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* REMER (JULES-AUGUSTE ), littérateur dant la vacance du siège. Il fut élu archeallemand, né à Brunswick en 1736, professa vêque par les suffrages réunis du clergé et l'histoire avec beaucoup de succès , pendant du peuple, en 852, présida le concile de dix-sept ans, à l'université d'Helmstadt, et Valence en 855, assista en 871 à celui de mourut dans cette ville en 1801 , laissant les Douzi , près de Reims, en tint deux autres ouvrages suivants (en allemand ): Manuel à Châlons-sur-Saône en 873 et 875, se servit del'histoire universelle, Brunswick, 1783-84, de la faveur de Lothaire et de Charles-le3 vol. in-8°; Livre d'enseignement de l'his. Chauve pour obtenir la confirmation de toire universelle, Halle, 1800, continuée par divers priviléges accordés à son église , et la Voigtel jusqu'en 1810; Manuel de la polili- restitution des biens dont elle avait été déque des principaux états d'Europe, Bruns- pouillée pendant la guerre, et mourut en 875. wick, 1786. Remer a continué l'Histoire On trouve le nom de ce prélat dans quelques de l'Europe moulerne, par Krause, dont les martyrologes ; mais il' ne parait pas que cinq premiers volumes avaient paru à Halle, sa mémoire ait jamais été honorée d'un culte 1789-98. Il publia le sixième et le septième public. On a de lui : une Réponse aux trois en 1802. Il a coopéré à la Gazelle de Bruns- lellies adressées à l'église de Lyon par Hinc. wick, depuis 1978 jusqu'en 1786, et au mar, archevêque de Reims , Pardul, évêque Portefeuille historique, de 1787 à 1788. de Laon, et Raban-Maur, touchant la con * REMESOF (Siméon), écrivain russe

damnation de Gotescale,et deux autres opusde Tobolsk, florissait au 17e siècle. Il n'est cules. Ces trois écrits sont insérés dans le guère connu que comme auteur d'une Chro. quinzième volume de la Biblioth. magna nique sibérienne jusqu'à l'an 1619, avec des patrum. dessins. La bibliothèque de l'Académie des REMI d'Auxerre, ainsi appelé parce sciences de Pétersbourg possède une copie qu'il était moine de l'abbaye d'Auxerre, de cette chronique, dont Müller s'est servi enseigna dans l'université de Paris , vers la pour la rédaction de son Histoire de Sibérie. fin du 9e siècle, et mourut vers l'an 908. On

* REMI (SAINT), achevêque de Reims, et a de lui : un Exposition de la messe; et des l'apôtre des Francs, né vers l'an 138 dans commentaires sur les petits prophètes, sur les environs de Laon (Picardie), fit de ra les Épitres de saint Paul, sur le Cantique pides progrès dans les lettres , et, à l'âge de des Cantiques, sur l'Apo ypse, etc, etc.

