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furent reprises par les Capétiens; mais ce froiil, pour égayer une multilude indiffén'étaient point des captifs qu'on donnait en rente. Aucune grande pensée ne préside à spectacle à la populace et à la cour; c'é ces fèles. Une seule idée politique s'y manitaient des seigneurs et des chevaliers qui feste; c'est de montrer le chiffre du souvevenaient vider leurs querelles dans des cir- rain régnant au milieu d'une pluie de feu et ques improvisés sous le nom de champs-clos. de l'explosion d'un volcan artificiel, comme Le despotisme des hommes de fer avait tel. si la nature devait se déchirer pour produire lement dégradé le caractère de nos ancêtres, le royal monogramme. Les conceptions de que le peuple des Valois s'amusait à la lutte notre police en goguette ne vont pas plus de deux aveugles des Quirze-Vingts qui se loin que dans le quinzième siècle. Les specdisputaient, la dague à la main ,l honneur tacles ferınés sont substitués aux mystères de tuer un porc, au risque de s'égorger en plein vent, et voilà tout. Du reste, entre eux. Les pantomiines , les danseurs moins de magnificence. Tout est mesquin de corde , les mystères, les bateleurs, les en comparaison des divertissements donnés distributions de vin et de viande furent, au peuple pour l'entrée d'Isabeau de Badepuis Charles VI, les accompagnements vière , qui nous le rendit en calamilés de obligés les réjouissances publiques. Les toule espèce; et notre mesquinerie est enmâts de Cocagne prirent naissance dans la core un bonheur, car c'est le peuple qui fait rue aux Ours , sous le règne de Charles VII. les frais des réjouissances auxquelles l'État Les danses furent de toutes les époques; les le convic. Dans tout le cours du dernier sièprêtres et les évêquee s'en mêlaient. Ils les cle, la joie de ce peuple ne se manifesta proscrivent aujourd'bui : cette absurdité est spontanémeut qu'à deux époques : au rétade l'invention des jansénistes; mais le con blissement de Louis XV, qui ne le méritait cile de Constance fut ouvert par une contre. guère, et à la renaissance de nos libertés. danse de cardinaux. Dans toutes ces têtes, Les saturnales de la terreur ont gâté les lê. le libertinage et la prostitution rappelaient tes du Champ-le-Mars ; mais depuis les Roles pieuses impudicitės de Babylone, des mains, aucun peuple moderne n'avait joui temples de Vénus et de la bonne déesse. On de divertissements plus dignes. Que nos avilissait le peuple jusque dans les plaisirs hommes d'État y puisent, dans l'intérêt de qu'on lui prodiguait. Les mæurs publiques la monarchie et de la liberté, le caractère étaient sans freio , et le dévergondage de la et les formes de nos réjouissances nationales. débauche se fit remarquer jusque dans les Les vieilles traditious ne conviennent plus à horribles divertissements de la sainte Ligue un grand peuple qui marche et veut marcher et dans les joyeusetés d'une monacaille san à la tête de la civilisation. (Voyez CuevALEguinaire.

RIE, CIRQUES, MYSTÈRES.) VIENNET. La Fronde ne fut pas moins débauchée, * RELAND ( ADRIEN), savant orientamais la pudeur reparut dans les réjouissan- liste, né à Ryp, village de Nord-Hollande, ces publiques. Les carrousels furent une in en 1676, obtint dès l'âge de 24 ans une vention de la féodalité civilisée, une der- chaire de philosophie à Harderwick, et la nière représentation de la chevalerie mou- quitta ensuite pour aller occuper celle de rante. Le plus beau fut donné par Louis XIV, langues orientales et d'antiquités ecclésiastidont la dignité communicative changea le ques à Utrecht, où il mourut en 1718, à caractère de ces divertissements, et de la peine âgé de 42 ans. Ses principaux ouvranation peut-être. Quand Louis XIV donnait ges sont: Palestina ex monumentis veterides fêtes , dit Voltaire, c'étaient les Cor- bus illustrata, etc., Utrecht, 1714, 2 vol. neille , les Molière , les Quinault, les Lulli, in-4o; cinq dissertations sur différents sules Lebrun qui s'en mêlaient. Voltaire lui- jets curieux et intéressants , ibid., 1706même leur succéda sous la régence; majs, 1708, 3 vol. in-12; Antiquitates sacræ vete plus tard , il se plaignait qu'on ne dépensait rum Hebræorum , ibid. , 1741, in-8°, cinqu'en poudre et en fumée, et le grand Fré- quième édition; de Religione mahumedica, déric s'amusait avec lui de notre frivolité. ibid., deuxième édition , 1717, in-8°, traRien n'est changé à cet égard. Ce sont tou- duit en français par David Durand et en aljours des fusées, des pétards , des lam- lemand; et une édition d'Épictète. Reland pions , des ifs, des palais de feu, une cohue fut encore éditeur d'un ouvrage posthume d'ivrognes, de ménétriers , de bouffons, de son frère , Pierre Reland, avocat de Har. de chanteurs à gages qui se tourmentent à lem , mort en 1715.

