Page images
PDF
EPUB

as

tionnellement ministérielle, et qu'il faut tème représentatif de cette immense partie des ministres d'une profonde stupidité et du peuple qui ne participe point à la repréd'une déloyauté parfaite pour rencontrer sentation. De là provient la plus grande caune opposition considérable dans nos lamité de l'époque actuelle. L'abus des semblées délibératives.

finances dans le pouvoir, l'abus de la presse On peut dire que, si les patentés étaient dans le peuple bouleverseront incontestaexclus du vote, et si la révolution n'avait blement toutes les formes de gouvernement point démembré les fortunes mobilières , la maintenant en vigueur. Ceci sort de notre noblesse seule formerait la classe électorale; sujet, mais nous conduit à remarquer que et la monarchie constitutionnelle de la res- le gouvernement représentatif a pour objet tauration priverait de toute participation au d'écarter les masses : c'est là son imprépouvoir ce peuple de citoyens qui , sous le voyance et son malheur; il n'a pas eu l'hatitre bizarre de tiers-état , entraient pour les bileté de les échelonner derrière, et il est deux tiers dans les États-généraux de la effrayé de les trouver en face! Il a eu l'ormonarchie absolue de l'ancien régime. gueil de les répudier pour auxiliaires , et il

La loi du double vote , qui donne deux est effrayé de les avoir pour ennemis ! voix et deux collèges aux plus imposés , La monarchie représentative est pousséc est encore une preuve vivante de la terreur vers l'aristocratie; par un aveugle instinct, qu'inspire la démocratie.

elle ne voit pas que la seulement est l'écueil Le citoyen ne peut intervenir dans les du pouvoir du monarque. Le sénat, la pairie affaires publiques que par le droit de péli- ne peuvent rien contre le peu qui reste de lition ; ou, pour mieux dire, ce droit même est beriés démocratiques. La chambre elective a illusoire , puisque les pétitions sont écartées toujours le budget, et le budget suffit pour emr. lorsqu'elles ont pour but l'intérêt général, pêcher la prescription de ses prérogatives. et qu'il u'en est bruit que lorsqu'elles récla- C'estcontre le pouvoir royal que la pairie est ment le redressement de quelque tort privé. usurpatrice; sous prétexte de le secourir , Nous avons même vu traiter de séditieuses elle le dépouille. Le roi n'était que l'instruces pétitions collectives où les habitants ment des seigneurs polonais : instrument d'un village et d'un hameau se plaignaient bonoré tant qu'il élait servile, brisé dès ensemble de griefs qui les blessaient tous qu'il devenait dominateur. « Nous sommes également.

» autant que vous, et nous pouvons plus La cité même n'a qu'un seul moyen d'in » que vous, » disaient à leur priuce les seitervenir dans ses propres affaires ; c'est gneurs d'Aragon. La pairie anglaise dél'opinion publique , cette reine du monde, pouilla Charles Ier; et ce prince, privé de ses dont les gouvernements représentatifs pros- prérogatives par la noblesse, tombe sans crivirent l'autorité. De 1790 à 1814, sa force au milieu des fureurs populaires. C'est puissance fut étouffée dans les bras de fer elle encore qui livra au prince d'Orange le de l'anarchie et du despotisme. Rallumé par trône de Jacques II. C'est clle enfin qui, la restauration , ce flambeau vint éclairer usorpant toutes les immunités de la coul'Europe d'une lumière inatlendue. Placée ronne , règne aujourd'hui sur la Grandeen dehors du gouvernement representatif Bretagne. Ce sont les chapeaur et non les bonmême, la liberté de la presse, honorée de nets qui brisèrent si souvent le sceptre de l'inimitié persécutrice de toute autorité, fla- Suède. Ce sont les Guelfes et non les Gibegellée des arrêts de la magistrature, outra- lins qui livrèrent à l'empereur loutes les gée des plus odieuses insultes du ministère, souverainetés de l'Italie. Qui pourrait faire la liberté de la presse a été accueillie, pro- la part de la noblesse de France dans les jutégée, adorée de tous les peuples qui la fortunes de Louis XVI ? regardent comme l'unique et puissant rem La pairie a, pour ainsi dire , un instinct part de la civilisation moderne. Née de l'o- d'usurpation. Si la constitution la place pinion qu'elle suscite à son tour, populaire dans la nécessité de respecter à la fois les parce qu'elle est l'expression des besoins du immunités du peuple et les prerogatives du peuple, la presse , écho de toutes les plain- trồne , elle se refuse à l'établissement du tes, de tous les désirs , de toutes les espé- système représentatif; voyez le royaume de rances , de touies les frayeurs ; la presse est Wurtemberg; voyez les inimitiés nobiliaires malheureusement placée en dehors de tous et sacerdotales soulevées par les constitu-les gouvernements. Elle forme seule le sys- tions de Madrid, de Lisbonne, de Naples

