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L'Empereur a tenu lundi un conseil de commerce et de manufactures, et mercredi celui des ministres.

Le dimanche 17 novembre, S. M. l'Empereur et Roi a Teçu en audience particulière, au palais de Saint-Cloud, avant la messe , S. Exc. M. Joël Barlow, ministre plénipotentiaire des Etats-Unis, quia présenté ses lettres de créance. S. Exc. a été conduite à l'audience dans les formes accoutumées par un maître et un aide des cérémonies ; introduite dans le cabinet de l'Empereur par S. Exc. le grand-maître, et présentée à S. M. par S. A. S. le prince archichancelier de l'Empire , remplissant les fonctions d'archichancelier d'Etat.

S. Exc. a eu l'honneur d'être présentée le même jour, après la messe, à S. M. l'Impératrice; elle a été conduite à l'audience, et introduite par M. le baron de Hamel, maître des cérémonies de service.

S....

n'est pas un pacte avec un individu , mais ec un fonctionnaire revêtu du caractère royal , avec le premier magistrat de la Sicile..

DEUXIÈME. Le roi de Sicile, levant des taxes et suspendant les lois à son gré, n'est plus le même roi avec lequel nous avons contracté.

TROISIÈME. Nous ne sommes tenus à rien envers cet usurpateur.'

QUATRIÈME. Le gouvernement usurpateur et anti-social de la Sicile øst hostile ; il faut le considérer comme jacobin dans sa nature.

CINQUIÈME. La justice de la nation britannique n’exige-t-elle pas qu'un gouvernement qui professe publiquement le jacobinisme soit privé du pouvoir de faire du mal ?

SIXIÈME. La nation qui fournit les moyens de défense à un-pays est le propriétaire politique de ce pays. Nous sommes les propriétaires de la Jamaïque , parce que nous la défendons. N'avons-nous pas le droit , par conséquent, de nous considérer comme les propriétaires de la Sicile ?

Il serait curieux de faire un recueil des sentences de la politique anglaise. Aux six que nous venons de copier, il faudrait en joindre douze mises en avant lors des affaires atroces de Copenhague , deux lors du guet-à-pens des quatre frégates espagnoles , enfin une vingtaine sur la législation suivie ayec les neutres et avec l'Amérique. On pourrait réunir ainsi une soixantaine de maximes d'Etat, qui seraient un monument de l'esprit de justice , d'équité et de morale du gouverneinent anglais.

ANNONCES. L’Américain, ou l'Homme comme il n'est pas, par l'auteur de }'Homme comme il n'est pas ; traduit de l'anglais par le traducteur du Polonais. Deux vol. in-12. Prix, 4 fr. 50 C., et 5 fr. 50 c. franc de port. Chez I. M. Guillaume , lib. , place Saint-Germain-l'Auxerrois.

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MERCURE
DE FRANCE.

N° DXLI. -Samedi 30 Novembre 1811.

POÉSIE.

Fragmens de la traduction du poëme de la Maison des

Champs, de M. V. CAMPENON.
L'HIVER a fui : la verdure nouvelle , etc. (p. 1.)
Fugit hyems : redeunt turgenti germine frondes,
Umbrosisque comis iterum spineta teguntur.
Acri concretum quod vidi frigore flumen
Nuviculam rapidä jam nunc circumdedit unda,
Et quâ nascuntur viridantia gramina ripâ,
Prima mihi volitans oculos recreapit hirundo.

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Vere novo ; tandem cum Jupiter, æthere surgens į
Infundit puramque diem noctesque serenas,
Quàm placet optati ductus qui ruris amore,
Prædiolum petit, et, modicè vestitus, eundo
Virgilium munibus , cælestia munera , versat!

Per folia obscuri nemoris , ramosque recentes;
Ut cupidis minuens oculis iter , aspicere ardet
Notæ tecta domůs, muros, culmenque remotum ;
Et fuinum qui celsa , column ce mobilis instar,
Astra petens , tremulis miatum se nubibus infert!

