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MODERNE,

OU

DICTIONNAIRE ABRÉGÉ

DES HOMMES ET DES CHOSES,

DES SCIENCES, DES LETTRES ET DES ARTS.

( Les Articles biographiques indiqués par un . ne se trouvent dans aucune autre Édition. )

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* EMMERY (Jean-Louis-Claude), comte torien hollandais, né en 1547 dans la Frise de Grozyeuls , paír de France , né à Metz orientale, mort en 1626, fut recteur de en 1752, mort le 10 octobre 1823, était, l'université de Groningue, qu'il porta , par avant la révolution, avocat distingue, et ses soins et ses talents, à cette haute répufut elu député du tiers aux états-généraux tation qu'elle a conservée depuis entre de 1789. Attaché au parti de La Fayette, et, toutes les universités des Pays-Bas. On a comme lui, défenseur des droits de la mo- de lui un grand nombre d'ouvrages sur l'anDarchie constitutionnelle , il présida trois tiquité et sur l'histoire particulière de sa fois l'Assemblée constituante. Le souvenir patrie ; nous citerons les plus remarquables : des services qu'il avait rendus au malheu- Opus chronologicum , Groningue , 1619, reux Louis XVI furent ses titres de pro- in-fol.; Vetus Græcia illustrata , Leyde , scription en 1793. Rendu à la liberté après 1626, in-80 ; Rerum Frisicarum hist., ibid., le 9 thermidor, il fut élu député de la Seine 1616, in-fol. On peut voir des détails plus au conseil des Cinq-Cents; sous les gouver- étendus sur ce célèbre professeur dans l'ounements consulaire et imperial , il devint vrage intitulé : Elogium Ubb. Emmii, id successivement membre du conseil d'état et est, de ejus vitá et scriptis narratio brevis ab du senat conservateur, et à la restauration il amico contexta , ibid., 1628 , in.4o. fit partie de la chambre des Pairs.

ÉMO (N.), premier abbé de Werum, EMMET (Robert), l'un des chefs des ordre des prémontrés, près Groningue , Irlandais insurgés contre le gouvernement mort en 1237, a laissé une Chronique qui de la Grande-Bretagne vers le commence va depuis 1203 jusqu'en 1237; elle a été ment du 19e siècle, né à Cork, fils d'un continuée jusqu'en 1272, par Menko, troimédecin, se préparait à suivre la carrière du sième abbé de Werum, et jusqu'en 1292 , barreau , lorsque la révolution française fo. par un anonyme. Cette chronique a été menta, en Irlande , des troubles auxquels il imprimée pour la première fois en 1700 et crut devoir prendre une part active. Il em- insérée par Antoine-Matthieu dans le troibrassa le parti de l'insurrection avec tout sième vol. de ses Analectes , et réimprimée l'enthousiasme de la jeunesse , fit partie du avec des notes par l'abbé Hugo dans le directoire secret des Irlandais-unis (c'était premier volume de ses Antiquités sacrées. la dénomination prise par les insurges), fut * ÉMO (Ange), patricien de Venise , arrêté à Dublin en 1803, et condamné naquit dans cette ville en 1732. Après avoir comme coupable de rebellion le 20 sep- déployé toutes les qualités du citoyen dans tembre de la même année.

les charges les plus éminentes de la répu-, * EMMIUS (UBBO), antiquaire et his.. blique , il prit, en 1784, le commandement

en chef d'une flotte destinée à venger le docles cultiva avec un égal succès la philo-, pavillon de Saint-Marc des insultes des sophie, la médecine et la physique ; mais il Barbaresques. Il se présenta devant la rade dut surtout sa célébrité à un poème qu'il de Tunis, bombarda la ville , et força le bey avait composé sur le système de Pythagore. à signer une trève qui ne tarda pas à être Les circonstances de sa mort sont diverseviolée. Emo se préparait à punir ces pirates ment racontées; mais tous les récits auxde leur manque de foi, lorsqu'il mourut à quels elle a donné lieu ont cela de commun Malte en 1792. Le sénat, reconnaissant de qu'ils ressemblent fort à des fables. Il nous ses services, lui fit élever un magnifique reste quelques fragments des différents mausolée exécuté par Canova , et place dans écrits d'Empédocles ; ils ont été réunis les salles de l'arsenal de Venise.

