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Society. Ces expériences , insérées dans les Prior , qui avait accompagné lord BolingTransactions philosophiques de 1751, ont broke à Versailles , eut, après le départ de été publiées de nouveau avec l'ouvrage ce seigneur, le titre et les fonctions de misuivant : Observations on the diseases of the nistre plénipotentiaire , et les conserva jusarmy , Londres, in-80. Il en a paru depuis qu'en janvier 1715. Arrêté à son retour en plusieurs éditions, la dernière en 1810. Les Angleterre , il subit une détention de deux, Observations sur les maladies des armées ont années , se retira ensuite à sa terre de Dowenété traduites en français par Larcher, Paris, stal , et mourut en 1721. Les OEuvres com1755 et 1771, in-12. On cite encore de Prin- plètes de Prior ont été publiées à Londres gle: Discours sur quelques nouveaux procé- en 1733, 5 vol. in-12. Ses poésies offrent en dés pour conserver la santé des marins, général peu d'imagination , mais une grande Londres , 1776, in-40. Sa vie a été écrite en correction, de l'esprit , de la facilité et beauanglais par Kippis. Vicq d’Azir et Condor- coup d'art. Ses odes ont été traduites en francet ont écrit son éloge en français.

çais par l'abbé Yart. * PRIOLO (Benjamin), né en 1602, à * PRIORATO. Voyez Gualdo. Saint-Jean-d'Angeli, descendait d'une an * PRISCIEN, Priscianus , célèbre gramcienne famille de Venise qui a donné des mairien latin , né à Césarée vers la fin du doges à la république. Il s'attacha au duc de 5e siècle de l'ère chrétienne , tenait en 525, Rohan , qui était alors au service des Véni- à Constantinople, une école fameuse par le tiens , et le servit de ses talents et de son grand nombre d'élèves qu'elle avait produits. épée. Après la mort de ce seigneur , Priolo On n'a d'ailleurs presque point de détails vint en France, où il fut employé dans di- sur sa vie. Il a laissé plusieurs écrits dont le verses négociations. S'étant rangé du parti principal est un traité de grammaire en disdes mecontents pendant les troubles de la huit livres. Cet ouvrage a servi de base à Fronde , il fut déclaré rebelle par un arrêt l'enseignement de la langue latine jusqu'à du parlement, mais on le comprit ensuite l'époque de la renaissance des lettres. On dans l'amnistie, et il était chargé d'une mis- croit qu'il a été imprimé pour la première sion secrète pour Venise, lorsqu'il mourut fois à Venise en 1470, et au moins cinq fois à Lyon en 1667. On a de lui une Histoire jusqu'au 16e siècle. Les éditions postérieude France , en latin, depuis la mort de res ne sont point recherchées. Putschius a Louis XIII , jusqu'en 1664 , sous ce titre : publié dans les Grammat. latinæ auctores ab excessu Ludovici XIII , de rebus gallicis antiqui (Hanau, 1605, in-40 ) la plupart des historiarum Libri VII, Charleville (Paris), autres ouvrages de Priscien , au nombre de 1665, in-10, qui a eu plusieurs éditions, sept. On attribue au même grammairien : parmi lesquelles on distingue celle d'Utrecht, Expositio in Theophrastum de sensu , phan1669, Elzevier; et celle de Leipsig, 1686. tasid et intellectu; il a traduit en vers latins Il a laissé plusieurs autres ouvrages manu- hexamètres le poème de Denis-le-Periégète scrits. Sa vie a été écrite en latin par J. Rho- (voyez ce nom ). Une édition complète de dius, Padoue , 1662, et Paris , même année, Priscien, collationnée sur les manuscrits anin-40 de six pages.

