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oublier Servin expirant, en plein lit de jus- guerres de la Fronde. Ce fut, avec plus de tice devant le roi, en lui faisant entendre force et de durée, ce qui s'élait déjà monla vérité.

tré sous la régence de Marie de Médicis. Servinum una dies pro libertate loquentem

Le parlement était d'avance condamné à

n'arriver à aucun résultat. Il у avait dans Vidit , et oppressá pro libertato cadentem.

ses relations avec le pouvoir royal des diffiC'était en effet à ce moment que le cardi- cultés insolubles. Il manquait de titres pour nal de Richelieu établissait son pouvoir. Il parler au nom de la nation. Victorieux, il faut entendre le cardinal de Retz parler de ne pouvait gouverner; vaincu, il était sans la façon dont ce grand artisan de despo- ressource, personne ne marchait derrière lui. tismc se comporta avec le parlement : Lorsque toutes les résistances à l'autorité

« Il fit, pour aigsi parler, un fonds de royale se furent montrées impuissantes) à » toutes les mauvaises intentions et de tour établir l'ordre et à faire le bien du pays, » tes les ignorances des deux derniers siè- elles se trouvèrent décriées. ; l'opinion se » cles, pour s'en servir selon ses intérêts. retira du parlement lui-même , et le pou» Il les déguisa en maximes utiles et néces- voir absolu put se déployer librement. Ce » saires pour établir l'autorité royale ; et la fut alors qu'on vit un jeune roi venir , en

fortune secondant ses desseins, il forma, babit, de chasse et un fouet à la main, » dans la plus légitime des monarchies , la insulter la première magistrature de son » plus scandaleuse et la plus dangereuse ty- royaume. Souvenir cher et révéré de tous » rannie qui ait peut-être jamais asservi un Jes frivoles adorateurs du pouvoir absolu; » État. L'habitude nous endurcità des choses seul acte royal qui ait fait jurisprudence » que nos pères ont appréhendées plus que pour eux. » le feu. Nous ne sentons pas la servitude A dater de ce moment jusqu'à la mort de » qu'ils ont détestée, moins encore pour Louis XIV, le parlement disparut de la » leur propre intérêt que pour l'intérêt des scèné politique. Des édits de 1657 et de 1673 » rois. Le cardinal de Richelieu a fait des prescrivirent l'enregistrement forcé des or» crimes de ce qui faisait autrefois des ver donnances et interdirent les remontrances » tus.... C'est lui qui a commencé à punir les autrement que par écrit. Ces ordonnances

magistrals pour avoir avancé des vérités ont par suite été regardées comme non» pour lesquelles leur serment les obligeait avenues, de même que l'ordonnance de » à exposer leur propre vie. »

Moulins et les ordonnances de 1629 et 1641, Le cardinal de Richelieu commença les rendues sous le cardinal de Richelieu. Car exils , les emprisonnements , les interdic- « il y a des lois dans les empires, dit Bossuet tions et toutes ces violences contre les » lui-même, contre lesquelles tout ce qui se libres suffrages du parlement , dont les » fait est nul de droit ; et il y a toujours ministres ses successeurs recueillirent le » ouverture à revenir contre, ou dans d'auprécieux héritage. Désormais toute idée de » dres occasions, ou dans d'autres temps. droit public disparut; les circonstances dé Avec la régence et la cassation du testacidèrent de ce que le parlement était dans ment de Louis XIV, reparut le parlement. la constitution française : tantôt le premier Pour premières paroles , le duc d'Orléans corps de l'État, tantot n'ayant pas même promit de s'aider de ses conseils et de ses l'indépendance de ses attributions judiciai- sages remontrances. Bientôt après vint la res. Ces sortes de communications aimables, querelle des princes légitimés. Jamais le cette influence de bons et sages conseils de- parlement n'avait semblé avoir une telle immandés ou reçus , qu'on avait eues jusqu'à portance. Mais durant les soixante années la mort de Henri IV, n'existèrent plus. qu'il avait passées dans la soumission et le