par M. Fréd.-Guill. Sturz, et publiés à * ÉMONNOT ( J.... B.... ), médecin, Leipsig de 1805 à 1816, in-86. mort en 1823, membre honoraire de l'Aca * EMPEREUR ( Constantin L'), oriendémie royale de médecine , a laissé , outre taliste hollandais, mort en 1648 à Leyde, plusieurs articles insérés dans les journaux où il professait depuis 21 ans avec un égal de médecine du temps, une traduction du succès la théologie et l'hébreu, a laissé pluTraité des fièvres et des inflammations, sieurs traductions de livres judaïques et écrit en latin par Jos. Guarin, Paris, 1800, talmudiques généralement estimées ; les 2 vol. in-8.

principaux sont: Talmudis Babylonici co* EMPECINADO (don Juan MARTIN, dex miduoth , sive de mensuris templi, hebr. dit el), général espagnol, se signala d'abord cum vers. et comment., Leyde, 1630, in-40 ; comme chef de guerillas pendant l'invasion Clavis talmudica , hebræa et latina, ibid., de la péninsule par les Français (1808-13), 1634, in-40; Commentarii ad Bertramum de et eut le bonheur d'échapper aux proscrip- repub. Hebræorum , ibid., 1641, in-80.tions qui, en 1814, suivirent immédiate- Jacques L'EMPEREUR, jésuite, né en 1656 à ment le rétablissement de Ferdinand VII Épernay (Champagne ), mort à Pont-àsur le trône : ce monarque lui conserva Mousson en 1724, a laissé, entre autres même son grade de maréchal-de-camp, et écrits, des Dissertations historiques sur dilui accorda quelques marques d'estime. Ce. vers sujets d'antiquités, Paris, 1706, in-12. pendant, lorsque l'excès des vexations exer EMPIRE D'ALLEMAGNE. Voyez Concées contre les agents du gouvernement Fédération Genmanique. populaire , auquel le roi devait seul la con * EMPOLI (Jean d'), Florentin , facteur servation de son trône, eurent provoque les de la marine du roi de Portugal, a écrit en troubles qui se manifestèrent en 1820, l'Em: italien la relation du premier voyage d'Alpecinado, attaché au parti dit libéral , em- phonse d’Albuquerque aux Indes, sous ce ploya , pour appuyer l'insurrection de ce titre : Navigation des Indes , sous la charge parti , tout le crédit que lui donnaient sa du seigneur Alphonse d'Albuquerque, inréputation militaire et ses anciens services; sérée dans le premier volume de Ramusio, et , après avoir vaillamment defendu la cause Venise , 1563, in-8°, et traduite en français des cortés pendant la mémorable campagne dans le deuxième volume du recueil du de 1823, il tomba entre les mains des vain- Temporal. On ignore également la date de queurs, fut jeté dans les prisons d'état , et la naissance et celle de la mort d’Empoli. n'en sortit, après une détention de plus de – EMPOLI (Jacopo Chimenti da), peintre deux années, que pour être traîné au sup- de l'école florentine, né en 1554 , mort en plice. Il fut pendu à Rueda le 19 août 1825, 1640, était élève de Tommaso da Sannon sans s'être long-temps débattu contre Friano, et se perfectionna par l'étude des ses bourreaux.

ouvrages d’Andrea del Sarto. Le Musée * EMPÉDOCLES, philosophe pythago- royal possède de lui un tableau représenricien, disciple de Telauges, né à Agri- tant la Vierge et l'enfant Jésus accompagnés gente en Sicile vers l'an 444 avant Jésus- de deux anges, etc. Christ, se concilia , par ses talents et sa * EMPORAGRIUS (Éric), théologien haute naissance, l'estime et la vénération suédois, mort en 1674, évêque de Strende ses concitoyens, refusa la souveraineté gnes, se fit remarquer par l'opposition qu'il que ceux-ci lui offrirent, et finit par établir apporta à la réunion des communions luJe gouvernement populaire dans sa patrie, thériennes et de la confession d'Augsbourg, auparavant gouvernée par un senat. Empe- et par un discours sur la mort de Gustave

au moyen

Adolphe, intitulé : Oratio in quá tyranni- provinciales, les hôtels-de-ville, les capidem pontificiam , quæ divum Gustavum de talistes, les banquiers qui ont asservi leur medio sustulit, el martyrio coronavit, est crédit privé aux variations du crédit public, piè detestatus, etc., Upsal, 1656, in-fol. ont, comme lui, fini par des faillites. Un

