les suc- L'inoculation de l'hydrophobie virulente est cès reposent sur la superstition sont ceux-là la meilleure preuve de l'existence d'un virus, mêmes qui présentent le plus d'eslicacité. On et elle ne peut être contestée; ce virus no doit y joindre l'emploi des saignées locales paraît pas avoir son siège dans les solides ou et diriger les antiphlogistiques vers le cer- les liquides de l'économie indistinctement : veau , qui est le siège d'une congestion san- la salive semble en être le véhicule exclusif; . guine très forte.

cette maladie ne parait pas pouvoir êtrc Hydrophobie virulenlo, rage. Dans nos transmise par la peau saine. Nous avons sou. climats, quelques animaux paraissent seuls vent touché à la bave des malades enragés ; susceptibles de devenir spontanément enra ils nous en ont même jeté à la figure; nous gés, et de transmettre aux autres le virus de leur avons fréquemment donné des soins à celte maladie : ce sont les chiens, les loups, l'Hotel Dieu, en 1812 ou 1813, sans que les renards et les chats. Tous les animaux nous ayons éprouvé le moindre inconvénient, enragés à la suite de morsure, ne paraissent et nous n'avons jamais observé que d'autres pas propres à communiquer la rage; les co- personnes aient été incommodées par suite chons, les moutons, les vaches sont dans ce de leurs rapports avec ces malades. Il n'en cas. L'homme est-il de ce nombre? Plusieurs est pas de même lorsque la peau est dépourexpériences tendent à le démontrer; mais à vue d'épiderme ou qu'il y existe quelque côté de ces faits, il en existe deux dont la plaie; l'inoculation peut alors s'effectuer. La connaissance est due à MM. Magendie et transmission du virus peut aussi avoir lieu Breschet, qui prouvent celte inoculation. par les membranes muqueuscs. Deux chiens sont devenus enragés par suite Le développement des symptômes hydrodu transport de la bavc d'un homme qui ve- phobiques n'est presque jamais immédiat; nait de succomber à l'Ilotel-Dieu , aux sui- il a lieu du quarantième au soixantième jour, tes de cette maladie. Ces deux chiens ont rarement plus tard. Il s'annonce par une communiqué la rage à des animaux de niême douleur légère à la cicatrice de la morsure, espèce , qui l'ont transmise à d'autres. Il n'en quelquefois par un sentiment de froid; cette est pas de mème à l'égard de l'hyılrophobie douleur se propage et gagne la base de la développée spontanément chez l homme, à poitrine , si la morsure a eu lieu sur les memla suite de morsures faites par des chiens qui bres inférieurs; et la gorge, si elle a été faite n'étaient pas malades ; elle ne parait pas aux membres supérieurs. Le malade devient transmissible. La rage ne se développe pas taciturne; des rêves pénibļes troublent son principalement dans les froids rigoureux de sommeil; les yeux sont plus brillants; il l'hiver et dans les fortes chaleurs de lété, survient des douleurs au cou, à la gorge; mais bien dans les mois de mars et d'avril ces symptômes précèdent de trois , quatre pour les loups, et de mai et septembre pour ou cinq jours les phénomènes de la rage. Ils les chiens. Dans les pays très-chauds et dans consistent dans un frisson que l'on a nommé les clinats très froids , la rage est assez rare; hydrophobique, et qui saisit les malades à aussi, en Égypte, M. Larrey y en a pas ob- l'approche d'un liquide ou d'un corps poli servé d'exemple; il en est de même de la offert à leur vue; ce frisson général est acSibérie, où elle est peu répandue. On ne compagné d'oppression, de soupirs profonds; connait pas de cause particulière de la rage: le malade entre en convulsion , et jette loin c'est à tort quel on a cité la privation totale de lui le vase qui lui est présenté ; dans ces de boissons et d'aliments ; un grand nombre frissons convulsifs ou accès ile rage, les ford'espériences , faites à ce sujet, ont démon ces musculaires sont considérablement augfré que les chiens et les chats deviennent mentées ; ainsi nous avons vu un bydrophobe

saisir un poêle en fonte et le lancer à travers personnes par le même animal. Quant à tous une salle, de manière à lui faire parcourir les remèdes intérieurs conseillés comme préun espace considérable; un autre hydro- servatifs, ils sont sans efficacité bien constaphobe est monté sur un toit, et en a arraché tée. Quelques personnes ont avancé que les toutes les tuiles pour les jeter sur la tête des individus qui devaient être affectés de la personnes qui passaient dans la rue. Quel- rage, portaient , sous le frein de la langue, quefois, le bruit seul de la chute de l'eau, une ou plusieurs petites pustules remplies de ou le souvenir de l'approche du liquide, suf- sérosité, qu'il suffisait d'ouvrir pour les préfit pour faire renaitre ces convulsions.

