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par le gouvernement ni organisation régu- et littérateur allemand, membre de l'Acalière, et qui prétendaient se maintenir mal. démie des sciences de Berlin , né en 1725 å gré les ordres de l'autorité , il se vit tout à Colberg en Pomeranie de parents pauvres, coup l'objet de l'animadversion publique. mourut en 1798, Ramler, dit un écriUne bande de forcenés avait résolu sa vain, sans égaler Klopstock et Lessing, perte : elle s'introduit jusque dans son ho- participe un peu du mérite de l'un et de tel, le frappe de mille coups, se repait de l'autre. Il n'a point l'élevation, l'abonson sang, et va ensuite proclamer son bor- dance , la verve du premier; néanmoins ces rible triomphe. L'infortuné Ramel survécut qualités ne lui sont pas étrangères. Ce qui deux jours à cet attentat, et mourut le 17 août peut lui manquer sous ce rapport est com1815, sans avoir voulu nommer ses assas- pensé par une régularité qui n'est point la sins. M. de Villèle, qui alors était maire raideur, et par des formes antiques. Il s'éprovisoire de Toulouse, publia à ce sujet tait attaché de préférence à Horace. On une proclamation.

voit qu'il en était nourri : il l'imite sans * RAMELIN ou REMMELIN (JEAN), cesse; mais il imite moins ses expressions anatomiste, né à Ulm en Souabe, vivait que ses tournures , sa marche et surtout son dans le cours du 19e siècle. Il a publié une esprit. On ne trouve pas dans le disciple la Description du corps humain, remarquable légèreté, la grâce du maitre; mais il en a seulement par la disposition des figures : la souvent la noblesse. » Parmi les poésies de dernière édition a pour titre : Catoptron mi. Ramler, on cite surtout : Ode sur le retour croscomicum suis ære incisis visionibus du roi; Prédilection de Glaucus ; le Triom. splendens, cum histor. el pinace de novo phe, etc.; Odes à la Paix; sur un Boulet prodiens, Amsterdam, 1607, in- fol. Cet de Canon; à la Concorde ; à la Muse; ouvrage a été traduit en allemand et en an Adieu aux Héros ; à Philibert; Amynte et glais.

Chloé; à son Médecin ; à Lycidas;à Krause ; RAMELLI ( Augustin), ingénieur et le Chant du Combat; des cantates; une mécanicien, né vers 1531 dans le duché de idylle sur le mois de mai, et des chansons, Milan, fit de grands progrès dans les lettres, qui eurent beaucoup de succès et que les meilles sciences , et surtout dans les mathémati- leurs compositeurs d'Allemagne ont mises ques. Ayant embrassé la profession des ar en musique. On a de lui en outre la traducmes, il se signala en plusicurs occasions iion complète des Odes d'Horace , qui fut dans les armées de l'empereur Charles- publiée à Berlin en 1800, 2 vol. in-8°; celle Quint, vint ensuite en France, où il fut du Cours de belles-lettres de Batteux, acbien accueilli par le duc d'Anjou, depuis compagnée de remarques , qui fut pendant Henri III , qui le nomma son ingénieur. Ce long-temps le principal ouvrage classique prince , devenu successivement roi de Polo des Allemands : la première édition parut gne et de France, ne cessa point de proté- 'à Leipsig en 1758, 4 vol. in-8°, la cinger Ramelli, et le fixa près de lui par une quième en 1803; Extraits de Martial , en pension considérable. Cet habile ingénieur latin et en allemand , cinq parties, ibid., mourut en 1590. On a de lui un recueil in- 1787-1791: Mythologie abrégée, ib., 1790, titulé: le Diverse ed artificiose machine, etc., 2 vol. in-8"; deuxième édition , 1808 ; Exitalien-français, Paris, 1588, in-fol., avec traits de Catule, en latin et en allemand, 195 planches , rare et recherché. Quelques- ibid., 1793, in-8°; Odes choisies d'Anaunes des machines décrites par Ramelli sont créon, et les deux Odes de Sapho. Ramler ingénieuses, mais elles seraient plus utiles s'est consacré aussi à revoir et à corriger si elles étaient plus simples.