EMPORIUS, rhéteur du 6e siècle, a seul État, une seule fois, a remboursé ses compose plusieurs traités , dont deux seuls emprunts, c'est la république des Étatsnous sont parvenus : de Ethopoid ac loco Unis; une seule banque publique a , une communi; Demonstrativæ materiæ præcepta, seule fois, satisfait à ses engagements , c'est insérés dans les recueils intitulés : Veterum encore celle de la république des États-Unis. de arte rhetoricá traditiones, Bâle, 1521, Faut-il donc proscrire les emprunts? Non, in-4°; et Rhetorum latinorum scripta , Paris, sans doute. Lorsque l'impôt ne saurait être 1599, in-4.

augmenté, ils peuvent seuls combler le EMPRUNTS. (Économie politique.) Ca- déficit existant. Mais, dans les mains d'un pitaux que les gouvernements se procurent mauvais gouvernement, l'emprunt est un

du crédit , dont ils paient l'inté- levier terrible, toujours en jeu contre les rét au moyen de l'impót, qu'ils remboursent libertés publiques et la richesse générale. au moyen de l'amortissement, et qui con Les premiers emprunts anglais furent faits stituent ce qu'on appelle dette publique. au profit du despotisme contre la liberté ; (Voyez ces divers articles.)

la seconde époque du crédit britannique La loi civile a donné à l'emprunt le titre eut pour objet de combattre l'indépendance de prét; c'est aussi le prêteur qui était des provinces américaines, dans l'intérêt de l'unique objet de sa sollicitude, et qu'elle a la tyrannie rapace de la métropole ; la troientouré de toutes les garanties désirables. sième époque de la dette anglaise eut pour Hypothèque , cautionnement, contrainte but unique d'empêcher les lumières , nées par corps, plusieurs espèces de saisies de la révolution française, de porter au d'immeubles, plusieurs sortes de saisies delà des mers, des Alpes et des Pyrénées, mobilières, elle a tout sanctionné pour la les premiers rayons de la civilisation mosécurité du prêteur, pour la sûreté de la derne; l'or anglais vint, après trente ans, en somme prêtée , et tout ce qui pouvait faire éteindre le foyer au milieu de Paris, livré courir quelque risque s'interprétait contre à tous les barbares de l'Europe du dix-neul'emprunteur : la loi était juste; elle jugeait vième siècle. Nous ne dirons rien des cauentre des citoyens.

ses qui ont créé la dette française; la vérité La loi financière jugeait entre des citoyens qui se voile est un mensonge, et il est des qui prêtent et le pouvoir qui emprunte: temps où la vérité ne peut paraître toute l'intérêt de la puissance captivait tellement nue. La Russie, l'Autriche , Naples , l'Esson attention, que le prêt a pris le titre pagne ont emprunté; et chacun sait si ces d'emprunt. C'est, en effet, l'emprunteur que emprunts eurent lieu dans l'intérêt de la la loi fiscale a voulu favoriser : défaut com- liberté, comme disent les politiques', ou plet d'hypothèque et de nantissement, im en faveur de la reproduction, pour parler possibilité de contraindre le pouvoir à exé- le langage des économistes. cuter ses promesses, voilà la position de Sans doute, dans un État bien constitué , celui qui prête ; arbitraire dans la manière le crédit augmenterait la dignité extérieure de fixer l'intérêt et d'en suspendre le paie- et la prospérité de l'intérieur; mais où ont ment; possibilité de faire hausser ou bais- été, où sont, où seront les États bien conser le taux du capital; droit de l'altermoyer, stitués ? La partie exuberante des impôts de le réduire, de le rembourser en assi ne sert qu'à des dilapidations actuelles ; le gnats, de se placer en état de faillite, ou but des emprunts est de couvrir les déficits de proclamer frauduleusement une banque- nés des dilapidations passées ; le crédit faroute non frauduleuse , voilà la situation vorise la corruption des citoyens en soldant de l'emprunteur.

leur vénalité, et, comme tout se vend quand Depuis qu'elles existent, toutes les mo- le pouvoir veut tout acheter , la liberté pubarchies ont emprunté ; depuis qu'elles blique est toujours mise aux enchères

par empruntent, toutes les monarchies ont fait les hommes que le peuple a choisis pour ses banqueroute. Le système d'emprunt a sou tuteurs. Le crédit est le grand instrument Fent varié, le résultat des emprunts est de toutes les guerres injustes : depuis son toujours le même. Les banques nationales, introduction, ces guerres sont plus faciles,

en

plus longues, plus souvent répétées; les temps inépuisable et de facile exploitation, princes n'ont que des soldats à se procurer est moins une source de richesses qu'un pour défendre leurs caprices ou leur vanité, moyen de, dilapidation. Les princes le préet le sang humain se prodigue avec tant de fèrent à l'impôt, parce que subsides et dofacilité dans les États grandement peuplés, léances vont toujours de compagnie , et que que les armées ne manquent jamais où l'or l'autorité, contrainte de satisfaire aux veux abonde.