fut placé, malgré lui, dit-on, sur Le commentaire sur les Epitres de saint le siége archiepiscopal de Reims. Il s'occupa Paul a été mal à propos attribué par queldès-lors avec un grand zèle des fonctions de ques éditeurs à saint Remi , archevèque de son ministère , en éclairant le peuple confié Lyon. à ses soins. Il dut à ses vertus la protection * REMI ( ABRAHAM), en latin Remmius , et la faveur de Clovis , alors même que ce poète latin dont le véritable nom était Ruprince professait un culte étranger , et par- vaud, né à Remi , village du Beauvaisis, en vint ensuite, avec le secours de la reine 1600, professa l'éloquence au collège royal, Clotilde , à le convertir au christianisme et mourut en 1616. On a de lui un recueil ( voyez Clovis). Remi, poursuivant son ou de poésies latines , et deux livres sous ce vrage, opéra encore un grand nombre de titre : Abrahami Remmii, eloqucntiæ proconversions parmi les seigneurs francs, fonda fessoris et poelæ regii Poernata , ad christ. des églises, les pourvut de pasteurs et de tous regem Ludovicum XIV, Paris , 1645, in-12. les objets nécessaires à la pompe du culte. Ce recueil est assez estimé. — Remi ( JosephOn croit généralement que ce saint prélat Honoré), né à Remiremont en 1738, emmourut en janvier 533, à l'âge de 95 ans. Il brassa l'état ecclésiastique, vint ensuite à avait composé plusieurs écrits , entre autres Paris, où il s'appliqua à la littérature et au des sermons dont Sidoine Apollinaire( voyez droit, et concourut pour plusieurs prix acace nom), a eu connaissance. Mais il ne nous démiques. L'éloge de Fénélon , qu'il comreste de lui que quatre lettres, insérées dans posa en 1771, fut jugé digne d'un accessit , divers conciles et d'acles relatifs à l'histoire et celui de Michel Lhopital fut couronné en de France. — Remi ( Saint), archevêque de 1777 ; mais la faculté de théologie le cenLyon, né au commencement du 9e siècle, sura. Chargé de la rédaction de la partie de était grand-maitre de la chapelle de l'em- la jurisprudence dans la nouve!lc édition de pereur Lothaire, quand ce prince le char- l'Encyclopédie , l'abbé Remi fit le premier gea d'administrer le diocèse de Lyon, pen- volume, et était très-avancé dans le seconil, Tome 19.

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22 ans ,

lorsqu'il mourut en 1782. Ses autres ouvra auront été payés plus chèrement par une ges sont le Cosmopolisme, 1770; les Jours, autre nation , soit parce que ce sera avec le pour servir de correctif aux nuits d'Young, pays même qui fournit les chevaux qu'on se 1770; le Code des Français, 1771, 2 vol. trouvera en guerre. Il est donc du plus in-12; et plusieurs extruits dans le Mercure, grand intérêt pour la France de pouvoir dont il fut l'un des rédacteurs.

trouver sur son territoire tous les animaux * RÉMOND DE SAINTE-ALBINE (Pier- dont elle a besoin pour l'armée. Et qu'on ne RE), littérateur, censeur royal, membre de dise pas que, malgré les entraves de la l'Académie de Berliu, né en 1699 à Paris, guerre, les chevaux arriveront toujours là ou il mourut en 1778, a fourni un grand où on les paiera le mieux : la guerre certainombre d'articles à l'Europe savante, à la nement empêchera le commerce de se faire Gazelte de France , à laquelle il travailla de comme il se faisait en temps de paix ; et 1733 à 1751, au Mercure , dont il fut pen- avant que le commerce ait pris des routes dant quelque temps le rédacteur en chef, et nouvelles , il se passera un temps fort loug a laissé, en outre : un Mémoire sur le lami- pendant lequel le manque de chevaux nage du plomb, Paris , 1731, plusieurs fois pourra mettre la France en danger. Qui réimprimé ; un Abrégé de l'histoire du pré- peut assurer encore que la France sera sident de Thou, ibid., 1759 , 10 vol. in-12; toujours à même de payer les chevaux aussi et deux comédies, insérées dans le Mercure chers que toute autre nation, surtout que la de 49.

· nation ennemie? * RÉMOND DE SAINT-MARD (Tous Ces considérations ont engagé l'État à SAINT), littérateur médiocre, né à Paris en chercher les moyens de donner aux cultiva1682, mort en 1757, a laissé plusieurs ou teurs français un intérêt à élever un beauvrages assez répandus de son temps. Ses coup plus grand nombre de chevaux qu'ils OEuvres ont été publiées à La Haye (Paris), ne le font , et surtout à élever des chevaux 1742, 3 vol, in-i2, et 1751,5 vol. in-12. – plus distingués. Nous avons discuté à l'artiVoyez MONTMORT et RÆMOND.

cle Haras une partie des moyens employés * REMONDINI (BALTHASAR-MARJE), évê- par l'administration des baras ; nous allons, que dc Zante et de Céphalonie, né à Bassa- dans cet article, nous occuper du seul qui

dans l'État de Venise, en 1698, mort soit peut-être, en France, du ressort de en 1777. On a de ce vertueux prélat plu- l'administration de la guerre, pour arriver sieurs ouvrages manuscrits. REMONDINI au grand résultat recherché, celui de faire (Jean-Étienne ), religieux somasque sous exclusivement en France toutes les reBenoit XIV, était originaire de Naples, et a montes, laissé une savante Histoire de l'Eglise de Mais comment faire ces remontes? ComNola en Capanie, écrite en italien, et pu- ment les rendre assez avantageuses aux culbliée à Naples en 1747, 3 vol. in-fol. Cet tivaleurs pour qu'elles les engagent à élever ouvrage a eu plusieurs éditions; la dernière plus de chevaux et des chevaux plus propres est de 1757.

