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cadémie de Helmstadt, mort'en cette ville neggs obtint pour prix de sa trahison l'emen 1595 à l'âge de 54 ans, a laissé : Metho- ploi de conseiller du collège impérialet ceux dus legendi..... histor., Helmstadt , 1583, de directeur des élèves en chirurgie et de in-fol.; Hist. julia , 1591-95-97, 3 vol. in-fol.: secrétaire perpétuel du collége impérial de ouvrage savant et rare; Histoire orientale, médecine à Saint-Pétersbourg, où il mourut Francfort, 1595 ou 1596, in-fol.; el quel- en 1793. On a de lui une Histoire de la ques autres écrits, parmi lesquels nous Géorgie, publiée par le célèbre voyageur citerons seulement une courte notice sur sa Pallas ; et une Description historique et lovie imprimée dans les Opusculu varia de pographique du Caucase, trouvée à sa mort Westphalia, publiée par J. Goes, Helmstadt, dans ses papiers , et publiée par Schræder, 1668, in-40, et dans les Memoriæ philoso- Gotha , 1796 , 2 vol. in-8°. phorum de Rollius , Leipsig, 1710, in-8.. * REINESIUS (Thomas), médecin, phi

* REINECCIUS ( CHRÉTIEN ), philologue Jologue et antiquaire allemand , né à Gotha et théologien allemand , recteur du gymnase en 1587, mort à Leipsig en 1667, fut l'un de Weissenfels, et conseiller du consistoire, des savants étrangers qui eurent part aux mort en 1752, à l'âge de 81 ans, a publié bienfaits de Louis XIV. On a de lui un un très grand nombre d'ouvrages, parmi grand nombre d'ouvrages. La Vie de Reilesquels nous citerons seulement : Disputa- nesius , écrite par lui-même , et trouvée dans tio de septem Dormientibus , Leipsig, 1702, ses manuscrits, a servi aux notices que in-4.; Biblia quadrilin guia Novi:T'estamen. Witten et Brucker, ont données sur ce sati, ibid., 1713, in-fol.; Biblia hebraica ad vapt. optimas quasque editiones expressa cum * REINHARD (François-VOLKMAR), cénotis masorethicis et numeris distinctionum, lèbre prédicateur protestant, né en 1753 , ibid., 1739, in-40;Velus-Testumentum græ- dans le duché de Sulzbach, mourut à Dresde cum ex vers. LXX interpretum, unà cum en 1812. On a de lui un grand nombre d'oulibris apocryphis, secundum exemplar va vrages, dont les principaux sont : Système ticanum , ibid., 1732, plusieurs fois réim. de la morale chrétienne : les deux premiers primé.

volumes parurent en 1788 et 1789, le troi* REINEGGS (Jacques ), voyageur et sième en 1804, le quatrième en 1810 et le aventurier allemand, né en 1794, était fils cinquième en 1815; les premiers volumes d'un barbier d’Eisleben en Sase, nommé furent réimprimés plusieurs fois ; Essai Ehlich. Il suivit d'abord la profession de sur le plan formé par le fondateur de la son père , s'éloigna de son pays, prit le nom religion chrétienne pour le bonheur du genre de Reineggs , fut successivement garçon humain, 1781, 1793, quatrième édition : barbier, étudiant en médecine à Leipsig, l'idée fondamentale de cet ouvrage est peutcomédien à Vienne, médecin en Géorgie, être plus clairement exprimée dans le titre et devint favori du prince Héraclius , qui de sa dissertation latine : Consiliun benè l'éleva au rang de bey, et fit inscrire son merendi de universo genere humano ingenii nom en lettres d'or sur la fonderie auprès supra hominem elati documentum, 1780, de Tiflis. Reineggs avait mérité ces honneurs in-40; Sermons, 39 vol. in-8°, 1786-1813. en répandant chez les Géorgiens les scien - Chrétien-Tobie-Éphraïm ReinhaRDT, né ces qu'il avait acquises en Europe. Il y en 1719 à Camenz dans la Lusace , alla suiperfectionna la fabrication de la poudre et vre les cours de médecine à Francfort-sur. la fonte des canons, y créa une imprimerie, l'Oder, et après y avoir pris en 1745 le grade où il fit imprimer les Principes d'économie de docteur, vint s'établir dans la petite ville politique de son compatriote Sonnenfelds, de Sagau, où il mourut en 1790, pourvu de qu'il traduisit en persan, et que le prince plusieurs emplois lucratifs. Il a composé sur Héraclius transporta dans la langue géor. son art un assez grand nombre d'ouvrages, gienne; mais après s'être montré le bien- mentionnés au tom. 6, pag. 572, de la Bio. faiteur d'un pays où il avait trouvé un si graphie médicale du Dictionnaire des scien. honorable asile, Reineggs ne rougit point ces médicales. de le sacrifier à ses intérêts et à son ambi * REINHOLD ( Charles-Léonard), métion. Envoyé par Héraclius, en qualité de taphysicien , né en 1758 à Vienne (Autrinégociateur à la cour de Catherine II , il se fit che), faisait son noviciat chez les jésuites l'agent secret de cette princesse et la Géor au collége de Saint-Ange à l'époque de la gie perdit bientot sou indépendance. Rei- suppression de cette société (1773); il passa

