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misère et d'oisiveté, vit donc, sous l'in- s'il est incontestable que c'est par l'enseifluence de ce général, et avec le secours gnement de vérités d'un ordre moins élevé de la Société royale des prisons, s'ouvrir que doit être précédé celui des obligations simultanément un atelier et une école. morales , il s'ensuit qu'une instruction élé

Des chances de succès étaient assurées à mentaire est indispensable pour préluder à cette tentative , conseillée par une saine ces connaissance d'une catégorie supérieure. philosophie. Les condamnés de l'armée, Le soldat doit donc avoir préalablement apmartyrs la plupart de lois reconnues trop pris quelque chose pour concevoir lidée des sévères, n'étaient point de ces êtres dégra- lois et des devoirs, et quand il a failli par dés qu'une société repousse avec effroi de ignorance des uns et des autres, c'est le son sein. L'honneur militaire, qui chez le moins, si l'on tient à ce qu'il ne retombe soldat se conserve au milieu du désordre et pas, qu'on se donne la peine de l'instruire. de l'égarement, offrait un moyen spécial et Ce fut cependant contre l'instruction puissant de les ramener au sentiment de leur qu'on se déchaîna avec non moins de véhédignité primitive : l'esprit de confraternité, mence que de succès. Il fallut absolument les habitudes d'obéissance, le ressort éner- que le professeur descendit de la chaire, où gique de l'émulation, se trouvaient com il ne faisait que de monter, et dès lors l'auautant d'actifs auxiliaires à la disposition de torité militaire dut se contenter de

procurer qui saurait les manier. Mais quoique de vul aux condamnés les avantages du travail gaires adages placent dans l'ignorance la mécanique. cause la plus féconde des erreurs humaines, On éprouve un vif regret de ce triomphe, il ne manque pas , et malheureusement pres- passager, je l'espère , des idées rétrogrades, que toujours dans les classes influentes, de lorsqu'on lit, dans un rapport de M. le maces esprits chagrins et rétrécis, qui, reven- réchal Suchet, du 26 mars 1821, les paroles diquant l'éducation comme le privilége de suivantes : quelques - uns, s'effarouchent à la seule Depuis la formation de l'école élémenidée de voir s'établir, par le moyen de l'in » taire fondée à Montaigu par les soins et struction,

sorte d'égalité entre les » avec les fonds de la Sociéte royale, 221 hommes.

» soldats , dont 201 ne sachant absolument Aussitôt donc que fut ébruité le dessein » rien, ont suivi avec le plus grand succès d'ouvrir à des militaires frappés par les lois n les leçons d'enseignement mutuel ; 131 de les sources du travail et du savoir, un cri » ces militaires sont capables aujourd'hui s'éleva parmi ceux que révolte toute idée » de remplir des places de sous-officiers. nouvelle. « Quoi! des soldats qui ont man » L'amélioration de leur caractère a été si o qué au devoir se trouveraient plus favora complète, que plusieurs sont déjà capo

blement traités que ceux qui le remplissent » raux, et doivent bientôt pisser sergents.

avec zèle! Le militaire, appui du trône et » D'autres sont portés dans les compagnies • hovneur de son pays, perd dans les occu » d'élite. Enfin ceux qui étaient les plus in> pations du service les plus belles années » dociles se conforment maintenant sans

de sa vie : il oublie dans le rang jusqu'à la » murmurer à la dicipline sévère de l'éta* profession pour laquelle il avait été destiné, » blissement, etc. » » et qui bientôt formera son unique res Si le travail intellectuel a été banni de > source...;

tandis

que des êtres déchus , inu. Montaigu, il est juste de dire que le tra» tiles, peut-être flétris, recevant l'inesti- vail mécanique y a prospéré. Conformément amable bienfait de l'éducation primaire, au but qu'on se proposait, il procure aux

deviendront par là l'objet de la préférence détenus un supplément de nourriture, un a la moins méritée, elc. »

peu de vin, des objets de couchage, des vêLa réponse à ces clameurs était bien fa- tements , et toujours un décompte assez cile; car si les condamnés militaires ont considérable au moment de leur libération. manqué à leurs devoirs , c'est apparemment Voici le résultat des travaux depuis la créapour les avoir imparfaitement connus. Or,

tion :

une

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Mais la situation sanitaire de la maison est loin d'être aussi favorable.

