Page images
PDF
EPUB

ment de Maine-et-Loire avant d'aller prendre vention, où en dernier lieu il combattit avec siége à la nouvelle assemblée, Revellière- vigueur les anarchistes qu'on désignait sous Lépaux avait donné d'autres gages de de- le nom de Queue de Robespierre. Membre vouement au parti républicain en coopérant du conseil des anciens et élu à l'unanimiie à la création d'un club et à la rédaction d'un président de ce conseil , il y obtint sur 218 journal, dont il dirigea l'esprit dans le sens votans 216 suffrages pour la candidature an de ses propres opinions. Ce fut lui qui fit directoire , et il en fit partie à sa création adopter à la convention, par représailles avec Barras , Rewbell et Sieyes. Revellièrecontre le manifeste dit de Brunswick, la ré. Lépaux n'eut qu'une influence secondaire daction du décret portant que la nation dans ce conseil souverain de la république ; française viendrait au secours de tous les et il parait y avoir plus particulièremeut peuples opprimés qui voudraient recouvrer exercé l'action de résistance, indispensable leur liberté ; et bien qu'au 18 mai 1791 il pour l'équilibre. Sur les sollicitations de n'eût pas balancé à prédire que « le jour où plusieurs membres des deux conseils , il la France cesserait d'avoir un roi elle per- donna sa démission lors des événements drait sa liberté et son repos pour être livrée du 30 prairial, et rentra dans la vie privée. au despotisme effrayant des factieux , » il A la création de l'Institut, le premier tiers n'en vota pas moins , dans le procès de l'in- de ce corps savant l'avait nommé membre fortuné Louis XVI, pour la mort, et contre de la classe des sciences morales et politile sursis et l'appel au peuple. Antagoniste ques. Il y lut, quelque temps avant le 18 du terrible Danton, dans la séance du fructidor, des Réflexions sur le culte, les 11 mars 1793, où celui-ci s'esforça d'en- cérémonies civiles et les fêtes nationales , et trainer l'assemblée à un nouveau choix de le mode de religion qu'il y préconisait devint ministres qu'elle prendrait dans son sein, le symbole de foi de l'association conave Revellière , dont la stature élait grêle et sous le nom de théophilanthropie. Lorsque contournée , réussit, par une énergique im- les pratiques de celle religion républicaine provisation et par son attitude impassible en devinrent la proie du ridicule, on ne manqua présence des sicaires dont on avait encombré pas de trainer aussi sous ses verges l'homme la salle des séances, à reculer de quelques à qui était imputée la création de cette secte: jours le dernier triomphe de l'anarchic en à tort ou à raison c'était Revellière-Lépaux relevant encore les girondins abattus. Il ne qu'on en avait fait le grand-prêtre. Celui-ci, les défendit pas avec moins de courage au qui avait continué d'assister aux séances de jour où fut prononcée leur proscription l'Institut, aima mieux renoncer au fauteuil (voyez Gersonné, GUADET , etc.), et plus académique que de préter le serment de tard il ne dut son propre salut qu'à l'espèce fidélité à l'empereur, exigé de toutes les corde dédain qu'inspira l'état d'épuisement et porations. Retiré alors aux envirous d'Orde délabrement où l'avaient réduit ses efforts léans, il y vécut obscur, et revint plus tard pour se faire entendre au milieu du tumulte habiter Paris , où il n'eut un dernier rapport des séances. Lorsque le comité de sûreté gé- avec l'autorité que pour refuser les offres nérale lança contre lui un mandat d'arrêt, d'une pension qui lui furent failes la part il se résugia d'abord auprès de M. Bose , puis du gouvernement impérial sous la seule condans la maison de M. Buire , son ancien col- dition qu'il en ferait la demande. Il se lègue à l'assemblée constituante. Revellière trouva compris dans la loi d'amnistie lors de Lépaux vint rejoindre à Paris sa femme et la seconde restauration comme n'ayant ocsa fille dès que la chute de Robespierre lui cupé aucun emploi dans les cent jours , el permit de reparaitre. N'ayant pas été rem- il mourut le 27 mars 1824. Outre les méplacé à l'assemblée conventionnelle, il y fut moires de sa vie qu'il avait dictés à son fils rappelé sur la motion de Thibault, député pour être publiés à une époque donnée du Cantal ( mars 1795), et son premier acte après sa mort, et les Réflexions sur le fut de s'opposer à la mise hors la loi de l'an- culle, etc., dont il a été parlé plus haut, cien président du comité de sûreté générale, imprimées à Paris, an 5, in-8°, et traduites par qui sa proscription avait été naguère en allemand, 1797, in-8°, il a laissé quelprononcée. Nommé de la commission des ques autres opuscules dont M. Mahul a redouze, il fut chargé de soutenir diverses cueilli les titres, tom. 5 de son Annuaire parties du plan de constitution de l'an 3, et nécrologique. fut l'un des derniers présidents de la con * REVEL (Jean), dessinateur, né à Paris