server de ceite maladie. Celte observation Immédiatement après l'accès , les malades n'a pas été confirmée. peuvent étancher la soif qui les dévore. Une foule de moyens ont été aussi emL'envie de mordre ne parait pas être le symp. ployés pour obtenir la guérison de l'hydrotème de l'hydrophobie rabique de l'homme, phobie déclarée. La saignée jusqu'à la synmais bien des animaus, dont la défense est cope parait être celui qui a produit le plus dans les mâchoires ; les moutons enragés d'amélioration, mais sans succès complet. En donnent des coups de têle et ne mordent pas. vain on a mis en usage les préparations opiaIl existe à la bouche une bave écumeuse, cées , administrées à haute dose, soit à l'ingluante, que le malade rend par expuition; térieur, par la bouche ou l'anus, ou en inla déglutition des matières solides est très. jections dans les veines , soit à l'extérieur; difficile; la respiration est très-gênée ; la le calomélas, les frictions mercurielles , la peau chaude, brûlante, et par suite cou- belladone, les émétiques, les sudorifiques verte de sueur; le pouls est développé ; im- et les purgatifs ; on a essayé de plonger médiatement après les accès , survient fré- subitement les malades dans une rivière, quemment une syncope; les accès se répèn de leur faire prendre des bains, des affulent d'abord à plusieurs heures d'intervalle, sions, etc., etc. M. Magendie a, dans ces puis à des distances plus rapprochées , et derniers temps, voulu faire un nouvel effort la mort arrive dans un intervalle de temps pour apporter quelques soulagements à ces variable entre deux à cinq jours ; mais malheureux : il a pratiqué des injections le plus souvent du deuxième au troisième aqueuses dans les veines , elles n'ont pas eu jour.

de résultats plus heureux. Une foule de moyens ont été conseillés et Aussi peu de succès ne doit pas faire resemployés contre l'hydrophobie virulente, ter le médecin dans l'inaction ; tel

moyen et malheureusement sans succès. Le traite- qui ne réussit pas dans un cas, peut devenir ment de cette maladie est de deux sortes : utile dans un autre. Il est important de l'une consiste à préserver l'individu du dé- maintenir le malade dans son lit à l'aide veloppement de l'affection , l'autre à arrêter d'une camisole de force; mais il faut éloises progrès. Le premier consiste à cautériser gner ces moyens barbares , qui peuvent la plaie avec un fer chauflé jusqu'au blanc; augmenter les souffrances auxquelles il est il ne faut pas craindre d'agir trop profondé- en proie ; ne jamais craindre de lui prodiment; il est important de savoir que plus le guer des soins , et avoir toujours présent à la fer est chaud, plus il brûle facilement dans pensée qu'on ne connaît pas d'exemple de un espace de temps plus court , et moins il rage communiquée d'homme en homme. cause de douleurs. Ce moyen doit être pré

Orfila et DevERGIE. féré aux liniments , lotions, ventouses et * RAGGI ( ANTOINE ), sculpteur , surcaustiques ; mais il est nécessaire qu'il soit nommé le Lombard, né à Vicomorto en employé dans les douzes premières heures 1624, étudia sous l’Algarde à Rome, où il où la morsure a eu lieu; un espace de temps fut nommé académicien. Il y avait de lui à plus considérable, écoulé depuis la morsure, Paris, aux Carmes-Déchaux, une Vierge n'exclut pas pour cela la cautérisation. Un

tenant sur ses genoux l'enfant Jésus. Raggi cautère olivaire est préférable à tout autre, mourut à Rome, en 1686, dans uue grande en ce qu'il permet d'en enfoncer l'extrémité opulence. plus profondément. On doit aussi s'efforcer * RAGHIB-PACHA ( MOHAMMED), grandd'éloigner l'individu blessé du lieu où l'acci- rézyr de l'empire othonjan, mourut en 1208. dent est arrivé, et lui ôter toute espèce de L'Anglais Porter et le baron de Tott oht relations qui pourraient lui faire connai. parlé avec éloge des talents, de l'habileté et tre les suites des blessures failes à d'autres du caractère de ce ministre; mais ils l'accu

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