JOURNÉES DE PRÉSENCE. POPULAT. MOYENNE. Proport.

de l'hôpital.

total.
la prison. l'hôpit. total.

maladie.

la prisoo.

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Ces chiffres prouvent que la huitième convenables qu'on ait pu choisir

pour une partie des détenus est constamment à l'hô- telle destination. Il y manque de l'espace, du pital. De ces malades , le tiers est mort dans jour, de l'air, quelque végétation, des eaux les trois dernières années ; le reste était abondantes , avantages dont l'influence n'est atteint de maladies plus ou moins graves, pas moins sensible sur le moral que sur le dont le traitement a varié de vingt-cinq à physique des individas. Ces éléments de guéritrente jours. Mais l'importunité que mettent son n'ont pas été méconnus dans les établisles détenus à solliciter des billets d'hôpital, sements vraiment splendides, élevés ailleurs leur empressement à se donner des affec- par de faibles États. Dans les maisons tions que le contact communique , leurs pénitentiaires de l'Amérique et de la Suisse , artifices pour simuler des plaies, des dou- par exemple, le détenu trouve, indépenleurs ou des indispositions, montrent assez damment des écoles et des ateliers, du que le but pénitentiaire n'est pas atteint terrain pour se livrer à certains exercices , dans cette institution, et qu'il faut autre et jusqu'à des plantations pour égayer ses chose que le travail mécanique pour rasseoir yeux. et calmer ces imaginations plus ou moins C'est ce que savait l'illustre maréchal fortement excitées.

dont j'ai déjà cité un rapport. Occupé presAu reste', on ne doit pas dissimuler que le que sur son lit de mort du soulagement de local de Montaigu ne soit l'un des moins celte classe de malheureux, il avait conçu

l'idée d'une prison-modèle, dont le plan en C'est pour le bien de tous que la nature a relief existe dans les mains de sa veuve. Cet départi à quelques-uns une vigueur extraorédifice, assis sur une ile non bâtie de la dinaire, un courage héroïque, un esprit Seine, devait contenir tous les condamnés supérieur, le talent, le génie : tout privimilitaires du royaume, avec les tribunaux lége confère une mission qu'il faudra remde divers degrés chargés de les juger. Dans plir pour s'en montrer digne. Les hommes une enceinte vaste, aérée, bien plantée, n'accordent leur respect et leur amour qu'à sont placés des ateliers et des écoles. Le ceux qui, prenant pour devise ce beau vers genre d'instruction n'était pas tellement de l'Africain Térence : élémenlaire que quelques aperçus de géo

Homo sum , humani nil å me alienum puto , métrie, des idées de lactique, des notions sur l'histoire militaire, ne s'ajoutassent aux ont servi et aimé leurs semblables. Quant aux leçons de l'enseignement primaire. Les tra- mortels privilégiés pour qui le génie n'a été vaux mécaniques étaient d'une espèce rele- qu'un instrument de domination et de revée, comme l'exige la dignité de l'armée; nommée, ce sont des prodiges qui étonnent, car il faut que le soldat, devenu ouvrier, mais qui n'inspirent qu'une admiration stésoit des premiers de sa classe, et pratique rile, lorsqu'ils n'excitent pas une émulation une industrie qui annonce ce développement funeste, de facultés qui caractérise généralement

Il en est de même pour les priviléges sol'homme de guerre. Le plan de M. le ma

ciaux. Les uns

garanties d'ordre et de réchal Suchet , qui reçut de grands éloges à bonheur, sont accueillis par la reconnaisla Société royale, et à qui ne manqua pas le

sance et la vénération des peuples ; les plus auguste suffrage qu'on y pût ambi- autres, fruits de l'usurpation, et sources de tionner, est resté comme une preuve de plus discorde, n'enfantent que haines et maléde la haute philanthropie et des connaissan- dictions. ers variées de ce général d'armée, l'un Le but vers lequel sont dirigées les instides plus complets qu'ait produits notre pays. tutions sociales qui confèrent des privilèges, Il est le véritable type d'une maison de cor- l'esprit qui anime les corps, ou les hommes rection à l'usage des troupes , et les veux de investis de ces prérogatives , les rangent tous les militaires hommes de bien doivent dans l'une ou l'autre de ces catégories. Le se réunir pour solliciter son exécution. plus ancien des priviléges , la propriété du (Voyez Peine.s.)