en 1684 , mort à Lyon en 1751, porta par de 72 ans. On a de lui : Belgicarum ecclebon art les fabriques de cette ville au plus' siarum doctrina et ordo, grec et latin, haut degré de splendeur. Il est l'inventeur Leyde, 1623, in-12; Épitres françaises des des points rentrés qui , mélangeant les cou- personnages illustres et doctes à Scaliger, leurs claires avec les obscures, les rendent Harderwyck, 1624, in-12; et quelques auplus douces , et c'est encore 'lui qui a trouvé tres écrits de peu d'importance. le secret de placer les ombres du mêine RÈVOLTE: Voyez Révolution. côté, et de produire de vrais tableaux sur RÉVOLUTION. (Analyse. ) On donne les étoffes. Cet artiste était fils de Gabriel le nom de surface de révolution à celle qui Revel, peintre qu'employait Lebrun. est engendrée par la révolution d'une courbe

RÉVÉREND ( DOMINIQUE); ecclésias- qui, sans changer de forme ni de dimentique, né à Rouen en 1643, mort à Paris sions , tourne autour d'un axe fixe , chacun en 1734, est auteur des ouvrages suivants : de ses points conservant la même distance la Physique des anciens, ou la Physique à cet axe. Toutes les surfaces faites autour traitée duns un nouvel ordre selon le senti- sont de cette espèce; et il soit de la définiment des philosophes anciens et modernes, tion', que chaque point décrivant une cir. Paris, 1701, in-12; Mémoires historiques conférence autour de l'axe, les sections de la de Nickols sur les derniers troubles de surface de révolution par tous les plans per Transylvanie, Rouen , 1734, 2 vol. in-12: pendiculaires à l'are, sont des cercles : le cet ouvrage qui se trouve à la suite de l'His- cylindre, la sphère, le cône, sont dans ce toire des révolutions du royaume de Hon- cas. grie, a été fini'et publié par Lecoq de Vil Nou's ne nous occuperons pas de mesurer leray.

les aires et les volumes de ces corps : ce sujet REVERS (Louis-François), chanoine est ou sera traité aux articles QUADRATURE, de Saint-Honoré à Paris, mort en 1798, à Volume; mais nous chercherons l'équation l'âge de 70 ans, fut chargé , parM. de Juigné, générale des surfaces de révolution. On peut archevêque de Paris, de rcvoir et de re- la concevoir engendrée de deux manières : fondre le rituel du diocèse. Il fut aidé dans ou par le mouvement d'une courbe donnée ce travail par l'abbé Plunkett et l'abbé Char- quelconque BC autour de l'axe fixe Az (fig. 76 lier, et l'ouvrage parot en 1786, 3 vol. in-40, des planches de Géométrie), ou par celui sous le titre de Pastorale parisiense; mais d'un cercle BOCI dont le plan reste perpenil fut áltaqué par un grand nombre de criti- diculaire à l'axe Az, mais dont le rayon ques et dénoncé au parlement qui fut sur le varie, le centre glissant le long de l'axe , et point d'en arrêter la distribution. Cette dé- la circonférence coupant toujours la courbe nonciation n'eut pas de suites cependant, et fixe BECD': c'est ce dernier procédé que l'ouvrage fut adopté. On a encore du cha- nous suivrons ici, en prenant Az pour axe noine Revers une traduction en vers latins des z. du Poème de la religion, de Racine le fils ,

