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d'hostilité ou de partialité, car deux sentiments, deux principes sont immortels dans le cæur de l'homme : la religion et la liberté.

Il faut les concilier à tout prix, ou séparer les Eglises de l'Etat.

BERTRAND ROBIDOU.

CHAPITRE Ier

SOMMAIRE

Le serment. Sa prestation ou son refus par les eccle

siastiques membres de l'Assemblée. Fastueuses paroles des évêques-g'entilshommes. Effets du serment sur l'ensemble du clergé qu'il relève, sur la contre-révolution qu'il rapproche de l'Eglise, sur les curés qu'il détache de la Révolution. Il n'y a plus ni haut ni bas clergé.

Cause de la nouvelle conduite des curés, mal appréciée par Thiers et Michelet. Conséquences générales et inévitables du serment.

I

La séance du 27 décembre 1790 avait été fixée pour la prestation du serment des ecclésiastiques députés. L'abbé Grégoire monta à la tribune et s'exprima en ces termes :

« Disposé, ainsi qu'un grand nombre de confrères, à prêter le serment civique, permettez qu'en leur nom je développe quelques idées qui, peut-être, ne seront pas inutiles dans les circonstances actuelles. On ne peut se dissimuler que beaucoup de pasteurs très estimables, et dont le patriotisme n'est point équivoque, éprouvent des anxiétés, parce qu'ils craignent que la Constitution française ne soit incompatible avec les principes du catholicisme.

» Nous sommes aussi inviolablement attachés aux lois de la religion qu'à celles de la patrie. Revêtus du sacerdoce, nous continuerons de l'honorer par nos mours; soumis à cette religion divine, nous en serons constamment les missionnaires ; nous en serions, s'il le fallait, les martyrs. Mais après le plus mûr, le plus sérieux examen, nous déclarons ne rien apercevoir

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