l'année suivante chez les barnabites , et y graisseux, dérrière le péritoine , devant le occupa une chaire de philosophie. Ses ta- diaphragme et le muscle carré lombaire. A Jents l'ayant mis bientôt en relation avec leur bord interne est un enfoncement appelé plusieurs savants de Vienne , il fut associé à scissure, par lequel les vaisseaux et les nerfs un journal philosophique qui s'y publiait, pénètrent dans leur intérieur. Ces organes et ses nouvelles liaisons ne tardèrent pas à sont rougeâtres et plus consistants que la faire naitre en lui la résolutiou de quitter la plupart des autres glandes. Une membrane carrière ecclésiastique. Ce fut sans doute cellulaire externe, une autre fibreusc inpour briser plus brusquement les liens qui terne, enveloppent la substance de chaque l'attachaient à sa profession que, s'étant rein. Cette substance se présente sous deux rendu à Leipsig en 1783, il y publia une formes qui la font distinguer en substance cor. Apologie de la réformation. Il alla ensuite ticale et en substance lubuleuse. La première à Weimar, s'y livra avec le célèbre Wie- constitue la partie extérieure du rein et land, dont il devint le gendre et avec qui il s'étend entre les cônes formés par la separtagea la direction du journal, le Mercure; conde; celle-là sécrète l'urine , c'est-à-dire, puis il fut appelé à remplir une chaire de en emprunte les éléments au sang artériel et philosophie à Iéna. Il la quitta en 1794 pour les unit, tandis que celle-ci la verse dans s'attacher à l'université de Kiel, et c'est dans une poche membraneuse appelée bassinet , celte ville qu'il mourut en 1823, entouré de située dans la scissure rénale, et d'où part l'affection de ses disciples et des faveurs du un tube membraneux appelé uretère , qui gouvernement danois. Il avait reçu la déco- va s'ouvrir dans la vessie et lui apporte l'u ration de l'ordre de Danebrog et le titre de rine. (Voyez Vessie et URINE. ) conseiller d'État. Son fils , professeur de phi Les reins sont les seuls organes sécréteurs losophie à Iéna , a donné en allemand une de l'urine ; rien n'autorise à donner comme histoire de sa Vie et de ses travaux littérai un fait que ce liquide ne passe jamais du sang res , Iéna, 1825, in-8°, ouvrage particu- dans la vessie sans être déposé dans les reins lièrement intéressant parce qu'il renferme et voiluré par les uretères. Les reins ne sont des lettres adressées à Reinhold par Kant, pas de simples cribles, comme l'a cru l'antiFitche, Jacobi, Lavater et Ch. Villers : ces quité, et comme quelques physiologistes voudernières sont écrites en français. Parmi les draient encore aujourd'hui le faire croire; ce productions de Reinhold, on distingue un sont de véritables glandes, c'est-à-dire, un Essai (en allemand) pour concilier les dis. appareil vasculo-nerveux , doué d'une action cussions des philosophes, Iéna , 1792-1794, spéciale pour l'élaboration d'un liquide par2 vol. in-80; et des Lettres sur la philosophie ticulier. de Kant (dont il était l'admirateur enthou L'inflammation du rein , ou la néphrite , siaste), Leipsig, 1796 , 2 vol. in-8°, aussi est une maladie assez commune, surtout si en allemand.