ciens, a été publiée par les soins de M. Krebl, PRIOR ( MATTHIEU ), poète et diplomate sous le titre de Prisciani Cæsariensis opera, anglais, vé en 1664, à Winburn dans le Leipsig , 1819-20, 2 vol. in-80. Théodore Middlesex , suivant Johnson, à Winborne Priscien, médecin grec, vivait à la cour de daus le comté de Dorset, suivant d'autres Constantinople vers l'an 380. Il a laissé pluécrivains , était fils d'un menuisier qui exer sieurs ouvrages sur la diète , sur les malaçait sa profession à Londres. Il dut sa for- dies des femmes , etc.; traduits par

lui-même tune et son élévation au comte de Dorset , en latin, et insérés dans les Medici antiqui qui le plaça au collége de Saint-Jean dont il des Alde, Venise, 1547 , in-fol. ; réimprimés devint membre , et le présenta ensuite à par les soins de J.-M. Bernhold , Anspach, la cour du roi Guillaume, où ses talents le 1791, in-80. — On connaît encore plusieurs firent bientôt remarquer. Nommé , en 1690, autres Prisciens : un chef de révolte sous secrétaire d'ambassade à La Haye, il remplit Antonin - le - Pieux; un jurisconsulle sous successivement le même eroploi au congrès Héliogabale; un philosophe du temps de Symde Ryswick et près de la cour de France, maque l'orateur; Priscien, dit le Lydien, où le roi Guillaume le chargea de plusieurs que l'on croit être le véritable commentanégociations secrètes. En octobre 1712, teur du traité de 'Théophraste de Sensu, etc.;

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enfin deux évêques , dont un assista au con- domina encore long-temps en Espagne, malcile de Constantinople en 381.

gré les nombreuses condamnations dont celle * PRISCILLIANISTES. Voyez l'article hérésie fut frappée , et ne disparut entièresuivant.

ment qu'à la fin du 6e siècle. * PRISCILLIEN, hérésiarque du 4e siè PRISES EN MER. (Droit maritime.) cle , né en Espagne, d'une famille noble et Avant de parler spécialement des prises riche , avait de l'esprit, de l'éloquence, des maritimes , telles qu'on les voit se pratiquer connaissances très-étendues, des mœurs aus en temps de guerre, il ne semble pas inutile tères. Séduit par quelques apôtres du mani- de jeter un coup d'oeil sur la nature des prichéisme , il eut l'ambition de devenir chef ses que l'état hostile admet sur la terre de secte, et de donner son nom à celle qui ferme. commençait à s'établir dans son pays. Il usa Sans doute, si les regards se portaient de tous ses moyens pour la propager , et y vers ces anciens temps de rudesse et de baremploya son crédit et ses richesses. Aux er- barie où la guerre, soit de horde à horde , reurs du manichéisme , la nouvelle doctrine soit de peuple à peuple, mettait hommes et réunissait celle des guostiques, des sabel- biens à la disposition des vainqueurs, l'on liens , et de quelques autres sectes récentes. trouverait plus d'un exemple de populations En voici les principaux dogmes : l'âme hu- entières trainées en esclavage , et dépouilmaine était de la même substance que la di- lées de tout ce qu'elles possédaient. vinité ; chaque partie du corps,