et de Turin; voyez les obstacles qui s'oppo- partistes qui se pliaient à tous les systèmes. sent à son introduction dans l'Allemagne; moins la dynastie des Bourbons; les constivoyez les injures dont on l'accable en France tutionnels qui voulaient le trône avec la depuis 1814, ei la ligne courbe de M. de liberté, et les républicains qui voulaient la Ferrand, et la marche rétrogade et tor: Jiberté sans le trône. Les amis qu'ils avaient tueuse de M. de Villèle, et M. de Polignac caressés la veille, devenaient, on ne sait regardant en arrière, et n'osant aller à ce pourquoi, leurs ennemis du lendemain. Si qu'il regarde.

leurs alliés du moment ne formaient pas une Les dépositaires du pouvoir pensent que majorité complète , ils cherchaient vite dans le gouvernement représentatif il est parmi leurs adversaires quelques plates vépossible d'établir entre le peuple et le prince nalités, et n'arrivaient à celles qui coûtent un gouvernement ministériel. Mais pour cher qu'après avoir épuisé le bon marché; aider les ministres à dépouiller à-ba-fois le car les voix que ne convait pas la tribune, prince et le peuple, une majorité quelcon- se comptent également au scrutin. que voudra toujours partager leurs dépouil. Je le demande à tout bomme de bonne les, se constituer en oligarchie et gouverner foi , qu'a prodluit ce système de bascule, et par elle-même. Le maire du pal.is voulut qu'a-t-il établi? Si j'en excepte la corrupaussi administrer par les grands vassaus; et tion, qui s'est assise sur une large base, les grands vassaux , après avoir constitué le que voit-on autour de nous de stable et de gouvernement ministériel, se partagérent fixe? Sait-on ce que veut le pouvoir, ce que en grands fiefs le territoire; ensuite ils ai- désire le peuple? Quelle théorie conduit dèrent le maire à chasser le roi , et l'on ne celui-là? quelles espérances conçoit celui-ci ? vit plus alors ni monarque ni sujets. C'est La charte même , pacte fondamental, n'estle gouvernement ministériel qui, groupant elle pas chaque jour menacée dans son esautour du trône l'oligarchie de l'Angleterre, sence ? Les uns ne veulent-ils pas usurper a fait du roi un grand pensionnaire, et fait la liberté au nom de la prérogative ? Par un vivre le bas peuple de ces petites pensions juste retour, les autres ne voudront-ils pas connues sous le nom de taxe des pauvres. confisquer la charte au profit de la liberté ?

