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ration. Ils ne peuvent convenir qu'à ceux en croit Aristote , furent forcées de se 500qui éprouvent le besoiu d'un gouvernement lever pour chasser ces pères des nations qui plus que l'ambition de gouverner. Tant que s'étaient érigés en tyrans. les citoyens conservent leurs moeurs, ils L'occident de l'Europe commença par ces veulent conserver leurs lois ; l'amour de la heureuses royautés. A l'époque où ces peupatrie , cette vertu conservatrice des jeunes ples ravagèrent l'empire, ils offraient ennations, éteint leurs dissensions devant un core l'image d'une obéissance volontaire et péril public. Le peuple est libre, tant que d'un commandement avoué. Huns, Vanda. la liberté fait son unique affaire; il est es- les, Francs, Bourguignons, Goths , Visiclave, quand le moi l'emporte sur la patrie. goths, Lombards , Normands, tous avaient L'époque où les deux corps du souverain, des chefs élus à qui ils obéissaient avec aren présence l'un de l'autre , n'usent de leurs deur, mais selon leurs désirs. On peut apcroits que pour briser les entraves de leurs pliquer à tous ces peuples ce que Tacite a devoirs , arrive sitôt que la liberté n'y peut dit d'un seul : De minoribus rebus principes étre stable et ferme.

consultant, de majoribus omnes..... Si disMonarchie démocratique. Les plus an. plicuit sententia fremitu aspernantur; sin ciens États commencèrent ainsi. Temps placuit, frameas concutiunt. Et toutefois, heureux où les peuples avaient assez d'é- partout cette royauté élective usurpa l'héré nergie pour s'imposer des lois, et assez de dité , et partout ce pouvoir tempéré enyabit prudence pour s'y soumettre ! Les livres de le despotisme. Ce despotisme à son tour Moïse, d'Hésiode et d'Homère, les plus an souleva toutes les haines et fit place à la ciens manuscrits de l'Orient, les plus vieilles féodalité. A des époques plus rapprochées, traditions du nouvel hémisphère, nous of- toutes ces hordes de Tatars qui devastèrent frent les premières peuplades élisant un chef, l'Asie-Mineure, la Perse, la Chine et l'Hinun patriarche , un juge, un général, un père, doustan , étaient guidées par des chefs que un roi; car la royauté était réellement alors le peuple avait élus, qu'il suivait par le seul une puissance paternelle, et mon père le roi effet de sa volonté, et des monarchies démoétait le titre d'honneur et d'amour dont les cratiques allèrent reconstituer tous les despremières majestés eurent le bonheur d'être potismes de l'Orient. saluées. Patriarche vénéré d'une grande fa Aristocratie démocratique. Athènes, Carmille , le chef la gouvernait, parce qu'elle thage, Venise , la Suisse, nous présentent voulait être gouvernée; et, pour conserver

à leur naissance l'image parfaite d'un État son indépendance , le peuple avait assez de aristo-démocratique. La loi était l'ouvrage vertu pour porter l'obéissance dans la li- du peuple et d'un sénat électif; les plus berté. Les meurs qu'exige ce gouvernement vénérables sénateurs étaient élus pour sont hors de notre portée. L'histoire même l'exécuter. de ces règnes si doux, si paisibles , ne peut

Il est difficile de rendre ce gouverneque blesser les ambitions orgueilleuses et ment durable , tant il exige de modération mesquines de nos siècles corrompus ; et cet dans les deux corps de l'État. Si le peuple âge d'or de la politique ne peut plus servir n'a pas assez de vertu pour compreodre d'exemple ou de règle.