Jivisée en Mais daus la marche progressive de la cidouze portions , présidait à un des signes du vilisation, la guerre même a reçu d'imporzodiaque; il ne fallait point faire usage de tantes modifications sur terre. Les personla chair des animaux parce qu'elle n'est point nes qui ne portent point les armes ne sont l'ouvrage de Dieu , mais des anges ; le démon plus arrachées de leurs demeures pour den'avait point été créé : principe du mal, il venir esclaves du vainqueur; et le terrible était sorti du chaos et des ténèbres ; Jésus- droit de la guerre a même été adouci envers Christ n'avait point pris la nature humaine ; les combattants pris les armes à la main : le il était né ct n'avait souffert qu'en appa- guerrier vaincu n'est plus voué à un perpérence, etc., etc. Tout le midi de l'Espagne tuel esclavage, il n'est plus qu'un prisonnier fut infecté de cette hérésie ; et Idace , évêque de guerre traité jusqu'à échange avec les de Mérida , la déféra au concile de Saragosse ménagements dus à l'humanité. en 380. Priscillien, Elpidius et deux évê Ceci ne regarde que les personnes ; mais à ques, Instantius et Salvianus y furent cités l'égard des biens, il s'est aussi établi, dans et ne comparurent point; mais un décret y les guerres sur terre , une raisonnable discomdamna leur doctrine , et excommunia tinction entre les propriétés de l'État et Hygin , évêque de Cordoue , qui après avoir celles du simple sujet : si le vainqueur pénèle premier dénoncé l'hérésie en avait admis tre sur le territoire ennemi, et s'approprie les sectateurs à sa communion. Cette con ce qui est dans les magasins de l'Élat, il damnation, au lieu d'intimider les nouveaax respecte ordinairement, ou tout au moins il bérétiques , les irrita et les rendit plus har- ménage la boutique du simple particulier ; dis. Priscillien résolut de se rendre à Rome s'il s'empare de ce qu'il trouve dans les arprès du pape Damase, pour essayer de se senaux ou autres établissements publics , il jastifier; mais il ne put, ainsi que les deux laisse au laboureur ses instruments aratoiévêques Instantius et Saivianus qui l'accom- res, à l'artisan les outils de sa profession ; pagnaient , obtenir une audience du pontife. en un mot, il permet à la partie inerme de Quelque temps après l'empereur Maxime la nation vaincue de suivre ses affaires , ct ordonna que Priscillien et ses principaux d'en disposer à peu près comme en paix , adhérents se présentassent à Bordeaux, de- sauf certaines fournitures ou contributions vant un concile qui se tint en 384. Priscillien réclamées par les besoins de l'armée victoen ayant appelé à l'empereur, fut conduit à rieuse, et dont la répartition est ordinaireTrèves , où Maxime tenait sa cour. Les in- ment laissée aux magistrats du pays. stances de Saint-Martin, qui se trouvait Que ces restrictions au droit du plus fort alors dans la même ville, ne purent empê- aient été dictées par les lois mieux connues cher que Priscillien et plusieurs de ses par- de l'humanité, ou commandées par la crainte tisans ne fussent condamnés à mort , et la de pousser des populations entières au désessentence fut exécutée. Le priscillianisme poir, c'est ce que nous n'examinerons pas :

nous ferons seulement remarquer que, si de justifier de sa nationalité, soit conformésemblables restrictions eussent été appli- 'ment aux traités spéciaux qui existeraient quées aux guerres maritimes , l'appropria- entre sa nation et celle du capteur, soit , tion hostile n'eût atteint que les vaisseaux en l'absence de semblables traités , selon de guerre et autres propriétés de l'État en- des formes ou mesures qui , nées du trop nemi dans les ports qu’on fût parvenu à oc commun désaccord des belligérants sur les cuper, mais non des propriéres particulières, priviléges de la neutralité, méritent moins telles que de simples bâtiments de commerce, le nom de règles que celui de représailles. à la navigation desquels il eût suffi, pour D'après de justes règles, ne devrait-il pas, désintéresser les États belligérants , d'inter- en effet , suffire au sujet neutre de justifier dire tout transport de munitions de guerre, de cette qualité par son passeport et la comet tout voyage dirigé vers un port réellement position de son équipage, pour être admis à bloqué.

continuer son voyage? Si la raison exerçait Voilà ce qu'aurait demandé et ce que ré- en cette matière une juste influence , son clamerait encore aujourd'hui la philanthro- arrêt serait bientôt prononcé;

car il est de pie, si sa voix pouvait être entendue au l'essence de la neutralité que l'État qui en milieu des armes ; mais c'est une utopie à jouit souffre le moins de restrictions qu'il laquelle il faut renoncer malgré soi, pour est possible dans ses relations avec les nafixer son attention sur la triste réalité. tions belligérantes.