Tout cercle BIC parallèle aux xy a pour publiée avec beaucoup de changements par équations (voyez COURBE ) celle de son plan l'abbé Charlier, Paris, 1804, in-12.

de sa projection horizontale, savoir : *REVILLON (Claube), médecin, mem. z=ß, et x? + g = 2',(!) bre de l'Académie des sciences de Dijon, en faisant' AI = 2, et le rayon CI=1. On correspondant de la Société de médecine, donne d'ailleurs les équations M=0, N=:0, mort à Thionville en 1795, est auteur d'un de la courbe directrice CEDB. Éliminant ouvrage intitulé : Recherches sur la cause it, y et z entré ces quatre équations , pour des affections hypocondriaques, appelées exprimer que les denx courbes sc coupent, communémene vapeurs , ou Lettres d'un mé- il co résultera une équation connue entre decin sur ces'affections, Paris , 1779, 1 vol. les coustantes , et B; soit p = F), cette in-80 ; réimprimées en 1786, et augmentées équation de condition. On a vu à l'article de plusieurs autres recherches sur le même Courbe que si l'on élimine 8 et 2, à l'aide sujet.

des équations (1), B = F2 sera celle de la * REVIUS (Jacques), principal du col- surface. Ainsi == : F (**' + y) est l'équalége théologique de Leyde en 1642, assista tion générale de toutes les surfaces de révoau synode de Dordrecht, fut nommé révi- lution engendrées autour de l'axe des z; et seur de la Bible, qui porte le nom de cette suivant qu'on prendra pour la' directrice ville, et mourut à Leyde en 1658, à l'âge telle ou telle courbe, on aura différentes Tome 19.

58

et

expressions pour M et N, qui feront prendre leurs richesses et de leur prospérité. L'hisà la fonction F des formes diverses; en sorte toire de ces catastrophes s'empreint de vie, que pour chaque surface de révolution, de mouvement, de grandeur. Tout prend celle fonction se trouve déterminée. une allure animée et gigantesque : le cou

C'est une propriété de toutes ces surfaces, rage va jusqu'à l'audace; la vertu jusqu'au quelque forme qu'on donne à la courbe ré- sublime. Le crime même s'y revêt d'un volutive, que normale , en un point quels grandiose qui le sauve du mépris par la terconque, va toujours couper l'axe de révolu- reur. Ce n'est pas la magie théâtrale d'un tion en un point. Or, les équations de la palais, la guerre aventureuse et chevalenormale à une surface courbe sont

resque de la noblesse , le péril des esclaves X -*+pl Z-2)=0, qui se font tuer pour des intérêts qu'ils

Y-9 +9!Z - Z)=0; ignorent et des princes qu'ils ne connaissent 1, y, z sont les coordonnées variables de la pas, la vanité des rois , les intrigues de leurs surface, p et q leurs coefficients aux diffé- catins, l'astuce de leurs prêtres.. Dans cette rences partielles; X, Y, Z sont les coordon- lutte de la liberté contre l'oppression, c'est mécs courantes de la normale. D'un autre l'homme qui veut remonter à la dignité de côté, X=0, Y=0, sont les équations de l'homme, une nation qui veut ressaisir sa l'axe des z. Éliminons ces trois coordonnées majesté première ; c'est le triomphe des plus entre ces quatre équations, et nous aurons hautes pensées , des plus nobles sentiments; py: = qr pour l'équation de condition qui ce sont les lois de la nature, les immunités

exprime que les deux droites se coupent. du genre humain, l'æuvre et la volonté de ; C'est donc l'équation aux différences par- Dieu aux prises avec des fers forgés par des

tielles de loule surface de revolution ; et il despotes et rivés par des pontises. C'est le serait facile de montrer , soit en différen- plus noble et le plus terrible spectacle que ciant z =

