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L'ÉGLISE

ET

LA RÉVOLUTION FRANÇAISE

HISTOIRE

DES

RELATIONS DE L'ÉGLISE ET DE L'ÉTAT

DE 1789 A 1802

PAR

EDMOND DE PRESSENSÉ

Dieu est aussi nécessaire que la liberté
au peuple français.

MIRABEAU.
L'Église libre dans l'État libre.

PARIS

CH. MEYRUEIS ET C'E

DENTU

174, RUE DE RIVOLI

Tous droits réservés.

PALAIS-ROYAL

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J'ai publié, il y a quelques années, une brochure anonyme intitulée : La liberté religieuse et la législation actuelle ; elle a été le point de départ du livre qui paraît aujourd'hui. J'y reprends, avec tous les développements nécessaires pour être complet, l'un des points que je n'avais fait qu'effleurer, je veux dire l'histoire de la liberté religieuse pendant la Révolution française, ou plutôt, l'histoire des relations de l'Eglise et de l'Etat à cette mémorable époque. On trouvera dans mon nouvel ouvrage les mêmes convictions qui animaient ma brochure : un amour profond de la liberté en général, et tout d'abord de la liberté des âmes et des consciences; la ferme persuasion que les idées religieuses

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et les idées libérales sont faites pour s'entendre; et enfin, je

l'espère, cette impartialité d'appréciation qui préserve des injustices passionnées. Je suis avec la Révolution quand elle sert la liberté, et contre elle toutes les fois qu'elle la

foule aux pieds par les mésures dites de salut public. J'avoue enfin que je ne sais pas voir le dénoûment de cette

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La question des rapports du spirituel et du temporel, si orageusement débattue par nos pères, est loin d'être résolue. Elle touche aux intérêts les plus élevés du pays et de la civilisation moderne dans cette époque de transition et de préparation; car de la manière dont on la tranchera dépend le triomphe du vrai liberalisme sur le faux. En

effet, la liberté des cultes pleinement réalisée consacre l'indépendance absolue de la conscience, et par là même élève la plus forte barrière aux empiétements de l'Etat sur les droits de l'individu. Elle porte ainsi un coup mortel au régime centralisateur et oppressif qui, selon la vieille erreur romaine et française, sacrifie le citoyen à la cité et la liberté à la souveraineté collective. On voit combien la question s'élargit à ce point de vue. La solution qui s'impose à mon

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je

esprit est celle que Mirabeau a entrevue, que Lafayette et Madame de Staël ont ouvertement adoptée et vainement

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présentée à leurs contemporains; il y a là une forte présomption qu'elle se rattache à la vraie tradition des principes de 1789. Puisse l'expérience souvent amère de ceux qui eurent l'honneur de les proclamer et le malheur de les renier en tant de circonstances éclairer notre route. Puissé-je

avoir dégagé la leçon salutaire qui ressort de notre grande Révolution et contribuer ainsi pour ma faible part à diriger

du bon côté ce réveil de l'esprit public en France auquel

personne ne s'associe plus que moi.

Paris, 10 février 1864.

EDMOND DE PRESSENSÉ.

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