Loin que, par la législation européenne les Ainsi, le sujet neutre, naviguant sous le sujets des États belligérants soient , pour pavillon de son souverain , devrait pouvoir leur commerce maritime, placés hors des commercer avec les sujets respectifs des atteintes de la guerre , ce commerce a non- puissances en guerre, de même qu'avec ceus seulement à redouter la rencontre des vais- des autres puissances , sous deux limitations seaux de guerre ennemis, mais aussi celle seulement : l'une , que la cargaison ne condes bâtiments qu'il a été permis à de sim- tînt pas de munitions de guerre ; l'autre, ples particuliers d'armer en course.

qu'il ne se dirigeât point vers un port réelleCeci présente encore une notable diffé- ment bloqué. Voilà, dans l'ordre rationnel, rence avec les usages de la guerre sur terre: et dans la pureté des idées primitives se ratdans celle-ci, c'est l'État ou le souverain tachant à la neutralité, ce qui devrait être; qui retient le commandement direct des for- mais qu'est-ce qui s'est pratiqué? ces qu'il emploie et solde, tandis que, dans

Si l'on essayait de rassembler ici les rèla course, c'est une partie de son droit que gles diverses et souvent opposées qui, dele souverain délègue à quelques-uns de ses puis les lois romaines jusqu'aux usages du sujets , sous certaines conditions qu'il leur moyen âge, et depuis ceux-ci jusqu'à nos impose : c'est une force auxiliaire que l'ap- jours, ont été suivies par les nations europåt du gain lui procure.

péennes sur le fait des prises maritimes , et Courir sur l'ennemi à leurs risques et pro- si l'on tentait de retracer toutes les variafits, voilà la mission des corsaires; mais, tions que cette matière a subies , non-seulebien qu'il soient armés , rarement ils le sont ment d'État à État, mais souvent chez le assez pour se mesurer avec des vaisseaux de même peuple , ce ne serait qu'un long taguerre. C'est donc sur "les bâtiments de bleau d'incohérences et de consusion (1). commerce que se dirigent le plus souvent

Que si, en ce qui regarde plus spécialeleurs efforts ; c'est le commerce ennemi que ment la France , on désire connaître la mala course a pour objet d'inquiéter, de fati- nière dont la neutralité y a été comprise et guer et de détruire le plus qu'il est pos- traitée depuis le dix-septième siècle jusqu'au sible.

commencement du dix-neuvième , les détails Mais de ces rigueurs autorisées par un en sont chronologiquement rapportés dans long usage, et exercées contre le commerce

un ouvrage auquel il nous suffira d'emprunennemi , naissent une foule de mesures qui ter ce qui a trait à la jurisprudence suivie réfléchissent même sur les neutres. En effet, puisque les bâtiments qui sont la pro

(1) Ce tableau se trouve avec tous ses détails dans priété de sujets ennemis ne sont pas moins

le tom. 2 du Droit maritime de l'Europe , par que les bâtiments de guerre susceptibles de Azuni, qui a exploré ce sujet à fond. L'ou peut voir capture, il en résulte que tout navire ren aussi Vatel, Hubner, d'Habreu avec les notes de contré en mer peut être interrogé et tenu de Bonnemans, etc., etc.

ou

en matière de prises dans le cours de nos étendit à ce qu'elle appelait contrebande de dernières guerres (1).

guerre , tous les objets propres à la construcIl était impossible que cette jurisprudence tion des navires; elle refusa aux neutres la ne se ressentit point des circonstances diffi- faculté de naviguer d'un port ennemi à un ciles où la France était placée envers les na autre port ennemi, même non bloqué ; elle tions par la résistance de son principal en éleva des doutes sur le droit appartenant nemi (l'Angleterre) à reconnaître le pavillon aux puissances neutres de faire escorter par neutre comme couvrant la marchandise. des vaisseaux de guerre les bâtiments de

Quelques pages, vu l'importance du sujet, commerce de leurs sujets, et prétendit ne seront vraisemblablement pas jugées de qu’en tout cas l'escorte n’affranchissait plus trop pour l'histoire et l'explication d'un sys- de la visite les bâtiments escortés. tème dont le germe se montre dans un fort De telles prétentions ne pouvaient être ancien traité (celui de Westphalie , de l'an- proclamées sans blesser les puissances neunée 1646), mais dont l'application, alors tres ; aussi vit-on, les souverains du Nord méconnue par plusieurs États, et plus tard s'élever contre elles , et former , en l'année abandonnée par tous , ne régissait point la 1780,cette neutralité armée qui imposa à l'An. France elle-même, lorsque, dans son ordon- gleterre, et se termina par la paix de 1783. nance de la marine de 1681, et ensuite dans Rien toutefois n'avait été positivement son réglement de 1744, elle traçait des rèn réglé, lorsqu'une nouvelle guerre s'alluma , gles plus ou moins opposées aux privileges en 1793, entre la France et l'Angleterre , de la neutralité, tels que le règlement de qui non-seulement reprit ses anciennes pré1778 a plus récemment essayé de les faire tentions , mais les étendit encore, en souteadmettre.