l'on considère comme tel l'état de maladie * REINOSO ( ANTONIO Garcia), peintre qui détermine la formation de calculs uriespagnol, né à Cabra en Andalousie vers uaires dans le tissu ou la cavité de cet or1623, mort à Cordoue eu 1677 , fut élève gane , ou dans les uretères. Cette phlegmade Sébastien Martinez , son compatriote. sie a été trop souvent désignée sous le vora

REINS. (Médecine). Toute personne qui insignifiant de coliques néphrétiques : quand ressent de la douleur à la partie située entre elle est devenue chronique, et ue fait plus le dos et le bassin se plaint de souffrir des souffrir que par accès, on suppose le plus reins ; c'est une locution vicieuse , car si les ordinairement qu'elle n'existe plus , et trop reins correspondent en effet à la région lom- souvent on se trompe ; l'inflammation est baire, il existe en cet endroit d'autres par- seulement devenue moins vive dans beauties qui peuvent être également le siége de coup de cas. Ce n'est pas qu'il ne puisse y vives douleurs. Les reins proprement dits avoir des douleurs du rein sans inflammation sont deux glandes volumineuses qui extraient proprement dite de sa substance propre ou l'urine , et que l'on nomme vulgairement de ses membranes ; mais il n'y a point de rognons chez les animaux dont nous faisons marque certaine pour les distinguer de celles notre nourriture. Ils ont la force d'un hari- de la néphrite proprement dite. D'un autre cot; ils occupent les deux côtés de la colonne côté, des reins tombés en suppuration dans vertébrale, l'un à droite , l'autre à gauche, la presque totalité de leur étendue , n'ont plongés tous deux dans un tissu cellulaire quelquefois donné pendant la vie aucun

signe de lésion. On voit combien est difficile 1738, se fixa à Leyde où sa situation finanà établir le diagnostic des maladies d'orga- cière l'obligea de se faire correcteur d'épreunes si profondément situés. Il est des cas où ves pour des libraires et des savants, tout en la sécrétion et l'excrétion urinaire n'éprou- suivaut les leçons d'Alb. Schultens (voyez vent aucun changement, quoique d'ailleurs ce nom), qui professait dans cette ville les de vives douleurs se fassent sentir à la région langues orientales. Il eut bientôt la facilité lombaire , chez des sujets qui ont offert au- de prendre une connaissance exacte des maparavant des signes non équivoques de vé. nuscrits orientaux de la bibliothèque de phrite. La néphralgie , ou douleur nerveuse Leyde, fut chargé de les ranger, de les nudu rein , mérite de fixer l'attention des pa- méroter et d'en faire un nouveau catalogue thologistes.

manuscrit , plus approprié au service d'une Le rein recèle assez fréquemment des bibliothèque publique. Il reçut une indemcalculs , des graviers, du sable, dans son nité pour ce travail. Son caractère indépenbassinet, ses calices, et même dans l'épais. dant et son insouciance pour l'avenir lui seur de la substance tubuleuse et de la sub- firent refuser, en 1742, une place au collége stance corticale. La présence des néphro- de Campen ; mais convaincu ensuite que la liches, ou pierres du rein, est ordinairement philologie ne pouvait, dans la position où il accompagnée de souffrances qui égalent les se trouvait , lui procurer une honnête exisplus violentes que l'homme puisse éprouver. tence, il résolut d'étudier la médecine, fut Très-souvent le muscle crémaster du côté reçu docteur en 1746, et, vers la fin de la affecté se contracte pendant la douleur; mais même avnée quitta la Hollaude, où il avait ce signe peut manquer, et il suffit d'une simple séjourné huit ans, pour revenir à Leipsig, irritation des testicules pour le produire. sans aucune perspective d'établissement. En