à l'armée ? Telle est la question : des dépôls REMONTE. ( Économie politique.) Un le remontes permanents paraissent devoir État, comme la France, obligé à entretenir la résoudre par les considérations suiune armée forte en cavalerie et en artillerie, vantes. a besoin d'un grand nombre de chevaus. En recherchant les causes qui empêchent En temps de guerre, la consommation de les cultivateurs d'élever autant de chevaux ces animaux augmente encore considérable- qu'ils le pourraient, on trouve qu'une de ment , en sorte qu'un des principaux soins ces causes ost le bas prix auquel ces cultivade la direction du matériel de l'armée est de teurs sont obligés , dans beaucoup de lieux, s'assurer, pour tous les cas , des moyens de de vendre leurs jeunes productions , et dans renouveler avec promptitude les perles qui quelques autres la nécessité plus dure enpeuvent arriver, et même de fournir presque core de les garder faute d'acheteurs instantanément à des besoins nouveaux. Si, La cause de cet inconvenient n'est pas par des circonstances inutiles à rechercher diflicile à indiquer. ici , l'armée a coutume de prendre ses che Les éleveurs de chevaux de luxe ne sont vaux dans un pays étranger, il peut arriver sur aucun point en contact avec le consomtout d'un coup que cette ressource lui soit nateur ; les éleveurs de chevaux de charrois ravie, soit parce que les chevaux disponibles ne le sont pas eux-mêmes pour la plupart

no,

des chevaux qu'ils produisent; et il est donc jusqu'à la moitié du prix primitif pour les de nécessité qu'il y ait une agence intermé- chevaux de luxe. diaire entre les éleveurs et les consomma Le particulier qui a besoin d'un ou de teurs. Cette agence est formée par les mar- deux chevaux seulement , n'en ayant besoin chands de toute espèce. Elle doit faire un qu'à des époques indéterminées, pon fixes, bénéfice, et c'est nécessairement sur le ne peut se soustraire, il est vrai , à l'agence nourrisseur, dont elle diminue par cette intermédiaire qui est entre lui et le nourris. raison le gain et l'intérêt à se livrer à l'élève seur; elle lui est même utile en ce qu'elle des chevaux.

met de suite à sa disposition l'animal dont il Mais la marchandise dont ces hommes a besoin. S'il voulait acheter autrement, il trafiquent ne peut s'acheter sur échantillon : paierait souvent les animaux plus chèrechaque pièce est différente et d'une valeur ment. Mais un consommateur aussi grand diverse; chacune doit ètre examinée par le que l'armée , dont les besoins sont annuels, consommateur ; ce qui force presque tou- et peuvent être évalués d'une manièrc apjours le marchand acheteur à s'en approvi. proximative, en temps de paix comme en sionner d'avance, et à faire des frais de temps de guerre, doit tenter de se sousnourriture et de garde , qui augmentent

traire à cette agence intermédiaire. Il lo beaucoup la valeur de la marchandise. C'est devra même bien davantage par les raisons encore une perte qui retombe sur la mar

déjà avancées, si cette agence se procure les chandise, et en diminue le prix au détriment chevaux dans un pays étranger. L'institudu producteur.

tion des dépôts permanents de remontes est Maintenant, s'il est des localités où il s'en désirer qu'elle se consolide chez nous.

si avantageuse sous ce rapport, qu'il est à trouve peu et des localités où il s'en trouve