Par une inconséquence , qui ne fut pas la silence, tout avait bien changé en France. dernière , Anne d'Autriche se servit du par- Lumières, richesses, égalité entre les divers lement pour faire casser le testament de ordres de l'État, liberté d'examen , mouveLouis XIII; puis , à la première contradic- ment des esprits, importance des lettres et tion, recommencèrent les emprisonnements des sciences, puissance de l'opinion , telles et les exils , les lits de justice et les enre- étaient les circonstances nouvelles où registrements forcés. La violence est un moyen maissait l'action parlementaire. Maintenant dangereux pour les faibles et les mal habiles. la nation ne cherchait plus d'humbles et inOn ne tarda pas à avoir les séditions et les certaines garanties dans un droit écrit et

contesté; elle ne se mettait plus sous l'égide l'acceptation de cette bulle entretint une de ses magistrats. Elle marchait à une ró- guerre intestine entre la magistrature, l'auforme sociale; sa force était dans ses mæurs, torité royale, le clergé, les évêques, les non dans ses lois. Elle n'avait plus besoin corps enseignants. Le cardinal de Fleury ne d'un organe légal pour faire entendre sa connut guère d'autre emploi de la puissance voix. De toutes parts, de toutes manières, royale , que de faire respecter la bulle; elle proclamait ses opinions ; le pouvoir en, quarante mille lettres de cachet trainèrent élait enveloppé et pénétré , participant sans dans l'exil ou dans les prisons de pauvres le savoir au mouvement universel. Il sem- religieuses, des prêtres inconnus, d'obble, au premier coup-d'oeil, que l'histoire sçurs fanatiques. Le jansenisme se ranima , polilique du dix-huitième siècle consiste non plus le jansénisme d'Arnaud et de Pasdans le progrès des idées , et dans le chan- cal, mais une dévotion obstinée, étroite, gement de relations des hommes entre eux. mêlée aux exlases et aux folies des conralIl faut la réflexion et l'examen pour voir sionnaires ; l'administration des sacrements que le gouvernement a eu aussi une part im- devint matière de procédure ; les droits de portante dans l'histoire du pays. Sur ce la puissance civile et de la puissance eccléthéâtre le parlement eut un rôle fort actif, siastique sureot mis en discussion. Il y eut et plus d'une fois sou action se mêla à l'im- des remontrances et des exils du parlement : pulsion générale; jamais toutefois il ne re une opposition noble et courageuse d'un trouva cette popularité qu'il avait eue jadis. côté; et de l'autre, tout l'appareil du desIl ne lui était plus donné d'agiter lcs potisme, et cela pour une question imperesprits.

ceptible. Souvent une nuance, frivole en Sa première lutte eut pour objet les opé- apparence, sépare des factions ennemies; rations de finance de Law ; opérations mal mais sous ces drapeaux combattent, quelconçues par ceux qui les proposaient , en-' quefois même à leur insu , des opinions foncore moins par ceux qui y résistaient. Cette damentales qui embrassent tout l'état social. résistance ramena les lits de justice, les Il n'en était pas ainsi : c'était ailleurs et exils , les lettres de cachet, la suspension d'une autre sorte que se traitait le grand de la justice. En définitif, la ruine et le procès du dix-huitième siècle ; c'était à la scandale du système semblèrent donner veille de la guerre de sept ans, que l'auraison au parlement. En beaucoup d'autres torité royale faisait étalage de pouvoir aboccasions, sa résistance, ses refus d'enre- solu pour la bulle Unigenitus ; c'était du gistrement, ses remontrances, eurent pour temps de Voltaire, de Montesquieu et de objet des édits fiscaux, des mesures de Rousseau, que le clergé et ces jésuites, finance. Son intervention y fut peu utile ; qu'on dit si babiles, poursuivaient de pauelle ne pouvait ni imposer l'économie, ni vres gens humblement soumis aux croyances faire respecter la foi promise , ni fonder le religieuses. crédit public. Étranger à l'administration, Le dénoument de cette trop longue lutte ne lui prêtant nul secours , augmentant ses fut la destruction des jésuites; leur domiembarras, sans vouloir même les apprécier, nation était de jour en jour devenue plus le parlement apparaissait en de telles affaires odieuse et moins solidement établie. Ils avec le seul avantage de rappeler que le avaient perdu tout ce qui leur avait donné gouvernement de la France ne devait pas de la force et de l'éclat; ils s'étaient corêtre absolu.