Les maladies des reins sont le plus ordi- 1747, il reçut le titre de professeur dans la pairement occasionées par les excès dans le faculté de philosophic, et , l'année suivante, boire et le manger. L'abus des viandes noi- il fut nommé professeur extraordinaire de res et des liqueurs alcoholiques chez un sujet langue arabe. Il obtint en 1758 la place de adonné aux plaisirs sexuels, solitaires ou recteur du collège de Saint-Nicolas , et com. partagés , livré à l'exercice du cheval, à des mença dès lors à jouir d'une aisance et d'une marches forcées, ne manque guère de déter- tranquillité d'esprit qu'il n'avait pas connues miner des irritations très-vives du système jusque-là. Le travail forcé auquel il se livra urinaire ; à plus forte raison les maladies de dans les dernières années de sa vie , pour la l'uretère, de la vessie et de l'urètre sont- publication de son édition des orateurs grecs, elles susceptibles de se propager de proche accéléra sa mort, arrivée en 1774. On a de en proche jusqu'aux reins.

lui un grand nombre d'ouvrages savants. La La sobriété, l'usage de l'eau pour base de Vie de Reiske, écrite par lui-même jusqu'en toute boisson , une nourriture dans laquelle 1770, et continuée par sa veuve, a paru à les végétaux dominent, l'usage fréquent des Leipsig en 1783 , en allemand. – Ernestine. bains tièdes, la modération dans l'emploi Christine Muller , femme du précédent, a des organes génitaux, dans l'équitation et la mérité d'occuper une place distinguée dans marche, tels sont les moyens d'éviter les les fastes de l'érudition. Pour soulager maladies des reins.

Reiske ( qu'elle avait épousé en 1764) en Les boissons mucilagineuses , la diète, partageant son travail, elle apprit le grec et l'action végétale , l'eau alcaline gazeuse, les le latin , et fut bientôt en état d'entendre les bains chauds, l'application des sangsues à poètes et les vrateurs. Elle s'associa dès lors l'anus et aux lombes, les lavements et l'o- à tous les travaux de son mari, comme édipium sont les meilleurs moyen de traite- teur, commentateur et critique. Elle copiait ment, toutes les fois que ces organes sont pour lui des manuscrits , les collationnait, lésés. (Voyez Calculs URINAINES. )

mettait en ordre les matériaux recueillis , et

BOISSEAU. partageait la lecture et la correction des * REINSCHILD. Voyez RennschOLD. épreuves. Reiske a esprimé à sa digne com

REISEN. Voyez Cn. CHRISTIAN. pagne toute sa reconnaissance dans les mé* REISKE (Jean-Jacques), savant philo. moires qu'il a écrits sur sa vie , et que logue et orientaliste, né en 1716 gà Zoerbig, Mme Reiske a complétés depuis 1770 jusqu'au petite ville de Saxe, fit ses études d'abord à décès de son mari. On ignore l'époque de la Halle, puis á Leipsig, passa en Hollande en mort de cette dame. Un autre Jean

*

REISKE , recteur de l'église de Wolfenbuttel, lui : la Peinture, poème en trois chauts, mort en 1701, a laissé plusieurs dissertations Ségorie, 1786; un Dictionnaire des beaursur divers sujets. On lui doit aussi une édi- arls , ibid. , 1788; une traduction du Traité tion du Chronicon sarucenicum et lurcicum, de la Peinture de Léonard de Vinci , et des de Wolfgang Drechter, avec des notes et un trois livres sur le même sujet par Alberti. appendix.

Réjon était membre de l'Académie des scien. REIZ (JEAN-FRÉDÉRIC), en latin Reit ces de Madrid. zius, philologue, né en 1695, à Braunfels RÉJOUISSANCES PUBLIQUES. Nous en Wetteravie, étudia la médecine et la lit- n'aurions point parlé de ces sortes de fêtes , térature ancienne à Utrecht, devint maitre si la politique n'en eût fait un moyen de au gymnase d'Amsterdam, puis correcteur gouvernement. La joie étant instantanée de à Utrecht en 1724, professeur de l'université sa nature, celle des peuples éclate, comme de la même ville en 1745, et y mourut en celle des individus, avec l'événement qui la 1778. On a de lui : des discours latins; une produit. La chute d'un tyran, l'avènement édition De ambiguis, mediis et contrariis, d'un bon roi, la publication d'un édit popuUtrecht, 1736, in-8°; et plusieurs autres laire, le rappel d'un ministre bienfaisant, la éditions d'auteurs anciens et modernes.