qu'il n'est libre et fort que par l'obéissance, Il offre cependant un grand modèle de ce

si le sénat est assez riche pour corrompre , que peut la puissance usurpatrice de la mo si les plébéiens s'établissent seuls juges des narchie. Nul ne voudrait aujourd'hui d'une princes, si les patriciens usurpent le droit royauté isolée de toute force, privée de exclusif des jugements privés, la liberté tout trésor, et placée face à face avec le n'est plus. peuple. Tout prince se croirait perdu , s'il Ce gouvernement peut se détendre ou se n'était protégé par une aristocratie, resserrer : il se détend lorsque le peuple armée , des finances corruptrices; mais telle envahit le pouvoir exécutif. La volonté souest la force envahissante du principe monar- veraine, tiraillée par des forces divisées , chique, , que ces rois, qui n'avaient d'appui perd l'unité, la force et le droit : ainsi péque le peuple , parvinrent en peu de temps rirent les constitutions d'Athènes , de touà dévorer toutes les libertés populaires. La tes les républiques d'Italie et des petits canGrèce, pleine de monarques au temps d'Ho. tons suisses. Il se resserre lorsque le sénat, mère, était peuplée de républiques à l'é se déclarant héréditaire, affecte la puissance poque de Sophocle; toutes les villes, si l'on législative. La volonté souveraine jointe alors

une

à la force, devient plus active et plus énero qui pût rendre à chacun ses immunités pregique contre les libertés : ainsi périrent les mières. Je n'ai rien à dire de cette chétive immunités populaires à Carthage, à Venise république de Saint-Marin , que ne put et dans les cantons aristocratiques de l'Hel- troubler cet Albéroni , qui avait bouleversé vétie.

l'Espagne : de pareils Éials , qui vivent de Le premier malheur arrive quand le peu- tolérance , ne sauraient servir de règle. ple, en perdant ses mours républicaines , Monarchie aristocratique. Les despotisme conserve son esprit de liberté, que sa cor est un effroyable gouvernement qui remruption doit nécessairement changer en es- place la loi par la force; l'oligarchie , pirc prit d'indépendance. Alors toute loi qui que le despotisme, a le funeste malheur de tend à le conserver selon la fin de son insti- multiplier les despotes. Qu'est donc un peutution , est despotique ; tout pouvoir qui ple asservi à ce double joug; et que dire du peut faire équilibre avec le sien, est tyran- gouvernement féodal, monstre politique qui nique ; cette anarchie qu'on encense sous eût épouvanté l'humanité dans des siècles le titre de souveraineté du peuple en per. moins stupides que ceux qui le virent naître ? manence , est née de la corruption.

Nous n'avons rien à ajouter à ce que nous Le second suit toujours ces belles époques avónis dit à l'article Féodalité. Observons historiques où les citoyens , 'fiers de leur seulement que, pour se délivrer de cette commerce, de leur luxe, de leurs richesses, monstruosité , la Suède a recours à la guerre oublient la cité pour donner à la fortune le civile ; le Danemarck, au pouvoir absolu; temps qu'ils consacraient jadis à la liberté. la Suisse, à la révolle; la Hollande et la Le pouvoir alors tombe des mains du peu. Flandre, à l'insurrection ; l'Angleterre , la ple ; il est recueilli par le sénat , et la répu- France, la Hongrie, la Bohême , l'Espagne blique disparait, par la raison toute simple même et le Portugal, à ces discordes intesqu'il n'y avait plus de républicains.

tines , dont les Guelfes et les Gibelins ont Voila pourquoi Carthage, Athènes, Flo: laissé le long et funeste modèle. rence, Gênes, Pise, Pistoïe, ont vu leur Partout ces fidèles qui suivaient les rois liberté périr par les mains du peuple ; voilà pour leur part du butin, ces leudes qui pourquoi Venise a vu son indépendance ab- obéissaient pour obtenir leur part des bésorbée par le sénat, ct pourquoi la Suisse néfices , ces vassaux devenus seigneurs de marche vers une fin aussi déplorable. Tous leurs fiefs, se hâtèrent de fausser leur foi, et ces peuples étaient également corrompus;

de ne relever que de Dieu et de leur épée. Parmais les premiers, idolâtres de liberté ou

tout ils voulurent lutter contre la monarchie de licence, ne regardaient la servitude qui les absorba, et qui partout devint abqu'avec mépris. Entourés d'États despoti- solue lorsqu'elle ne fut plus pressée dans les ques, leur mépris pour les esclaves éiran- étreintes feodales. En Allemagne , les posgers, les préserva de l'esclavage intérieur. sesseurs des grands fiefs se liguèrent entre Athènes fait périr Phocion, Carlbage veut

ne s'isolèrent

pas du peuple , n'établilivrer Annibal, les républiques italiennes rent pas l'esclavage civil, adoucirent même multiplient les tortures contre les Guelfes, l'esclavage politique. Par là , les empereurs en haine des formes aristocratiques. Les au

se trouvèrent constamment dans leur dépen. tres peuples , entourés de monarchies d'où dance, et ces fiefs devinrent des royaumes. ils tiraient leurs richesses , se corrompirent