RELIEF ( Bas- ). ( Beaur-arts.; Le bas. fluence de ces circonstances , il ne faut pas relief est un ouvrage de sculpture, adhérent croire que l'art soit arrivé de l'enfance à la à un fond, et formant un tableau dont les perfection sans avoir passé par des degrés objets ressortent plus ou moins sur ce fond intermédiaires. Il n'est donc pas étonnant en raison de leur saillie.

que les bas-reliefs, appartenant à la période Dans son acception littérale, ce mot sem- qui précéda le siècle de Phidias , offrent la ble ne devoir convenir qu'aux bas-reliefs raideur et la monotonie de ceux des monu peu saillants ; il s'applique cependant éga- ments de l'Égypte ou de la Perse. On conlement à ceux dont quelques parties ont çoit que les commencements de l'art doivent autant de relief que la ronde bosse, et sont avoir partout une grande ressemblance. Ce même isolés du fond.

qui peut paraitre plus étonnant, c'est que le Dans le bas-relief , la sculpture se rappro- bas relief n'ait été perfectionné qu'après la che de la peinture , en cela qu'elle ne pré- ronde bosse, quoiqu'il présente moins de sente qu'une face des objets, et que, sans

difficulié. leur donner autant de saillie qu'ils en ont En effet, l'art avait déjà produit des stadans la nature, l'arnste peut oblenir une tues dans lesquelles on admirait la vérité de imitation parfaite. Quelquefois même la l'imitation réunie au grand caractère et à la saillie est à peine sensible; mais alors l'i- beauté des formes, et, dans le même temps, mitation n'est pas plus complète qu'elle ne le style (les bas-reliefs n'était pas

amélioré : l'est dans un dessin au trait , rehaussé par ils élaient encore formés d'un nombre plus quelques légères couches d'ombre et de lu ou moins considérable de figures placées à mière.

la file l'une de l'autre sans mouvement et Le bas-relief est peut-être la production sans liaison entre elles. de la sculpture; car, chez les peuples sauva A cette époque, la peinture, cultivée plus ges, les armes et les meubles sont ornés de tard que la sculpture, n'était encore qu'à la ciselures qui peuvent être considérées comme première période de son développement; des rudiments de bas-relief.

mais plus tard, lorsqu'elle eut produit quelDans l'Inde, l'Égypte et la Perse, les ques tableaux dans lesquels tous les personmurs extérieurs et intérieurs des temples et nages concouraient à former une scène pleine des palais étaient couverts de bas-reliefs. de vie et de mouvement, les sculpteurs reCeux de l'Égypte, ainsi que les hiéroglyphes, connurent aussitôt le parti qu'ils pouvaient sont entaillés dans la pierre, de façon qu'ils tirer de cette manière animée de représenter paraisscnt enfoncés dans le chainp qui les une action. Observant comment, à l'aide de entoure. Cette disposition présentait le dou- quelques applications des lois de l'optique , ble avantage d'assurer la conservation de le peintre parvenait à faire paraitre les obl'objet représenté, et d'épargner le travail jets à divers degrés d'éloignement, ils cherloug et pénible qu'il eût fallu exécuter pour chèrent à approcher de cet effet, en emenlever toute la portion de pierre en saillie, ployant divers degrés de relief ; mais ils se de manière à ce que les parties sculptées renfermèrent dans les limites de leur art, fussent en relief sur le fond. Si l'on observe et se contentèrent d'exprimer de légères quc beaucoup de monuments égyptiens sont différences dans la distance relative des en granit', on pensera que cette considéra- figures , en opposant à un plein relief un tion dut entrer pour beaucoup dans les mo demi-relief, et un relief très-aplati à un tifs du parti pris à cet égard.