F (x + y ), soit en intégrant la terre puisse offrir au ciel. Les annales py=9r, que ces deux équations représen- d'un peuple privées d'attrait, de mouvetent la même surface. (Voyez mon Cour's ment, de pensée, lorsqu'il gémit en paix dans de Mathématiques pures, nos 749 et 879. )

sa servitude coutumière, semblent sortir de

FRANCOEUR. la mort, à ce réveil inattendu des nations RÉVOLUTION. ( Politique. ) Change- qui se lèvent comme un seul homme pour ment de l'ordre social. Il s'opère avec plus embrasser la liberté. ou moins de violence, selon que plus ou Pour la génération contemporaine, la rémoins de personnes ont intérêt à défendre volution est un épouvantable fléau. Ce conla forme politique qu'on altaque. La révolu cours de perils, d'espionnage, de délations ; tion anglaise de 1688 s'accomplit sans ob ces cachots qui s'encombrent, ces échafauds stacle; elle n'avait pour adversaires que le qui se teignent de sang, cette hostilité de roi, la cour et les jésuites. Une guerre dé- l'exagération, ces persécutions de l'inimitié, livra les états de l'Union américaine; ils ce danger de la modération, cet opprobre n'avaient à s'affranchir que de l'oppression de la félonie, ces terreurs qui planent jusde la métropole. Ainsi firent les Suisses. Les que sur le foyer domestique; cet esprit de Pays-Bas furent moins heureux : ils lut- parti trahissant l'amitié, outrageant la nataient contre le despotisme de Philippe II, iure, sacrifiant tous les devoirs au besoin une partie de leur noblesse et tout le catho- du triomphe; ces fureurs des troubles cilicisme de l'intérieur; de là ces persécutions vils, cet appel à la guerre étrangère; ce cruelles et ces représailles sanglantes. La flux et reflux d'apostats, de transfuges, de révolution est vaincue à Madrid , à Lisbonne, traitres; la piété du sacerdoce sanctifiant à Naples, à Turin : elle y cùt triomphé du l'assassinat, l'honncur de la noblesse se roi, de l'aristocratie, du sacerdoce; mais glorifiant de pillages sans profit et du sang au-dessous du peuple éclairé qui la voulait, répandu sans gloire; le peuple opposant se trouvait unc populace nourrie par les l'oppression aux oppresseurs, le Canalisme seigneurs et fanatisée par les prêtres , qui aux fanatiques, le glaive au glaive, et la ne voulut perdre ni ses aumones ni sa su mort à la mort; ces fureurs qui se choquent, perstitieuse stupidité.

ces crimes qui se heurtent, cette absence Pour la postérité, les révolutions sont la complète d'ordre, de paix, de sécurité, font grande époque des peuples, l'origine de leur de ces époques fatales la terreur et l'borgloire et de leur indépeodance, la source de reur de ceux qui les dirigent, de ceux qui y

participent, de ceux même qui demeurent les hommes que les choses; et quand ils spectateurs passifs et épouvantés.

ont insulté ceux-là, ils pensent avoir jugé Il faut qu'un peuple ait long.temps souf- celles-ci. fert pour oser s'armer du courage des ré Les esprits qui ont quelques notions des volutions. Plus l'oppression fut longue et faits et des temps, remontent de l'effet à la cruelle, plus la révolution est terrible et cause. La nécessité du protestantisme date la vengeance sanglante. Le despotisme est de la temporalité des papes , et le but réel stable; il divise ses cruautés pour jouir de des hérésies intermédiaires atteste cette vésa tyrannie de chaque jour. L'anarchie est rité. La révolution française date du peu de un torrent qui hâte ses ravages et amoncèle part qu'obtint le peuple dans les dépouilles les ruines, comme s'il ne lui était pas donné de la féodalité et de l'usurpation monarde bouleverser encore les ravins qu'il a sil- chique des libertés communales; loutes les lonnés.

