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‘vent avoir de 16 à 18 ans, à cause de la force qu'exige le travail ; ils gagnent immédiatement, pour une journée de 12 heures, 2 fr., sont augmentés peu à peu, ct au bout de deux ans gagnent la journée de l'ouvrier, qui est de 4 fr. 50.

Prix, aux pièces, par 100 : ouverture, corne du Brésil, peigne à chignon, 2 fr.; peigne à retaper, 3 fr.; buffle, 3 fr. et 4 fr. ; corne de France; 2 fr. et 3 fr. Dolage ou nettoyage, pour chaque sorte, 3 fr.- Mise à vert, aplatissage, 2 fr.

APPAREILLEUR.- Contre-maitre qui trace la pierre et dirige les travaux des scieurs et des tailleurs de pierres (Voy. Maçons et Tailleurs de pierres).

APPRENTIS.- Des six catégories qui composent le Conseil, la deuxième donne presque seule lieu à des contestations sur l'apprentissage, à l'exception des lithograpbes, de la première catégorie, et des poêliers-sumistes, de la cinquième. Les contrats sont faits pour une durée de deux à quatre ans, augmentée d'une année si l'apprenti est nourri et logé.– Voici les principales conditions des contrats : remplacement du temps perdu, à la fin de l'apprentiss ge; travail de douze heures au plus; fréquentation des écoles du soir et du dimanche; travail suspendu le dimanche, à l'exception du rangement de l'atelier, jusqu'à dix heures au plus; limitation au quart de la journée des courses à faire pour la profession seulement; indemnité d'une certaine somme en cas de non-exécution du contrat; livret de notes de conduite et de travail; envoi aux offices les dimanches et jours de fête ; défense de punitions corporelles; trois repas par jour, dont deux composés d'aliments chauds; lit particulier et dans un lieu sain; droit de visite conservé aux parents ou protecteurs; sortie de l'enfant à des jours déterminés, pour aller voir ses parents ; admission de l'enfant à la table du maitre; gratification à donner chaque semaine, en cas de satisfaction de son travail ; demi-pièces ou trois-quarts de pièces vers la fin de l'apprentissage; interdiction d'avoir au-delà d'un certain nombre d'apprentis; condition de remettre l'enfant immédiatement entre les mains d'un ou

vrier, etc. (Voy, page 16 et les articles spéciaux à chaque corporation.)

ARÇONNIERS.-Tous les ouvriers sont aux pièces, et chacun fait une pièce différente; le prix de la pièce est évalué, sur une journée de travail de onze heures, à 3 fr, pour le refendeur, le monteur et le dresseur, et à 1 fr. 50 pour la colleuse.

Tous ces prix, qui ne sont que trop yrais, sont tombés par la concurrence, non-seulement des patrons, mais des ouvriers dissidents et cherchant et acceptant des commandes à l'enyi les uns des autres.

ARDOISES (Fabricants d'). Sont classés dans la sixième catégorie du Conseil de prud'hommes pour les Industries diverses; il n'y a point d'ouvriers en ardoises dans le département de la Seine.

ARTICLES DE PARIS. Il serait impossible de donner place dans ce recueil à toutes les dénominations particulières d'ouvriers occupés à confectionner à Paris et dans la banlieue la multitude d'objets si variés que l'on appelle Articles de Paris, et qui sont faits en bois, corpe, écaille, ivoire, nacre, os, etc. Il suffira de constater quelques points: les conventions d'apprentissage ne different guère pour chaque industrie (voy. Apprentis); peu d'ouvriers sont à la journée ; ils travaillent ordinairement douze heures; les pièces se comptent à peu près sur les mêmes bases d'évaluation, à tant l'objet, la douzaine, le cent, la grosse, le mille, les cent grosses. Quant aux prix de façon, ils sont aussi mobiles que les articles eux-mêmes; mais comme ils sont débattus avant le travail entre le patron et l'ouvrier, il y a rarement lieu à contestation, et par suite à estimation.

ARTISAN.-Ouvrier travaillant par lui-même, en chambre ou dans une échoppe, et vendant directement à la pratique. Les contestations qui prendraient leur source dans la vente directe ne seraient point de la compétence des Prud'hommes. AUTOGRAPHES (Écrivains ).

Voy. Écrivains lithographes.

BADIGEONNEURS.-Il y a peu ou point d'ouvriers badigeonneurs proprement dits; ce sont des maçons, des peintres, des poêliers-fumistes qui sont employés au travail du badigeon ; ils reçoivent le prix de journée ordinaire de leur élat.

Badigeon à la chaux et à l'alun, par mètre superficiel, y compris un léger grattage : une couche, 7 c.; deux couches, 12 c.; trois couches, 16 c.; le même, et y compris la pose des échafaudages : une couche, 10 c.; deux couches, 15 c. ; trois couches, 20 c.-Badigeon à l'huile, pour trois coucbes, 22 c., y compris le grattage. Les crevasses sont comptées à part; le patron fournit les outils et instruments qui sont amenés sur place à ses frais (Voy. Maçons et Poêliers-fumistes).

BANQUE.-Faire la banque, c'est payer ce qui est dû au personnel d'une imprimerie. La banque se fait ordinairement tous les huit ou quinze jours, rarement tous les mois, et toujours en laissant une semaine de salaire en arrière (Voyez Paye).

BARDEURS -Manœuvres employés à trainer le chariot ou à porter le bard pour le transport de la pierre taillée. Pour les prix de journée, voyez Maçons.

Prix de tâche par mètre cube: transport de la pierre du chantier à pied-d'œuvre, 100 mètres de distance, 3 fr.; il y a augmentation de 5 centimes par bomme par 50 méires en plus. Montage de la pierre, du tas jusqu'à 5 mètres, y compris la mise en cale, pour que le poseur n'ait plus qu'à la mettre en place, 2 fr. 50. Il y a augmentation de 5 centimes par homme par 5 mètres en plus.