Il est une autre espèce dle gouvernement Dans les assemblées démocratiques d'Ath:ministériel : celle-ci consiste à s'appuyer nes, a-t-on jamais parlé d'exhéréder les tantôt sur un parti, tantót sur un autre; magistrats ? Dans le sénat romain, a-t-on misérable jeu de bascule dont l'Angleterre opiné pour déshériter le peuple ? Lorsque , a essayé aussi long temps qu'elle l'a pu , et à Londres, à Paris, à Stockholm, en Holpassant tour à tour des wighs aux torys, lande, en Suisse, on mit aux prises les diprésentait une versatilité de principes qui à verses utopies politiques, les résolutions tout ce qu'il a d'immoral dans un pays insu- suivirent ces débats. Lorsque l'on esamine laire , ajouterait tous les perils dont un dé- l'utilité, l'opportunité, la légitimité du faut de système environne les nations con- pacte fondamental , le doute suit l'examen, tinentales. Ce Walpole , qu'on appela le la foi politique disparait, et les bouleversepère du despotisme , et qui n'était que le ments suivent le doutc. Au hasard de ces père de la corruption; ce Walpole, qui cataclismes, on dispute sur l'existence soconnaissait le prix de tous les hommes, parce ciale, comme dans nos écoles métaphysiques qu'en effet il en avait acheté un grand nom sur une fantastique subtilité. Ce n'est pas bre, n'ajouta rien aux prérogatives royales. ainsi que les peuples sc gouvernent, que Seulement il apprit aux hommes qui cher- l'ordre s'établit, que la paix se fonde. Après chent à se vendre, à s'ameuter autour des dix ans de république, quinze ans d'empire. ministres qui veulent les acheter; et cette seize de restauration, nous voilà revenus avidité corrompue qui va chercher la faveur aux espérances , aux craintes , aux tátonne. corruptrice, peut bien prolonger l'existencements de 1789; et nous joutons d'esprit et ministérielle d'un homme , mais ne saurait de vanité sur ce terrain , sans nous souvenir constituer un système de gouvernement du. de ces quarante ans de conflagration qui rable.

l'ont bouleversé , de ces foudres qui , tonLa France, imitatrice par instinct, possé la bant sur tous les partis , en frappèrent touplusieurs singes de Walpole, caressani tour. tes les sommites. Débris échappés à tant de à-lour les royalistes qui ne voulaient pas de naufrages, nous appelons encore les temcharte, et ceux qui l'adoptaient; les bona- peles avec l'aveugle sécurité de ceux qui

n'ont jamais quilté le port. Nous avons vi peuvent des pairs que nous avons vus sortir des ministères, cuvres du mensonge et de par soixante et soixante seize des bancs muets l'incapacité, descendre au métier de faus- de la chambre élective et des fauteuils assaire dans les listes d'électeurs , se vanter servis des salons nuinistériels ? Quelles sont de ces fraudes électorales , qui sortaient du leurs racines ? quel est leur pouvoir ? quelle scrutin le nom de candidats qu'on n'y avait peut être leur influence d'illustration, de point déposé ; nous avouis vu des ordonnan. richesse , de popularité ? Je sais ce qu'est la ces motivées sur le scandale des élections, chambre haute d'Angleterre : elle chassa la sur l'impunité des sentences de la magistra- maison des Stuarts ; elle appela la maison ture; nous avons vu des journaux. payés d'Orange, elle gouverne la Grande-Bretapar des ministres , proclamer que la royauté gne, elle règne sur ses colonies , elle

pos. ne pouvait plus marcher dans les entraves sède les deux tiers du territoire , et la moiparlementaires, et qu'il importait d'en finir tié des capitaux du monde sont devenus sa avec le système représentatif. D'où vient propriété. De là son ascendant sur le prince cette aveugle et ombrageuse turbulence? et le peuple. Mais, en France , que peuvent De quelques chétifs démêlés entre les minis. nos pairs sur la cour qui les fait vivre , sur tres et la majorité. On ne voit pas qu'an- la nation qui ne les connait pas ? Créée par dela même d'une représentation, qui n'in- des ministres qui cherchaient des majorités, téresse guère que cent inille familles, il ouverte à tous les ambitieux que leur incaexiste trente-deux millions de Français, dont pacité fait tomber du ministère , la pairie on ne compte ni la voix, ni le voie, ni les constitue un moyen de gouvernement mirépugnances , ni les désirs , et dont l'opinion nistériel ; mais elle est loin encore de ce que sera d'un esfroyable poids , si jamais elle devrait être l'aristocratie dans un gouverneentre dans la balance. On ne voit pas que ment représentatif, assez populaire pour notre forme de gouvernement est éminem.' préserver la monarchie des attaques de la ment aristocratique : noblesse d'épée, de démocratie, assez puissante pour préserver robe ou de soje, ricos hombres ou possi- le peuple de usurpations de la cour. denti, chapeaux, guelfs ou lorry's, peu