les ouvrages de plusieurs poètes de sa naRAMIREZ DE CARION (EMMANUEL), tion; mais ses corrections n'ont pas toujours muet de naissance, né en Espagne vers la été heureuses. Ses principaux travaux en ce fin du 16e siècle, inventa dans sa patrie , ou genre sont : Épigrammes de Longau, avec du moins y pratiqua seul de son temps, des augmentations et des remarques , Leipl'art d'apprendre aux muets à lire et même sig, 1791, 2 vol. in-8°; Chansons iles alleà prononcer quelques mots. On a de lui : mands, le premier volun:e sous ce titre, Maravillas de naturaleza , cn que contienen Berlin, 1766; le deuxième sous celui d'andos mil secretos de cosas naturales , 1629, thologie lyrique, Leipsig , 1774-1778, 3 tom. in-40.

in-80 : ce recueil contient les poésies de * RAMLER (Charles-GUILLAUME ), poète de plus de cent auteurs ; Recueil des meil

leures épigrammes des poètes allemands, 1818 les discours qui ont été prouoncés à Riga , 1766, in-8°; Recueil de fubles, Leip- l'occasion des funérailles du baron Ramond sig, 1790, 3 vol. in-8° ; Choix d'Idylles de de Carbonnières , in.4o. Sal. Gesner, mises en vers , Berlin, 1787, * RAMONDINI ( Vincent), minéraloin-80; le Premier Navigateur (du même), giste , membre de plusieurs académies , né à mis en vers , ibid., 1789, in-8°.

Messine en 1758, mort à Naples en 1811, a * RAMO-PAREJA (BARTHÉLEMI). Voyez fait connaître une nouvelle substance qu'il PAREJA.)

appela zurlite , et a donné un nouveau pro*RAMONDD ECARBONNIÈRES ( le ba- cédé pour préparer le chanvre. ron Louis-François-Élisabeth ), conseiller * RAMPALLE , littérateur médiocre du d'État, membre de l'Institut (Académie des 17e siècle, dont Colletet parle cependant sciences), commandant de la Légion d'Hon avec éloge dans son Discours du poème buneur, etc., né en 1755 à Strasbourg , mort colique, mais que Brossette , l'abbé Goujet, le 14 mai 1827, avait d'abord été attaché et surtout Boileau, ont jugé moins favoracomme conseiller intime au cardinal de blement, était, à ce qu'on croit, de la même Roban , et au commencement de la révolu- famille que le père Pierre de Saint-André. On tion il faisait partie de la maison militaire ne connait du reste aucune particularité de du roi. Déjà ses connaissances en physique sa vie, si ce n'est qu'il fut attaché dans sa et en géologie lui avaient donné raug parmi jeunesse à la maison de Tournon, et qu'll les savants les plus distingués de l'époque; suivit à l'arınée Louis de Touruon , tué decomme eux il adopta toutes les espérances vant Philisbourg. On a de lui : l'Hermaphroque faisait naître le nouvel ordre de choses dite , poème, imité de Jérôme Preti, Paris, pour l'amélioration de l'état social. Il fut élu 1639 , in-40; les Événements prodigieux de en 1791 député de Paris à l'assemblée légis- l'amour, nouvelle traduction de l'espagnol, lative , s'y montra l'un des plus zélés défen- de J. Perez de Motalvano, ibid., 1644,2 vol. seurs de la monarchie constitutionnelle, oc- in-8o; des Discours académiques, ibid., cupa souvent la tribune, et y développa 1647 , in-8°; des Idylles, ibid., 1618, in-40 avec un art facile des vues toujours grandes, et in-12; la Chiromancie naturelle de Romfortes et généreuses. Ami sincère de la liberté phile, traduite en français , ibid , 1653, légale , il se prononça avec chaleur contre la iu-12; et deux pièces de théâtre, dont l'une saisie des biens de tout émigré qui ne serait est intitulée : Belinde, tragi.comédie, Lyon, point convaincu d'avoir agi en baine de la 1630; et l'autre sainte Dorothée, ou la France ou porté les armes contre elle; il Suzanne chrétienne, ibid., 1658. s'opposa avec le même talent de conviction * RAMPEN (Henri), docteur en théoloaux mesures de rigueur proposées contre les gie, né à Liége vers 1753, mort eu 1641, prêtres insermentés , insista sur la nécessité professa le grec et la philosophie à Louvain, de laisser libre l'exercice de tout culte, et et publia un Commentaire sur les quatre proposa de les salarier tous. Ce fut lui qui, Évangiles, Louvain, 1631 et suivantes , appuyant la pétition du général La Fayette à 3 vol. in-80. l'assemblée touchant les attentats commis * RAMSAY (ANDRÉ-MICHEL DE), littéracontre la personne du roi dans la journée teur, né en 1686 à Ayr en Écosse, d'une du 20 juin , donna le premier à ce gentil- ancienne et illustre famille , montra , dès sa homme citoyen le titre de fils ainé de la li- jeunesse , un goût très vif pour les sciences, berté. Réduit à la fuite pour se soustraire et s'appliqua surtout à l'étude des mathémaaux persécutions après le 10 août, il passatiques et de la théologie. Les doutes qu'il les jours de la terreur en voyageant dans les conçut sur la vérité de la religion anglicane Pyrénées , reparut après la chute de Robes- le déterminèrent à en faire l'examen. Ne pierre, et fut nommé professeur d'histoire pouvant dissiper ses inquiétudes, il se rennaturelle à l'école centrale du département dit en Hollande, où le ministre protestant des Hautes-Pyrénées. Député au corps légis. Poiret (voyez ce nom) ne put le convaincrc, latif de 1800 à 1806, il obtint ensuite la pré- et ensuite en France, ou l'illustre Fénelon secture du Puy-de-Dome, et lors de la res- réussit à lui faire embrasser la foi catholique. tauration fut nommé maitre des requêtes en Ramsay se fit d'abord connaitre par que!service ordinaire ( août 1815), puis conseil- ques opuscules écrits en français , fut nommé ler d'État en service ex'raordinaire (1818). gouverneur du duc de Château-Thierry , On trouvera dans le s oniteur du 10 juin puis du prince de Turenne, ct chargé de

