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Pominereul Francois René Jean

DU

GÉNÉRAL BUONAPARTE

EN ITALIE,

PENDANT LES ANNÉES IVe Et Ve

DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE.

PAR UN OFFICIER GENERAL

TOM E I.

A PARIS,
Chez BERNARD, Libraire, Quai des Augustins.

L'AN V. 1797

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Slud Vera

C A M P A G N E

DU

GÉNÉRAL BUONA PARTE

EN ITALI E.

ques. L'inaction

Les

ES væux impuissans' & timides d'un petit nombre d'Italiens éclairés appelaient les républicains français au-delà des Alpes, quand tous les gouvernemens de cette presqu'isle conspiraient à leur en fermer les passages. La neutralité de Gênes & de Venise n'était que l'attitude de la faiblesse qui craint d'agir : l'aristocratie de leurs fenats était encore plus opposée aux principes français que les cabinets des monar

y

était considérée comme un principe de sûreté : tant on y redou. tait toute espèce de mouvement, que ces corps, dans un temps d'effervescence, savent trop bien n'être pas toujours certains de diriger à leur gré. La neutralité nouvelle de la Toscane n'avait guère de motifs plus nobles, ni plus de sincérité : il s'y joignait seulement l'avantage de pouvoir devenir momentanément le centre de tout le commerce de l'Italie , fi elle pouvait espérer de garder l'équilibre entre la France & l'Angleterre.

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Toutes les autres puissances de l'Italie étaient réunies à la coalition , & présentaient une masse de forces assez imposante.

Malgré la défaite récente du général de Vins , les Autrichiens n'avaient encore perdu que la côte cu territoire de Gênes qui s'étend de Savone à Voltri, & la faci. lité très-peu importante , quoique les Anglais la leur fiffent trop estimer , de

pouvoir communiquer avec leur flotte. Les Français n'avaient pas donné à leurs dernières victoires les suites qu'on en pouvait & devait attendre , & l'Empereur avait eu le temps de renforcer son armée, qu'il venait de confier au général Beaulieu.

Les forces autrichiennes s'élevaient, à
l'ouverture de la campagne, au nombre
de

80,000hommes.
L'armée de ligne du roi
de Sardaigne était de

60,000
Ses milices armées & fur
'

30,000
Le pape avait rassemblé 30,000

Le roi de Naples pou-
vait disposer de .

80,000
Il en avait 40,000 dans
deux camps rassemblés sur
fa frontière, tandis que 2,400
homines de fa cavalerie s'é-
taient réunis aux Autri.
chiens en Lombardie.

.

.

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Le duc de Parme, & sur-tout celui de Modène, donnaient à la coalition en argent & munitions ce qu'ils ne pouvaient ou n'osaient fournir en troupes, & Venise & Gênes n'étaient ni moins perfides ni inoins généreuses.

L'Italie offrait donc une force armée de 280,000 hommes, prête à repousser l'agres. fion des Français.

D'autres obstacles les attendaient audelà des monts : la chaleur & l'infalubrité d'un climat qui leur avait été tant de fois fi funeste ; l'opposition & l'influence d'un clergé nombreux & puissant sur un peuple asservi par la superstition, qu'il avait eu le temps & le foin de prévenir contre les Français, & sur-tout contre leurs opinions, plus redoutables encore pour lui que

leurs armes.

Il fallait donc que le nouveau Brennus fût auíli politique, aussi fage que valeureux. Il fallait qu'il fùt vaincre & pardonner ; qu'il pût enivrer de gloire son armée, & défendre l'Italie de l'avidité d'une troupe condamnée depuis deux ans aux plus dif. ficiles privațions fur les stériles rochers de la rivière de Gênes.

La France avait besoin d'un autre César, & elle le trouva dans un jeune officier d'artillerie de vingt-huit ans. Le directoire de la république française nomma au com

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