Ces dépôts sont placés dans les localités beaucoup, le marchand ira la chercher dans qu'on sait produire des chevaux , afin que les dernières , parce qu'il pourra dans un l'armée aille , pour ainsi dire , prendre ces court espace de temps s'approvisionner; et chevaux 'chez le nourrisseur, de manière à il n'ira pas dans les premières , où il lui

supprimer l'agence intermédiaire , agence faudrait beaucoup plus de temps et beau

qui pour

l'armée est souvent double, puiscoup plus de frais pour en rassembler la qu'elle est le plus ordinairement composée, même quantité. Ces localités sont donc pri- d'une part, des marchands qui achètent les vées de la visite des marchands , et les éle- chevaux chez les éleveurs , et d'autre part, veurs ne peuvent s'y défaire de leurs che- des fournisseurs qui les achètent de ces vaux; ou si par hasard un marchand s'y marchands pour les revendre à l'armée. Ces rend , il n'y achète la marchandise qu'à un

dépôts vont donc, qu'on me pardonne les prix d'autant plus bas, que ses déboursés

expressions , faire la guerre aux marchands pour la ressembler sont plus considérables.

jusqu'à l'endroit de la fabrication; et ils reTels sont, sous ce rapport, un grand nom

çoivent la marchandise de la fabrique même bre des départements de la France.

avec diminution, par moitié pour eux et Si l'on fait encore attention que de toutes par moitié pour le fabricant ou l'éleveur, de les marchandises le cheval est celle qui est tout le gain que faisaient ces marchands. le plus sujette à des accidents graves , que L'armée prenant les chevaux français à c'est celle dont la conservation en bon état un prix qui augmente le bénéfice des éle(par une bonne nourriture) exige le plus de veurs, ceux-ci se trouvent intéressés à en dépenses; si l'on songe que, outre ces frais élever davantage, et si le bénéfice est assez premiers indispensables , le marchand est grand , à en élever assez pour que l'approobligé de payer comptant, qu'en consé- visionnement de l'armée soit assuré même en quence il est obligé de retirer l'intérêt de temps de guerre. l'argent qu'il a avancé, qu'il doit être ré La multiplication pourra-t-elle être portée compensé de son industrie et de son temps; sûrement à ce point? on conçoit que le marchand est obligé de Si l'on calcule la quantité cantons qui vendre les chevaux un prix beaucoup plus peuvent élever des chevaux en France avec élevé que celui auquel il les achète. Pour les avantage pour le cultivatenr, et où celui-ci chevaux d'un bas prix , cette plus-value sié- le fera certainement aussitôt qu'il trouvera lève à un quart : pour les chevaux d'un prix un débouché assuré de ses chevaux, comme moyen , elle s'élève à un tiers ; elle s'élère en trouvent actuellement dans les foires les

cultivateurs de la plus grande partie de la L'année pour eux devrait donc être partagée Normandie, on pourra croire que la multi en deux occupations : l'une qui consisterait plication peut être portée assez loin pour rem. à recevoir ou rejeter les chevaux qui leur plir ce but. On se convaincra mêine qu'il seraient présentés; l'autre à parcourir les suffirait pour cela que les mauvais chevaux campagnes pour connaitre les cultivateurs élevés actuellement en France fussent trans et pour acheler chez eux, livrables à cerformés en bons chevaux ; et c'est indubita- taines époques, les poulains qu'ils trouveblement ce qui arrivera aussitot que l'éle- raient bons pour la cavalerie. Quelques mois veur sera stimulé par la possibilité de vendre de l'année seraient employés à cette occuses élèves un bon prix à l'âge de cinq ans. pation, et des frais de tournée leur seraient

Cette assertion est tellement bien prouvée alloués pour les indemniser. dans l'ouvrage de M. de La Roche-Aimon, Dans ces tournées , les êmployés s'occuintitulé de la Cavalerie, que je ne m'y arrê- peraient de persuader aux cultivateurs de terai point davantage.