LA NEUVILLE. sol , a pour objet le maintien de l'ordre et le * PRITZ (Jean-GEORGES ), en latin Pritius plus grand avantage commun dans l'exploiou Priizius, théologien protestant, né à tation des terres. (Voyez PROPRIÉTÉ.) Le plus Leipsig en 1662, professa la théologie à éminent des priviléges, la puissance souveGripswald, fui appelé à Francfort en 1731 raine, fut le produit du premier des besoins, pour y être place à la tête du ministère ec- la félicité publique. Que ce grand pouvoir clésiastique , et y mourut en 1732. Il avait soit exercé par la société elle-même, par ses travaillé loug-temps aux journaux scientifi- principaux membres, ou par un seul , le priques et littéraires publiés dans sa patrie , et vilége de l'autorité suprême a toujours sa notamment aux Acta eruditorum. On a de règle et sa direction dans l'intérêt général. lui, outre des sermons et un grand nombre Le despotisme même u'avoue pas une autre de traductions allemandes , une Introduction origine ni un autre but. David n'est l'oint du à la lecture du Nouveau-T'estament (en latin), Seigneur que comme l'élu le plus digne du dont la meilleure édition est celle de Franc sceptre, qui doit protéger tout le peuple fort, 1724, in-So; une Dissertation sur l'im. d'Israël. Le parricide Néron prétendait goumortalité de l'âme, ibid. ; de bonnes éditions verner dans l'intérêt de l'empire , quand des des OEuvres de Saint-Macaire ( en grec et soldats forçaient la populace romaine d'apeu latin); du Nouveau-Testament ( en grec); plaudir à ses chants , ou lorsque le rhéteur des Lettres de Milton ; et plusieurs autres Sénèque récitait, aux acclamations du sénat ouvrages peu remarquables.

avili , l'apologie du meurtre d'une mère. Le PRIVILÉGE. (Politique. ) Exception au seigneur du moyen âge, portant le fer et le droit conimun, avantage , distinction, pré- feu sur les domaines de ses voisins , pillant rogative, accordés, soit par la nature , soit les marchands, rançonnant les voyageurs , par la société, dans l'intérêt général, ou levant des taxes suivant ses caprices, se Usurpés par l'intérêt particulier.

croyait , se déclarait du moins aussi le pro

tecteur de ses vassaux. La distinction entre berceau les rejetons des hommes illustres ; le privilige utile et le privilege nuisible est de tout temps le veu public admit la croyance dans la part que s'attribue le privilégié, ou que des étincelles du génie et des grandes qu'on lui laisse prendre. Que devient l'in- qualités des pères pouvaient, avec le sang térêt public , quand tous les avantages so de ceux-ci , se transmettre aux enfants. Touciaux, les hommages, les richesses , le pou- jours on a espéré que ces semences heureuvoir sans limites , sont d'un cdié; les char- ses , enracinées par de beaux exemples et ges, les scuffrances, unc humble servitude, cultivées par l'éducation , produiraient aussi de l'autre ?