En Angleterre , les hauts barons se lià leur exemple. Venise leur demandait de guèrent avec le peuple; il réparèrent la dél'or, la Suisse leur donde ses soldats à nour. faite de Harold ; ils éludèrent le despotisme rir; et c'est déjà se façonner des fers do. de Guillaume; ils prirent l'épée contre le mestiques que se familiariser avec les fers roi Jean. Ce prince ayant frappé trop fort étrangers.

sur l'esclavage , en fit jaillir la liberté. Cette petite république de Genève, la Lorsqu'on veut se rendre compte de l'état seule peut-être où la religion ait fondé la moderne des nations de l'Europe, il faut liberté , subsiste , protégée par l'esprit de chercher quelle main a terrassé l'hydre féorésistance dont Calvin l'imprégna ; et la dale et hérité de ses ruines. ciié de Rousseau pourrait longuement cn Il faut remarquer que la féodalité renverse core jouir de sa liberté, si de petites co- la république : elle succède aux Champs-deteries aristocratiques de s'opposaient au ré- Mars et de Mai, à la Constitution gothique tablissement d'un équilibre entre les conscils d'Italie et d'Espagne , dont Martinez Marina

eux,

vient de réunir les lambeaus , aus fors d'A- force native , l'élément démocratique peut ragon , que Llorente a colligés. A son tour, être prédominant sans danger ; il sent quül la féodalité succombe pour faire place aux a les vertus du commandement et de l'obéisgouvernements représentatifs. Les nations

sance,

et il ne cherche à bien commander parcourent un cercle; elles reviennent sans

que pour pouvoir mieux obéir; il excelle à cesse au point de départ.

choisir ses magistrats , il sait estimer ses Dans les républiques où la monarchie, adversaires ; et celte série de grands hommes l'aristocratie et la démocratie se partagent que les Romains élevèrent au consulat en est la souveraineté , l'état de guerre est moins la preuve évidente. Même lorsqu'il se déimminent; mais la prédominance de l'un fend des usurpations de ses adversaires, il a des principes est également marquée. toujours, dans le feu de ses dissensions ,