relief bas. C'est ainsi que ce genre de sculpOn verra au mot SCULPTURE comment, ture fut porté à la perfection , et que l'art par une réunion de circonstances favorables put produire avec le ciseau des tableaux à son développement, cet art parvint chez vraiment pittoresques. les Grecs au plus haut point de perfection, Au lieu de sculpter sur place les bas-reliefs tandis que chez d'autres nations, où il fut qui devaient décorer le fronton de leurs également cultivé , chez les Égyptiens par temples d'ordre dorique , les Grecs en proexemple, il ne s'éleva jamais au-celà d'une duisirent l'eflet et avec plus de puissance , en imitation assez fidèle de quelques parties de arrangeant des figures de ronde bosse dedétail accessoires et de la disticulté vaincue vant le tympan de ces frontons. En outre dans le travail d'une matière d'une extreme des idées religicuses qui peut-être firent dureté.

adopter cette disposition, il est assez probaMais quelque puissante qu'ait été l'in- ble qu'on employa ce moyen non-seulement

pour produire plus d'effet par l'emploi d'une Les troi: arts du dessin ont entre eux des plus forte saillie, mais encore pour obtenir rapports trop intimes pour que leur destinée plus promptement et plus économiquement ne soit pas :emblable. Le même genre de la décoration de cette partie de l'édifice. En corruption qui se fait remarquer dans l'un effet, il était bien plus commode pour le d'eux, à certaines époques, se retrouve consculpteur de travailler ces figures dans son stamment dans les autres. Ainsi, quand Boatelier. Toutes pouvaient être achevées en romini et ses imitateurs substituaient des même temps , en y employant plusieurs ar

formes bizarrement contournées aux formes tistes ; enfin, en les exécutant isolément, simples et toujours motivées des anciens arelles étaient d'un seul bloc de marbre, et chitectes , le style de la sculpture était corleur conservation en était plus assurée. rompu dans le même sens; alors les bas

Le fronton du parthenon à Athènes était reliefs d'Attila (1), dans lequel Algardi s'est ainsi décoré. Les figures , qui en ont été en- efforcé de rivaliser avec la peinture, était levées par lord Elgin, ornent maintenant le regardé comme ce que l'art avait jamais promusée britannique. On a dû voir avec sur duit de plus parfait. Il faut en convenir, prise que la face postérieure est sculptée avec avec le goût de décoration qui était en role même soin que la partie visible, comme gue, c'eût été une diicordance choquante si ces figures avaient dû être isolées. de placer dans un monument des bas-reliefs

Les statues de Niobé et de ses enfants sont composés dans le style simple et noble des regardées par M. Coquerel, comme ayant Grecs , dans celui de Jean Goujon et des cu une destination semblable, et tout an habiles sculpteurs de notre école. nonce qu'elles devaient orner le fronton de Quoique le bas-relief soit, en général, un quelque temple d'Apollon.

accessoire consacré à la décoration, cepenChez les anciens , le bas-relief, toujours dant, dans quelques circonstances,

il est subordonné à l'architecture, et approprié à monument , et on peut le considérer comme la forme qu'il devait décorer , conserva une

tel dans les pierres gravées , ainsi

que

dans simplicité de composition qui était en bar- les produits de l'art numismatique. La desmonie avec la régularité et la symétrie , re

tination des monnaies, comme moyen

d'égardées l'une et l'autre comme condition du change le plus général, exige que l'empreinte beau.