Bb

Intentus , quoties, arrectis auribus, adstat,
Ora tenens, solitam, 'gratissima murmura , vocem
Grandævi an canis accipiat : sed quanta voluptas,
Proxima cùm villa apparet, cùm tota patescit ,
Et porta in sese est conversa, diùque silenti
Ferrati subitdestriderunt cardine postes!..

Voyez-vous naître une source limpide ?.... etc.
Fortè salit risus nitidis pellucidus undis ?
Tu ripam sequere, atque explora quis sit aquarum
Cursus , an iinmenso rapidos cum murmure fluctus
Volvat , an occultè claudo pede languidus erret,

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Quand l'ouragan dans les airs déchaîné, etc

..
Aera cùm Boreas insano turbine perflans,
Objectæ cameras sylvæ jaculatur apertas ,
Culmina si nemorum , et folia inconcussa procellam
Irrident, ventique minas , vanosque furores ;
Si, cium nuda queri amissos natura videtur
Ornatus , frondes et adhuc in fronte virescunt,
To manet hic fundus, manet hæc te terra paranda.

Mais soit que l'eau sur les bords qu'elle arrose , ete.
Ast aqua, seu puris quas lambit limpida ripis
Currere jam didicit , seu segnis lentaque fluctus
Deducat stagno morituros, atque quiescat';
Montibus aut altis irrorans imbribus agros,
Et ruat , et cadat , et sonitu vicina fatiget;
Hæc loca cuncta placent,

A. J. B. Bouvet, instituteur en l'Université impériale.

LE RÉVEIL D'HERMINIE,

IRAGMENT D'UNE IMITATION INÉDITE.

Les oiseaux éveillés au lever de l'aurore
Saluaient le matin d'une voix faible encore;
Les plantes répandaient leurs suaves odeurs ;
Zephyre , en se jouant sur l'onde et sur les fleurs,
Murmurait, et son soufle éveilla la guerrière.

Elle ouvre au jour naissant une humide paupière ;
Et dans son coeur ému retrouvant son amour,
Hélas ! elle gémit d'avoir revu le jour.
Mais bientôt par degrés la douce rêverie
Succède à la douleur dans son ame attendrie.
Près de là dans ces bois frais et mystérieux,
Elle entend tout-à-coup des sons harmonieux,
Et mêlée aux accens d'une voix matinale,
Mollement soupirer la flûte pastorale.
Elle croit reconnaitre, en ce concert flatteur,
Et la voix des bergers , et les chants du bonheur.
Elle se lève, approche, et voyant des chaumières ,
Contemple tristement ces retraites si chères.
Un vieillard vénérable, à l'ombre d'un palmier,
En légère corbeille entrelaçait l'osier;
Les trois enfans gardaient un troupeau sur la rive ,
Et charnaient de leurs chants son oreille attentive.

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A l'aspect d'une armure ils se troublent soudain;
Mais l'amazone alors découvrant sous l'airain
L'azur de ses beaux yeux, l'or de sa chevelure,
D'un air plein de douceur en ces mots les rassure :

Mortels chéris des cieux, o bergers innocens!
Je ne viens point troubler vos travaux ni vos chants;
Mais autant qu'il me plaît votre bonheur m'étonne.
Mon père, dans ces bois que

la

guerre environne,
Lorsque de la Syrie elle embrâse les tours ,
Comment seuls coulez-vous d'aussi paisibles jours ? »
« Mon fils , dit le vieillard, aux champs on ne voit guère
Sur de faibles roseaux éclater le tonnerre ;
Il écrase plutôt les cèdres orgueilleux.
Nos biens, vils pour autrui, mais si doux à mes yeux,
Des avides soldats n'excitent point l'envie.
Le ciel toujours protége une innocente vie :
Près de nous la discorde en vain gronde en fureur ;
D'une profonde paix nous goûtons la douceur,

T. DELCROIX,

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