l'éducation des princes anglais, fils du pré- instruments de mathématiques. Mais c'est tendant (Jacques III), réfugié à Rome. Des surtout dans les instruments astronomiques intrigues l'éloignèrent de cette petite cour, qu'il a perfectionnés , qu'il faut chercher la et, cu 1730, il fit un voyage en Angleterre, preuve de ses talents. Ses quarts de cercle où il fut admis à la Société royale de Lon muraux sont surtout admirables et trèsdres, et reçu docteur à l'université d'Ox- recherchés de tous les connaisseurs. Ramsford. A son retour en France, il devint in- den fut reçu membre de la Société royale en tendant du prince de Turenne, depuis duc 1786, et mourut à Londres en 1800. La plude Bouillon, et mourut à Saint-Germain- part des machines inventées ou perfectionen-Laie en 1743. On a de lui : Discours sur nées par Ramsden ont été décrites dans le poème épique, imprimé en tête de l'édi- plusieurs écrits anglais et français , presque tion du Télémaque, 1717, in-12, et plu- tous insérés , soit dans les Transactions phisieurs fois depuis; Essai philosophique sur losophiques, soit dans le Journal des Sale gouvernement civil, Londres, 1721, vanis, ou dans les Éphémérides de Milan. in-12; ibid., 1722, in-80; réimprimé depuis * RAMUS (Pierre LA RAMÉE, plus sous le titre d'Essai de politique ; Histoire connu sous le nom latin de), philosophe de la vie de Fr. de Salignac de La Motte- célèbre et l'un des premiers qui tentèrent de Fénelon., La llaye, 1723, in-12, publié substituer à l'autorité des anciens celle du aussi en anglais à Londres la même année; raisonnement et de l'expérience, né dans un l'oyages de Cyrus, Paris et Londres, 1727, village du Vermandois au commencement 2 vol. in-8, (cet ouvrage est moins un roman du 16e siècle, était fils d'un gentilhomme qu'un système d'éducation pour un jeune du pays de Liége, qui, ruiné par les guerres prince') ; Histoire de Turenne, Paris , 1735, et réfugié en Picardie, vivait avec sa sa2 vol. in-4o, ou 4 vol. in-12; Poèmes en anglais, mille d'une exploitation de charbon. D'aÉdimbourg, 1738, in-4°; trois Lettres insé- bord gardien de troupeaux , Ramus vint enrées dans le Journal des Savanis , 1726, 1727 suite à Paris, et entra comme domestique et 1735; deux autres à Louis Racine ; deux au college de Navarre, où il fit , presque ouvrages posthumes en anglais , savoir : un sans maître, de grands progrès dans les lanPlan d'éducation, et Principes philosophi- gues et la littérature anciennes. En suivant ques de la religion naturelle et révélée , etc., le cours de philosophie , il s'aperçut qne la Glascow, 1949, 2 vol. in-40. Charles- science que l'on décorait de ce nom n'était Louis Ramsay, probablement de la même alors qu'un vain cliquetis de mots , et il s'éfamille