L'équipage et tous les instruments sont fournis par l'entrepreneur.

BATIMENT (Ouvriers du). — Voy. Ouvriers du bâti ment.

BÉTONNIERS.-Font le béton, mortier composé de chaux, de ciment et de cailloux ou de recoupes de pierres; sont payés à 3 fr.

BOISSELIERS.--Il y a peu de marchands boisseliers qui fassent fabriquer chez eux; ce sont des ouyriers en chambre qui fabriquent sur commande; les ouvriers boisseliers sont au plus au nombre de dix travaillant chez les patrons; un nombre un peu plus grand travaille en chambre. Ceux en boutique ont 3 francs pour onze heures, lorsqu'ils sont occupés toute l'année; pour des corvées, ils ont 3 fr. 50 ou 3 fr. 75.

Les bois arrivent de la province façonnés et tournés en cercles ; l'ouvrier de Paris n'a plus qu'à leur donner la forme voulue pour en faire des mesures, des tamis et autres ustensiles; les objets d'une seule pièce arrivent tout faits.

* BOUCHONNIERS. – La plupart des bouchons sont confectionnés sur place, dans les pays qui produisent l'arbre à liége. Le liége est d'abord découpé en bandes, puis en carrés ; le bouchon est fini par le tourneur. Arrivés à Paris, les bouchons sont soumis à un tri fait par un ouvrier appelé tricur et qui est toujours à la journée; cette journée est ordinairement de dix beures ; le trieur a de 20 à 24 fr. par semaine. Les bouchons jugés défectueux par le trieur sont retouchés par le tourneur qui est toujours aux pièces, à moins qu'il ne soit occupé à tout faire dans le magasin; dans ce cas, il a 24 fr. par semaine et ne sort pas en ville.

Outre les bouchopniers en neur, il y a les bouchonniers en vieux, qui dégrossissent, rognent et retournent les bouchons qui ont déjà servi. Ceux-ci sont presque seuls des apprentis; ils les prennent vers l'âge de Jouze ans, pour trois années, les couchent et nourrissent, et leur donnent, par semaine, la première année, 50 c; la deuxième, 1 fr. ou 1 fr. 50; la iroisième, 2 fr.; ensuite on les met aux pièces ou bien ils restent à la journée pour faire le courant el servir de garçons de magasin; ils reçoivent 15 à 18 fr. par semaine, et travaillent au moins onze heures, ayant des intervalles moins longs pour faire leurs repas que les autres ouvriers, et devant être arrivés avant eux.

La paye se fait toutes les semaines; le jour de la paye on donne le congé de buitaine aux hommes de journée; après la pièce finie on remercie le piéceur.

Les ouvriers fournissent leurs outils dont l'usure et le repassage peuvent être évalués à 20 cent. par jour; le patron fournit la meule.

Prix de façon, par mille, bouchons vieux : pour dégrossir, retourner et rogner, le champagne, 2 fr. ; le vieux ordinaire, 1 fr. 50 ; le demi-bouteille, en vieux, 1 fr. 25.-- Bouchons neufs, pour retoucher, le champagne, 3 fr. 50; le bordeaux, 3 fr.; le surchoix, 2 fr. 50 ; les broches (pols à moutardes et bocaux), 2 fr. 50. Le bouchon ordinaire ne se retouche pas à Paris; pour les dégrossir, 2 fr. Les petits bouchons surchoix ou ordinaires sont payés le même prix que les gros. Les bondes et les bouchons de fantaisie se traitent de gré à gré. Les bouchons pour bocaux, de 7 à 13 centimètres, de 5 à 6 fr; au-dessus de 13 centimètres, 10 fr. Les semelles de liége, les planches à insectes ne se font pas à Paris, ou se traitent de gré à gré.

Le liége pour veilleuse se fait à l'emporte-pièces et se mesure ensuite par litre; les femmes qui font ce travail gagnent à peine de quoi vivre.

Quand les bouchons sont faits à la mécanique, l'ouvrier aux pièces est payé comme suit: par mille, pour débiter, ordinaires, 70 c. ; bordeaux, 1 fr. ; pour tourner, ordinaires, 75 c.; pour rogner les bouts, 30 c. Le bordeaux se tourne à la main, 3 fr.

BOUTONNIERS:-Rien n'est soumis dans la profession de boutonnier à des règles qui puissent servir de base ; les prix de façon sont aussi variés que les sortes mêmes; le prix le moins élevé est de 11 cent. la grosse de boutons de chemise. Quant au prix de journée, voyez les mots Façonneurs, Sculpteurs, Tourneurs.

Voici une série de prix à peu près générale pour les boutons en corne : on compte, par cent grosses et par lignes; découpeur sur le tour, 6 lignes, à 6 sr.; 8 lignes à 7 fr. ; 9 lignes à 8 fr.; 10 lignes à 10 fr.; 11 lignes à 12 fr. ; 12 lignes à 14 fr. ; arrondisseur, par grosse, 2 fr, 75, sans distinction de grosseur, mais les boutons bombés se paient plus cher; - mouleur, 6 lig. à 11 fr. 50: 8 lig. à 13 fr.; 9 lig. à 14 fr.; 10 lig. à 16 fr.; 11 lig. à 18 fr.; 12 lig. à 21 fr.

BRIQUETEURS. Posent la brique, montent les cheminées des fabriqués, les chaudières à vapeur. Il n'existe aucun prix de façon déterminé; les gros ouvrages se Iraitent de gré à gré. Le prix de la journée est de 4 fr.

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