a'un peuple dont elle pressure la fortune , Comme toutes les croyances nouvelles, paie en liberté l'argent qu'on lui donne. le crédit a ses miracles : ils ne peuvent sé. Mais, si par l'impôt on arrive à la liberté, duire que la crédulité. La théorie en est ad. par le crédit on parvient aux révolutions. mirable; la pratique détruit toujours les Tout deficit, lorsqu'il ne peut être facileespérances que fait naître la théorie. Le plus ment comblé, est l'avani-coureur des crainbel éloge qu'on ait fait du crédit politiquetes, des murmures, des révoltes : toute est de l'assimiler au crédit privé. Cepen- dette insolvable place un État sur le bord dant on n'a pas vu que les suspensions de d'un abime. Les rois concédaient jadis quel. paiements, les faillites et les banqueroutes ques franchises pour quelques tailles ; mais devaient être communes à l'un et à l'autre; les dettes publiques ont d'autres exigences : on n'a pas vu que le citoyen emprunte pour leur unique remède est le temps et l'éconoproduire , l'État pour dépenser ; que le prêc mie. Or, le temps n'est pas à la merci des teur peut contraindre l'emprunteur au rem- rois, et l'économie ne saurait être une verta boursement, lorsque son crédit baisse ou à leur usage. Aussi, dès que la dette est s'éteint, et qu'il est impossible de contrain. enorme, la forme du gouvernement change dre un gouvernement; que l'emprunteur par la seule force des emprunts. Les rois du ne peut dénaturer, sans se perdre , les hy- Nord l'ont bien senti, et ils ont emprunté pothèques réelles ou morales qu'il présente, le moins possible. La plus puissante des et que l'amortissement, seule hypothèque garanties pour les Français est dans les six qu'offre un État, peut être dilapidé comme milliards de leur dette; le seul espoir des en Angleterre , ou détourné comme radicaus anglais est dans l'insolvabilité France; que l'emprunteur qui refuse de d'une oligarchie placée en présence d'une payer perd toujours son crédit et souvent dette de 19 milliards. son honneur, et que

l'État n'a aucun inté Les emprunts ne sont pas seulement un rêt réel et durable à tenir ses engagements, instrument de liberté, ils sont encore un parce qu'il trouve sans cesse des capitaux à moyen d'ordre et de paix ; dociles en préemprunter.

sence du besoin, ils fuient à l'aspect du Toutefois, l'emprunt est momentané- danger. Une guerre les rend presque imment utile : l'impôt tuerait la production possibles; devant le péril, la confiance cesse actuelle ; l'emprunt la gêne, la diminue, et les capitaux se retirent. L'exemple conmais ne l'accable pas. Encore, dans cette traire de la Grande-Bretagne et des Étatshypothèse, faudrait-il qu'un emprunt vo Unis sont sans force pour les peuples du lontaire fût substitué à un impôt possible, continent; les pays entourés de mers ont tandis qu'on n'a recours au crédit que lors- peu à craindre. Les princes qui empruntent que la somme des subsides .est tellement s'imposent la nécessité de la paix ; sous ce accablante , qu'il est impossible d'en accroî. rapport, les emprunts sont un bien : mais tre le fardeau. Alors ce n'est plus un mal une guerre indépendante de leur volonté léger remplaçant un mal plus grave, mais peut aussi les atteindre; alors les emprunts une blessure nouvelle faite à un corps déjà sont un mal. Les fonds baissent, les vieux blessé.

prêteurs craignent et murmurent, l'esprit Si les États n’empruntaient que pour pro- public se décourage, l'argent se cache et duire , pour protéger la production établie, disparaît , et un emprunt nouveau devient pour créer une production nouvelle, pour impossible, au seul moment peut-être où étendre, multiplier les produits , favoriser l'État eût un besoin réel d'emprunter. leur circulation, accroître la consomma On attribue à l'emprunt bien des mira. tion, défendre les arts producteurs mena- cles; mais, dans ce siècle incrédule, les mer. cés par l'étranger, l'emprunt serait aussi veilles, même financières, n'éblouissent utile que la production même. Mais le cré- pas les yeux désintéressés. La théorie du dit, ouvrant au pouvoir une mine long- crédit est aujourd'hui à la portée des esprits

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