en soit très-peu saillante , afin que les pièces Chez les modernes, les sculpteurs, croyant puissent s'empiler facilement. Les monnaies sans doute agrandir le domaine de leur art, offrent l'exemple de la moindre saillie que sortirent souvent, en traitant le bas-relief, puisse avoir un bas-relief. (Voyez Gravure, des limites dans lesquelles les anciens se sont MÉDAILLES, Peinture et SCULPTURE.) renfermės. Dans les bas-reliefs qui décorent

MÉRIMÉE. les portes de bronze du baptistère à Flo

RELIEUR. (Technologie.) L'art du rerence , ouvrage quixétait admiré par Michel. lieur est d'une très-grande importance pour Ange , l'artiste a ciselé des lointains dans les sciences, les arls, la littérature, etc. lesquels on voit des édifices dont la perspec. C'est par lui que toutes les productions de tive est rigoureusement observée. Cette in- l'esprit humain sont conservées et transminovation s'explique naturellement, si l'on ses intactes à la postérité la plus reculée. considère qu'à l'époque de la renaissance L'on voit dans les bibliothèques des manudes arts, la peinture, qui chez les Grecs scrits précieux très anciens, parfaitement n'occupait que le second rang, avait en Italie conservés par la reliure solide qui les renla priorité sur sa sæur aînée , et par cette ferme. C'est donc de la solidité de la reliure, raison exerçait sur elle de l'influence. Il est

et non des ornements de luxe que l'on apdonc probable que c'est dans l'intention de plique sur les couvertures , que l'on peut faire voir qu'il possédait les talents d'un espérer la conservation des ouvrages. peintre, que Laurent Ghiberti imagina d'in

Le relieur débroche le volume, c'est-à-dire troduire dans ses bas-reliefs des objets éloi- qu'il enlève d'abord la couverture entière, et gnés que la peinture peut seule représenter. principalement sur le dos; il le prend d'une

Quoique la peinture et la sculpture aient main par la tranche, fait en sorte de lui faire une origine commune, leurs moyens sont faire le dos rond, et avec un coutean bien tellement différents, que chacune d'elles tranchant il coupe une chaînée de la couperd une partie de ses avantages , lorsqu'elle veut entrer dans le domaine de l'autre.

(1) Dans l'église de Saint-Pierre, à Rome.

ture; il lui est facile d'en enlever le fil, et volume de droite à gauche et de gauche à le volume se trouve décousu. Sans quitter le droite, afin de bien préparer la gouttière. volume, il le prend de la main gauche par Il met en presse et rogne avec soin. S'il a l'angle supérieur , et soulève les feuilles l'une bien opéré, la tranche doit présenter au soraprès l'autre pour voir, par la signature de tir de la presse une forme creuse et régulière chaque cahier, s'ils sont rangés selon l'ordre qu'on nomme gonttière. alphabétique ou numérique, et si l'ouvrage Lorsque le livre est rogné, on colore la est complet; ce qu'on appelle collationner. trauche, soit en y passant, au pinceau et Il replie ensuite les feuilles, si cela est né- pendant que le livre est en presse , une cou. cessaire, afin que les marges soient partout leur jaune ou une couleur rouge , préparées uniformes.

à la colle; soit en les jasprint, soit en les marIl bat le livre à l'aide d'un marteau à tête brant. La jaspure se fait ordinairement sur large et légèrement bombée, sur un bloc de un fond jaune clair, bleu de ciel , ou blanc; marbre bien uni; ensuite il le grèque , c'est jamais sur un fond rouge. Les couleurs qu'on à-dire , qu'après l'avoir serré assez fortement emploie sont un mélange d'orpin et de stil à la presse, il donne plusieurs coups de scie de grain pour le jaune; du vermillon pour sur le dos, afin d'y cacher la ficelle ou nerfs, le rouge; du bleu de Prusse pour le bleu. et les coutures. Cependant le grécage est Oo les broie bien à l'eau sur le prophyre, et loin de donner de la solidité à la reliure;

on les colle avec de la colle d'amidon trèsles nerfs saillants sont de beaucoup préfé- légère. rables. Il coud ensuite chaque cahier l'un On jaspe, en prenant peu de couleur à-laaprès l'autre, et le fixe, à l'aide d'une ai- fois, avec un petit balai de racine de chienguille et du fil, sur des ficelles tendues sur dent, et en frappant d'assez loin sur une un outil nommé cousoir.