Mais si les uns exagèrent les anxiétés du importe; c'est toujours irente deux millions pouvoir, les autres prennent à tâche de de citoyens gouvernés par cent mille famil. grossir les craintes de la liberté. Au-dessus les, et déshérités de toute participation au des journaux, des pamphlets et des chamgouvernement. La féodalité de Charlemagne bres, plane une puissance inconnue : c'est et de Hugues Capet ne se réduisait pas à un la nécessité nationale, qui, comme le fatum aussi petit nombre, et la noblesse de de l'antiquité, se rit des querelles et des Henri IV et de Louis XIV ne livrait pas la prétentions des grands et des petits dieux. France à une aussi faible minorité. N'en déplaise à Montesquieu , le gouverne

L'aristocratie représentative a chez nous ment représentatif n'est pas né dans les foun vice qui m'effraie : pouvoir ou liberté, rêts de la Germanie , comme un gui sur un elle ne peut rien ni pour l'un ni pour l'au. chène d'outre-Rhin; n'en déplaise à nos ántre. Il faut en déduire d'abord lout ce qu'on glomanes , cette création ne fut pas conquise peut appeler noblesse, et celle qui a repris par l'épée séditieuse des barons d'outreses titres , et celle qui a conservé les siens, Manche. A la chute de la servitude et de la et celle à qui on en donne chaque jour : ces féodalité, ce gouvernement s'établit comme vains titres, privés de droits réels et de pri- le résultat nécessaire de la nature des choses, viléges honorifiques, ne sont plus que des comme la nécessité, la fatalité de l'époque. sobriquets ridicules par leur contraste de Pour lutter contre les seigneurs, les rois eunéant et de vanité , fâcheux parce qu'ils lut- rent besoin d'une armée permanente et d'ar. tent sans moyens de défense contre cette gent pour la payer. Pour soutenir la même fièvre d'égalité, maladie épidéunique des lutte, les peuples ne purent se passer de. États ou la civilisation est très-avancée. I chets, d'ordre et de force. Il fallait aux uns ne reste que la pairie , haule et nécessaire des impôts, aux autres des libertés : de là magistrature , sans laquelle tout balance. les assemblées délibératives. De l'impossibiment de pouvoir est difficile et périlleus. lité de réunir tout un peuple pour délibéMais, dans un pays d'amour-propre et de rer, naquirent l'élection et la représentaranlerie , que peut êlre une pairic qu'il faut tion. Les rois , les peuples n'y firent rien : pensionner pour qu'elle puisse vivre? Quc tout se eréa de soi-même, et la force de Tome 19.

50

choses a tout fait. Le peuple octroyais l'im. avec des formes moins hostiles au pouvoir, pol, que le monarque recevait avec grati- moins favorables à la liberté. Les Girontude : le monarque octroyait la liberté, que dins, pour détruire la centralisation du desle peuple acceptait avec reconnaissance. potisme populaire , imaginèrent le fédéra

De nos jours , la uécessité de faire res- lisme; ils voulaient établir, sur six ou sept pecter le pouvoir royal à l'intérieur et à points du pays, des centres de résistance. l'étranger, établit la nécessité d'une armée C'était renouveler au profit du peuple ces immense. Le luxe des cours et l'avidité des grands liefs que la féodalité avait créés au courtisans établissent la nécessité d'énormes profit de l'oligarchie. Si les Girondins eusrichesses ; ces nécessités à leur tour créent sent possédé une activité égale à leur génie, la nécessité de l'impot et de l'emprunt. Or, la république une et indivisible aurait cessé ces nécessités ne peuvent être satisfaites d'exister ; et la France, partagée en petits sans le concours de la nation ; donc le gou- états républicains , ayant leurs assemblées vernement représentatif est la fatalité de délibératives , leur vote de l'impot, leur mi. l'époque : nul ne peut s'y soustraire ; peu- lice, eût, comme les étals de l'union améple ou prince, usurpation ou légitimité, il ricaine, vu tomber sans effort l'effroyable faut s'y résigner ou mourir. L'alternative dictature dont Robespierre s'était investi. est fatale.