que le précédent, est connu par une claira sur les défauts de l'enseignement en Tachéographie, ou l'Art d’écrire aussi vite lisant les écrits de Platon et de Xénophon , que la parole, qu'il publia en latin dès qui lui révélèrent la méthode de Socrate. 1678, et avec une version française (par Bientët il se présenta pour recevoir le degré A.-D.-G.), Paris, 1681, 1683, 1688, 1690, de maitre ès-arts , et, prenant avec ses juges 1692, in-12, souvent réimprimée en Alle- l'engagement de démontrer qu'Aristote n'émaglie, et traduite en allemand.

tait point infaillible, il obtint un triompbe RAMSAY ( David), médecin et histo- complet, et réduisit ses adversaires au sirien américain, membre du congrès des lence. Encouragé par ce succès, il continua États-Unis pendant les années 1782, 1783, d'examiner à fond la doctrine, et spéciale1784 et 1785 , exerçait la médecine avec suc ment la logique d'Aristote. Il fit paraitre en cès à Charlestown, dans la Caroline méri- 1513 une nouvelle logique et des remarques dionale, et fut assassiné en 1815 par un sur celle d'Aristole. C'est alors que tous les aliéné qu'il était allé visiter dans un hos- partisans de la routine se souleverent conpice. On a de lui : Histoire de la révolution tre lui. On le dépeignit dans l'école comme l'Amérique, en ce qui concerne la Caroline un impie et un séditieux qui préludait , par méridionale, 1791, 2 vol. in-8°, traduite en ses attaques contre Aristote, au renversefrançais.

ment des sciences et de la religion. Le par* RAMSDEN (Jessé), célèbre opticien , lement informa ; mais le roi ayant évoqué né en 1735 à Halifax, dans le comté d'York, l'affaire à son conseil , Ramus repoussa vicfut d'abord graveur, devint ensuite excel- torieusement les reproches d'Antoine Govea, lent ingénicur en instruments de mathéma- le plus fougueux de ses adversaires. Les jutiques, en perfectionna un grand nombre, ges , sous le prétexte de quelques défauts de ct inventa une machine pour la division des forme , lui proposèrent de recommencer la