nant qu'une place était censée bloquée C'est donc seulement à cette époque de même hors la présence d'une escadre, quand 1778 que la France s'appliqua à faire recon- cette escadre s'était éloignée par l'effet d'une naitre l'immunité de la cargaison par le tempête, par le besoin de faire de l'eau , respect dû au pavillon neutre, en consacrant par d'autres circonstances aussi vagues, elle-même ce principe dans son règlement Par une fâcheuse coïncidence, les Étatsde la même année.

Unis d'Amérique, qui étaient alors en méIl y avait sans doute de puissantes raisons sintelligence avec la France , et qui allaient pour que cette règle fût généralement adop- bientôt entrer en guerre avec elle, voulurent tée. En rattachant la validité ou l'invalidité bien reconnaitre ces énormes prétentions de de la prise , tant pour le navire que pour la l’Angleterre. cargaison, à la seule qualité ennemie ou .De son côté, la France, en haine de laneulre du pavillon, tout se simplifiait; et si quelle tant de restrictions étaient imposées le sujet neutre perdait la cargaison qu'il eût aux neutres, crut devoir , comme par reimprudemment placée sur un navire ennemi, présailles, autoriser la capture de tout navire il pouvait fréter, quel qu'en fût le proprié- qui serait rencontre avec une cargaison antaire, toute cargaison ou partie de cargaison, glaise en tout ou partie. C'était de la part pourvu qu'elle ne consiståt point en muni- du gouvernement français une dérogation tions de guerre, ou ne fût pas destinée pour bien formelle au privilége dont elle avait un port bloqué : la navigation purement voulu précédemment investir le pavillon neucommerciale eût été par là dégagée de beau- tre; mais alors l'irritation était grande entre coup d'entraves, sans nuire aux belligérants les deux pays, et cette irritation était pardans les points qui appartenaient directe- venue à son plus haut point, quand la prement à leur situation hostile.

mière magistrature de la république échut Mais le système que la France voulait à Napoléon. introduire comme le plus propre à maintenir En se rendant favorable aux yues et aux les justes intérêts de tous les États , ne con- intérêts de l'Amérique, le nouveau chef du vient point à l'Angleterre, qui n'y répondit gouvernement français ne tarda point à raque par des mesures de plus en plus restric- mener les États-Unis à des sentiments pacitives du droit des neutres.

fiques envers la France; et le traité du 8 Dès la même année 1778, l'Angleterre vendémiaire an IX ( 30 septembre 1800),

qui rétablit la paix entre ces deus nations , (1) Voyez le Code des prises , par Dufrichc-Fou- reconnut en même temps le privilège du palaide, imprimé en 1805, 2 vol. in-4.

villon neutre.

mais pour

Peu de temps après, les puissances du Il s'agissait pour la France d'isoler l'AnNord, la Russie, le Danemarck, la Suède gleterre da continent , et Napoléon, juset la Prusse proclamèrent elles-mêmes ce qu'alors étranger aux revers, s'était sans principe , dans une convention du 16 décem- doute fatté de réussir ;

obtenir ce bre 1800, stipulant une neutralité armée, résultat, il fallait être aidé par la patience dont l'Angleterre osa, contrairement au des gouvernements amis ou neutres;et avant droit des gens,

