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Il ne nous appartient pas de louer le livre que nous publions; nous devions seulement faire connaitre en quelques traits l'écrivain qui apporte dans ces ÉTUDES AISTORIQUES toute l'impartialité d'un témoin, trop jeune pour avoir été acteur, mais d'une expérience assez mûre pour raconter et juger sincèrement.

LES ÉDITEURS.

Pa 1849. Al. Layn jut Ravicars tuis údaiteur en chef des journal l'Ordre , fondal poll. Chasbulle; en 1852, appale per M. Fazy hour professor in Jest charge de cours de droit roman, wenn den droit anglan er de dren't international.

l'Acad.ro genere,

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Août 1846.

Les institutions fondées en 1830, et qui régissent aujourd'hui la France, ont été violemment attaquées et vaillamment défendues. Les -attaques ont succombé : la défense est aussi triomphante qu'elle fut courageuse.

Avant de parler, dans les Études historiques qui suivent, des vainqueurs et des vaincus, qu'il nous soit permis ici d'exciper d’un privilége

J.

que nous partageons avec les hommes de la genération à laquelle nous appartenons.

Si nous avons contre nous d'être trop jeunes pour nous être mêlés activement et avec autorité aux faits importants de notre grande époque, nous avons pour nous, précisément à cause de cette neutralité à laquelle nous condamnait notre åge en 1830, la faculté, précieuse à tout homme consciencieux, de pouvoir ètre juges impartiaux des camps opposés, et dans lesquels ont combattu des hommes d'État qui ont toujours été et qui sont aujourd'hui nos maîtres.

Le privilege de l'impartialité conduit à une véritable jouissance de l'âme et de l'esprit : c'est l'admiration raisonnée.

C'est donc à mes contemporains que j'adresse humblement mon livre; car j'ai la conviction que s'ils étaient jamais appelés à remplir un rôle politique, ils le feraient dans le noble but de concilier les hommes qui, divisés sur les détails, ne sont pas séparés à jamais, et sont même destinés à se réunir, si quelque malheur national menaçait ce même pays qu'ils ont ensemble défendu, et auquel ils ont assuré l'ordre et l'indépendance.

On ne saurait trop le redire : la France doit ses institutions au système énergique suivi depuis 1831 par les hommes qui se sont rangés sous le drapeau de Casimir Périer.

A côté de ce grand ministre, viennent donc se placer, comme ayant été présidents du conseil des ministres, M. le duc de Broglie, M. le comte Molé, M. Guizot et M. Thiers. Puis, à côté d'eux, nous en citerions d'autres qui, s'ils n'ont pas reçu des mains du roi l'investiture des premières fonctions de l'État, ont exercé dans les conseils ou dans le parlement une influence décisive. Le pays doit de la reconnaissance à ces hommes qui ont résisté, d'une part, aux séductions de la conquête à l'extérieur, et, d'autre part, aux excès de la guerre civile. Longtemps leur union a fait leur force et celle de la France.

Mais depuis quelques années un fait étrange s'est passé : = Le lien qui les unissait s'est rompu.

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