d'excellents fruits ; pressentiment généreux, A ces époques malheureuses où dominent quelquefois justifié, trompé plus souvent enla force, la violence et la ruse , sur des peu- core! Cel espoir de la perpétuité des talents ples subjugués et avilis, la part du privilége et des vertus dans les familles des grands est celle du lion de la fable. L'ignorance, hommes ne s'est pas moins emparé de l'esprit la misère, une résignation stupide, ou le des peuples : c'était une garantie d'ordre et désespoir , sont le lot de la multitude. Elle de durée. La foi en cette hérédité prometest trop dédaignée alors pour trouver des tait une série non interrompue de services protecteurs; mais il s'en présente à mesure et de bienfaits ; elle dispensait de les cherqu'elle s'éclaire, à mesure que ses travaux cher ailleurs au risque de rivalités souvent et son énergie réveillée lui font faire des fatales au repos public. Ainsi, Athènes , si progrès. Les rivalités d'intérêt entre les puis jalouse de sa liberté, vit avec joie reverdir sants , qui se partagent tous les priviléges, sur la tête de Cimon les lauriers de Miltiade; les intentions généreuses de quelques hom- ainsi le peuple romain transmettait aux fames de bien, le besoin ds s'appuyer sur les milles des Brutus , des Valérius, des Fabius, masses , lui créent bientôt des patrons et des des Scipion , des Caton, des Émile, les défenseurs. Ainsi, le sentiment d'un intérêt couronnes triomphales dont il avait décoré commun, d'accord avec l'impulsion d'une le front de leurs ancêtres. Sa piété reconéquité bienfaisante chez quelques bons prin- naissante honorait leurs images vénérées. La ces, invita nos rois à s'assurer la reconnais- pompe du deuil en recevait toute sa splensance des peuples par l'appui qu'ils leur prê deur. Ce reflet de gloire, cette moisson antitèrent contre l'oppression des seigneurs. cipée des suffrages publics sont aussi le tribut Ainsi, nos anciens parlements avaient fondé offert , chez les peuples modernes , aux desle crédit et la durée de leurs priviléges sur cendants des personnages célèbres , à leur une meilleure administration de la justice, entrée dans la vie. La bravoure, le dévouesur la défense des intérêts populaires contre ment, les talents des Montmorenci , des les charges toujours croissantes de l'impot La Fayette, des Turenue, des Condé ; le et contre les usurpations du sacerdoce. Le savoir et les vertus des Molé, des Séguier, besoin de la faveur populaire s'unissant à des D’Aguesseau; la vaillante audace et une noble sympathie pour les intérêts des l'habileté des Warwick, des Percy , des communes , a perpétué long-temps en An- Marlborough, des Hohenstaufen, des Nasgleterre l'alliance du privilége avec les droits sau, des Médicis, ont été ou sont encore bodu grand nombre, depuis l'insurrection des norés dans leurs races. Mais que sont au barons contre Jean-sans-Terre.

fond ces hommages d'une reconnaissance Dans quelle classe de priviléges faut-il généreuse, survivant aux bienfuiteurs de la ranger ceus de la noblesse héréditaire , que patrie, sinon des encouragements à les mél'on retrouve à une date si ancienne et dans riter? Qu'est-ce autre chose qu'un surcroit tant de pays ? Les descendants des héros et de prix payé à d'anciens services , et impodes hommes supérieurs aux autres conser sant aux heureux légataires l'obligation de vent-ils quelques titres à l'affection et aux services nouveaux? Telle est la condition et hommages des peuples ? Leur naissance leur en même temps la consécration indispensaconfère-t-elle un avantage fondé sur l'ordre ble pour le privilége de la naissance. Les naturel, ou bien cette illustration d'emprunt vertus et les services en consolident seuls le ne serait-elle qu'un préjugé nuisible ? Le titre; les vices , la nullité, l'effacent aux cour et la raison des hommes ont répondu yeux de la raison. L'indigne descendant des depuis long-temps à ces questions. De tout héros renie sa race, et tout noble dégénéré temps un sentiment involontaire et prolongé a déchiré ses parchemins. Avilis , opprimés, de respect et d'affection accueillit dans leur égorgés par les sicaires des Domitien, des

Commode, des Caracalla , comment les Ro- évêques, c'est-à-dire surveillants), à la cémains auraient-ils reconnu dans ces monstres lébration des mystères au milieu des fidèles couronnés le sang des Flavius, des Anto- réunis, à l'instruction et à l'édification plupins et des Sévère ? L'héroïque Villars n'est- tôt qu'à la direction des néophytes. Ce fut à il pas pour la France le dernier de sa race , ces titres que les Paul, les Timothée , les lorsqu'elle trouve consignée dans les récits Justin , que saint Augustin, saint Cyprien, contemporains la honteuse dégradation de saint Ambroise, et tant d'autres pieux évêson fils ?