et sans explications préala- qu'on eût pu recueillir le fruit d'une si vaste bles, se faire un prétexte pour attaquer entreprise (que la concession de lettres apinopinément et détruire la flotte danoise. La pelées licences, et surtout l'extrême difficulté malheureuse bataille de Copenhague, du d'empêcher la contrebande avaient déjà fort 2 avril 1801 , et l'assassinat de l'empereur altérée ), de fâcheuses défections et de nouPaul, opérèrent encore un changement de velles guerres vinrent déranger et définitivescène. Les puissances du Nord se désistèrentment détruire les moyens que la France s'édes principes de leur neutralité armée , et tait vue forcée d'opposer à l'Angleterre reconnurent, dans un traité du 17 juin 1801, comme représailles de la conduite insolite les prétentions de i'Angleterre. L'Europe se que le cabinet britannique avait tenue envers trouva ainsi replacée, par l'issue d'une ba- les neutres. taille , sous l'empire des restrictions dictées Ainsi se termina , après de longues souf. par le vainqueur.

frances endurées par toutes les nations enDans ces conjonctures, la France se vit nemies, amies ou neutres, une lutte qui entraînée à appliquer aux neutres avec les- n'obtint pas l'effet d'obliger l'Angleterre à requels elle n'avait pas de traités spéciaux, les connaître le pavillon neutre comme couvrant mesures auxquelles les nations maritimes de la marchandise (1), et à adopter des prinde l'Europe s'étaient soumises envers l'en- cipes plus purs sur la neutralité en général. nemi, et qui par là même devenaient une Telle est, au surplus, la connexion des sorte de droit commun.

mesures dictées par l'état de guerre, ou, Toutefois les choses furent encore pous- plus exactement peut-être, la réflexion des sées plus loin dans les hostilités qui suivirent unes sur les autres, qu'on peut se voir conla rupture de la paix éphémère d'Amiens. traint quelquefois à appliquer le système La France s'étant emparée du territoire ha- même que l'on regarde comme vicieux; et novrien , le gouvernement anglais , au mois c'est ce qui est arrivé à la France dans la de juin 1803, déclara en état de blocus dernière guerre : Voilà vos droits , disait. l'Elbe et ses côtés, et , peu de temps après, elle aux neutres; je les reconnais et suis le Weser et l'Ems, puis le port de Gênes et prête à les observer; mais réunissez-vous la Spézia ; enfin , et dans le cours de deux à et agissez pour les faire respecter aussi de trois ans , toute l'étendue des côtes apper- l'ennemi , sinon je serai forcée de vous traitenant à la France, ou occupées par des ter comme vous souffrirez qu'il vous traite. troupes françaises ou alliées.

C'est ainsi que, durant le cours de la dera La France se vit donc contrainte à user de nière guerre, d'une guerre qui a duré près représailles ; et de là, les fameux décrets de vingt-quatre ans , les droits du pavillon datés, l'un de Berlin, 21 novembre 1806, neutre, méconnus et repoussés par l'Anglect l'autre de Milan , 23 novembre 1807, soul- terre, sont restés sans application en Franmettant à la confiscation tous navires desti- ce, et n'offrent aujourd'hui qu'une théorie nés pour l'Angleterre ou ses colonies , ainsi malheureusement dénuée de toute sanction que tous vaisseaux ayant touché le sol bri- légale. tannique.

Jusqu'ici l'on a négligé de parler des bâ. Telle était alors la position des deux pays, timents naviguant sous pavillon ennemi (2), que , si l'Angleterre dominait sur les mers , de son côté, la France était parvenue à (1) Voyez sur le droit des neutres une fort belle exercer sur le continent une influence sans dissertation, insérée dans les Mémoires de Napoléon,

dictés à Sainte-Hélène, et publiés par le général bornes, et que, dans la lutte élevée entre ces deux colosses directement inaccessibles Gourgaud, tom. 2, pag. 91 et suivantes.

(2) Ces prises sous pavillon ennemi étaient ordil'un à l'autre, le succès semblait définitive- nairement adjugées par l'administration des ports où ment réservé à celui des deux qui pourrait elles étaient conduites . et l'autorité supérieure n'en se maintenir le plus long-temps sur l'élé- prenait connaissance juridictionnelle qu'en cas de ment qui lui était propre.

réclamations; ce qui arrivait très-rarement.

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