barre de fer qu'on tient de la main gauche, Après avoir préparé son volume pour et l'on dirige vers le volume de très-petites l'endossure, y avoir cousu les cartons, à gouttelettes qui forment une sorte de granit. l'aide des ficelles que forment les nerfs, et On jaspe une couleur après l'autre , ainsi qu'il a laissées assez longues , il endosse, qu'il suit : sur le fond jaune , du rouge, puis c'est-à dire qu'il colle bien le dos , le du bleu foncé ; sur le fond bleu très-clair, laisse sécher à la presse, bien serré entre du rouge, et puis du jaune; sur le blanc, deux ais. Peudant qu'il sèche , il frotte forte. du rouge , du jaune el puis du bleu. ment avec le grattoir dentelé, afin de faire Quant à la marbrure, les relieurs de la bien pénétrer la colle; c'est un point essen- font pas ; ce sont des ouvriers particuliers tiel.

qui s'occupent spécialement de cette branAlors l'ouvrier procède à la rognure : pour che d'industrie. cela , il trace avec l'équerre à rebords, sur La tranche du volume terminée, on place le carton , un trait qui se trouve parfaite- le signet, dont on colle le bout sur le dos , ment à angle droit avec le dos. Ce trait lui du côté de la tête. On donne ensuite le vosert de guide pour placer le volume en presse, luine à une ouvrière qui pose le tranche-file, de manière à ce que le rognoir coupe exac

c'est-à-dire , un petit ornement en fil ou en tement dans une ligne parallèle à ce trait. soie de couleur qu'on place en tête et en Il fait descendre les deux cartons au niveau queue du volume, du côte du dos. Cet orne. des feuilles de la tête , et il place le volume ment sert à assujettir les cahiers entre eux , le dos tourné vers lui, après avoir mis der- et à consolider la partie de la couverture rière un ais contre lequel appuie un morceau qui les déborde. de carton. Il rogne en faisant mouvoir le Le volume, placé à plat, sur une planche füt. Il dépresse et dispose de la même ma- à rabaisser, la tête devant soi , Je dos à gaunière et avec le même soin pour rogner che, repose sur le carton; on ouvre le carla queue , en laissant de ce côté autant ton supérieur, et à l'aide d'une règle en de

marge que le permet la feuille la plus acier , avec laquelle on appuie fortement sur courte.

le carton , et qu'on dirige parallèlement aux Après cette opération, il dispose la ro- feuillets du volume, on coupe le carton avec gnure de la tranche et prépare la gouttière. la pointe à rabattre. On coupe l'autre carton Il ouvre les deux cartons et les laisse pendre de la même manière, après avoir pris des en dessous ; il serre avec la main gauche les distances égales. Enfin, on coupe avec de seuilles entre deux ais; il fait balancer le gros ciseaux le petit angle du carton qui ex

mesures

cède la tranche du côté du mors. On colle cas général sur lequel on compte ; l'ordre en sur le dos, par les bords seulement, du est le résultat, et l'estime publique y decôte du mors,

ce qu'on nomme la carle; vient seulement le prix de la bonne conduite c'est un carton mince qui recouvre le dos, de chacun. Mais le cas exceptionnel était à et qui en a la forme, afin de recevoir la cou. prévoir , et des peines ont été attachées aux verture , et par ce moyen, on met le volume délits suivant leurs degrés divers de culpaà dos brisé.