discussion ; mais Ramus ne voulut point y toutes les manières. Ramus a publié un grand consentir, et laissa , en quittant l'assemblée, nombre d'ouvrages dont on trouvera les le champ libre à ses adversaires. Le roi ren litres dans les Mémoires de Niceron, tom. 13 dit un arrêt qui déclara Ramus « téméraire, et 20. arrogant et impudent, d'avoir réprouvé et * RAMUS (JEAN), littératcur et jurisconcondamné le train et art de logique reçu de sulle , né à Ter-Goès , en Zélande , en 1535, loutes les nations ; supprime ses ouvrages professa la rhétorique et la langue grecque comme contenant des choses fausses et à Vienne en Autriche , le droit à Louvain et étranges , et lui défend d'enseigner ou l'é- à Douai, et mourut en 1578 à Dole (Fran. crire contre Aristote, sous peine de puni. che-Comté;, où il venait de se rendre pour tiou corporelle. » Ramus se vit insulté publi occuper une chaire de jurisprudence. On a quement par ses ennemis triomphants; de lui une traduction latino d'un poème , mais, supérieur à cette disgrâce, il profita le Bouclier d'Hercule , attribué à Hesiode; de ses loisirs pour se perfectionner dans les comment. ad regulas juris utriusque, Loumathématiques , et préparer une édition des vaiu , 1541, in-40; et quelques autres écrits Éléments d'Euclide. En 1514 , la peste ayant littéraires et de jurisprudence peu impor. éloigné de Paris un grand nombre d'étu. tants. diants, on conseilla à Ramus de donner des * RAMUSIO ou RAMNUSIO (Jean-Bapleçous de rhétorique au collège de Presles, TISTE), historien italien , né à Venise en et il réunit bientôi de nombreux auditeurs. 1485, d'une ancienne famille, originaire de Il fut nommé principal du collège , et le par- Rimini , fut envoyé par la république, en lement le maintint dans cette place malgré France, en Suisse et à Rome, et montra la Sorbonne, qui voulait l'en expuiser. beaucoup de prudence et de sagacité dans L'année suivante, le roi Henri II annula ces différentes missions. De retour dans sa l'arrêt qui défendait à Ramus d'enseigner la patrie, il fut nommé secrétaire du conseil philosophie , et le noinma en 1551 professeur des Dix; et ayant donné sa démission dans de pbilosophie et d'éloquence au collége de les dernières années de sa vie , il se retira à France. Ramus cut beaucoup de part aus Padoue, où il mourut en 1557. Il a publié débals qu'amenèrent les réformes dans la une collection de voyages sous le titre de : prononciation de la langue latine ; et, en Raccolta delle navigazioni e viaggi, Ve1562, il presenta au roi Charles IX un plan nise, 3 vol. in-fol., imprimée par les Juntes, pour la réforme de l'université. Depuis longe le premier en 1550, le second en 1559 et le temps, ce philosophe partageait les opi. troisième er 1566. Ce recueil, estime des sanions des protestants : après l'édit qui per vants, est regardé encore aujourd'hui par mettait à ces derniers le libre exercice de les géographes comme un ouvrage des plus leur culte, il enleva de la chapelle du col- importants, soit à raison des voyages que lége de Presles les images et les représenta- Ramusio avait faits lui-même, soit à raison tions des saints. Cette imprudence réveilla de ses grandes connaissances dans l'histoire, ses ennemis , qui demandèrent son expul- la géographie et les langues. Il avait laissé sion de l'université. Charles IX lui fit offrir les matériaux d'un quatrieme volume; mais un asile à Fontainebleau , et pendant son ses notes ont péri dans l'incendie de l'impriabsence on pilla ses meubles et sa bibliothè- merie des Juntes, arrivé en 1557. Il faut, que. De retour à Paris, en 1563, Ramus y soivant les biographes , pour avoir un exemreprit possession de sa chaire au collège de plaire bien complet du recueil de Ramusio, France. Forcé, en 1567, par suite des évé. choisir le premier volume de l'édition de nements, de se réfugier dans le camp du 1563, le second de celle de 1583, le troiprince de Condé, il voyagea ensuite en Al- sième de 1565, en ajoutant à ce dernier un lemagne, où il refusa les offres qu'on lui fit supplément de trois pièces qui sont de l'édipour le fixer, et revint en France en 1571. tion de 1606. La plus grande partie des Il avait trop d'ennemis pour pouvoir échap- morceaux qui composent les premiers voluper au massacre de la Saint-Barthélemi. Des mes ont été traduits en francais , et forment assassins vinrent l'égorger dans son loge- le recueil de J. Temporal, intitulé : Desment au college de Presles , après avoir tou. cription de l'Afrique, etc., imprimé à Lyon, ché le prix de sa rançon , et jetèrent par la 1556 , 2 vol. in.fol. fenêtre son cadavre palpitant , qui fut trainé RANCÉ (Armand-JEAN LE BOUTHJdans les rues par les écoliers, et souillé de LIER de), abbé et réformateur de la Trappe,

né à Paris en 1626, cut pour parrain le car ges à Paris ; mais ses démarches furent inudinal de Richelieu , fit des études très-bril- tiles. Il se renferma dans son monastère Jantes , acquit des connaissances variées , pour n'en plus sortir , et mourut sur la paille cmbrassa l'état ecclésiastique, prit ses de- ct sur la cendre , en 1700, après une réclugrés en Sorbonne avec une grande distinc- sion de trente-trois ans. On a de lui un grand tion , et débuta avec succès dans la carrière nombre d'ouvrages dont on trouvera le cade la prédication. Devenu, à vingt-cinq ans, ialogue dans Moréri, édition de 1759. maitre d'ane fortune considérable , doué * RANDOLPH (Thomas), poète anglais , d'une figure aimable, de beaucoup d'agré- né en 1605 dans le comté de Northampton , ments et de qualités , l'abbé de Rancé se vit composa dès l'âge de dix ans une histoire en bientôt recherché dans le monde, et se livra vers sur l’Incarnation de Notre-Seigneur , sans réserve à toutes les séductions du plai. mais un amour désordonné du plaisir le sir. Ses liaisons avec le cardinal de Retz conduisit au tombeau avant l'âge de trente l'ayant perdu dans l'esprit du cardinal Ma.