révoltes intercalaires signalent cette tenIl est un point où le pouvoir, dégénérant dance nationale. Les hommes qui ne suvent en tyrannie , touche à la liberté; où la li- pas lire dans les faits , ne pourront du moins berté, se tournant en licence, touché à la mo- récuser les paroles ; ils y verront une hosnarchie : c'est l'heure fixc des révolutions. tilité séculaire contre les priviléges qui blesOsez-vous la devancer? La catastrophe est sent la liberté. infructueuse , parce qu'elle est prématurée. Philippe veut résister à la tyrannie papale; La laissez-vous prescrire ? Les ressentiments il convoque les états-généraux. L'orateur du s'amoncèlent, les vengeances s'amassent, les peuplcaccable de malédictions Boniface VIII haines s'allument; et la révolution, d'autant et le sacerdoce de France; il proclame que plus cruelle qu'elle est plus tardive, accu la couronne ne relève pas de la tiare. Dix ans mule les crimes stériles et les persécutions après, il refuse tout impôt qui ne frapperait. sans objet. Il est pour ces rénovations une que la classe plébéienne. En 1356, il deépoque précise de maturité que les esprits mande et obtient le renvoi des minisires; il élevés peuvent prévoir, que les grands ci: vote des subsides , mais il nomme des comtoyens savent saisir. Sydney parut trop tôt, missions pour en surveiller le recouvrement Padilla lrop tard.

et l'emploi. En 1369, le tiers-état demande i L'histoire prouve que

les révolutions sont la guerre contre l'Angleterre ; en 1380, il le résultat inévitable , nécessaire, fatal, de généralisc et sanctionne toutes les immula manière dont les peuples ont été gouver- nilés municipales; en 1382, il refuse l'impôt, nés depuis long-temps. Une révolution ne parce que le roi refuse de chasser ses mipeut suivre, si l'oppression ne la précède. nistres. Sous Charles VII, il veut opposer Mais la longanimité des nations est inégale: des bornes à l'oppression nobiliaire, à l'avila tyrannie blesse plus promptement la jeu- dité sacerdotale; sous Louis XI , il décide nesse que la caducité, la fierté vertueuse que les biens de la couronne sont la proque la corruption énervée, la civilisation priété de l'État; sous son successeur, il que la barbarie ; et quoique le joug soit règle la régence, nomme le conseil, et reégalement pesant pour tous, les forts dé- jelte le budget conime rempli de mensonges tellent le matin ; les faibles , l'après-dinée. et de folles dépenses; il établit la liste ciDes esprits de peu de portée se figurent vile; il raie toutes les pensions qui n'avaient que quelques intrigants, quelques livres pas une cause honorable; il demande la rébouleversent les peuples. S'il en était ainsi, duction des évêchés, des abbayes, des jours le pouvoir serait bien stupide, qui ne ré- de tête, et s'oppose à toute pension accordée primerait pas ces mesquines hostilités. Une à des nobles ou à des prêtres; il veut assus : vue courte et basse ne voit les choses que jettir les gens d'armes aux tribunaux ordia . dans les hommes : pour apprécier une naires, le sacerdoce au parlement; il veut époque historique, on la personnifie; chaque que la justice soit rendue sans frais. En 1560, révolution se fait homme; la réforme, c'est l'orateur des communes demande « que les Luther; la première révolution anglaise est curés, les abbés, les évêques, soient, Cromwell; la seconde, Guillaume; la ter comme dans l'ancienne église gallicane, élus reur, c'est Robespierre; l'empire , c'est Na- par le peuple; que les yeux monastiques ne poléon; l'esprit constitutionnel, c'est quel- soient reçus qu'à trente ans; qu'on ne puisse ques députés, quelques écrivains de l'oppo- se marier qu'à sa paroisse, pour éviter les sition. Ils trouvent plus facile d'apprécier unions clandestines; que toutes les fêtes soient