nouvelle d'une grande victoire, causent orCharles - Conrad Reiz , frère du précédent, dinairement des explosions d'allégresse qui, professeur à Middelbourg , à Goes et à Gor- chez les nations modernes, se manifestent cum, puis recteur du gymnase de Harder. par des illuminations , des chants et des wick, mort en 1973, a publié, comme son danses. Le philosophe conçoit cet heureux ainé, des discours latins, une Elegia de désordre, cet hommage spontané, volonitinere zelandico , et quelques ouvrages peu taire, rendu par les peuples à ceux qui les remarquables. Guillaume - Othon Reiz, honorent en travaillant à leur gloire ou à frère du précédent, né à Offenbach en 1702, leur bonheur. Mais ce n'est point là ce qu'on fut professeur d'histoire à Middelbourg , et entend par réjouissances publiques, qui ne mourut en 1769, après avoir publié : Belga sont qu'une joic par ordre , un divertissegræcisans, Rotterdam, 1730, in-80; Anno. ment à jour fixe , un plaisir réglé d'avance tationes Sporades , 1739, in-80; variantes par la police municipale, et resserré dans Lectiones in Instilut. Justiniani , 1744-45; les limites qu'une ordonnance impose à une Theophili Paraphrasis græca Instilulio. population distraite de ses travaux , pour num, La Haye , 1751, in-89.

s'étouffer ou s'ébattre dans la poussière ou * REIZ (Frédéric-WOLFGANG), philolo- dans la boue. Tous les gouvernements ont gue allemand, né à Windsheim en 1733, adopté ces saturnales; mais elles sont modimort en 1790, prosessa successivement à fiées par les principes constitutifs des États, Leipsig la philosophie, le latin et le grec, par la nature de leur religion et par les caenfin la poésie, et devint directeur de la bi- ractères nationaux. Ainsi chez les Sauvages, bliothèque de l'université de cette ville. Op exposés sans cesse aux attaques désordonnées lui doit : un poème lalin sur les inventions des peuplades voisines , le besoin d'une perdn 18e siècle , Sveculum ab inventis clarum, pétuelle défense transforme les divertisseet une édition fort estimée d'Hérodote , qui ments publics en exercices militaires. Chez parut à Leipsig en 1778, et a été réimprimée les peuples de l'Orient, terre classique de la en 1807 et 1816. Il a aussi donné d'excellen. superstition et de la tyrannie , l'adoration tes éditions classiques de la Rhétorique et des chefs , rois ou pontifes, est le premier de la Poétique d'Aristote (1772 et 1789), des spectacles offerts au peuple, comme en ainsi que de Perse ( 1789), du Rudens de Chine , à Tonquin ou dans les États du Plaute; et a publié deux Dissertations sur Grand-Mogol. Des chants graves et des danl'art métrique des anciens , Leipsig , 1791, ses lascives succèdent à celle prostration in-80.

publique ; mais une centaine d'individus * RÉJON DE SILVA (don Diégo-Anto- affublés d'amulettes ou de costume bizarres NIO), secrétaire d'état de Charles III, né sont les seuls qui s'agitent. Le peuple redans le royaume de Murcie en 1940, mort à garde, prie ou bâille, et ne prend aucune Madrid en 1798, se distingua non-seulement part à la joie qu'on lui coinmande. Les typar ses talents comme bomme d'État, mais

rans abyssins y mêlent, par un raffinement encore par son goût pour les beaux-arts, politique, la présence officielle du bourreau qu'il protégea durant toute sa vie. On a de et de ses aides. D'autres rois africains trans

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forment leurs flatteurs en bourreaux, et produit le même effet; et si le débonnaire leurs réjouissances publiques finissent ou Trajan se plaisait à ces massacres, que commencent par un massacre.