Mais qu'un ministère royaliste, trouvant la Ce n'est pas certes qu'à une époque de royauté établie une et indivisible; imagine paix et de prospérité, le gouvernement ne de détruire l'unité, de diviser les pouvoirs, puisse briser ces entraves parlementaires; d'établir des centres d'hostilité et des ceninais l'usurpation ne saurait être de longue tres de puissance où un fonctionnaire délédurée : du moment où le bien-être disparai- gue, alter-ego du prince, fantème de sa trait, où la tranquillité serait troublée au puissance, viendrait , comme une ombre de dedans et au dehors, que ferait le roi d'An- monarchie , lutler dans des assemblées dont gleterre avec ses vingt milliards de dette et les membres, placés au milieu de leur pays, ścs quinze cents millions d'impôt ? le roi de entourés des individus sur lesquels s'exerce France avec son milliard d'impôt et ses sept leur jufluence, représentans de toutes les milliards d'emprunt? Qui ne pourrait pro- impressions locales, de toutes les indiviphéliser vissue de cette crise? La Grande- dualités , ne pourraient trouver de pouvoir Bretagne, où l'aristocratie domine puis- qui pût faire équilibre avec eux, cette idée sante et compacte, passerait à l'état de Ve- bizarre, quel que fût le ministre qui la connise après le serrar di consiglio. La France, çût, perdrait infailliblement la monarchie. où, par la nature des choses , les propriétés Les députés, plus avares au milieu de locasont très-morcelées , les illustrations très- lités nécessiteuses , ne voteraient l'impôt éparpillées; où la dignité des uns, la posi- qu'avec une indigente parcimonie; leur hostion des autres , la vanité de tous , rejettent tilité morale, appuyée sur la force physique ou ridiculisent toujours les supériorités fac- du pays, en deviendrait plus redoutable; lices et souvent les supériorités réellcs , ne et la monarchie qui, enlourée de sa majesté, retournerait pas certes à la émocratie po. de ses corruptrices séductions, de ses arpulacière de Robespierre, l'épreuve en est mées et de ses finances, éprouve quelque faite : mais le système républicain des gêne pour résister à une seule opposition États-Uuis , leur gouvernement à bon mar. éloignée de lout appui ; cette monarchie se ché, leur liberté politique, leur égalité lé- divisant pour lutter dans cinq ou six assemsale , leur prospérité croissante , qui déjà blées différentes et éloignées, contre une trouvent des admirateurs et des évangélis- représentation dont elle aurait accru l'inles, Gniraient par prêter à la nation l'appui fluence et l'autorité , verrait bientôt des protecteur de leur garantie. Celle lutte, élats usurpateurs se partager ses dépouilles, commencée par la monarchic, finirait con et des fiefs populaires succéder aux fiefs de tre la monarchie; et comme il est impossi- la féodalité, ble de croire à la folie ou à la cécité des Dans l'état actuel, trente millions d'indiprinces , il est intempestif d'effrayer les vidus ne participent à la représentation que peuples de terreurs sans cause, par la seule par leurs doléances qu'expriment les petiraison qu'elles sont sans objet.

tions et par leur opinion exprimée par la Ce n'est pas que le ministère ne puisse presse : or, dans l'état de défaveur ou se imaginer quelque mode d'obtenir l'impôt trouve la liberté de la presse et le droit de

pétition , on peut dire que ces citoyens sont concourent à la nomination des sénateurs, exhérédés.