ques , furent appelés au gouvernement des Les Chinois, ce peuple singulier , dont églises chrétiennes ; que les Tertullien,

les beaucoup d'usages semblent le revers de nos Clément d'Alexandrie , les Origène , les Jémédailles , n'admettent qu'une noblesse ré- rôme, méritèrent de servir de guides à la trograde. Chez eux, les vertus des enfants foule empressée d'écouter leurs doctes lela font seulement remonter à leurs aïeux; çons. Combien dans ces temps de ferveur coutume inspirée sans doute par le culte était pur et désintéressé le zèle de ces prédi. qu'ils rendent aux ancêtres. Franklin, en cateurs de la foi ! Avec quel effroi d'humilité nemi de tout privilége, décerne à cette insti. vraiment chrétienne la plupart d'entre eux tution un éloge au moins à demi-ironique. s'efforçaient de se déroberà ces prérogatives Il est certain qu'une noblesse qui remonte du talent et de la piété, comme on rejette toujours et ne descend jamais, ne saurait un fardeau trop pesant! Ne fallut-il pas entrainer d'abus bien grave. Plus sévères en faire violence aux Augustin , aux Ambroise, core, les compatriotes de Franklin n'en aux Chrysostome, pour les revêtir de la reconnaissent d'aucune espèce. Quelque jour , robe sacerdotale , pour les forcer à remplir peut-être , un peuple, jaloux de concilier sa les augustes fonctions de l'épiscopat ? Temps gratitude et ses espérances avec la justice et heurenx où des dignités révérées n'étaient l'intérêt public, créera un tribunal d'hon- acceptées qu'avec une modeste répugnance; neur , autorisé à prononcer contre un sujet où les priviléges du sacerdoce n'offraient jugé indigne la perte de ses prérogatives, pour tout avantage à l'élite des fidèles que comme on prononce aujourd'hui , dans cer- plus de bien à faire , que l'exercice de vertus tains cas, la dégradation civique ou mili- plus difficiles , que de plus beaux exemples taire. Croit-on qu'un semblable frein n’au- à donner, et de plus grands sacrifices à acrait pas prévenu des crimes ou des bas- complir! Jours de gloire où la plus éminente sesses ?

prérogative du prêtre et de l'évêque était Quels furent autrefois les priviléges du celle des souffrances et du martyre! C'est sacerdoce chrétien ? Que sont-ils devenus ? sur l'exemple de ces rares vertus que se sont Que doivent-ils étre ?

modelés les Borromée , les François de Sale, Lorsque la religion de la paix , de l'amour les Vincent-de-Paule , les Fénelon ; c'est et du dévouement fut prêchée sur la terre, sous cet aspect que les Arnauld, les Pascal, les vertus de ses apôtres, le sang de ses les Fleury, les Massillon, les Brydaine, prosélytes, toujours prêts à s'immoler pour envisageaient les devoirs du saint ministère. leur foi , cimentèrent son pouvoir sur les Ces dignes représentants des Pères de l'Écæurs. Aux premiers temps de l'Église chré- glise, ces vénérables légataires de l'apostotienne , ses chefs n'avaient d'autre privilege lat ont protesté hautement, par leurs cuque celui d'enseigner la morale divine , d'au- vres, comme par leurs discours et leurs tre autorité que celle des croyances et des écrits , contre cette autre æuvre de ténèbres, doctrines sanctionnées par la purcié des contre cette æuvre de fraude et de dominamæurs et par la sainteté de la vie. C'était tion mondaine , entreprise d’ambitieux ponpar une constance éprouvée dans les périls tifes , des Grégoire VII, des Innocent III, et les souffrances , c'était par une longue ha- étayée sur les sanguinaires institutions des bitude d'abnégation, par la méditation assi- Dominique et des Torquemada ; édifice due des vérités de l'Évangile, par la con- d'iniquité recrépi par l'astuce et les intrigues stante pratique des bienfaits ; c'était enfin des enfants de Loyola. Comment reconnaipar l'exercice fréquent de la parole, que des tre dans la cupidité ardente à tout envahir , vieillards révérés, de saints martyrs , des dans la haine persécutrice, toujours prête chrétiens dont le zèle et les lumières avaient à frapper avec le glaive des proscriptions ; devancé l'âge , étaient appelés sous les titres comment retrouver au milieu des tortures, de spacéutico , falszete (prêtres ou anciens , des bûchers et des bourreaux , l'esprit de

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