rompus par le succès et dans la possession Sa querelle la plus longue, la plus vive, du pouvoir royal, qu'ils avaient fait leur la plus obstinée, eût été plus étrangère en- serviteur. Les parlements, leurs éternels adcore aux intérêts nationaux, s'il ne s'y était versaires, prirent tout l'avantage des cirpas mêlé une persécution odieuse , et une constances, et accomplirent cette cuvre foule innombrable d'abus de pouvoir. Il qui, pendant plus de deux cents ans, avait s'agissait de celle bulle imposée à Louis XIV excédé leur pouvoir. L'esprit du temps y dans ses derniers jours par les jésuites, avait une si grande part, qu'à peine se mon. lorsque, après la révocation de l'édit de tra-t-il reconnaissant pour la magistrature. Nantes et la destruction de Port-Royal, il Ce n'était plus le jansenisme qui triomphait leur fallut inventer une persécution nou- des jésuites , et il y avait maintenant contre velle, afin de dominer toujours l'État et le pouvoir du clergé d'autres garanties que l'Église. Pendant quarante années au moins, les remontrances.

Peut-être y eut -il de la part de l'autorité aides demeureront un modèle d'éloquence royale, encore étonnée d'avoir sacrifié les civique et magistrale. jésuites, quelque désir de réaction et de Louis XVI sentit la nécessité de tirer le vengeance dans les procédés despotiques gouvernement du mépris où il était plongé, qu'elle ne tarda pas à déployer contre les et rappela les parlements. Déjà un instinct parlements. Véritablement leur esprit d'op- confus enseignait à toutes les classes de la position, sans avoir une grande efficacité, nation, et au roi lui-même, que de profondes avait fait depuis cinquante ans de grands réformes étaient nécessaires pour préserver progrès. L'administration les trouvait sans le pays d'une révolution. Sans qu'il y eût, cesse et partout sur son chemin. Sans se en fait, un tyrannie pesante, le pouvoir méler en rien du gouvernement, sans exer- absolu existait en droit, et partout on éprou. cer aucune influence sur l'ensemble des af- vait le besoin d'avoir un gouvernement juste, faires , ils marquaient à leur manière , selon éclairé, sérieux, ferme, inspiré par l'intérêt leurs formes et dans leur langage , le mal- public, fort de l'opinion générale. Le parle. aise de la nation et le désaccord du pouvoir ment ne pouvait prendre part à ce mouveet de la société. Leurs doctrines toutes his- ment, ni prêter à l'administration l'appui toriques , et s'appuyant sur un droit positif, qui lui eût été nécessaire. L'esprit de conser. ne ressemblaient nullement aux doctrines vation, qui avait été le mérite de la magisabstraites et philosophiques , mais plus que trature , devait en de telles circonstances jamais elles avaient pris corps. Elles avaient s'empreindre de préjugés, et s'opposer aux plus de clarté et de développement que changements utiles. Son action utile pour

la jadis. En outre, et c'était une circonstance défense des droits privés avait toujours été nouvelle, tous les parlements du royaume inefficace et sans résultats pour l'établisseen étaient venus à former comme une seule ment du droit politique. Jalouse de l'admiet même corporation, régie par un même nistration, accoutumée à la combattre par esprit, se correspondant daus ses diverses une méfiance le plus souvent fondée, elle parties, concertant ses mouvements, pre- ne pouvait en comprendre l'esprit ni la nant fait et cause pour chacune de ses com- marche. Un ministre actif dans l'intérêt du pagnies. Les cours des aides étaient entrées peuple était donc destiné à trouver une rédans cette corporation judiciaire; les tribu sistance parlementaire, tout comme un naux inférieurs en dépendaient; ce monde ministre actif dans l'intérêt de la puissance innombrable de gens de loi, le barreau si royale. puissant en France, formaient comme une C'est ce que le chancelier Maupeou luination qui se mettait en émoi et en clameur même avait entrevu, quand il avait eu l'inau signal des remontrances, des exils et tention de faire concourir la suppression des des lits de justice.