Démocratie predominante. Le sénat et le respecté la forme du gouvernement, tant peuple romain s'aperçurent que la puissance que la morale politique conserva sa sève et royale, dont les consuls avaient hérité , dé sa vigueur. vorait les priviléges du patriciat et les li Mais lorsque les richesses introduisent la bertés de la nation ; le consulat fut démem- corruption, que les privileges personnels bré, la prédominance monarchique disparut. font naitre l'inégalité, le peuple qui perd sa Le peuple fut assez aveugle pour remettre au liberté cherche une compensation dans la sénat toutes les prérogatives royales. Alors licence. Ne pouvant compter sur la perpél'aristocratie prédomina ; et les Romains, tuité de son bonheur, il accepte tout chaneffrayés de n'avoir que changé de maitres, gement quelconque dans son état , et se en appelèrent à la révolte. Pour les apai- livre à tous les ambitieux dont l'audace veut ser , on leur députa un vieux consulaire , troubler le pays. Il est impossible que le le premier qui eût obtenu les honneurs du temps n'amènc point la corruption : on a triomphe, honorable citoyen qui vécut dans voulu la conjurer par des luis; mais que la gloire et qui mourut dans l'indigence, peuvent des lois contre la corruption , lorstellement vénéré, qu'à sa mort le peuple qu'elles sont à la merci de citoyens corroms'imposa volontairement pour fournir à sa pus ? De là , quelques publicistes ont pensé pompe funèbre et à l'entretien de sa fa- qu'il fallait enlever au peuple les immunités mille. Les rhéteurs vantent chaque jour, qu'il tient de la naturë, les libertés que lui dans les écoles , l'éloquence ct l'apologue assure l'état social. Insensés, qui veulent d'Agrippa calmant les dissensions romaines. interdire au peuple l'entrée au souverain , Un publiciste n'y voit que les concessions lorsque la souveraineté n'a été créée que arrachées au sénat par la violence. Toutes pour son bonheur , lorsqu'elle ne peut exisles dettes furent éteinfes , le tribunat sut ier légitimement sans sa participation! créé, le mont ou la révolte avait éclaté re La démocratie prédomine dans cette belle çut le titre de sacré, les lois qui avaient république formée par l'Union américaine. organisé le tribunat furent nommées sa C'est elle qui s'oppose à la centralisation crées, la personne des tribuns fut décla- des pouvoirs ; c'est elle qui assure à la lirée sacrée. Le peuple emporta la balance, berté cette terre hospitalière. Sans doule la démocratie fut prédominante; et, deve- aussi, et le jour n'en est pas éloigné, elle nue la plus forte, c'est elle qui imprimait la causera la scission des états lointains et des vie et le mouvement au corps politique. Le provinces pauvres, qui préféreront leur inmalheur des Romains naquit de ces violences dépendance populaire à l'ascendant qu'exerqui firent tour à tour triompher les trois cerait l'aristocratie financière des villes macorps de l'État. Ils s'affermirent par des vic- ritimes , et l'aristocratie gouvernementale toires , et non par de paisibles conventions, des grandes villes de l'intérieur. Née sans De là, ce défaut d'équilibre , ces guerres les priviléges du sacerdoce et de la féodaintestines, ces révoltes, ces ruses pour agran. lité, cette république eût pu conserver londir ou détruire la liberté. Rome cût péri, si guement ses immuuités démocratiques : cela guerre, but unique de cette grande na- pendant, formée de citoyens de la vieille tion, n'avait contraint les discordes domes- Europe, ayant ses mæurs et ses habitudes, tiques de céder au besoin d'attaquer ou de elle vit à sa naissance les soldats républirepousser les ennemis extérieurs.

cains chercher , par l'hérédité de l'ordre de Rome nous a prouvé qu'à la naissance des Cincinnatus , à fonder le patriciat. Mais le États, lorsque les mæeurs sont dans leur courageux Jefferson, mais ce Samuel Adams,

si justement nommé le Caton de l'Amérique, querelles parlementaires à ne pas dégénérer et surtout la prévoyante circonspection du en guerres intestines , et empêcher les for$age Washington renversèrent toutes les es ces morales de se transformer en forces phypérances. Ce que la volonté n'a pu faire, le siques. temps le fera ; et si l'on accroit les préroga En Pologne , où les seigneurs étaient tives de la présidence, ce temps viendra peuple et où le peuple n'était rien , dièavec moins de lenteur.

tes et diétines n'étaient que des réunions Aristocratie predominante. Elle se divise tumultueuses où le palatin menaçait du et se corrompt comme le peuple , et n'a pas glaive , l'évêque de l'excommunication, où comme lui cette force physique toujours la parole s'appuyait sur la violence , et prompte à défendre les droits que la consti- les prétentions de chacun sur le trouble tution lui garantit. Elle tend au despotisme public. comme le monarque , et, comme lui', n'a Ce n'est certes pas que j'ignore la tenpoint celte volonté une, indivisible , incor- dance de l'aristocratie à devenir prédomiruptible, cette autorité que l'armée et les nante. En absorbant tous les emplois, les finances prêlent au prince. Sa destinée est patriciens deviennent les exécuteurs des ord'être auxiliaire dans les républiques, et de dres légaux, et par suite pouvoir exécutif se rallier au plus faible pour résister au plus et gouvernement. L'histoire de toutes les fort. Le monarque veut-il envahir le pou- monarchics féodales alteste cette vérité , voir absolu? l'aristocratie, craignant de voir dont l'Angleterre offre la preuve vivante : son patriciat se changer en noblesse et ses c'est ainsi que le sénat de Sparte , de Rome droits politiques en titres vains, se réunit et de Suède, réduisirert la royauté à une au peuple et lui prête son contre-poids sa- mesquine magistrature. Pour réfréner le lutaire. Le peuple devient-il usurpateur ? peuple , l'aristocratie imagine partout une l'aristocratie se ligue avec la royauté pour autorité supérieure à la loi même : les écarler cette égalité démocratique qui ré- éphores , les dictateurs, les inquisiteurs duit la noblesse à rien.