bilité. Ou s'est aperçu que ce3 La peau de veau est celle qui donne les ne suffisaient

pas à la répression des pascouvertures les plus solides. On coupe la sions. Les sages ont parlé. A près être despeau de grandeur convenable, après l'avoir cendus en eux-mêmes, ils y avaient déjà fait tremper dans de l'eau bien claire pen- trouvé la morale , qui est la conséquence dant un quart d'heure. On pare les bords de immédiate des rapports sociaux ; ils y avaient la peau, c'est-à-dire, qu'avec un outil bien trouvé aussi le sentiment d'une force prédotranchant on en amincit les bords , qu'on minante dans la nature : il était simple de réduit à rien. On le colle sur le livre en l'éti. rallier ces deux découvertes, et c'est de leur rant bien dans tous les sens. Le plus impor- idée complexe que s'est formée celle du detant consiste à bien 'coller les coins, et à voir, qui dès lors a eu sa sanction toute faire la coiffe tant en tête qu'en queue. On prète. Celle-ci ne pouvait venir que de haut. colle ensuite les gardes, et il ne reste plus Destinée à régler la vie présente , elle devait qu'à dorer le dos et y placer les titres. s'adresser à la vie future. Il était très-facile

Dorure. On glaire le dos avec du blanc de marcher dans cette route , peut-être d'œuf pur; on fixe de l'or en feuilles sur même de s'y égarer à la voix des intérêts ; les parties qui doivent être dorées, et on car l'homme est une créature essentiellelaisse sécher. Avec des fers gravés en relief, inent religieuse. Nous confesserions volonque l'ouvrier fait chauffer au point convena: tiers, et sans être effrayé de cet aveu , qu'il ble, il marque les nerfs, place les orne est tellement porté à admettre autour de lui ments , écrit les titres, etc. , Partout où le des influences occultes, que, d'une extréfer chaud a touché, l'or se trouve fixé : on mité de la terre à l'autre, on l'a va accueil. frotte avec du coton non filé, et tout ce qui lir les croyances les plus bizarres et les plus n'a pas reçu l'impression de la chaleur s'en- indignes d'occuper une place dans sa pensée. lève. On conserve ces brins de coton pour Ce serait folie que d'entreprendre la simple en retirer l'or. On met en presse et l'on serre énumération des cultes qui oot exercé une fortement.

autorité sur les esprits depuis qu'il existe Polissure. L'ouvrier polit d'abord, à l'aide des sociétés, se dispensât-on de comprendre d'un brunissoir eu agathe , les tranches; en

au nombre de celles-ci les tribus de sauvasuite , avec un tampon en laine, il passe lé- ges qui ont foulé les savanes du Nouveaugèrement un peu de suif sur tout le plat de Monde, et les hordes qui ont parcouru les la couverture , en décrivant de petits ronds; déserts aujourd'bui silencieux de l'Asie , il n'en passe pas sur le dos. Ensuite, avec ou le genre humain parait avoir eu son berle fer à poser, il brunit toute la surface du plat, ainsi que le dos, dans tous les sens. Quoi qu'il en soit, vous rencontrerez parOn le vernit enfin, et l'on polit le vernis tout des traces d'adoration. L'ignorance la avec un nouet de drap fin blanc rempli de plus profonde des arts qui contribuent aux coton, et sur lequel on met une goutte douceurs de la vie, la privation la plus d'huile d'olive qui le fait glisser. Alors le entière des institutions qui en assurent le volume est terminé.

repos, n'ont empèché nulle part l'essor de Le lecteur qui aurait intérêt å se procurer l'âme vers un pouvoir inconnu dont on a de plus grands détails sur l'art dont nous voulu fléchir la colère , implorer ou reconvenons de parler , consultera avec fruit le naitre le bienfait. L'esprit de l'homme, Manuel du Relieur, par L.-Séb. Le Nor- involontairement ou non , s'est lié à quelque mand.

LENORMAND et MELLET. chose d'extérieur à lui-même, mais dont il RELIGION. (Moraleet Philosophie.) Tous avait pourtant la raison suffisante dans ses les législateurs ont pris le soin de donner aperçus et dans sa propre activité. L'autel une sanction à leur ouvrage. La société ne n'est sorti de terre que pour répondre à ce saurait récompenser individuellement le besoin. D'abord modeste, il a été de pierre respect des lois chez les citoyens : c'est le ou de gazon; il s'est ombragé du feuillage

ceau.

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