dans les pays où la pairie est éligible; un Il y a mieux : parmi les cent mille familles cens moins fort indique les électeurs de la électorales qui concourent réellement au chambre des communes; un cens moins congouvernement représentatif, la plupart ap sidérable encore constitue les électeurs des partiennent à l'opposition; et quelle que conseils de département; on diminue l'imsoit la couleur, quelle que soit même la pôt pour les assemblées d'arrondissement; nuance des opinions , on peut dire aussi que on l'amoindrit encore pour les réunions tout ce qui est au dehors de ces majorités cantonnales ; et l'on parvient enfin, dans les factices créées par les scandales électoraux, élections des municipalités, à une tase telne participe en rien au système du gouver- lement chétive que presque tous les posses. nement.

seurs de terre se trouvent citoyens , presque On peut dire encore que le gouvernement tous électeurs, presque tous membres d'un représentatif, tel qu'il est organisé, n'ex- gouvernement représentatif qui , n'étant prime nécessairement ni l'opinion de la na- plus alors un système de défiance et d'exclution, ni l'opinion des familles électorales. Il sion, devient très-réellement l'expression de faut donc laisser de côté toute appréciation l'opinion publique, de la volonté nationale, de principes, se refuser de les appliquer à donne à la loi une sanction universelle, et un ordre de choses qui les repousse , et les au prince une force véritablement composée coordonner sans acception de lieux et de de loutes les forces du pays. temps.

Les catégories d'éligibilité s'échelonnent Dans tout système représentatif, la source dans le même ordre , et de telle manière et la légitimité des pouvoirs vient de que l'électeur de l'assemblée supérieure est l'élection.

éligible dans toutes celles qui suivent. Ce gouvernement étant une image de la Or, par ce système ou tel autre analogue, république dénaturée au profit de la mo

car c'est un exemple et non un type que narchie, doit étendre l'élection autant que nous avons offert , le gouvernement reprél'exige la liberté, et s'arrêter seulement là sentatif s'enracine dans la nation ; il vit sans où pourraient commencer les périls du qu'on puisse calculer ni su vitalité ni sa pouvoir.

durée. Hors de là, n'intéressant personne L'élection doit être vraie et complète; à son existence , personne ne s'intéresse à c'est par là seulement qu'elle peut être lui. Lorsqu'il a besoin d'un appui, il apl'expression réelle de la volonté des élec- pelle le peuple , et le peuple ne répond pas teurs.

à l'appel; lorsqu'on le cherche lui-même au Le système électoral doit embrasser au- milieu du péril, on regarde , et on ne le voit tant que possible la totalité des citoyens ; plus. Napoléon, maître de l'Europe , a rec'est par là qu'il est l'expression des voeux culé depuis le Tage jusqu'aux Pyrénées, de de la nation.

la Moscowa jusqu'au Rhin, de toutes les On voit déjà qu'il est impossible de con- frontières de son empire jusqu'au palais de cevoir un système électif sans embrasser le Fontainebleau, où il est tombé captif. Que pays tout entier.

fit cette France pour l'homme qui depuis Mais il est possible, et dans les grands quinze ans la fapatisait d'orgueil et la rassapays il est indispensable d'échelonner le siait de gloire? Quelques mois après sa chute, gouvernement représentatif et d'établir une eet empereur, retombé capitaine, traverse hiérarchie électorale , sans créer des privi- seul la France, et la légitimité disparait léges aristocratiques , même sans trop bles- devant l'épée d'un soldat. Que fit encore la ser l'égalité républicaine.

France pour cette famille de rois qu'elle veIci le système électoral s'agrandit, et il nait d'accucillir avec tant d'allégresse et embrasse toutes les autorités où le peuple a d'amour? quę fit-elle enfin pour le guerrier besoin de faire entendre sa voix, parce qu'on qui n'a pas le bonheur de mourir à Way discute ses intérêts.

terloo , qui abandonne son empire en fugitif, Ainsi, en adoptant le cens , non comme et va mourir sur un rocher désert dans la mode nécessaire, mais comme un moyen lente et cruelle agonie d'un grand homme facile d'établir les catégories électorales , on qui croit survivre à tout, même à la gloire? peut échelonner ainsi le système : tel impôt Le pays est demeuré tranquille au milieu de déterminé forme la classe des électeurs qui ces grandes catastrophes ; il voyait bien

« PreviousContinue »