parlements avec de raisonnables et popuCe fut à l'époque où l'autorité royale avait laires réformes , afin de motiver et d'excuser le plus perdu en respect et en considération cet acte de despotisme. Mais le pouvoir qu'elle voulut trancher toutes ces difficultés, absolu a beau se prescrire ce but, il n'est et s'installer, toute misérable qu'elle était pas en lui de l'atteindre : des intérêts resdevenue , dans le pouvoir absolu. Les parle- treints, des préjugés individuels ou de corments revirent alors une lueur de leur an- poration détournent toujours le despotisme cienne popularité; ce n'étaient plus les à leur profit, lors même qu'il n'existe point séditions de la Fronde, ni les prises d'armes par eux ou pour eux. Les vues du chancede la vieille bourgeoisie ; mais tout ce que lier Maupeou n'eurent pas même un coml'opinion des gens de bien et des hormes mencement d'exécution, et ne furent pas raisonnables peut avoir d'hommages, en- aperçues. Ce n'était ni Louis XV, ni ses toura la magistrature. Rien ne fut plus no- ministres corrompus, qui devaient entreble, plus grave que leur résistance contre prendre cette tâche , et combattre la magisdes ministres décriés, et unc cour avilie. trature sur ce terrain. M. Turgot et M. de Leur langage fut au niveau de la situation; Malesherbes, tous deux grands citoyens, ils élevèrent des yoix puissantes ct ver- pbilosophes , magistrats, hommes de sagesse tueuses contre les prétentions insolentes et et de prudence, étaient réservés , comme le légères du despotisme. Les remontrances de chancelier L'Hospital, à se voir arrêter par le M. de Malesherbes à la tête de la cour des parlement dans le désir de faire le bien. La

suppression de la corvéc, la liberté du con- voir , étaient tous dissous. Il fallait trouver merce des grains, l'affranchissement de l'in un moyen de les renouer. La monarchie n'a · dustrie , donnèrent lieu à des remontrances, point profité de la seule chance de salut et furent euregistrées par lit de justice. Le qui lui restât; mais il n'est pas surprenant parlement entra pleinement dans les frivoles qu'elle l'ait tentée. Le parlement ne fut intrigues des courtisans, et s'annonça comme point reprochable de l'avoir indiquée. Il ne ennemi de toute amélioration, en proscri- fit que donner un caractère authentique au vant dès l'abord les plus raisonnables , les cri universel , à une nécessité flagranie. mieux démontrées.

On se débattit quelque temps contre cette M. Necker se présenta moins comme un

déclaration d'incompétence du parlement, réformateur systématique , et ne rencontra qui, après tant d'années , venait de rappepas une résistance ouverte dans les parle- ler que la nation seule avait le droit de conments; mais il les considéra toujours comme sentir des impots. A la veille d'entamer de le principal obstacle aux projets qu'il con- bien autres luttes, l'autorité royale recomcevait pour le bien public. Nul accord ne mença à combattre le parlement avec les pouvait s'établir avec eux pour conférer aux vieilles armes. Après les refus d'enregistrecitoyens des droits devant lesquels auraient ment et les remontrances , on vit le lit de disparu les attributions parlementaires, justice ; après les protestations, un enregispour créer des institutions qui auraient eu trement forcé; puis l'exil à Troyes. Une néune consistance réelle et de véritables gociation fut alors entamée : les états-génépouvoirs.