d'état, les grands justiciers , les tribunaux Lors de l'éphémère proclamation des con. secrets, les cours vhémiques, ont bien moins stitutions ile Naples , d'Espagne, de Portu- pour objet le salut de la patric que la sûreté gal, un grand nombre de membres des des sénateurs, la haine et la crainte de la cortès firent consulter quelques publicistes démocratie. Qu'on se rappelle l'effroi du séfrançais sur l'utilité d'une chambre hérédi- nat romain, lorsqu'un consul plébéien put taire. Les uns craignant les usurpations être appelé à la dictature. sans cesse croissantes de la pairie anglaise ; L'aristocratie se dévore elle-même pour les immenses propriétés territoriales de la craindre moins ses propres divisions : l'oligrandesse et du sacerdoce d'Espagne; l'in- garchie lui convient, comme plus active, fluence d'un clergé dont le fanatisme incré- plus compacte, plus rapprochée de l'unité : dule maitrise une vation superstitieuse ; la toute la noblesse de Venise avait concentré difficulté de reculer assez les privileges pour sa force dans le conseil des dix; les trente faire place aux libertés ; l'impossibilité de mille Spartiates étaient réduits à sept cents donner à la monarchie assez d'ascendant pour citoyens ayant voix délibérative dans l'asrésister à une domination aristocratique éta- semblée à l'époque d'Agis ; encore sur ce blie dès loug - temps , considérèrent une nombre six cents étaient privés de toute chambre de pairs comme inutile et nuisible. propriété , et cent individus étaient les uniLes autres se déterminaient par des vues ques maitres de tout le territoire de Laceactuelles qui , sans être d'une haute portée, démone. Ce jeune prince veut accroilre le n'en étaient pas moins d'un grand intérêt, nombre des citoyens et des possesseurs de et Lanjuinais leur donna l'autorité de son terres ; l'aristocratie se soulève. Agis est nom et de la publicité. Mais la plupart de étranglé dans un cachot , et sa mère Agéceux qui partagèrent son avis partaient d'un sistrate est massacrée sur le corps de son principe plus fixe et plus élevé dont, à l'ar- fils ; et son aïeule Archidamie mcurt d'un ticle Révolution, nous ferons l'application à horrible supplice entre leurs deux cadavres, l'Assemblée constituante. Il faut ici se bor- en s'écriant: «O mon fils ! c'est l'amour de la ner à remarquer qu'un corps intermédiaire, patrie qui nous a perdus; puisse notre mort intéressé , par sa conservation privée, à la être utile à la liberté de Sparte! » On voit par conservation générale , peut seul forcer les là jusqu'où l'aristocratie porte la constance Tome 19.

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ale ses envahissements et la cruauté de ses d'outre - Rhin , et les citoyens traités de vengeances.