pouvait attendre l'humanité d'un Commode Les Grecs sont les premiers qui aient com ou d'un Héliogabale? L'institution du triompris ces fêtes populaires, et le génie de la phe , si féconde en héros , fut une grande liberté est le seul qui puisse les comprendre. pensée : le génie de Romulus ne la conçut La vieille Égypte et les Hébreux ne s'en point, mais son hommage aux dieux en fut doutaient pas. La théocratie et le despotisme, l'origine. Quoique préparées long-temps d'ane faisant rien dans l'intérêt public, doivent vance , ces réjouissances n'étaient ni moins craindre ces rassemblements tumultueux vives, ni moins réelles. L'aspect des guercomme des occasions de révolte. Mais la riers qui avaient contribué à la victoire, Grèce , en leur donnant un but patriotique, l'humiliation des captifs , l'apparition du en faisait un moyen d'union, une source triomphateur donnaient une nouvelle activité d'émotions généreuses, un véhicule de aux transports qu'avait excités l'heureuse gloire. Ses fêtes commémoratives étaient de nouvelle dont le triomphe était la suite. véritables réjouissances; les joutes du corps Mais la multiplicité de ces jeux , de ces et de l'esprit entretenaient dans ses républi- spectacles , de ces réunions tumultueuses, en ques fédérées, entre les villes d'un même produisit le besoin , et les tyrans en profitėÉtat, une émulation constante qui , loin de rent. Jusqu'au règne d'Auguste , les amphiles diviser , resserrait au contraire les liens théâtres étaient construits et démolis à chade cette confédération célèbre. La périodi- que fète : ce despote adroit les fit à demeure. cité de ces réunions et de ces jeux les faisait Le peuple-roi se laissa prendre à cet appåt. rentrer dans la catégorie des fêtes nationa- On l'enchaina en l'amusant. Les successeurs les : mais la proclamation des vainqueurs, d'Octave ne lui laissèrent bientôt plus que la joie des villes qui s'honoraient de les ce vain reste de son ancienne puissance, et avoir donnés à la patrie, le retour des Jau- les gouvernements de l'ère moderne n'eurent réats dans leurs foyers, étaient des causes pas d'autre pensée. de réjouissance, et leur donnaient ce carac Les premiers chrétiens furent cependant tère de spontanéité qui convient à la vérita- trop graves , trop malheureux , trop disperble joie. L'histoire a cité une foule de traits sés pour songer à se réjouir. Leurs plaisirs remarquables qui prouvent quel prix les n'étaient que dans le ciel; la terre n'était villes et les familles grecques attachaient pour eux qu'une vallée de larmes. Cette à ces victoires pacifiques.

idée triste, fruit de la persécution et de la Les Romains se bornèrent d'abord à les contrainte, brisait tous les ressorts de imiter; mais ils n'empruntèrent que la forme l'âme, comprimait toutes ses facultés ; et de ces divertissements, le but en fut changé; quand le triomphe de la foi nouvelle permit leur ambition y imprima un autre caractère. aux chrétiens de respirer , de sentir que Tout à Rome se ressentit des vastes projets l'homme n'était pas né pour pleurer sans de sa politique ; tout chez le peuple-roi fut cesse, la féodalité les saisit dans ses serres empreint de majesté. La vigucur de ses in- de fer, et leurs jeux participèrent de la bar. stitutions força ses chefs eux-mêmes à de- barie du moyen âge. Ce fut un mélange de venir ses flatteurs. Ses rois, réduits à la con- cérémonies religieuses, de superstitions dition de premiers citoyens de l'État, s'oc- ridicules et d'institutions profanes, où le cupèrent des amusements de leur maître grotesque le disputait à l'absurde. Il s'y suprême, et le grand cirque date de Tar- mèla toutefois des rémipiscences de l'anquin-l'Ancien. Six siècles après , Pompée fit cienne Rome. En France , les jeux du cirque venir à grands frais cinq cents lions d'Afri- se prolongèrent jusqu'à la fin de la preque et dix-huit éléphants, pour donner au mière race. La seconde et la troisième en peuple-roi le spectacle de leurs combats et conservèrent les combats de lions et de taude leur mort. Trajan poussa cette magni- reaux, que nous laissons maintenant aux ficence jusqu'à onze mille, et y joiguit la habitués de la Grève. Mais ils font encore lutte inhumaine et sanglante de dix mille en Espagne les délices du beau monde , et gladiateurs : c'était beaucoup trop. Si cet la pente où nos arts se laissent entraîner par usage avait un but politique qui en dissimule la satiété des spectateurs et la médiocrité la férocité sans la justifier aux yeux de la des artistes doit insensiblement y ramener philosophie , dix de ces malheureux auraient notre délicatesse. Les joûtes des gladiateurs Tome 19.

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