cesser certaines méthodes qui sont extrêmeComme toutes les grandes institutions qui mentdésavantageuses à l'acheteur; par exemchangent des habitudes , qui créent de nou- ple, d'engraisser outre mesure, avec une veaux intérêts , les dépôts de remontes pour nourriture peu convenablc , les animaux. la cavalerie ne peuvent pas porter tout à On sait combien dépérissent après l'achat, coup des fruits. Dans le but de rendre leur et même à combien de maladies sont exposés réussite plus assurée , je vais indiquer quel. ceux qui ont été soumis à cette malheureuse ques améliorations dont ils me paraissent coutume; ils engageraient, au contraire, les susceptibles.

habitants de la campagne à mettre au réLes chefs de ces dépôts sont un officier et gime de l'avoine et du foin les animaux desun vétérinaire ; mais ces employés n'ont tinés pour les dépôts. En parvenant ainsi à point d'habitude de traiter avec les cultiva- empêcher le mal pour le plus grand nombre teurs. L'officier surtout les tient souvent à de poulains qu'ils auraient connus à l'avance, une certaine distance qui les éloigne des ils diminueraient non-seulement la mortadépvis ; les gens simples préfèrent vendre à lité qui aflecte les chevaux de remonte, mais un marchand qui ensuite traite avec les em encore ils donneraient à l'armée des animaux ployés. Il est vrai que les cultivateurs , qui moins impressionnables aux causes des masavent le prix que le cheval sera vendu, ne ladies , et beaucoup plus forts. le donnent qu'à un prix très-peu au-dessous Les jeunes animaux restent dans certains de celui payé par le dépôt, et que le mal cantons presque toute l'année dehors, et ils est petit ; mais encore c'est un mal. Il s'éta- s'habituent ainsi à supporter toutes les inblit une agence intermédiaire entre le dépôt tempéries de l'air; mais ils ne s'habituent et le nourrisseur; et quelque médiocres que poiut au séjour de l'écurie, mais ils ne s'hapuissent être ses bénéfices, elle en fait en- bituent point à être attachés. Quand le jeune core , tandis que le but des dépôts doit être animal tiré des pâturages est enfermé à de les faire tourner au profit du cultivateur l'écurie, malgré la présence de ceux de son ou de l'armée.

espèce, il devient presque tout à coup trisle, Le caractère des employés des dépôts de sans appétit; il dépérit d'une manière raremonte, ou plutôt leur manière de traiter pide , et il est long-temps, plusieurs mois, avec les cultivateurs , doit donc être pris en sans pouvoir se faire au régime nouveau considération.

auquel il est soumis : heureux encore quand Ce n'est pis tout. Si les employés des l'air qu'il respire dans ces mêmes écuries n'afdépóts ne doivent qu'examiner, à des heures fecte pas d'une manière desastreuse ses poudéterminées dans la journée, les chevaux mons, et ne produit pas des maladies de qu'on leur présente pour les acheter, ou les poitrine extrémement graves. Cette inrejeter , je crois que l'institution des dépots fluence, qui n'a pas été assez étudiée, est de remonte ne remplira jamais bien son but. une des causes des maladies qui attaquent Il me semble que les travaux des chefs doi- si fréquemment les poulains au moment où vent être plus importants ; ils devraient, on les prépare au travail, et qui produisent selon moi , être occupés à connaitre presque tant de mauvais chevaux parmi notre belle tous les poulains de trois à quatre ans qui races normande. Combien dans leurs toursont dans leur circonscription , et à engager nées les employés des dépôts ne pourraientles cultivateurs à les élever pour le dépôt. ils pas s'éviter plus tard de peine en indi

quant cette cause de défaveur pour les destinés à élever des poulains , que l'armée chevaux, et en faisant aux cultivateurs pres. acheterait à l'âge d'un an ou deux ans, que une condition d'habituer les animaux pour les élever jusqu'à celui de quatre ans au séjour de l'écurie avant de les amener et demi ou cinq ans, et les envoyer ensuite au dépot!