révoltés lorsqu'ils en sollicitent l'application Toutefois dans l'ordre habituel, pressée réelle; celte multitude de congrès libertientre le monarque et le peuple, est-elle cides; ces dragonnades contre ce qu'on ap. moins disposée à altaquer qu'à se défendre, pelle radicalisme, libéralisme, tolerantisme, à conquérir un pouvoir nouveau quià con comme si la langue usiselle n'avait pas assez server ses vieux priviléges , à sortir du cer- d'injures contre les amis et les défenseurs cle qu'à y ramener les autres éléments. Amie du pays; ce retrait opéré avec finesse de de l'ordre, parce qu'elle est trop faible pour droits solennels qu'on crut octroyés avec gagner au désordre, clle se borne à mainte- loyauté ; les Pays-Bas considérant leurs nir la coustitution, à détourner toutes les chambres comme des conseils ministériels; violations , à faire respecter les lois d'où elle des écrivains stipendiés par le pouvoir , tire son existence. Aussi, dans les républic controversant chaque jour la nécessité d'enques, l'aristocratie est-elle considérée comme gloulir le régime parlementaire dans l'abime dépositaire de toutes les prérogatives et des de la prérogalive; la France ayant déjà perdu antigues traditions ; et, sans prendre garde l'égalité du vole entre les électeurs , le jury à la nécessité qui la contraint à être molé- dans les délits de la presse , la garde natiorée, on lui lient comple de sa modération. nale, les instilutions des départements et

Il est possible, dans une riche monarchie, des communes; enfin l'énormité des impuls, que la corruption des sénaleurs finisse par la multiplicité des emplois, la quotiié des corrompre le sénat ; que l'intérêt des indi- salaires: ceile esquisse d'un tableau qui devidus délruise l'intérêt du corps : ce vicc wandcrait un pinceau plus sur et des counait de l'hérédité des patriciens; il disparait leurs plus sombres, jelle la défiance dans devant un patriciai éligible..

toutes les ames; et dans celle anxiélé puMonarchie prédominante. La présence de brique, la jeunesse, avec la candeur et l'efJa monarchie dans la république esfarouche fervescence de son âge , passe rapidement aujourd'hui lous les espriis ; ils pensent lu soupçon à l'alarmo, et de la crainte à qu'elle ne peut constiluer seule un des corps la haine. du souverain sans que la cilé soit asservie. Mais enlever la monarchie , c'est délenLa jeune génération surtout qui n'a point dre les ressorls du gouvernement; c'est lui vu les alrocités démocratiques de 1793, la faire perdre son activité; c'est affaiblir la pusillanimité corronipue et corruptice de nation. Placer, par une volonté unanime, l'éphémère et vénale aristocratie du direc- loules les forces dans les mains d'une roJoire et des conseils , attribue ses espérances lonté unique, n'est-ce pas les réunir , les trompées et ses crainles qu'elle s'exagère à augmenter par leur union , rendre leur dila seule présence de la royauté. Un enchai- rcction plus facile , leur action plus sure et nemcol de destinées fatales semble, depuis plus promple, leur énergie plus salutaire ? la chute de Napoléon, justiber cette répu- N'est-ce pas empêcher les divisions d'un goance. La liberté promise à lous les peu- corps à plusieurs têtes , qui perd à parler le ples, et tout le Nord encore asservi; ces temps destiné à agir; qui se divise dans le constitutions conquiscs à Madrid , à Lis- péril, au moment où le salut ne peul naitre bonne, à Naples, à Turin, et tous les rois que du concert ? Dans les temps de crise, ligués pour conjurer ces méléores d'indé- les Romains n'avaient-ils pas un dictateur? pendance; les troubles excités, alimentés Dans la guerre, le consul n'étail-il pas un dans les républiques de l'Amérique-Sud monarque ? Les États Unis , où les républipour rendre la liberté comptable du désor- cains accordèrent si peu aux sédéralistes , où dlre qu'y frame le despotisme; celte Grèce ils l'evendiquaient dans toute son intégrité la qui veut être, en sûreté , religicuse et libre, liberté religieuse , politique et civile, n'ont. et qui, après avoir levé l'ancre au nom de ils pas conservé la monarchie sous le titre la liberté, voit cet antique vaisseau du pre- de présidence ? mier élal civilisé, échouer à l'écueil de la Les monarchies actuelles sont également monarchie; ces divisions helvétiques où la administrées, également aguerries , égaledémocratic des petits cantons luite égale- ment fortes: diviser la puissance de l'État en ment contre l'aristocratie suisse , et les mo- laine de la monarchie, en présence d'ennenarques de l'extéricur; ces chartes accor mis constamment armés, c'est délendre lous dées comme des utopies à quelques royaumes les ressorts du gouvernement; et la crainte

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