remises au dimanche ; que ces réunions de néraux, détruit cette intolérance qui avait débauchés et d'ivrognes appelées confréries suscité la ligue, les dragonnades et les soient abolies ; qu'il soit établi des chaires soixante mille lettres de cachet du jésuite de morale et de droit politique; que les Le Tellier; elle éteint les bûchers des in. csactions nobiliaires soient réprimées; que quisitions d'Espagne, de Portugal et d'Italie; la vénalité des charges soit supprimée; que elle diminue le nombre de ces victimes que le roi donne des audiences publiques; que les cloitres engloutissaient vivantes; elle fait la confiscation soit abolie; que le dénoncia- supprimer la question, adoucit la cruauté teur soit nommé à l'accusé, et puisse -être des supplices , fait rougir les magistrats de poursuivi; que les municipalités soient élues l'atrocité des peines et de la témérité des par les citoyens ; qu'on ferme les maisons jugements; elle obtient des encouragements de prostitution et de jeu; que l'impôt soit pour l'agriculture , des égards pour l'indus. général et également réparti; il demande trie, protection pour le commerce; elle enfin la protection pour l'agriculture, le prouve l'iniquité de l'esclavage des nègres, commerce, l'industrie ; l'uniformité des et porte à désirer l'abolition lente el grapoids et mesures; des lois contre le luxe, la duelle de la traite. La superstition pålit debanqueroute, l'adultère; et finit par attri- vant Voltaire, l'oppression devant Montes. buer tous les maux de la France à la non- quieu, le vice devant Rousseau. On avait périodicilé des assemblées nationales et à la proscrit les états-généraux, on avait proscrit non-existence des états provinciaux, ct en- les protestants, on persécuta les philosophes; suile au défaut d'instruction de la noblesse et quelque forme qu'elle pút revêtir , la réet du sacerdoce, d'où provient leur malice volution se retrouvait toujours en face de et leur mauvaise façon de vivre. » En 1576, ses ennemis. il renouvelle les mêmes plaintes. En 1588, Restaient encore la servitude personnelle, il tonne contre les ccclésiastiques qui dila- les priviléges oppressifs de la noblesse, les pident les biens du pauvre; contre les nobles richesses usurpées du clergé, la déprédation qui oppriment le peuple; contre ces ma- des finances , le régime dévorant des fermes, gistrats qui portent des jugements comme l'iniquité des tribunaus dans les affaires s'ils avaient été dignement choisis et libre- politiques, la partialité des juges dans les ment élus. Eu 1614, il demande qu'on pro- affaires sacerdotales et nobiliaires, les biens clame de nouveau l'édit de Louis X, et de main-morte , la vénalité des offices, l'obqu'il soit publiquement reconnu « qu'aucun scurité des lois, le vote et l'assiette de l'imdenier ne peut être levé dans le royaume pôt; et pour les hommes sans pouvoir et que da consentement des trois états, qui sans fortune, le défaut absolu de protection, en feront eux-mêmes le recouvrement et de liberté, de sûreté. l'emploi.

Si de Henri IV à Louis XIV on n'eut pas Les aveugles de 1789 ne voyaient que la proscrit les états - généraux, l'opposition révolution du 14 juillet; ils étaient assez parlementaire eût sufli; la voix du peuple, sourds pour n'avoir pas entendu cet orage éclatant dans les États , eût modifié sa des. de quatre siècles qui grondait sur la France. tinée ; les abus eussent en partie disparu ; Depuis Saint-Louis, la révolution voulait et la nation, satisfaite de ceux qu'on eût s'opérer en paix et avec ordre par le sys- déjà supprimés, s'en serait remise à la retème parlementaire. Malheureusement la présentation nationale, pour la suppression tyrannie de Richelieu, le despotisme de de ceux qui eussent existé encore. Tout se Louis XIV proscrivirent les états-généraux. fût fait avec mode et lenteur; l'ordre, la paix La révolution politique se concentra dès n'eussent pas été troublés, et la loi eût proLors dans la réforme religieuse : du siége de gressivement accompli ces institutions qu'il La Rochelle aux dragonnades, on persécute fallait conquérir par la force. On ne saurait inoins l'hérésie que la liberté. On se ligue trop le redire : l'absence des états-généraus avec les protestants étrangers, on proscrit a produit la révolution française, et a conles protestants de intérieur, parce que traint d'opérer par la violence tout ce qu'en l'esprit d'indépendance effrayait à l'intérieur pouvait consommer par la législation. L'abcl servait dans l'étranger.

sence de la représentation enlevant à la noChassée de la réforme, la révolution se blesse et au sacerdoce toute leur puissabe: réfugia dans la philosophie du dix-huitième politique, les jeta dans la domesticité royale siècle. Elle continue l'æuvre des états-gé. Les grands seigneurs étaient à la merci da

[ocr errors]
« PreviousContinue »