ans. Il a laissé diverses pièces de théâtre zarin , il quitta la cour et Paris pour se re- parmi lesquelles on distingue le Miroir des tirer dans sa terre de Véret , sans interrom- Muses ; elles ont été recueillies par son frère pre le cours de ses divertissements, qu'il Robert Randolph, qui est lui-même auteur savait toutefois fort bien concilier avec l'é- de quatre pièces de théâtre, et qui mourut tude et l'esprit des affaires. La mort de la vicaire de Donnington en 1671. – Un autre duchesse de Montbazon qu'il aimait tendre. Thomas Randolph , ministre anglican, né à ment, opéra en lui une révolution soudaine Oxford, mort en 1788, a laissé un recueil et commença l'auvre de sa conversion. Re- de sermons , 2 vol. in-80; un Essai sur l'estenu encore dans le monde par d'anciens et prit; et un Discours sur le væu de Jephté. de nouveaux engagements, il finit par se * RANFAING ( Marie-ÉLISABETH DE), retirer chez un ami pour réfléchir au parti connue sous le nom de vénérable mère Éliqu'il devait prendre; et, après un séjour de zabeth-de-la-Croix-de-Jésus, née à Remiresix semaines dans cette retraite , il revint à mont en 1592, fonda en 1631 l'institut de Véret, congédia le plus grand nombre de Notre-Dame - de - Refuge en Lorraine , et ses domestiques , vendit sa vaisselle et ses

mourut à Nancy, le 14 janvier 1649, en meubles pour en distribuer le prix aux pau- oleur de sainteté. Sa vie a été publiée par vres , s'interdit jusqu'aux récréations les Boudon , Bruxelles , 1686, in-12 : elle a été plus innocentes pour ne s'occuper que de la abrégée par le père Frizon et par

Collet. prière et de l'étude des choses saintes, se RANGO ( CONRAD-TIBURTIUS ), recteur démit de tous ses bénéfices , à l'exception d'un des gymnases de Berlin dans le 17e siède l'abbaye de la Trappe où il se retira en cle, est auteur d'un ouyrage ayant pour ti1662, pour y vivre en abbé régulier. Son

tre : de Capillamentis, vulgò Perruques, premier soin fut de chercher à rétablir l'an. Liber singularis, Magdebourg, 1663, iu-12. cienne discipline de cetie maison. La plu RANNEQUIN, RENNEQUIN, dont part des religieux ayant refusé de se sou- le véritable nom est SWALM-RENKIN , mettre à la réforme, il ne voulut point les y célèbre mécanicien , naquit à Liége en 1644, contraindre, et leur permit d'habiter un et non en 1648, d'un père charpentier, et quartier séparé ou d'aller dans d'autres cou- qui ne lui donna pour toute éducation que vents. Pour lui il alla s'enfermer dans le l'exercice pratique de su profession. Quoimonastère de Notre-Dame de Perseigne , et que Reukin sút à peine lire , il avait dès sa y prit en 1663 l'habit de l'étroite observance jeunesse montré une si grande intelligence, de Citeaux. Il revint ensuite à l'abbaye de qu'on l'avait constamment employé aux la Trappe où il jeta les fondements de cette charpentes des machines en usage pour les réforme fameuse qui a illustré son nom. On épuisements des caux souterraines.Louis XIV vit renaître dans cette maison les pratiques ayant fait bâtir le château de Versailles, et les plus austères. La prière, la lecture , le voulant pourvoir d'eau potable celte royale travail des mains , partagèrent tous les mo- demeure, Colberi, après d'amples renseiments des religieux , auxquels l'étude même gnements, s'adressa au chevalier Deville, fut interdite comme une source de vaines propriétaire liégeois, dans le château dudisputes et de relâchement. L'abbé de Rancé quel Renkin avait construit une machine à voulut étendre sa réforme à quelques autres élever l'eau, du neme genre que celle qu'il maisons, et fit, à cet effet, plusieurs voya- devait construire plus tard. Deville amena

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