raux devaient être réunis dans cinq ans , et M. de Calonne était un homme de l'école en attendant, on demandait à pourvoir au do chancelier Maupeou. Il voulait être cour déficit des finances par des emprunts. Dans tisan, et rendre facile et absolu l'exercice l'espoir de faire enregistrer les édits qui rédu pouvoir royal; en même temps il voulait glaient ces mesures , le roi vint au parlement gagner l'opinion publique, et prendre pour le 19 novembre 1787. Là il trouva des résisauxiliaire l'esprit du temps, en exécutant, tances inattendues ; là il entendit un disd'autorité, des choses raisonnables ; désirs cours qui rappela la vieille et rude éloquence vains et contradictoires , puisque c'est uni- des parlements du seizième et du dix-sepquement pour éviter l'équité et la raison que tième siècles : discours étranger par son ton les partisans du despotisme réclament son et par ses motifs à tout le mouvement des esétablissement ou son maintien.

prits, comme M. de Saint-Vincent, qui le proAussi la popularité échappà au ministre, nonça, était étranger à toutes les intrigues. et passa à l'opposition parlementaire. Toute. Ce discours doit rester comme le dernier fois elle commençait à se confondre et se monument, les suprêmes paroles de la vieille perdre dans l'opposition universelle. On liberté française , de l'esprit d'opposition avait voulu dompter la magistrature par bourgeoise , de la fidélité sincère et couraune assemblée de notables et par la voix pu- geuse. Il fallut donc continuer à sévir conblique : au lieu de cela , on déchaîna contre tre le parlement. Des magistrats furent soi non pas seulement la magistrature, mais emprisonnés arbitrairement. Bientôt on reles notables et la voix publique. Alors s'é- nouvela la tentative de 1971. L'archevêque leva dans le parlement la demande des de Sens, alors premier ministre, voulut dé états-généraux. Tous les pouvoirs de l'État truire les parlements et donner à la France se reconnaissaient à la fois insuffisants , et, une constitution. On créa des bailliages pour pour ainsi dire , illégitimes. Chacun cher- leur enlever la plus grande partie de leur chait dans la nation un appui pour détruire juridiction, et l'on inventa une coue plénière les autres ; il n'y avait pas un projet minis. pour enregisirer les actes de l'autoritéroyale. tériel qui n'eût pour condition première la D'avance, le parlement protesta contre de si destruction des parlements, l'abolition des grandes nouveautés , rappela les lois fondapriviléges , l'abaissement des deux premiers mentales du royaume, si souvent contestées ordres. Rien n'était plus forcé que la con ou mises en oubli depuis si long-temps , et vocation des états-généraux. Sans cela le en légua le dépôt au roi, à la nation et sux gouvernement eût succombé devant celle états-généraux. Les mesures violentes, le résistance passive, la plus efficace de toutes. "déploiement de la force militaire , l'arrestaLes liens moraux , qui font la force du pou- tion de deux magistrats au sein même du

parlement, suivirent cette démarche solen. qui protège encore plus que des droits prinelle. Cependant la France entière , tous vés. Voyez ARBITRAIRE, BULLE, CONCORDAT, les parlements du royaume, les Etats de DESPOTISME, FÉODALITÉ, Jésuites, Justice, Bretagne , les États de Dauphiné qui s'é- LIBERTÉS GALLICANES, MAGISTRATURE , Motaient assemblés de leur propre autorité, NARCHIE, Prairie, PRAGMATIQUES-SANCTIONS, enfin le clergé lui-même , s'élevèrent contre PRÉROGATIVES, RÉFORME RELIGIEUSE, REPRÉun si grand acte de despotisme. Il fallut SentatiP-GOUVERNEMENT et Révolution. renoncer à la cour plénière , promettre la

BARANTE. con vocation prochaine des états-généraux ,

REMORDS. Voyez AMOUR de soi, Correnvoyer l'archevêque de Sens , rappeler science , Morale et Vertus. M. Necker, et rouvrir le parlement.