dans les régiments de l'arme à laquelle ils Il est encore un autre inconvénient grave seraient propres, je ne pense pas qu'il puisse qne les employés pourraient contribuer à être avantageux, sous le rapport de l'écofaire cesser, c'est celui d'une castration tar. nomie. Les causes de ma manière de penser dive. J'ai parlé déjà dans d'autres ouvrages à cet égard sont suffisamment indiquées in de ces inconvénients; je dirai seulement ici l'article des Haras militaires pour que je qu'ils sont bien plus graves pour les chevalix n'en parle plus ici. qui sont châtrés dans les dépôts de remonte, Les personnes qui auront lu l'ouvrage de et souvent envoyés de suite dans les régi- M. de La Roche-Aimon verront combien ments. Il est impossible que ces animaux je diffère de son opinion sur beaucoup de soient traités en masse, aussi bien qu'ils le points, relativement à ces dépôts de pouseraient individuellement; il serait surtout lains. Les calculs n'ont pu me convaincre ; extraordinaire qu'ils fussent bien soignés les mortalités et les accidents seront beaupar des soldats qui n'ont aucun intérêt à le coup plus considérables qu'ils ne sont évafaire, et qui ne leur donnent souvent, mal. lués; et, je le répète , si les animaux ne sont gré la plus grande surveillance des officiers nourris qu'au vert seulement et au foin , s'ils et du vélérinaire, que des demi-soins, plus restent dans les pâturages jusqu'à l'âge d'endangereux que s'ils n'en donnaient point du trer au service de l'armée, ceux qui échaptont.

peront aux accidents des premières années , Les employés de remonte pourraient en seront exposés à toutes les maladies que le core exercer une influence salutaire, sous régime de l'avoine, et celui des écuries et ce rapport, dans leurs tournées.

du service, ne peuvent manquer de déveIl est encore un obstacle à la réussite des lopper. Şi, pour éviter ces inconvénients, dépôts de remonte que je dois signaler, c'est on bátit des écuries nombreuses , si on étal'espèce de défaveur qu'on jetle dans beau- blit des systèmes de culture , si on instruit coup de régiments sur les chevaux qui en les poulains Jans ces dépôts , si on construit arrivent, et le peu de ménagement qu'on a tous les bâtiments nécessaires à loger les pour eux. Les officiers supérieurs des régi- employés, si on calcule les intérêts du caments, qui n'ont aucune responsabilité à pital employé, et les dépenses annuelles ; cet égard, puisque les chevaux n'ont été je le dis, les poulains élevés dans ces dépôts achetés ni par eux, ni par les officiers du reviendront certainement plus chers, beaucorps, ne les ménagent pas autant qu'il se- coup plus chers à l'État, que si on les acherait nécessaire.

tait des cultivateurs au moyen des dépôts Que l'administration de la guerre con- permanents de remontes , à l'âge de quatre tinue donc à penser qu'en établissant des ou cinq ans et guéris des suites de la casdépôts de remontes, elle ne travaille pas tration. pour le moment seulement, mais bien

pour

Cette institution des dépôts de poulains l'avenir! Que de leur côté, les employés des serait néanmoins complétement dans l'intéremontes ne se dépêchenų pas d'acheter un rêt de l'agriculture, et je ne serais pas éloigrand nombre de chevaux, ou qu'ils soient gné de conseiller de la lenter , s'il était posun peu sévères daus leurs choix.

sible qu'elle le fût avec la certitude que, si Je ne crois pas que les inconvénients que elle était mauvaise , elle serait abandonnée. je viens de signaler puissent détourner l'ad- Mais toute institution tentée par l'État , ministration de la guerre de ce mode de quelque mauvaise qu'elle soit, est ensuite remontes. Le plus sérieux, la difficulté de continuée , malgré ses désavantages réels , trouver de bons chefs de dépôts, et de bons apparents même , parce qu'elle crée des inofficiers pour l'achat des chevaux, existera térêts particuliers qu'on ne sait plus comtoujours, quel que soit le mode qu'on em ment compenser , et qui , toujours sur leurs ploiera; ce n'est donc pas un inconvénient gardes, s'abusent souvent eux-mêmes sur particulier aux dépôts , et c'est fort à tort l'utilité de la chose , et savent toujours abuqu'on le leur a attribué.

ser des administrateurs supérieurs qui ne Quant au dessein de former des dépôts peuvent être instruits de la matière. Je n'en

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