* REMUS. Voyez Romulus. C'en était fait de lui comme de tous les

* REMUSAT (PIERRE-FRANÇOIS DE), litéléments de la monarchie. La scène allait térateur, né en 1955 en Provence, mort à changer. Après s'être défendu contre les Marseille en 1803. On a publié ses Poésies entreprises des ministres, et avoir appelé la diverses , suivies du Comte de Sanfrein, ou nation à son secours , il fallait maintenant l'Homme pervers, comédie en 3 actes et se défendre contre la nation; et ici la résis- en vers , et d'un Mémoire sur sa détention tance devait être inutile et presque inaper- à la prison du Temple; Marseille, 1817, çue. Le parlement, en enregistrant l'édit in-8°. Claire-Élisabeth-Jeanne GRAVIER de convocation des états-généraux , y mit

DE VERGENNES, comtesse de RÉMUSAT, nièce pour condition qu'on suivrait les formes des du comte de Vergennes , ministre sous états de 1614, c'est-à-dire , la délibération Louis XVI, naquit en 1780, et épousa à par ordre et la représentation du tiers-état seize ans M. de Rémusat, depuis préfet du à peu près égale à la représentation de cha- palais impérial. Attachée elle-même à l'imcun des autres ordres. Dès - lors disparut pératrice Joséphine en qualité de dame du toute la popularité qui s'était attachée au palais, elle continua de faire partie de sa parlement. Une haine aveugle commença à maison après 1809, suivit, depuis la restaupoursuivre tous ceux qui cherchaient à sau- ration, son mari dans les diverses préfectuver quelques débris du régime dont la ruine res où il fut appelé, et mourut à Paris en allait se consommer. Qu'aucune reconnais- 1821. Entre autres ouvrages que, dit-on , sance nationale , qu'aucune tradition de res. elle laissait manuscrits, se trouvait celui pect n'aient protégé le parlement contre sa qu’u publié son fils en 1824, sous ce litre : destruction, cela est tout simple : 'ainsi de- Essui sur l'éducation des femmes, Paris, vajt procéder la révolution. Mais le souve

in-80. nir de ces vertueux défenseurs de votre * RENA (Côme de La), écrivain italien du liberté, mais cette gloire de la France au 17e siècle, membre de l'Académie de la rait dû échapper au commun anathème qui Crusca et chef de celle créée à Florence enveloppa tout le passé. Les uns imputèrent sous la protection des Médicis , a laissé uno aus parlements un esprit d'opposition, une Chronologie des anciens ducs de Toscane, usurpation sur le pouvoir absolıı, de sédi avec des notices sur l'empire romain, sur le tieuses prétentions , sans voir ce qu'il avait règne des Goihs et des Lombard) , depuis de modéré, de conservateur et d'humble l'exile de Momilus Augustulus jusqu'à la dans son intervention ; les autres n'ont élé mort de l'empereur Othon III; Florence, frappés que de ce qu'il y avait de faux danis 1690), in fol. Il n'a paru que la première sa position, d'incomplet dans ses droits, partie de cet ouvrage. d'incertain dans sa marche, d'étroit et de RENARD. (Zoologie.) Les principes adop. pédantesque dans son esprit. Et pourtant il iés en mammalogie font réunir dans le genre nous est resté, des temps anciens , un fonds chal des animaux qui en different aux yeux de respect pour la magistrature , un instinct du vulgaire, c'est-à-dire , le lion , le tigre, populaire qui va y chercher ses sauvegardes , le lynx, etc. Il en est de même des renards, et son secours contre l'arbitraire. Malgré dle des loups et des chiens : ces trois espèces si énormes différences , encore que nos tri- appartiennent au même genre. Comine elles bun:ux ne soient pas niême une ombre de n'ont point été décrites séparément dans cet cette grande institution, ils ont recueilli ouvrage, nous les réunirons dans cet arquelques débris de son héritage, et pou- ticle. vent aussi s'honorer par leur indépendance, Le genre chien se divise naturellement en

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